15 décembre 2008

La Levée 10 décembre 2008

1. La crise financière et politique au Canada : comment le gouvernement Harper a tenté de nous faire subir la doctrine de choc.

2. La fin d'une dictature vieille de trois décennies aux Iles Maldives : un beau cas de réussite de la résistance non-violente.

3. La guerre des ressources : les services d'informations américains indiquent que les conflits vont s'accentuer d'ici 2025.

4. De nouveaux rapports sur les changements climatiques indiquent que le point de non-retour, c'est demain.


CRISE POLITIQUE CANADA

La crise financière actuelle nous montre clairement comment un gouvernement au service de l'élite peut tenter de nous imposer la doctrine de choc comme l'a si bien décrit Naomie Klein.

Dans son énoncé économique qui a fait réagir, avec raison, les partis d'opposition, le gouvernement Harper a montré sa volonté d'imposer un plan économique radical... qui n'a rien à voir avec ses promesses électorales... et surtout rien à voir avec le mandat qui lui a été accordé.

Donc la doctrine de choc, c'est ce que l'essayiste et activiste canadienne Naomie Klein décrit comme étant l'utilisation d'une crise afin d'implanter des mesures impopulaires favorables aux riches et aux puissants.

Voici ce que le gouvernement Harper avait a exposé comme intention dans son énoncé économique: nier le droit des employés du secteur public de faire la grève, couper drastiquement les fonds publics envers les partis politiques... quelques éléments qui étaient nulle part durant la campagne électorale.

Lors d'une récente entrevue, Naomie Klein a affirmé que la chose la plus importante à faire si les libéraux et le NPD conservent leur coalition et arrivent à renverser le gouvernement minoritaire d'Harper... serait d'imposer la représentation proportionnelle à la chambre des communes.

Ce qui est proposé par la coalition est beaucoup plus proche de la démocratie représentative que ce que nous avons au moment où je vous parle :

Un gouvernement en place avec un peu moins de 35% des voix obtenues lors d'une élection où seulement 59% des gens sont sortis voter.

Donc en plus de proposer la représentation proportionnelle aux Canadiens pour nos prochaines élections, le Nouveau parti démocratique devra s'assurer que des changements soient apportés au régime d'assurance emploi.

... et aussi de voir à ce que nos troupes sortent de la cause perdue d'avance qu'est l'Afghanistan.

Concernant le sauvetage de l'industrie automobile, faudra que la coalition s'assure que l'argent qui sera donnée aux producteurs d'autos que l'industrie prennent un virage vert.

Donc, minimalement, si la coalition prend le pouvoir en janvier, faudra s'assurer de changer notre système électoral de manière à ce que plus jamais un parti obtenant 35% des votes puisse gouverner...

... et, pire, puisse être en mesure de nous imposer des mesures radicales néo-conservatrices dont personne ne veut.

Un problème spécifique à cette crise est que ça fait 15 mois que les gouvernements de partout injectent massivement de l'argent dans le système financier et que malgré tout les banques ne veulent plus prêter de l'argent à personne... du moins à des taux d'intérêts intéressants.

Mais ça se pourrait aussi que les banques ne puissent tout simplement pas nous sortir de la crise économique à venir tout simplement en nous prêtant de l'argent.

On a même des échos venant d'économistes de droite disant que le cas des banques est tellement désespéré qu'il faudrait tout simplement les nationaliser... en faire un service public.

Et pourquoi pas? Les banques ont trop souvent montré qu'elles ne peuvent pas survivre sans l'État qui garanti leur survie.

A Ottawa, avec l'arrivée probable des néo-démocrate au pouvoir pour la première fois, on pourrait peut-être envisager un virage favorable vers la démocratisation de notre économie en nationalisant nos banques.

En période de crise comme nous connaissons présentement on se retrouve à un point tournant, soit on laisse le gouvernement minoritaire de Harper imposer sa doctrine de choc, soit on pousse la coalition qui a obtenu 62% des votes à la dernière élections implanter des politiques qui visent le bien-être et le progrès humain.










ARRESTATION DICTATEUR MALDIVES

La récente victoire sur le corrompu et autocratric président des iles Maldives dans l'océan indiens, Mahmoud Gayoom, est une autre belle victoire dans la lutte globale pour les droits et la démocratie.

Gayoom a été défait lors d'une élection nationale le 28 octobre dernier après avoir contrôlé l'archipel d'ile d'une main de fer pour plus de 30 ans.

Il y a quelques raisons pour lesquelles le régime Gayoom a finalement accepté de mener des élections libres, et qu'il ait enfin accepté sa défaite.

Avant tout, la campagne de résistance non-violente d'activistes pro-démocratiques qui ont fini par détruire le mythe voulant qu'il y ait consensus national autour de la dictature de Gayoom...

Cette résistance a exposé le régime au monde, abaissant ses appuis à l'étranger, a donné du pouvoir aux partis d'opposition et a divisé l'élite pro-gouvernementale.

Pour les deux premières décennies du règne de Gayoom, les partis d'opposition étaient interdits et la résistance politique était rapidement supprimée.

En août 2004, des milliers d'activistes pacifiques ont pris les rues de la capitale Male... et se sont fait brutalement attaqué par la police.

plus de 200 d'entres eux ont été mis en état d'arrestation et Gayoom a déclaré l'état d'urgence, limitant drastiquement les droits des citoyens.

Les protestations ont été reprises peu de temps après le tsunami de décembre 2004, moment où les pauvres s'en sortaient beaucoup moins bien que l'élite privilégiée.

La dissidence grandissante a forcé le régime à relâcher des prisonniers politiques en 2006 et 2007, libéré la presse et a légalisé la présence de partis politiques d'opposition... même si la répression de la liberté politique se poursuivait.

Éventuellement, le régime Gayoom a perdu ses appuis à l'étranger, alors que les protestations non-violente ont provoqué des pressions internationales pour des élections libres et justes.

En août 2007, une série de démissions de la part de membres du gouvernement Gayoom ont affaibli le régime dictatorial...

chaque obstacle mis de l'avant par le gouvernement ensuite a été rapidement exposé par les activistes, les ONG, les enseignants, les étudiants, des avocats et des journalistes... exposant le désespoir du régime Gayoom devant les pressions de tenir des élections.

l'opposition s'est réunie derrière Mohammed Nasheed, un ancien prisonnier politique de 41 ans qui avait fondé le parti démocratiques des Maldives alors qu'il était en exil.

Et malgré les avantages et les ressources énormes de Gayoom, lorsque les élections ont eu lieu le 28 octobre dernier l'opposition a obtenu 54% des votes.

Le triomphe de la démocratie aux iles Maldives devrait être compté comme encore un autre bel exemple du pouvoir énorme de la résistance civile afin de créer un gouvernement pour le peuple, par le peuple.


RESSOURCES 2025

Un nouveau rapport du National Intelligence Council aux ÉU intitulé Global trends 2025 a attiré l'attention du monde entier pour ses prédictions concernant un monde où les ÉU auront beaucoup moins de pouvoir et d'influence qu'aujourd'hui face à une constellation de nouveaux pays puissants.

Que les EU connaissent un déclin de sa force par rapport au monde au cours des 10 ou 15 prochaines années n'est pas vraiment une surprise.

Mais un aspect beaucoup plus intéressant du rapport est son emphase sur le rôle que joueront les changements climatiques pour la compétition globale d'appropriation des ressources de la Terre en 2025 et au-delà.

La disponibilité du pétrole et de l'eau mérite particulièrement notre attention.

Les ressources pétrolières seront nettement insuffisantes pour combler les besoins, et les pays importateurs seront forcés de consommer moins et ou d'accélérer la production d'alternatives.

L'eau sera un problème tout aussi grand... en ce moment, 600 millions de personnes dans 21 pays n'ont pas accès à des sources d'eau adéquates

en 2025, il est estimé que 1,4 milliard de personnes dans 36 pays feront face à ce péril... ce qui affectera certainement la production et l'accès global à l'alimentation.

le rapport du National Intelligence Council décrit comment ces phénomènes entreront dans les relations entre États et pourraient provoquer de la violence.

La rareté des ressources fera en sorte que les États investiront plus de moyens et d'efforts pour les sécuriser, provoquant des guerres civiles, des luttes géopolitiques, le terrorisme ou tout simplement la guerre entre nations voisines.

On commence à voir de telles relations émerger en Asie centrale, où la Chine, la Russie et les EU sont embarquées dans une compétition féroce pour avoir accès et contrôler les réserves d'hydrocarbures de la région.

La concentration de richesse entre les mains de pétro-élites en Angola, Azerbaijan, Kazakhstan et au Nigéria sera une autre source de conflit potentiel.

Parce que ces élites alloue rarement les revenus du pétrole au peuple sur des bases équitables... donc chaque transfert de pouvoir gouvernemental risque d'être accompagné d'une période de violence.... menaçant aussi l'infrastructure de l'industrie pétrolière dans le pays concerné.

ce risque de voir la source en pétrole perturbée pourrait inviter des forces militaires étrangères à intervenir, selon le rapport.

C'est le cas notamment de l'Afrique sub-saharienne, le moyen orient, et l'asir centrale.

Chacune de ces régions connaît des tensions accentuées par des conflits ethniques et religieuses, des disputes internes, et l'implication de joueurs globaux qui tentent de gagner un avantage géopolitique.

Sous ces circonstances, ça ne prendrait pas grand chose pour transformer un conflit régional, comme c'était le cas entre la Russie et la Georgie... en quelque chose de bien pire.



Alors que les changements climatiques affecteront l'approvisionnement en ressources essentielles, rendant plusieurs milieux ruraux inhabitables, on risque de voir des centaines de millions de jeunes hommes se ruer sur les centres urbains, espérant améliorer leur sorts.

Surtout dans le nord de l'Afrique, le moyen orient et l'asie, les villes ne seront pas en mesure de les recevoir à bras ouvert, ce qui poussera un grand nombre d'entre eux à s'embarquer dans la criminalité ou à militer dans des mouvements idéologiques violents.

ces mouvements massifs de personnes aura sûrement un impact sur les politiques d'immigration de pays hôtes... ce qui mènera inévitablement à une violence anti-immigrants.

Les sonnettes d'alarme du rapport sur l'intensification des luttes pour les ressources en 2025 devront suffires pour nous convaincre de la nécessité suprême d'empêcher l'accélération des changements climatiques.

On en reparle, restez là.

04 décembre 2008

LA LEVÉE 3 DÉCEMBRE 2008

La Levée 3 décembre 2008

1. Plaidoyer pour la laïcité : la terreur à Mumbai et la cohabitation entre l'Inde et le Pakistan
2. Les elections du 23 novembre au Venezuela : l'état des lieux de la révolution bolivarienne.
3. La pire crise humanitaire de la planète : la guérison du Congo passe par le Rwanda
4. John Maynard Keynes : la solution qui aurait guéri le capitalisme de son pire défaut, la crise financière cyclique.


MUMBAI

A Mumbai, en Inde, la poussière retombe à la suite d'attaques terroristes sur des hôtels ayant tué et blessé des centaines de personnes, dont des Canadiens en voyage là-bas.

L'interrogatoire du seul terroriste capturé vivant semble indiqué une connexion claire et directe avec le Pakistan

Les cibles étaient choisies pour la présence de touristes et d'élite indienne.

En tout, 90% des 200 morts étaient indiens.

Ce qui n'est pas tout à fait clair encore est la raison pour laquelle les terroristes ont pris des otages.

Une hypothèse veut que c'était pour le relâchement de prisonniers islamistes militants emprisonnés en Inde, mais ce n'est pas certain.

La motivation derrière le massacre est assez claire, par contre : faire du mal à l'Inde au grand complet.

Mais peut-être le but plus large était de provoquer de l'hostilité entre les Hindous et les Musulmans... et encore pire, entre le Pakistan et l'Inde.

Maintenant, les partis politiques en Inde doivent faire attention à une chose, résister à la tentation d'exploiter des sentiments anti-musulmans comme stratégie électorale.

Jusqu'à présent donc il n'y a pas de liens ou de preuves solides qui peuvent indiquer que les terroristes avaient été envoyés à Mumbai par l'État pakistanais.

Mais d'un autre côté, les commandos d'élite indiens étaient surpris par l'excellent entraînement militaire de leurs adversaires... ce qui éveil certains doutes.

Les dirigeants du Pakistan semblent coopérer de bonne foi à la résolution de cette crise avec son voisin... il demeure qu'on ne peut pas effacer 60 ans de suspicion en un coup.

Les deux pays doivent donc trouver le moyen de non seulement agir militairement contre les terroristes, mais d'aller directement à l'élimination des circonstances qui mènent à cet extrêmisme.

Avant tout, cela voudra dire transformer la région du Kashmir en un centre de coexistance pacifique... au lieu d'être la plaie béante qu'elle est en ce moment.

Si le gouvernement indien prend le virage démagogique du patriotisme extrême, d'imposition de lois qui réduisent la liberté des gens... ça sera que contre-productif.

L'Inde et le Pakistan devront se lancer conjointement sur des solutions qui améliorent la sécurité, mais aussi sur des solutions politiques.

Et la solution politique passe par la laïcité et la modernité.

Attaquer des hôtels ne demande pas une grande préparation ni une logistique très complexe... c'est certain que rien ne sera résolu en imposant une société de loi et d'ordre extrême... surtout dans un pays aussi vaste que l'Inde.

Du milliard d'Indiens, 80% sont Hindous et 14% sont musulmsans... une aussi large minorité ne peut pas être rabattu sans provoquer des conflits plus larges.

ELECTIONS VENEZUELA

Parlons maintenant des récentes élections tenues au Venezuela du 23 novembre dernier, que le président Hugo Chavez avait qualifié auparavant de plus important processus électoral jusqu'à présent pour mener à bien sa révolution bolivarienne.

Le peuple du Venezuela devait élire 22 gouverneurs, 328 maires, et 233 conseillers législatifs... un véritable référendum sur le projet socialiste du gouvernement.

Qui a pour but d'approfondir le processus révolutionnaire qui jusqu'à présent a considérablement réduit la pauvreté, mais qui reçoit une résistance accrue de l'élite du pays qui ne manque pas de moyens.

L'opposition accuse le mouvement de Chavez, qui tire son appui chez les masses pauvres, d'être dictatorial.

Pourtant, les forces de Chavez ont remporté 11 des 12 campagnes électorales depuis que Chavez est au pouvoir... chaque processus a été reconnu unanimement comme étant juste et libre.

Donc le 23 novembre dernier, le parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) mené par Hugo Chavez a remporté 17 postes de gouverneur, 81% des postes à la mairie et un nombre total de votes qui a surpassé celui des contre-révolutionnaires de 1,5 millions de voix.

L'opposition de droite appuyée par les EU a tout de même remporté trois larges États, Zulia, Carabobo et Miranda, en plus de la mairie de Caracas... ce qui mène le nombre d'États sous leur contrôle à cinq.

Malgré tout, ces élections étaient un vif succès pour la révolution bolivarienne... et elle est venue du fait qu'elle fonctionne.

La nationalisation des industries stratégiques comme le ciment, l'acier et le lait... en plus de politiques alimentaires, une accélération de la construction de logements sociaux, la lutte contre le crime.

L'opposition a tout de même obtenu 40% du vote... alors que c'est insuffisant pour prendre le contrôle du pays... le processus qui mènera le Venezuela au socialisme a besoin de la mobilisation d'une grande majorité de la population... donc ce noyau solide de 40% devra être réduit...

Les résultats des élections du 23 novembre et les réactions suscitées par elles semblent malheureusement pointées vers une plus grande confrontation et un possible retour à la période turbulante de 2002-2003.

Faudra s'attendre à des attaques encore plus virulentes de la part des médias de masses, l'implication des EU et du sabotage économique capitaliste.

La prochaine année sera encore plus cruciale pour la révolution bolivarienne, avec les pressions liées à une chute du prix du pétrole, source de revenu de premier ordre pour le pays, des luttes internes pour la direction de la révolution et les positions des contre-révolutionnaires.

D'un autre côté, les gains importants de 2008, et le haut taux de popularité de Chavez sont des éléments positifs et indiquent une véritable possibilité pour le Venezuela de poursuivre sa voie vers le progrès et le bien-être commun.



CONGO ET RWANDA

La meilleure façon d'arrêter l'holocauste dans la république démocratique du Congo est de passer par le Rwanda.

La minorité anglophone Tutsi qui règne sur Kigali depuis le génocide de 1994 doit être amenée à se réconcilier avec la majorité Hutu, et accepté enfin sa pleine participation dans des élections ouvertes et démocratiques.

Toutes les autres mesures, incluant l'aide d'urgence et des campagnes de promotion des droits humains ne seront que des remèdes temporaires qui ne règleront pas les horreurs qui se poursuivent dans l'est du Congo.

Car la racine de la guerre des pilleurs qui brûle l'est du Congo est au Rwanda, la poursuite, sur le sol du Congo, de la guerre civile rwandaise de 1990-1994.

La plus récente mesure qui ne résoudra rien est l'envoi la semaine dernière de 21 000 casques bleus au Congo par le conseil de sécurité de l'ONU... qui n'a toujours pas réussi à renverser les forces pro-rwandaises du général tusti Laurent Nkunda après neuf ans de présence.

Le général Paul Kagamé, le dictateur rwandais et ami des pays de l'ouest, dont le Canada, ment à la face du monde lorsqu'il dit que la crise dans l'est du Congo n'a rien à voir avec le Rwanda.

En 2000, le conseil de sécurité de l'ONU a mené des enquêtes afin d'examiner le pillage systématique des ressources du Congo.

Entre 2001 et 2003, il a été dévoilé que la guerre des pilleurs s'était greffée à la guerre de rébellions dans l'est du Congo... selon l'ONU, la pire catastrophe humanitaire, l'équivalent de deux tsunamis par année, 500 000 morts civils.

Dans les jeux entre nations voisines au Congo, c'était à voir qui allait pouvoir piller ses ressources le plus rapidement... en 2003, le Rwanda et l'Ouganda étaient soudainement devenus des exportateurs majeurs d'or et de diamants.

Mais de loin le minéral le plus attrayant est le coltan, en grande demande chez l'industrie électronique, ses cellulaires allant aux jeux vidéos.

Le coltan a été extrait du sol et envoyé à travers les frontières... du pur vol.

Et selon toutes les données, la vie est littéralement l'enfer pour les 30 millions d'habitants de l'est du Congo, à peu près la moitié de la population, dans une région aussi large que l'Europe de l'ouest.

Du viol sur une échelle massive, l'esclavage dans les mines, l'enrôlement forcé d'enfants soldats, etc.

Malgré tout, le Rwanda et Laurent Nkunda sont traités aux petits soins par la communauté internationale.

En Grande-Bretagne, le parlement à Londres a condamné la guerre de Nkunda, affirmant que son impact sur les civils était pire que le Darfour ou l'Afghanistan.

La vraie paix au Congo et dans la région plus large des grands lacs africains, repose peut-être entre les mains de Barack Obama et sa vision pour le continent africain.

La solution sera de mettre fin à la liberté du Rwanda d'intervenir au Congo, et ensuite de démocratiser le Rwanda.

La guerre au Congo vient du Rwanda, la paix viendra aussi de là.

Mais pendant que je vous parle, les combats continuent entre les troupes fidèles au seigneur de guerre tutsi Laurent Nkunda, des groupes de milices et l'armée du Congo.

Dernièrement des dirigeants du Congo et du Rwanda ont accepté de rencontrer le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon afin de résoudre le conflit... et Nkunda résiste.

Et rappelons que la mission des casques bleus, le plus large contingent déployé de l'ONU, est considérée comme inutile, les troupes étant répandues dans un territoire large comme l'Europe de l'ouest... ils sont donc incapables d'arrêter la violence.

Le temps est donc venu d'appliquer des solutions plus larges que l'intervention militaire.

LES SOLUTIONS DE KEYNES

Je continue ma série sur le grand économiste John Maynard Keynes.

Au cours des lendemains de la 2e guerre mondiale, Keynes avait en main la solution à la crise financière à laquelle nous faisons face en ce moment, mais sa solution a été rejetée et oubliée.

À la conférence de Bretton Woods en 1944, qui a mis les fondations du système financier et économique global que nous connaissons aujourd'hui, Keynes avait eu une idée de génie.

Une des raisons de la crise financière est le débalancement commercial entre les nations.

Des pays accumulent des dettes en partie à cause qu'ils maintiennent un déficit d'échange.

Ils peuvent rapidement être pris dans un cercle vicieux : le plus gros leur dette, le plus difficile que ça devient de générer des surplus d'échange.

Des dettes étrangères détruisent le développement des peuples, l'environnement et menace le système global avec des crises périodiques.

Et comme Keynes l'avait reconnu, il n'y a pas grand-chose qu'un pays endetté peut faire.

Seulement les pays qui maintiennent un surplus ont du vrai pouvoir, alors c'est à eux de changer leurs politiques.

Sa solution était un système ingénieux qui poussait les pays créditeurs à dépenser leurs surplus dans les économies de nations endettées.

Il avait proposé une banque globale, qu'il appelait l'International Clearing Union.

Cette banque distribuerait sa propre monnaie, le bancor, échangeable avec des devises nationales à un taux fixe.

Le bancor aurait été l'unité comptable entre les nations, il aurait été en mesure d'évaluer les déficits ou les surplus d'échange d'un pays.

Afin que le système fonctionne, les membres de la banque allaient avoir besoin d'un incitatif puissant pour effacer leur compte en bancor avant la fin de l'année : afin de n'avoir ni un surplus, ni une dette.

Keynes avait proposé qu'un pays accumulant un large déficit allait être chargé de l'intérêt dans son compte de bancor.

Il serait aussi obligé de réduire la valeur de sa devise nationale afin d'empêcher l'exportation de son capital.

Il a insisté à ce que les pays connaissant des surplus soient soumis aux mêmes pressions.
Donc serait obligée d'augmenter la valeur de sa devise et ainsi permettre l'exportation de capital.

Les nations connaissant des surplus auraient donc un puissant incitatif pour s'en débarrasser.

... Et en agissant de la sorte, ils effaceraient les déficits des autres nations.

Lorsque Keynes a lancé son idée dans des articles publiés en 1942 et 1943, les économistes du monde entier reconnaissaient qu'il avait trouvé la solution.

Alors que les alliés se préparaient pour la conférence de Bretton Woods, la GB avait adopté la solution de Keynes comme étant sa position officielle.

Mais à l'époque il y avait un pays, dans le temps le plus grand créditeur de la planète, qui l'a catégoriquement refusé.

Les États-Unis ont proposé plutôt ce qui allait devenir le FMI et la BM.

Donc tout le poids de la balance des échanges allaient être placé sur les épaules des pays déficitaires... et il n'y aurait pas de limite aux surplus qu'un pays exportateur allait être en mesure d'accumuler.

Les conséquences, surtout pour les pays les plus endettés, se sont avérées catastrophiques.

Agissant au nom des pays riches, imposant des conditions qu'aucun pays libre n'accepterait, le FMI a saigné les pays endettés à blanc.

Le FMI a accentué des crises économiques et créé des crises où il n'y en avait pas avant.

Déstabilisation de devises, endettements massifs, récessions, destruction des services publics et des emplois pour des dizaines de millions de personnes.

Lors d'une réunion récente du G20 les pays riches ont reconnu que les institutions financières de Bretton Woods devaient être réformées.

Mais ça ne sert à rien de gosser avec un système qui à sa base est destiné à la faillite.

Mais afin de comprendre pourquoi l'économie mondiale frappe constamment des murs, il faut avant tout comprendre ce qui a été perdu en 1944.

21 novembre 2008

LA LEVÉE 19 NOVEMBRE 2008

1. Le virus financier et le remède du G20 : pourquoi les pays pauvres devraient créer leurs propres fonds monétaires.

2. Le fabricant automobile General Motors demande des milliards aux payeurs de taxes : l'occasion est bonne pour l'obliger à refaire les systèmes de transports en commun qu'il a détruits.

3. Des relents de l'holocauste refont surface : L'émergence d'un fascisme contre les Gitans en Europe prend de l'ampleur


G20




Tel un virus issu d'un laboratoire et qui a infecté la planète, le système financier américain a fait de beaux dégâts à la finance globale.

Le Groupe des 20 pays les plus industrialisés s'est réuni en fin de semaine à Washington ont tenté de remédier à la situation provoquée par les génies de Wall Street qui ont gonflé la bulle immobilière jusqu'à l'éclatement...

Une explosion qui a éclaboussé le monde entier, les banques en Amérique du Nord et en Europe et ailleurs tentent de se relever de la disparition de milliers de milliards de dollars...

Le pire c'est que la panique financière affecte les pays en voie de développement qui n'avaient rien à voir avec tout ça.

La panique générale a poussé les investisseurs à retirer leur argent des pays comme l'Argentine et le Pakistan afin de mettre ça dans un endroit protégé.

Et le remède que tente d'appliquer les pays riches pour résoudre la crise rendra la situation encore pire pour les pays pauvres.

La raison est simple : les banques des pays riches sont gardées à flots par les centaines de milliards supplémentaires fournit par les États.

... et les dépôts dans les banques de pays riches sont garantis...

Au point où cette infusion massive d'argent neuf donne un avantage indéniable par rapport aux banques de pays pauvres.

Ce protectionnisme car le fait que ça soit du protectionnisme est irréfutable, inflige des coûts énormes au Tiers monde.
Le G20 tentera certainement de dépanner un peu les pays en voie de développement, probablement à travers le fonds monétaire international... mais on sait bien à quoi ressemble l'aide du FMI : les conditions de prêts, les programmes de réajustements structurels, font toujours plus de mal que de bien.

Non, la seule issue maintenant pour les pays en voie de développement est de créer leur propre pôle financier.

S'ils peuvent créer des fonds régionaux, comme le font les pays d'Amérique latine avec la Banque du Sud, ça serait un pas important vers l'indépendance.

Mais les pays qui voudront y participer devront faire des compromis, abandonner une certaine part de contrôle afin de permettre au fond régional de fonctionner correctement.

Et c'est certain aussi que les pays riches iront loin dans leur opposition à de tels fonds régionaux.

Mais tant que les pays en voie de développement ne tournent pas vers d'autres sources de capital, ils seront exposés à tous les soubresauts, à toutes les crises, résultats d'une réglementation carencée des pays riches.

Et ce, même si les pays en voie de développement agissent d'une manière éclairée et responsable par rapport à leurs propres affaires financières.

C'est injuste, mais c'est comme ça que le monde fonctionne.


GM ET TRANSPORT EN COMMUN




Après les banques, c'est au tour de l'industrie automobile américaine d'aller à Washington pour quémander des milliards $ en aide, 25 milliards pour être plus précis...

Parmi ces entreprises qui quêtent se trouvent la pire de toutes, General Motors, qui selon ce que m'a rappelé la lecture d'un article de l'essayiste Harvey Wasserman est l'entreprise responsable de la destruction du transport en commun en Amérique du Nord.

Rappelons quelques faits récents : GM a répondu à la crise du pétrole des années 1970 en remettant tout le marché nord américain à Toyota et Honda, qui avait la décence de produire des voitures beaucoup moins énergivores.

GM a répondu au défi des voitures hybrides en construisant des camionnettes plus légères.

GM a déjà fabriqué une voiture électrique, avait loué une flotte d'essai à des gens qui adoraient la voiture... pour ensuite les confisquer et les détruire.

GM est loin derrière tous les compétiteurs par rapport à ses réactions aux changements climatiques... et pour cette seule raison, les dirigeants de GM ne devraient plus avoir le droit de fabriquer une seule autre voiture, encore moins recevoir des milliards en argent des payeurs de taxes.

Mais le pire crime de GM est bien d'avoir massacrer toute idée d'un système nord américain de transport en commun propre et efficace.

L'accusation vient de Bradford Snell, un chercheur pour le gouvernement américain qui avait rédigé un rapport en 1974 où il dévoilait les crimes de General Motors.

Il a déterré un mémo interne de l'entreprise de 1922 où le président de GM à l'époque, Alfred P. Sloan, avait demandé la création d'une aile consacrée à la destruction du transport en commun en faveur d'automobiles, de camions et d'autobus polluants.

À l'époque, une famille américaine sur 10 avait une voiture.

Il existait plus de 70 000 km de routes ferrées gérées par 1200 compagnies qui employaient 300 000 personnes.

Selon M. Snell, pratiquement chaque ville de plus de 2 500 citoyens avait son système de trains électriques.

Mais General Motors avait perdu 65 millions $ en 1921.

Alors Sloan avait demandé l'aide de Standard Oil, qui s'appelle Exxon maintenant, et une armée d'affairistes et de politiciens pour détruire les transports en commun.

Avec un arsenal varié de subterfuges financiers et politiques, GM a arraché les rails sur le territoire américain... ce qui rendait l'achat d'une voiture nécessaire... et attrayante.

Ensuite vinrent les grandes autoroutes, la destruction des terroirs, la dépendance au pétrole, les changements climatiques, plus de 40 000 morts par année sur les routes américaines, entre 700 et 1000 décès par année au Québec...

Bref, fort probablement, le déracinement du transport en commun et l'implantation forcée de l'automobile a été la pire catastrophe écologique de l'histoire de l'humanité.

L'histoire démontre clairement que l'on ne peut plus faire confiance à GM... alors la logique dicterait que l'on prend contrôle de l'infrastructure de l'entreprise afin de remettre sur les rails les transports en communs qui nous ont été volés.

Ça demanderait une restructuration de l'entreprise, c'est certain... un petit prix à payer pour le crime qui a été commis.


FASCISME ENVERS LES ROMS



Une idéologie politique basée sur l'extermination des gitans roms émerge à travers l'Europe, selon ce qui a été dit à Bruxelles lors d'une conférence.

À la suite de plusieurs attaques violentes sur des Roms par des skinheads et d'autres extrémistes en Bulgarie, il a été annoncé en août 2007 qu'un parti d'extrême droite s'y installait.

L'anti gitanisme promu par le dirigeant du parti Vladimir Rasate peut facilement être comparé à l'anti-sémitisme qui avait aidé à porter les nazis au pouvoir au cours des années 1930 en Allemagne.

Michael Stewart, professeur d'anthropologie à Londres avait fait connaître les plus récentes données sur des crimes haineux envers les Roms devant le Parlement européen le 13 novembre dernier.

Il a rappelé que la vague de violence contre les roms rappelle l'holocauste des roms qui avait tué la moitié de la population des Roms d'Europe au cours de la deuxième guerre mondiale.

L'hostilité envers les Roms est particulièrement visible en Italie, où la coalition au pouvoir menée par Silvio Berlusconi ne se gêne pas de dépeindre tous les Roms comme étant des criminels.

En mai dernier, le gouvernement italien a passé des mesures de sécurité permettant de détruire des camps de gitans et de déporter en accélérer les migrants qui ne peuvent pas prouver qu'ils ont un emploi stable.

Les Roms se voient refuser systématiquement le statut de minorité et ne peuvent pas se procurer la citoyenneté italienne.

En 40 ans, tous les programmes qui devaient permettre aux enfants roms d'aller à l'école ont échoué.

En septembre, la commission européenne a tenu un sommet sur les Roms, où plusieurs ont demandé une stratégie européenne d'inclusion.

Leur population au totale est estimée à 15 millions d'individus, ce qui fait des Roms la plus grande minorité ethnique d'Europe.

Pour le moment, les politiques envers les gitans dans les 27 pays de l'Europe se trouvent entre le laisser-faire et la répression.
Il n'y a que l'Espagne qui semble-t-il obtient un certain succès dans ses politiques d'intégration, fournissant des logements et des emplois.

Il reste encore beaucoup à faire pour atteindre une certaine coordination entre les États membres de l'Union européenne concernant sa plus grande minorité ethnique commune... même si sur papier tout semble un peu trop parfait...

LA LEVÉE 12 NOVEMBRE 2008

1. Je me souviens : le 90e anniversaire de l'armistice qui a mis fin à la 1e guerre mondiale.

2. Une école s'effondre en Haïti : symbole d'un pays qui doit être reconstruit



LES ORIGINES DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

Hier a eu lieu le jour du souvenir, étant le 90e anniversaire de l'armistice de la première guerre mondiale qui a fait 40 millions de morts... en tout, 60 millions de soldats avaient été mobilisés entre les années 1914 à 1918.

On arrive tous à comprendre ce qui est arrivé avec la 2e guerre mondiale... mais la première, même 90 ans plus tard, semble difficile à saisir.

Ce n'était pas simplement une opposition entre la démocratie et la dictature.

L'Allemagne était clairement l'agresseur dans celle-ci aussi, mais les pays qui s'opposaient cherchaient tous à agrandir leurs colonies et à dominer le commerce européen.

Ça ne ressemblait donc pas non plus à la guerre en Irak ou l'Afghanistan où les législateurs envoient les enfants d'une autre classe sociale mourir au combat.

Lors de la 1e guerre mondiale, les risques de se faire tuer au combat étaient cinq fois plus élevés pour des hommes ayant des études universitaires en 1914 que pour des travailleurs manuels.

La première guerre mondiale a été un cas de cannibalisme social, où les hommes d'état et les généraux des deux côtés tuaient leurs progénitures... on peut se demander comment cela a pu être possible?

Edmund Dene Morel, qui est mort en ce jour en 1924, était le Britannique qui avait exposé le régime esclavagiste du roi belge Leopold 1e au Congo

En 1911, il se doutait que le bureau des affaires étrangères britanniques jouait un jeu dangereux.

Il avait montré au public que la GB et la France avaient conclu une entente secrète concernant le contrôle du Maroc... qui avait poussé l'Allemagne dans un coin... poussant les puissances de l'Europe en guerre les unes contre les autres.

Convaincu que la GB était en train de conclure une 2e entente secrète avec la France, ce qui était certain de pousser l'Europe et la Russie ... et éventuellement le monde dans la guerre... Morel a mené une campagne pour que les traités soient rendu public.

... pour éventuellement montrer que l'Allemagne s'était fait avoir par rapport au Maroc, et pour que la GB cherche à réconcilier la France et l'Allemagne.

En réponse, les ministres britanniques ont menti.

Le premier ministre et le bureau des affaires étrangères avaient menti à répétition disant qu'il n'y avait pas d'entente secrète avec la France.

Seulement le jour avant le déclenchement de la guerre qu'on a finie par admettre qu'un traité secret était en place depuis 1906.

Aurait-on pu épargner la vie de dizaines de millions de personnes... voire éviter la 2e guerre mondiale si, en 1911, le gouvernement britannique avait suivi la suggestion de Morel?

Au lieu de chercher la paix en Europe avant tout, la GB a choisi de poursuivre ses propres intrigues diplomatiques, pour ses propres intérêts... mettant tout en place pour le déclenchement de la grande guerre.

Oui, l'Allemagne était l'agresseur, mais l'image de la GB et de la France comme étant des pays vertueux et innocents est complètement fausse.

Au début du siècle dernier, ignorant toutes possibilités de paix, qui étaient bien réelles, l'élite européenne a plutôt choisi d'envoyer leurs propres enfants au massacre plutôt que de changer leurs politiques... voilà la leçon de la 1e guerre mondiale, neuf décennies plus tard.

HAITI

Plus de 94 enfants ont trouvé la mort lorsqu'une école s'est effondrée en Haïti vendredi dernier.

Quelques centaines d'autres ont quand même pu se sauver, ou ont été sauvés.

Haïti a été victime d'une série de désastres cette année avec plus de 800 victimes de quatre ouragans, parmi eux beaucoup d'enfants.

L'école La Promesse avait trois étages, a été l'endroit d'étude pour des centaines d'enfants âgés de 3 à 20 ans à travers les années.

L'école opérait sur le bord d'une côte à Pétionville, une banlieue aisée de Port-au-Prince.

Mais l'école était dans le seul quartier pauvre de Pétionville, nommé Nerrette.

C'était une école communautaire gérée par l'église du coin, dirigé par le révérend Augustin...

Alors que le gouvernement songe à poursuivre le révérend Augustin pour meurtre, sa famille croit qu'il est blâmé pour des problèmes de construction communs en Haïti.

Rappelons que l'école a été érigée a même les bidonvilles du quartier de Nerrette, qui se trouve en plein dans la partie la plus riche d'Haïti... et détrompez-vous, il existe des Haïtiens extrêmement riches dans leur propre pays.

Il demeure qu'Haïti est le pays le plus pauvre de notre hémisphère.
Plus de trois-quarts de la population, 6 millions de personnes, doit survivre avec un peu moins de 2$ par jour... pour une population de 8,5 millions.

Pendant ce temps-là, Haïti est forcé d'envoyer un million $ à l'étranger par semaine pour rembourser sa dette extérieure, dont 50% a été contracté pendant que le pays était sous contrôle de dictatures amies des EU.

Rappelons aussi qu'il en coûte un million par jour pour garder les 7000 troupes de l'ONU sur place.

Des troupes qui sont entrées aux lendemains du coup d'État forcé sur le président démocratiquement élu Jean-Bertrand Aristide, le 29 février 2004.

J'ai assez parlé de la responsabilité du Canada et surtout du Québec dans le coup d'État... je vous invite à visiter le blogue de l'émission La Levée pour en savoir plus.

J'ai espoir, malgré la profonde misère d'Haïti, que si l'on peut éviter les coups d'État, les privatisations forcées des institutions publiques, la violation quotidienne des droits humains...

Il est tout de même possible, dans ces conditions, de rebâtir Haïti

05 novembre 2008

LA LEVÉE 5 NOVEMBRE

OBAMA



C'est fait, Barack Obama est le prochain président des EU... à partir du 20 janvier, les priorités qui occuperont les premiers jours de son mandat mériteront notre pleine attention.

Avec le système bancaire en crise et les marchés financiers aussi volatiles, la pression sera forte sur le président Obama pour qu'il ne se concentre sur les questions domestiques.

Mais le monde lui demandera d'agir rapidement concernant la guerre au terrorisme de l'administration Bush.

Trois choses peuvent être faites rapidement pour envoyer un signal positif claire, une cassure nette avec le passé : mettre fin aux guerres en Irak et en Afghanistan, fermer la prison de Guantanamo et procéder aux traitements d'accusations pour crimes de guerre.

Obama semble vouloir finir la guerre en Irak rapidement.

Mais il semble vouloir aller de l'avant avec la guerre en Afghanistan en y envoyant des troupes supplémentaires... cette décision là serait tout à fait désastreuse.

Les troupes britanniques et canadiennes déjà sur place s'avouent complètement débordées, incapable de sécuriser les Afghans et de stabiliser le régime Karzai.

La population commence à s'en prendre aux troupes d'occupation, et à appuyer les Talibans.

Ça prendrait au-delà de 400 000 troupes pour gagner la guerre en Afghanistan, bien au-delà des capacités militaires disponibles.

Seule solution : une entente avec les Talibans.

Une autre priorité d'Obama serait de fermer Guantanamo, Abu Ghraib et toutes les autres prisons secrètes des EU à travers le monde... rendre la torture illégale enverrait un signal clair que la loi internationale doit à nouveau s'appliquer partout.

Ce qui voudrait dire aussi procéder au traitement juridique de l'administration Bush pour crimes de guerre.

Dans une cour américaine, les preuves seraient faciles à présenter que Bush mentait sur les prétextes pour envahir l'Irak, et qu'il devrait ainsi être tenu responsable pour la mort de 4000 soldats américains... sans compter le million de décès de civils irakiens. Un million, selon The Lancet et le Opinion Research Business qui a confirmé le nombre en janvier 2008.

Agir rapidement et fermement pour mettre fin aux deux guerres, mettre fin à la torture, et soumettre des citoyens américains à la loi internationale, voire états-unienne, serait vraiment du changement qui pourrait nous donner espoir en de jours meilleurs pour tous.


***

Je reviens sur la victoire incroyable de Barack Obama, le président Obama maintenant, en fait... il le sera officiellement le 20 janvier prochain...

Cette nouvelle administration nous donne de l'espoir pour l'avenir, après huit ans de noirceur totale, des guerres sans fondements valables, comme s'il pouvait y en avoir, des violations constantes de la loi internationale, même de la constitution américaine.

Donc, au plus vite, Obama doit mettre fin à la guerre en Irak, tel que promis.

... et procéder à de la vraie reconstruction, plutôt que de dépenser des sommes astronomiques chaque jour pour entretenir une machine de guerre, on met une fraction de cette somme pour bâtir.

... sans donner des contrats faramineux à Halliburton, non plus.

Il est important dans tout ça de se rappeler que l'opposition d'Obama à la politique étrangère de Bush a été surtout sur des questions de tactiques, de coûts et de résultats, que des objections morales fermes.

Par exemple, Obama croit que l'invasion et l'occupation de l'Irak a été une erreur stratégique, plutôt qu'un acte illégal.

... pas une fois, il n'a mentionné le fait qu'un millions d'Irakiens sont morts depuis et à cause de l'invasion.

Et si l'on regarde de plus près sa promesse électorale, Obama ne veut que retirer les troupes de combat de l'Irak, espérant transférer 10 000 troupes de plus en Afghanistan.

Concernant l'Iran, Obama avait dit en juin dernier qu'il n'y a aucune menace plus imminente envers Israel... que l'Iran.

Et l'imminent Noam Chomsky a été vite à lui dire que de menacer un pays de frappes militaires contrevient directement à la charte de l'ONU... et c'est aussi contre le souhait d'une majorité d'américains, en fait, 75% d'entre eux veulent établir des liens diplomatiques avec l'Iran, selon Program on International Policy Attitudes

En plus, Obama a dit à une foule cubaine-américaine en 2007 qu'il poursuivra l'embargo barbare de Cuba qui dure maintenant depuis 47 ans, croyant à tort que ce sera une manière de provoquer du changement sur l'île.

Pourtant, là aussi une majorité d'américains s'opposent à l'embargo, et du côté de l'assemblée générale de l'ONU ont a voté pas plus loin que l'an dernier 184 à 4 en faveur d'une fin à l'embargo.
Donc oui, l'arrivée du président Obama apporte un peu de lumière à un moment où l'on en avait grandement besoin, mais pour ceux qui s'opposent au militarisme, à la globalisation financière, aux changements climatiques,

et qui sont intéressés à promouvoir l'échange équitable et les droits humains devront continuer à se battre pour ces causes.

31 octobre 2008

LA LEVEE 29 OCTOBRE

LA FONTE DE L'ÉCONOMIE ISLANDAISE




L'Icelande avait suivi les prescriptions économique d'un idéologue de la droite, et maintenant le petit pays nordique paie un prix qui est hors de sa portée.
C'est en fait la première catastrophe de la débâcle économique mondiale de 2008.
L'Icelande est tout compte fait en faillite, après que le gouvernement ait pris le contrôle de trois banques majeurs.
Le pays doit 60 milliards $ à l'étranger, à peu près 6 fois son rendement économique annuel.
Aucun autre pays ne s'est écroulé comme ça en temps de paix.
Alors, qu'est-il arrivé?
L'Icelande, malgré ses gouvernements de coalition et ses valeurs sociales nordiques était devenu le porte-étendard de réformes économiques néoconservatrices inspirées par Milton Friedman au cours de la dernière décennie.
Friedman aurait inspiré une génération de jeunes conservateurs qui ont pris le pouvoir à travers le parti de l'indépendance en 1991 qui a mené le gouvernement à travers différentes coalitions depuis.
Milton Friedman est peut-être mort aujourd'hui, mais l'écroulement économique et financière de 2008 en Icelande démontre concrètement comment peuvent se mesurer ses idées par rapport aux théories d'un autre géant de l'économie au 20e siècle : John Maynard Keynes.
On pourra dire ce que l'on veut sur Keynes, mais faut reconnaître avant tout que son analyse était complexe et très nuancée.
L'essai pour lequel il est le mieux connu, The General Theory of Employment, Interest and Money était la base théorique nécessaire aux réformes économiques de l'époque du New Deal, des investissements dans les travaux publics qui a aidé plusieurs pays à se sortir de la Grande dépression.
Les théories de Keynes étaient la base de la plupart des politiques macro économique du monde capitaliste entre les années 1930 et 1970.
Friedman et son école de Chicago sur l'économie a eu beaucoup de succès à vendre son idéologie en réaction au Keynésianisme, inspirant la politique économique de plusieurs pays depuis les années 1980.

Vous connaissez la chanson : restreindre le rôle du gouvernement, la déreglementation, la privatisation, baisser les impôts, la lutte obsessive à l'inflation, bref, la philosophie du marché au-dessus de tout.

Alors on voit en ce moment l'effet Friedman en Icelande, un pays physiquement isolé avec une population de 320 000 personnes.

Après avoir precrit les réformes où par exemple les impôts des entreprises ont passé de 50% à 18% et toute la panoplie de privatisations et de déreglementation...

Le FMI et l'OCDE avaient félicité le petit pays, gardant les risques à son secteur fincancier dans leur angle mort... jusqu'à maintenant.

Le pire, c'est qu'un autre grand économiste, d'inspiration keynésienne, du nom de Joseph Stiglitz, avait écrit une lettre à la banque centrale d'Icelande en 2001, l'avertissant du danger imminent à son économie de telles pratiques.

Mais on l'a carrément ignoré, avec le résultat que l'on connait.

À première vue on peut comprendre pourquoi : l'économie de l'Icelande grandissait à vue d'oeil, atteignant un des taux de PNB les plus élevés du monde. Et en 2007, l'Iceland a fini en première place pour l'index de développement humain de l'ONU.

Les banques et les entreprises de l'Icelande se sont agressivement investit ailleurs dans le monde, avec l'aide gouvernemental bien sur, et un paquet de nouveaux milliardaires sont apparu sur l'ile.

Et tout le château de carte s'est écroulé, ensuite.

LA LEVÉE 8 OCTOBRE

1. À la veille d'un autre coup d'État du privé : les gouvernements du Québec et l'Ontario tentent de limiter en douce la portée de la démocratie.

2. Dans tout le bruit des élections fédérales, aucun candidat ne semble vouloir faire part de ses intentions par rapport à l'ALENA

3. Les organisations non gouvernementales dans une dictature : L'État chinois semble découvrir les vertus d'une société civile vivante et active.




TILMA QUEBEC ONTARIO




Le 2 octobre dernier, avec tout le bruit entourant les élections fédérales, vous n'avez peut être pas remarqué que les premiers ministres de l'Ontario et du Québec s'étaient rencontré lors du 5e sommet économique de l'ontario.

Un rendez-vous pour discuter de coopération économique, incluant des plans pour une nouvelle entente d'échange entre les deux provinces qui créerait un espace économique commun au centre du Canada.

Tout ça semble juste et bon... jusqu'au moment où l'on regarde de plus près ce que font McGuinty et Jean Charest, et comment leur nouveau partenariat pourrait limiter la capacité de nos gouvernements d'implanter des politiques sociales pouvant nous aider collectivement.

Les premiers ministres ont donc annoncé une entente de partenariat économique entre le Québec et l'Ontario.

un pas de plus vers un véritable traité de libre-échange calqué sur le controversé TILMA, le fameux Trade, Investment and Labour Mobility Agreement signé par les PM de l'Alberta et de la CB, sans débat public, en avril 2006.

Dans TILMA on retrouve un élément toxique : une clause sur les droits des investisseurs qui permet aux entreprises de poursuivre un gouvernement provincial pour toutes mesures qui limitent les échanges ou les possibilités d'investissements entre les deux provinces.

Des mesures qui, selon la définition de TILMA, inclueraient toutes législation, réglementation, standard, directive, demande, guide, programme, politique, pratique administrative ou toutes autres procédures

en d'autres mots, TILMA affirme que les gouvernements provinciaux ne doivent rien faire dans ses activités normales pour restreindre ou limité les échanges ou les investissements d'entreprises oeuvrant entre provinces.

il va sans dire qu'une telle entente augure rien de bon pour les travailleurs, et TILMA a le potentiel de rendre criminel toutes politiques visant la protection de la santé publique et l'environnement... ou toutes formes de subventions qui viseraient à protéger un secteur de l'économie... donc des emplois.

Ça veut dire si l'on tente de limiter la privatisation des soins de santé, des mesures pour limiter la pollution, d'aider le secteur agricole : tout ça pourrait souffrir des pressions de la menace possible de poursuites si le Québec et l'Ontario s'embarque dans le processus de résolution de conflit de TILMA.

ça serait encore un autre coup d'État de la part du privé, des entreprises et des investisseurs... une sacralisation de la propriété des moyens de production au-dessus de toutes considérations légales pour protéger l'intérêt commun.

la question s'impose, alors : pourquoi n'y a -t-il pas de débats publics à ce sujet?

le gouvernement de la Saskatchewan l'a fait au milieu de 2007 et a éventuellement décidé que TILMA menacerait les entreprises publiques et l'autonomie des municipalités.

Au Yukon, le gouvernement a dit non car ça limiterait les politiques environnementales.

Des consultations au Québec et en Ontario? D'après ce que l'on voit ni M. Charest ni M. McGuinty ne semblent bien intéressé à faire ça.

À la place, nos PM continuent de discuter plutôt avec le secteur privé... d'une chose qui est essentiellement une priorité pour le privé au Canada : la déreglementation déguisée en coopération économique.


ELEC ALENA



nous sommes en pleine campagne électorale au fédéral américain et canadien... et malgré ça, du moins ici, aucune mention jusqu'à présent de ce que l'on compte faire avec l'Alena... accord de libre échange des états nord américains.

oui, Obama et Clinton en n'ont parlé, disant qu'ils voudraient ouvrir le traité pour revoir les changements possibles à y apporter pour protéger des emplois, l'environnement et surtout la clause qui permet aux entreprises de poursuivrent les gouvernements pour des politiques considérées comme des menaces à leur accumulation de profits.

et leurs discours avaient fait déraillé le sommet du PSP partenariat pour la sécurité et la prospérité qui a eu lieu en nouvelles-orléans où Bush, Calderon et Harper se sont trouvé à défendre le PSP plutôt que de le promouvoir...

trois mois plus tard, un sondage angus reid indiquait que plus de la moitié des canadiens veulent absolument que l'on renégocie les termes de l'Alena.

ce qui fait penser que les candidats de l'élection fédérale au Canada devrait au moins en faire mention, au moins pour la forme, quelque chose sur la possibilité d'ouvrir l'Alena après le 1e janvier 2009!

Après tout, l'Alena n'a vraiment rien à voir avec les intérêts du Canada.

qui pourrait être la source principale de l'inaction des gouvernements fédéraux face aux changements climatiques, notre politique énergétique, les menaces à notre eau douce, l'érosion des politiques sociales et l'élimination des bons emplois à travers le pays.

Les Canadiens devraient savoir s'ils iront aux urnes pour ré-élire l'Alena comme il est, ou encore pire, s'ils vont voter pour un candidat en faveur du PSP, un Alena plus dans le fond.

Non seulement les citoyens veulent clairement en parler, ils devraient savoir ce que compte faire leurs élus devant la possibilité de s'asseoir avec la nouvelle administration américaine pour discuter sérieusement de l'avenir du continent... et conséquemment, de notre vie à tous.

ONG CHINE



Les organisations non gouvernementales en Chine ont sérieusement amélioré leur sort et leur place dans la société chinoise au cours des récentes années... au point de jouer un rôle important dans le développement économique de leur pays.

Pour plus de deux décennies, ce troisième secteur de l'administration publique a pu quand même assister l'État afin de combler les brèches dans les services offerts à la population, des brèches laissées ouvertes par la croissance du marché et les politiques sociales inadéquates.

pourtant, les moins de 800 000 ONG en Chine aujourd'hui sont loin de pouvoir atteindre leur plein potentiel à cause de lois et d'institutions sous développés.

jusqu'à récemment, les ONG chinoises opéraient sous les lois édictés pas longtemps après la crise de Tiananmen en juin 1989 alors que l'État chinois voulait mettre la main sur toutes les activités des ONG.

De telles contraintes légales et institutionnelles ont poussé les ONG à s'adapter à cet environnement politique et d'accepter leurs obligations d'opérer en étroite collaboration avec les têtes dirigeantes de l'État.

Or, de récents développements dans le climat politique montrent que le gouvernement serait maintenant prêt à certains compromis envers les ONG.

Cette nouvelle société civile peut être vu dans le rôle accrue des ONG en activisme environnementale, de nouveaux règlements concernant des fondations publiques, la croissance d'une démocratie au niveau locale en Chine rurale, et aussi, l'amélioration de l'aide légale.

dans une société civile idéale, l'État a la responsabilité de s'assurer d'une coexistence avec des institutions civiles en santé et active.

car à la base, la relation entre l'État et la société est toujours un mélange de coopération et de coexistence, de conflits et d'affrontement.

L'État ne devrait pas étouffer le fonctionnement autonome de la société, mais plutôt facilité et d'améliorer l'environnement propre à son existence et son développement.

et ça prend la forme de systèmes légaux efficaces, des institutions sociales qui appuient la bonne marche de la société civile, le tout encadrer par les règles de loi.

Une société forte en est une qui permet à ses citoyens de s'associer librement avec des organisations sociales qui intègrent toutes les voix des individus dans le système politique.

La société civile est donc essentielle à l'atteinte des objectifs d'un bon gouvernement qui vise le développement et des réformes.

Les ONG, petites et grandes, sont beaucoup plus alertes aux nouveaux problèmes et s'avèrent donc des sources très utiles aux décideurs et législateurs.

En Chine, l'État reconnaît progressivement la société civile comme un outil précieux pour s'en prendre aux problèmes sociaux qui apparaissent inévitablement dans une économie de marché.

C'est certain que ça prendra encore un certain temps avant que l'État chinois ouvre et facilite complètement la place à une société civile vigoureuse et indépendante.

Mais les récents développements permettent de croire que la situation change pour le mieux.

LA LEVÉE 24 SEPTEMBRE

1. Entente bilatérale de libre-échange : Alors que le Japon ouvre ses bras à un nouveau premier ministre, les pêcheurs des Philippines craignent le pire.

2. Marché mondial de l'armement


LIBRE ÉCHANGE JAPON PHILIPPINES



Le conservateur Taro Aso a été élu aujourd'hui Premier ministre par le Parlement japonais, avec pour mission difficile de mener son parti à la victoire aux prochaines élections législatives, sur fond de récession économique.

Le Parti libéral démocrate (PLD, droite), qui gouverne le Japon sans partage depuis 1955, à l'exception d'une parenthèse de 10 mois dans les années 90, compte sur la popularité de M. Aso pour remporter les prochaines élections législatives et maintenir sa domination.

Durant ce temps là, l'opposition à un accord de libre-échange bilatéral entre le Japon et les Philippines monte dans la population de l'archipel du pacifique...

Cette semaine, une alliance de pêcheurs, le Pamalakaya, a annoncé son intention de mener la campagne contre l'entente de libre-échange.

Alors que les négociations à l'intérieur d'institutions telles que l'OMC continue de flancher, plusieurs pays du G8, tels que le Canada, les ÉU et le Japon, tournent leur attention vers des accord bilatéraux ou régionaux à travers le monde.

Ces genres d'accord sont d'habitude des copie conforme de ce que cherche à faire l'OMC, qui voit des ressources naturelles, les institutions publiques et l'environnement en termes strictement économiques, c'est-à-dire uniquement comme des sources de profits.

Aux Philippines, l'alliance de pêcheurs Pamalakaya s'oppose à l'accord avec Japon car dans le texte de l'entente de libre-échange sont inclus des articles qui ouvrira des zones économiques exclusives dans les Philippines aux entreprises de pêcherie japonaises.

Les eaux nationales de pêche des Philippines tomberaient sous l'industrie japonaise, qui enverraient ses navires technologiquement sophistiqués... une différence marquante avec les méthodes traditionnelles de pêche.

L'équipement traditionnel souvent utilisé pour la pêche aux Philippines fait en sorte que moins de poissons sont sortis de l'eau

Mais dans l'entente bilatérale de libre-échange avec le Japon, particulièrement les articles 28 et 29 du texte on y indique que l'industrie des pêches du japon auront libre accès aux zones de pêche traditionnelles.

D'après les standards de l'industrie, c'est près de 50 tonnes métriques de thon par navire de pêche que le Japon pourrait aller chercher chaque année...

...potentiellement des centaines de mille de tonnes par année pour toute une flotte de navires japonais.

Il va sans dire que cette entente de libre échange causera la disparition rapide des poissons des eaux des Philippines.

Ce qui ne semble pas déranger la présidente des Philippines Gloria Macapagal-Arroyo... qui devant ses propres difficultés à maintenir sa légitimité à la tête du pays, cherche de l'appui d'une puissance comme le Japon.

L'administration Arroyo doit faire face aux scandales des enlèvements et des assassinats politiques qui prennent pour cible les activistes des Philippines... que des rapports de l'ONU ont lié avec l'armée des Philippines et l'administration en place.

Encore un autre chapitre horrible dans le grand livre de la globalisation de l'OMC et ses clones qui n'ont rien fait nulle part pour la vie des gens ordinaires, pire, qui détruisent le mode de vie de pêcheurs traditionnels ou les travailleurs en général aux Philippines.

VENTES D'ARMES



J'en ai parlé déjà ici...

Les hauts placés de l'industrie pétrolière peuvent avoir l'oreille de nos dirigeants à Ottawa...

Les PDG des grands manufacturiers d'armement ont en masse d'occasions de serrer la pince de hauts placés à Washington, incluant les plus hauts grades de la machine militaire.

Une belle occasion pour ça c'est au ComDef 2008, une rencontre qui a eu lieu à Washington au début du mois de septembre.

Parrainé par les géants de la fabrication d'armes tels que Boeing, Raytheon, BAE Systems, la conférence a été organisée autour du thème «les priorités à la défense dans une ère de conflit persistant»

Le thème commun de telles conférence, l'ombre par dessus tout ça, c'est la crainte de voir les budgets militaires, qui en passant ont augmenté aux ÉU par 2/3 entre 2001 et 2008... au Canada le budget militaire pour 2008 était de 18,2 milliards $... et l'on compte ajouter un autre 12 milliard $ au cours des 20 prochaines années... amenant le budget à 31 milliards $ par année d'ici 2031.

... donc un des thèmes persistants de telles conférence c'est que les budgets militaires ne continueront pas à monter en flèche pour toujours.

Pourtant, une compagnie comme Lockheed Martin a réussi à aller chercher entre 2001 et 2008 des contrats à Washington s'élevant de 130%, de 14 milliards à 32 milliards $.

Et donc, dans l'économie en stagnation et en plein inflation aussi, les marges de profits vont très bien pour Lockheed Martin.

Le budget alloué à la défense aux ÉU, qui n'inclut pas l'armement nucléaire ni le 12 milliards par mois alloué aux guerres en Irak et en Afghanistan, s'élève à 515 milliards $ pour l'année fiscale 2009.

Mais il n'y a pas que Washington et Ottawa qui délient les cordons de la bourse à l'industrie militaire, Lockheed Martin a eu plus de 10 milliards $ en contrats récents avec des pays étrangers.

Même le gouvernement Maliki en Irak embarque et a récemment commandé 36 avions F-16... Lockheed Martin a récemment vendu pour 100 millions $ de tels avions au Maroc, le Pakistan et la Roumanie.

Bref, on le doute, la guerre et l'instabilité sont très bonnes pour la business de l'armement.

Les ventes d'armes des ÉU vers les pays étrangers en 2008 sont à 45% plus élevé qu'en 2007.

Cette année, les ÉU offriront pour 34 milliards $ en armes à l'Irak, le Pakistan, l'Arabie Saoudite entre autres.

Presque 20 ans après la chute du mur de Berlin et la fin supposée de la guerre froide, le monde est plus couvert d'armements que jamais, et l'industrie de l'armement veut que ça demeure comme ça pour longtemps.

Et même si les pdg et les généraux à la retraite se rencontre lors de conférence comme ComDef pour se plaindre que les budgets militaires pourraient éventuellement ralentir leur cadence de croissance... disons que le jour où ils auront vraiment de mauvaises nouvelles sera une bonne journée pour le reste de la planète.

Ça sera le jour où la lumière de la paix, la diplomatie, la démocratie et les droits humains prendront le dessus.

LA LEVEE 3 SEPTEMBRE

IRAN ET CANADA




L’agressivité du Canada envers l’Iran n’est pas très bien connue
Par exemple, il n’y a pas beaucoup d’auditeurs qui savent qu’au cours de la dernière année des navires de guerre canadiens se promènent régulièrement le long des cotes iraniennes…
Près de huit cents marins canadiens font régulièrement la patrouille la région des eaux turbulentes entre l’Iran et le Pakistan.
Et alors on peut se poser la question à savoir pourquoi… pour quelle raison le Canada tient à avoir une présence militaire provocante le long des cotes avec l’Iran?
Connaissant le gouvernement Harper, ce n’est pas une surprise que la motivation centrale c’est d’appuyer la politique étrangère américaine…
Mais l’assistance militaire que le Canada offre aux ÉU n’est seulement qu’une petite partie de sa contribution pour une guerre contre l’Iran : nous contribuons aussi un service d’espionnage.
L’ambassade canadienne à Teheran a été accusé d’espionnage par des parlementaires iraniens il y a un an et demi.
C’est aussi par l’économie que Ottawa tente de mettre de la pression sur l’Iran.
Le ministère des affaires étrangères ne cache pas du tout son dédain pour le peu d’échanges commerciaux que le Canada entretien avec l’Iran.
Et à l’ONU, le Canada a voté pour poursuivre l’embargo sur l’Iran concernant certains matériaux stratégiques.

Mais la sphère où Ottawa s’active le plus pour attaquer l’Iran c’est bien dans le domaine diplomatique.
L’Iran a été bloqué de relations diplomatiques normales avec le Canada depuis que Ottawa a rejeté les deux derniers candidats iraniens pour être ambassadeur de leur pays au Canada.
Avec des preuves très faibles à l’appui, le gouvernement canadien affirme que les deux candidats étaient liés à la prise d’otage à l’ambassade américaine d’Iran en 1979-1981… en réponse, Téhéran a renvoyé l’ambassadeur canadien chez lui.

24 juillet 2008

LA LEVÉE 23 JUILLET 2008

1. Follow the money : derrière la fracture Belge
2. Merci, mais on le savait déjà! Le pétrole devient officiellement la première motivation pour l'invasion de l'Irak
3. On n'a plus besoin de vous! La toute récente paix entre la Chine et Taiwan déplait aux ÉU
4. La guerre pour l’Eau : comment notre assoiffé voisin du sud lorgne notre ressource bleue
5. Le cas d'Omar Khadr : pourquoi la vidéo de son interrogatoire devrait faire frémir tous les Canadiens...

BELGIQUE



Le chaos s’est installé en Belgique!

Le gouvernement vient de s’effondrer et le Premier ministre a déposé sa démission.

… et avec l’État des institutions politiques de la Belgique, on peut sérieusement se demander si le pays est sur le point de se facturer à tout jamais.

Le PM Yves Leterm a lancé la serviette lundi de la semaine passée, disant qu’il ne pouvait pas forcer un consensus entre les membres francophones et flammands de la coalition au pouvoir.

Je rappelle que la Belgique est séparée en deux régions : La Flandre dans le nord et la Wallonie au sud… deux régions qui ont connu une autonomie grandissante depuis les années 1970.

… et le nord, beaucoup plus prospère, cherche à obtenir encore plus d’autonomie.

Ce qui veut dire, pour des réformes qui vont transférer la responsabilité pour la taxation et la sécurité sociale au niveau régional.

Les partis francophones accusent les flamands de tenter de séparer la région plus riche du nord de la région du sud où le chômage est trois fois plus élevé.

La question centrale est donc de voir à quel point les Belges sont prêts à faire preuve de solidarité nationale.

Donc au-delà du clivage linguistique, la fracture de la Belgique a plus à voir avec la redistribution des richesses d’un pays qui est beaucoup plus riche que la moyenne européenne.

Le sud de la Belgique a été frappé de plein fouet par la globalisation… et les riches du nord ne veulent pas payer pour ça… à la fin, la fracture de la Belgique aura lieu sur une simple question d’argent.


PÉTROLE ET IRAK




Le micro suivant est tiré d'une récente entrevue qu'a accordé Noam Chomsky sur le sujet de l'Irak :

L’entente qui se prépare en ce moment entre le Ministère du pétrole en Irak et quatre compagnies pétrolières de l’ouest nous pousse à sauter vers quelques conclusions concernant l’invasion et l’occupation de l’Irak.

Les négociations avancent pour Exxon, Shell, Total et BP : les partenaires originaux du Irak petroleum company qui existait il y a quelques décennies… perdu aux mains des nationalistes irakiens.

Les contrats sans appels, apparemment écrits par les compagnies ont eu le dessus sur les offres de 40 autres compagnies pétrolières venant entre autres de la Chine, l’Inde et la Russie.

Tout ça se passe dans le plus grands des secrets…

Dans un pays, l’Irak, qui contient probablement la 2e réserve en hydrocarbures du monde, qui sont en plus très facile à extraire.

Pour les planificateurs américains l’Irak doit donc impérativement rester sous contrôle des ÉU, un endroit où des bases militaires peuvent rester en permanence.

Le pétrole. La raison ultime de l’invasion, alors… bien visible à travers la successions de prétextes : les armes de destruction massives, les liens de Saddam Hussein avec Al-Qaida, la promotion de la démocratie et la guerre au terrorisme…

Dans la déclaration de principes signée par Bush et le PM irakien Nouri al-Maliki en novembre dernier, on a mis ça bien au clair que l’économie irakienne devra être ouverte aux investisseurs étrangers, surtout américains, on s’entend.

Mais l’écho que l’on a le plus souvent du réseau de propagande de Washington, c’est que le seul à blâmer pour les problèmes en Irak, c’est son voisin imposant, l’Iran.

On menace l’Iran de représailles et d’agression militaire.

Or le paradoxe peu connu ici… c’est que le gouvernement irakien de Maliki est issu du secteur de la société irakienne la plus proche de l’Iran, appuyé par l’Iran.

La pseudo armée irakienne, une milice, en fait, est en grande partie basée sur la brigade Badr, qui a été entraînée par l’Iran et s’est battu pour le côté iranien lors de la guerre Iran-Irak.

Téhéran semble donc bien heureux de voir les ÉU qui implantent et maintient un gouvernement en place qui est sous son influence…

Encore une fois, du moment que le pétrole coule dans la bonne direction, on est même prêt à installer un gouvernement facilement influençable par le plus gros pays de l’axe du mal.

Plus d’un million d’irakiens mort cinq ans après l’invasion, qui est selon la loi internationale un crime de guerre…

Pendant ce temps là, la majorité de la population irakienne et américaine souhaite le retrait immédiat des troupes…

Mais… avec les grandes pétrolières qui salivent à la conclusion imminente de leur saisie du pétrole irakien… est-ce que l’on va les écouter?

PAIX CHINE ET TAIWAN



Pour les Chinois qui historiquement ne tiennent pas tant que ça aux allégeances du passé, faire la guerre est vue contre une manière contre productive de mener ses affaires… et la Chine a maintenant assez de confiance pour agir là-dessus.

La Chine et l’île voisine de Taiwan ne font même plus semblant d’être des ennemis et s’engagent maintenant dans une série d’associations au grand jour.

Vendredi dernier, des vols d’avion directs entre la Chine et Taiwan ont eu lieu pour la première fois en 60 ans.

Ce chapitre de la guerre froide est terminé et on semble bien être embarqué dans une nouvelle ère de paix entre les anciens rivaux.

Les hommes d’affaire de Taiwan sont déjà des investisseurs importants en Chine, et le gouvernement de Taiwan est en plein processus de normaliser les échanges entre les deux territoires.

Est parti, donc, l’excuse numéro un qu’avait l’armée américaine pour être installée dans cette partie là du pacifique…

Véritable scénario catastrophe pour la machine militaire américaine qui tire plus de 50% du budget du gouvernement américain de son côté…

La peur de la Chine est essentielle pour justifier l’achat des jouets de guerre à la fin pointe de la technologie…

Selon la dernière analyse du Pentagone, on estime que la Chine aura besoin de trois ans encore avant de pouvoir produire une force militaire capable de remporter un adversaire de taille moyenne.

Mihkail Gorbachev a dit mardi dernier, en pleine séance critique de Bush et des candidats à la présidence, que les ÉU investissent massivement dans la machine militaire sans qu’il n’y ait de place à ce sujet là dans l’espace public.

Un véritable tabou qui… avec les récents développements entre la Chine et Taiwan… devrait être levé.

GUERRE POUR L'EAU



En octobre dernier, le secrétaire général des nations unies Ban Ki Moon nous a fait part du fait que la planète entière se dirige vers une crise sans précédent pour l’eau.

Il a dit que près de 700 millions de personnes dans 43 nations sont affectés par la rareté de l’eau potable… et que ce nombre pourrait gonfler à trois milliards de personnes dans 17 ans.

Évidemment, pas besoin des avis experts pour comprendre que les changements climatiques vont empirer la situation.
Et nos voisins du sud, au sud des ÉU, commencent à être sérieusement assoiffés… et comme pour notre pétrole, ils ont l’œil sur nos réserves d’eau.

Et selon le point de vue, l’eau ne peut pas être inclus dans le traité de pseudo libre échange qu’est l’ALENA.

D’un côté on dit que l’eau n’est pas une commodité dans son état naturel et de l’autre on affirme que bien que l’ALENA ne peut pas forcer une province de vendre son eau… dès qu’une province décide d’aller de l’avant ça créer un précédent et ensuite avec l’ALENA plus moyen de revenir en arrière.

Le Pentagone en ce moment reçoit des conseils du manufacturier d’armes Lockheed Martin sur les moyens d’avoir accès aux sources d’eau de pays étranger… car on s’approche de la crise au sud, au point où ça deviendra une menace à la sécurité nationale.

Les grands lacs tiennent 20% de l’eau douce de la planète, mais seulement 1% de cette eau est renouvelée annuellement par la pluie et les nappes phréatiques.

Le Gordon Water Group a récemment publié un rapport disant que le Canada, même sans la menace américaine sur notre eau, est sur le point de bousiller ses propres réserves.

Dans le rapport intitulé Changing the Flow on indique que la croyance des Canadiens qu’ils ont des ressources d’eau illimitée est non fondée.

Nous utilisons en moyenne 50% plus d’eau que nécessaire…

Si la température moyenne s’élève de 2 à 4 degrés, le lac Ontario verrait son débit réduire de 24% et le fleuve St-Laurent baisserait d’un mètre à certains endroits.

Pour revenir à nos assoiffés du sud, 70% de la prise d’eau est due à de l’étalement urbain et la pollution agricole… et ça s’accélère.

Raison pour laquelle les Canadiens doivent absolument mettre de la pression sur leurs gouvernements pour empêcher les ÉU de mettre la main sur notre eau.

… Et pour ceux qui croient en la désalinisation oubliez ça : c’est une technique qui prend de grandes quantité d’énergie pour convertir l’eau salée en eau potable… contribuant du coup au rejet de plus de GES… menaçant encore plus les sources d’eau potable.


LE CAS KHADR




Vous avez peut-être vu la vidéo d’Omar Khadr, 16 ans, en train de se faire interroger par des agents des services secrets canadien à Guantanamo… une vidéo qui révèle bien des choses.

Le gouvernement canadien ne semble pas du tout s’incommoder du fait que les ÉU tient des combattants ennemis sans les chargés de quoi que ce soit, sans aide légale aussi…

Dans le clip, tourné en 2003 peu de temps après l’ouverture de la prison Khadr à l’air soulagé d’avoir rencontré des agents canadiens… mais lorsqu’il a réalisé qu’on était là plutôt pour l’interrogé il est tombé en pleurs…

Mais ce qui est le plus troublant dans cette histoire, ce n’est pas l’interrogatoire, assez soft, mais plutôt qu’il ait tout simplement eu lieu.

Pour commencer l’agent du SCRC l’a interrogé sans même lui faire part de ses droits légaux, une violation de droits fondamentaux.

Et plus important encore, bien que le Canada n'ait pas construit la prise de Guantanamo, le Canada porte quand même une certaine responsabilité légale et morale de ce qui arrive là-bas.

En flagrant contraste avec ce que d'autres pays de l'ouest ont fait... Khadr est le seul citoyen d'un pays de l'ouest qui demeure en détention, car tous les autres pays ont conclu des ententes avec les ÉU pour rapatrier leurs détenus.

En plus, Khadr est le seul détenu restant qui était un enfant lors de sa capture par l'armée américaine.

Son père l'avait initié à al-qaida lorsqu'il avait 10 ans, il a été capturé 5 ans plus tard et conduit à Guantanamo quelques mois plus tard...

Et l'appui du Canada pour la détention et le tribunal militaires d'enfant soldat est non seulement en contraste profond par rapport à d'autres pays de l'ouest, mais aussi en pleine contradiction de ses obligations internationales et son appui exprimé pour la réhabilitation d'enfants soldats!

Dans le protocole signé par le Canada, on y reconnaît que les enfants soldats devraient être considéré en premier lieu comme des victimes d'offenses contre la loi internationale... et appelle les États à mettre de l'emphase sur la justice restauratrice et la réhabilitation sociale lorsque l'on fait affaire à des combattants mineurs.

En supportant activement la détention et le traitement de Khadr à Guantanamo, le Canada indique clairement que sa position internationale sur les enfants soldats n'est que du vent.

... Et tous les citoyens canadiens devraient se sentir concernés... car si le Canada n'est pas vraiment commis à ses obligations domestiques et internationales, et la loi, bien, dans ce cas-là, aucun citoyen n'est en sécurité.

LA LEVÉE 9 JUILLET 2008

1. Colombie
2. G8


COLOMBIE




Ça se voit comme un film d'Arnold Schwarzenegger... des commandos de l'armée colombienne ont descendu dans la jungle et en sont ressortis avec 15 otages, parmi eux Ingrid Betancourt : ancienne candidate à la présidence de la Colombie.

Les otages avaient été tenus là 6 longues années...

Le Pentagone a été félicité pour sa participation à l'opération.

Toujours une bonne nouvelle lorsque des otages sont libérés... mais il ne faut pas perdre de vue le rôle que le Canada joue dans le long et sale conflit qui fait rage en Colombie.

Eh bien que ce soit la guérilla qui reçoit toute la couverture médiatique, il ne faut pas croire pour autant que les FARC sont les seuls responsables de la violence...

Des gouvernements colombiens successifs ont fait la guerre contre toutes formes d'opposition à leur autorité... avec l'appui tacite du Canada et des ÉU.

Contre des syndicalistes, des leaders de paysans, des activistes... des personnes qui, d'ailleurs, n'approuvent pas du tout des tactiques de prise d'otage des FARC.

Et bien que les causes qui ont créé la guérilla existent toujours, la prise violente de terres paysannes, la stratégie et la balance militaires a changés...

La célébration universelle de la libération d'Ingrid Bétancourt indique à quel point les FARC sont devenus impopulaires...

Et pendant ce temps là, un conflit se déroule entre la cour constitutionnelle et le président colombien, Alvaro Uribe Velez.

La cour suprême a condamné un membre du congrès d'avoirs acceptés un pot-de-vin en faveur de son vote appuyant une loi qui permettait à Uribe de se présenter pour un nouveau mandat présidentiel.

Contrairement au FARC, Uribe se croit assez populaire pour retourner en élection tout de suite pour démontrer sa légitimité de gouverner... encouragée, surtout, par le récent traité de libre-échange qu'il a signé avec le Canada.

Cette popularité a donné le feu vert au gouvernement colombien pour réprimer encore plus les mouvements paysans, comme présentement au Nord Cauca, attaquant des membres de la nation Nasa.

Et avec la libération héroïque d'Ingrid, le danger est bien réel que l'on oublie que la Colombie est sous le règne d'un gouvernement qui est en place par des pots-de-vin, la violence paramilitaire... qui vend ses richesses naturelles aux multinationales aux dépens des gens qui vivent sur ces territoires.

Les voix des gens qui souffrent de ces injustices ne doivent pas êtres enterrés dans l'acte héroïque de libération des otages... surtout au cours des prochaines semaines.

G8



Ça faisait 13 mois que les dirigeants du G8 ne s'étaient pas rencontrés... et si vous avez oublié ce qu'ils se sont dit l'an dernier, voici un petit rappel :

On disait que l'économie globale était en bonne condition et que la croissance était mieux distribuée à travers les régions.

On affirmait avec confiance dont l'inégalité globale allait se balancer grâce à la croissance économique envisagée.

Rien à dire sur la spéculation dans les marchés du pétrole et de l'alimentation, grande responsable de la flambée des prix.

La spéculation sur la valeur des commodités a été multipliée par 20 au cours des 5 dernières années... et, durant ce temps, le prix d'un panier de nourriture a globalement augmenté de 183%.

Et encore cette semaine, on voit bien que les dirigeants du G8 sont incapables de prendre des engagements sérieux envers les changements climatiques... dont la croissance économique est en grande partie responsable!

Pourtant, l'économie globale est à risque avec les pénuries de pétrole à venir, et les dommages de plus en plus significatifs causés par les changements climatiques.

C'est triste... car si l'on regarde l'histoire récente, aux deux moments où l'économie globale connaissait des crises équivalentes : 1930 et 1970... il y a eu des changements radicaux.

Au lieu d'avoir des échanges foisonnants d'idées neuves et révolutionnaires pour nous sortir du pétrin, tout ce que l'on a de la part des dirigeants du G8 c'est le néant.
Un pamphlet sera publié dans un mois qui suggèrent des voies à suivre pour remédier à la crise actuelle, titré Green New Deal, qui exigera une réglementation plus sévère sur le capital, des changements aux systèmes fiscaux, et des investissements importants dans la conservation d'énergie et l'énergie renouvelable.

Des solutions existent, et l'on se demande bien à quoi servent les rencontres du G8 si c'est pour ne pas en parler sérieusement.

LA LEVÉE 25 JUIN 2008

TILMA
SOMALIE
VIOL TEMPS DE GUERRE
KARZAI ET PAKISTAN
PRISONS ET INEGALITE


TILMA



Lorsque les Premiers ministres de la Colombie-Britannique Gordon et l’ex Premier ministre Ralph Klein ont signé le Trade, Investment and Labour Mobility Agreement (TILMA) en 2006, à l’époque ils avaient de grands plans pour le Canada.

TILMA était supposé débarrasser le Canada de supposées barrières aux échanges commerciaux et ainsi créer un seul espace économique de la mer du Pacifique à l'Atlantique...

Et heureusement, une bonne partie des provinces canadiennes ne veulent rien savoir de se joindre à cette chose-là.

Cette semaine, le Premier ministre du Yukon Dennis Fentie ont choisi de ne pas s'embarquer, à cause de possibles difficultés à implanter des politiques environnementales et socio-économiques... et des coûts élevés liés aux disputes.

C'est sous le TILMA, les niveaux de gouvernement provincial, régional et municipal ne peuvent pas implanter librement des politiques visant, par exemple, la santé des communautés ou la protection de l'environnement, sans voir des entreprises les poursuivre s'ils sentent que leur capacité de faire des profits sont limités.

Donc des personnes non élues mises sous autorité par TILMA pourraient voter contre un programme ou une loi du gouvernement, imposant des amendes allant jusqu'à 5 millions.

Tant que le palier de gouvernement décidera de garder la politique fautive en place, il sera frappé d'une autre amende, de multiples amendes jusqu'au recul, le retrait du gouvernement.

L'an dernier, la province de Saskatchewan avait aussi décidé d'éviter TILMA à cause de la menace qu'il représente aux entreprises publiques, et la possibilité des gouvernements municipaux de développer l'économie locale.

Le Manitoba a aussi dit non au TILMA, préférant baser ses échanges sur une entente antérieure, le Agreement on Internal Trade signé en 1994 qui a tout compte fait pratiquement éliminé les dernières barrières à l'échange.

En fait, c'est ça qui est le plus étrange avec TILMA : si toutes les barrières aux échanges ont été éliminées depuis 14 ans déjà... à quoi ça sert?

Ça sert à éradiquer toutes différences dans les politiques locales et provinciales, peu importent à quel point elle sont légitimes.... et que cette légitimité démocratique de choix concernant la santé et l'environnement est inscrite dans la constitution.

C'est que plusieurs entreprises transnationales des ÉU et d'Europe voient notre système fédéral comme une suite de barrières à leur volonté d'imposé des standards à travers les sphères de gouvernement.

Mais, au Québec, le gouvernement libéral de Jean Charest tente de signer une entente avec l'Ontario, copié sur le TILMA entre la CB et l'Alberta...

Encore une fois, en nous faisant croire qu'il existe des barrières aux échanges commerciaux entre les deux provinces... quand dans le fond ce que l'on cherche à faire c'est d'accroître la possibilité pour des firmes étrangères de faire du profit chez nous...

... Tout en réduisant encore plus notre pouvoir démocratique de choisir un environnement sain.

Pourtant, les échanges entre les provinces vont très bien, et s'accroît à un rythme plus élevé que les échanges entre le Canada et les ÉU, par exemple.

Curieux de constater que les provinces où l'on a choisi d'appliquer TILMA sont précisément les endroits où l'on a choisi de ne pas consulter la population... contrairement aux Parlements qui l'ont rejeté.

SOMALIE




Une entente de paix signée à Djibouti, pays médiateur, a peut-être manqué la cible... dû à trop d'ambiguïté et l'absence de signature de certains acteurs dans le conflit entre la Somalie, les rebelles locaux et l'Ethiopie.

Après 10 jours de négociations à Djibouti, parrainée par l'ONU, le gouvernement Somalien et une partie de son opposition ont signé un traité de paix sur 11 points fait pour cesser tout conflits armés à l'intérieur de 30 jours.

Les dirigeants pour l'alliance de la relibération de la Somalie, le groupe d'opposition au gouvernement, ne se sont pas tout entendu sur les principes du procédé de paix, alors une aile plus radicale s'est détachée...

Le groupe mené par l'islamiste Hassan Dahir Aweys a boycotté les discussions et rejette d'avance ces résultats.

Un autre groupe, pas vraiment reconnu comme étant officiellement dans l'opposition au gouvernement somalien, mais coupable des attaques les plus violentes contre le gouvernement et les troupes d'occupation venant de l'Éthiopie ont aussi, sans surprise, carrément rejeté le processus de Djibouti.

Que fait l'Éthiopie dans cette histoire? Bien, poussé par les ÉU, le voisin du nord-Ouest de la Somalie a envoyé ses troupes sur place, craignant l'influence grandissante des mouvements d'opposition armées islamiste en Somalie.

Alors, une coalition de l'opposition islamiste s'est formée sous le nom de l'alliance, et leur approche envers Djibouti c'est en premier lieu la quête du retrait des troupes éthiopiennes en Somalie.

Donc pour eux pas de négociations possibles avec le gouvernement de transition en Somalie tant et aussi longtemps que l'armée de l'Éthiopie est sur leur territoire.

Or, le texte de l'entente de paix, selon le porte parole de l'Alliance, est trop ambigu et ne semble pas directement demander le retrait des troupes comme faisant partie du cessez-le-feu général.

Le gouvernement somalien affirme que l'article 7 de l'entente ne demande pas un retrait automatique de l'Éthiopie, pas, du moins, avant 120 jours moment où l'on espère installer des troupes de l'ONU à la place.

Rappelons que le conflit dure depuis 18 mois et des confrontations violentes ont eu lieu quotidiennement depuis. Allez dans mon blogue et tapez Somalie pour plus de détails...

Donc l'article 7 n'est pas clair car il n'y a pas de garantis que l'ONU aura les forces nécessaires d'ici 120 jours, vu son manque d'effectifs en ce moment... étant, bien entendu, occupées ailleurs, par exemple au Darfour.

Et dans tout ça, malgré qu'on vise un cessez-le-feu à l'intérieur de 30 jours à la suite de la signature de l'entente, les troupes éthiopiennes qui appuient les forces gouvernementales de la Somalie et les nombreux groupes d'insurrection continuent leurs confrontations quotidiennes.

En fait, depuis le 9 juin dernier, plus de 100 personnes ont été tuées... presque tous des civils, au cours des nombreux affrontements dans cette partie de la corne africaine.

Ne manque qu'une assurance béton de la part de l'ONU que des troupes remplaceront celles de l'Éthiopie et la paix aura une véritable chance de s'imposer...


ANTI-VIOL EN TEMPS DE GUERRE



La nouvelle résolution du conseil de sécurité de l'ONU contre la violence sexuelle est un grand progrès historique qui doit être reconnu et souligné.

C'est un plan clair pour recueillir systématiquement de l'information sur la violence sexuelle... car, jusqu'à maintenant, le conseil demandait de telle information que sur des cas précis.

La résolution a été démarrée par les ÉU et adoptée le 19 juin dernier, par vote unanime du conseil de sécurité, après un débat présidé par le secrétaire d'état Condoleezza Rice et les Nations unies.

Les éléments clés incluent des paramètres de mesure clairs pour évaluer l'efficacité de politiques pour empêcher la violence sexuelle... la possibilité de sanctions contre des agresseurs sexuels dans les zones de conflits... et une directive du secrétaire générale de l'ONU de toujours accumuler des données sur la prévalence de violence sexuelle en période de conflit.

La résolution demande aux forces de maintient de la paix de l'ONU qu'elles soient mieux préparées pour protéger des civiles contre la violence sexuelle, et souligne aussi le rôle vital que les femmes jouent dans la prévention de conflits, le maintien de la paix et la sécurité... et l'établissement de la paix post conflit.

On y indique aussi l'implantation d'une politique de tolérance zéro par rapport à l'exploitation sexuelle et les abus perpétrés par les forces de paix de l'ONU.

Tout ça envoi un message clair à travers l'ONU que le viol est un crime qui devrait être empêché, et s'il ne l'est pas, bien qu'il devrait être systématiquement rapporté, documenté et les coupables amenés devant la justice.

Mais pour que ça fonctionne, faudra que l'ensemble du conseil de sécurité et l'ONU prennent des actions concrètes...

Sur le terrain, ça veut dire la justice, des services de santé, la démocratie participative, et l'éradication de l'impunité pour les agresseurs sexuels.

Comme toujours, les solutions qui fonctionnent le mieux sont celles développées en consultation avec les personnes les plus affectées.

Donc le Conseil devra travailler de très près avec les groupes de femmes qui travaillent sur les fronts pour chercher à mieux composer avec les crimes sexuels durant les conflits armés.

KARZAI ET PAKISTAN




L'éventualité n'est pas très probable... mais on peut se demander qu'est-ce qui arriverait si Hamid Karzai décidait d'aller de l'avant avec ses menaces récentes d'envoyer des opérations militaires dans le territoire pakistanais...

Le président afghan a dit au cours des dernières années, surtout en 2006 avec la remontée des attaques des Taliban... que les insurgés dans son pays compte sur l'aide essentiel d'organisations de l'autre côté de la frontière.

Et oui, il y a du vrai dans ce qu'il dit... mais ça sert aussi d'excuse pour l'état déplorable de l'Afghanistan, six ans après le renversement des Talibans.

Karzai n'est pas, bien sur, le seul responsable de cet état déplorable, il y a bien sûr la présence de l'ONU, qui le garde au pouvoir, et qui doit recevoir une bonne part du blâme.

Comme en Irak, on croyait vraiment pouvoir envahir le pays rapidement et atteindre la paix et le bonheur tout aussi rapidement, sans coups durs.

Et la population afghane, qui reçoit par mégarde un paquet de bombes de l'ONU par la tête, qui n'a rien a mangé ou de quoi gagner sa vie, embarque de plus en plus du côté des insurgés et la résistance aux envahisseurs.

Oui, bien que l'on ne s'ennui pas trop des diktas culturels des Talibans, on reconnaît qu'au moins le pays était beaucoup plus sécuritaire dans le temps que les Talibans étaient au pouvoir.

Pour revenir à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan... une véritable passoire... les forces de l'ordre pakistanaises s'avouent incapables d'aider à empêcher les passages de stocks de leur côté vers les Talibans.... ni les jihadistes, non plus.

Et dans tout ça, le journal britannique The Independent publiait un article en avril dernier sur le rôle joué par la mafia russe, qui fournit les Talibans en armes par la frontière du Tadjikistan.

Supposément qu'un kilogramme d'héroïne vaudrait six kalashnikovs... les drogues vont vers les rues de la GB, et les armes aux fronts talibans.

Au-delà de tout ça, faut reconnaître les dégâts causés par les troupes de l'ONU, dont le Canada joue un grand rôle depuis quelques années.

8000 vies de civils officiellement perdues en 2007...

Alors, si Karzai décidait d'entrer militairement au Pakistan pour tenter de couper les sources d'approvisionnement, les résultats ne pourraient être autres que catastrophiques.

La coopération, plutôt, entre les deux pays, au lieu des attaques directes serait beaucoup plus idéale pour tenter de limiter la capacité guerrière des Talibans.

Mais l'espoir d'une coopération amicale menant à la paix est mince, dans le cas d'un pays sous occupation et de l'autre qui risque constamment d'être à feu et à sang sous un régime qui vacille... et nos bons soldats, nos concitoyens canadiens que l'on a lancé au milieu de tout ça... jusqu'en 2011 et au-delà... c'est une cause perdue, ramenons-les à la maison immédiatement.

PRISONS ET INÉGALITÉS



Encore une fois je vous fais part d'une récente chronique de George Monbiot, intellectuel britannique qui met toujours le doigt précisément sur les choses ne fonctionnent pas dans notre société moderne de pays développé...

Il pose la question, que je vous relance : lequel de ces pays a le plus haut taux d'emprisonnement de ses citoyens?

Le Soudan, la Syrie, la Chine, la Birmanie, l'Arabie Saoudite, le Zimbabwe ou l'Angleterre?

En fait, les pays avec proportionnellement plus de prisonniers viennent d'être énuméré en ordre inverse.

L'Angleterre a donc plus de prisonniers, possède un système judiciaire plus punitif que les pires dictatures de la planète.

Vendredi dernier, le gouvernement britannique a sorti ses chiffres sur la population carcérale... qui bat des records encore une fois.

Une montée de 38% depuis que les Travaillistes sont au pouvoir... est-ce que les crimes, surtout les crimes violents avaient augmenté pour autant? Pas du tout, en fait, c'est l'inverse...

Donc on enferme plus de gens, plus longtemps, durant une période où le crime est en baisse année après année.

Mais ça n'empêche pas le gouvernement britannique de construire de nouvelles prisons, assez pour enfermer 96 000 personnes d'ici 2014.

Avec ces données, la GB risque de rejoindre les ÉU, #1 mondial pour sa population carcérale ou 1% de sa population adulte est enfermée.

Six fois le taux de prisonniers qu'un pays comme la Turquie... deux fois le taux du #2 mondial, l'Afrique du sud.

Fait étonnant, 60% des hommes afro-américains qui n'ont pas terminées leurs études secondaires se retrouvent à un moment ou à un autre derrière les barreaux.

Ça ressemble beaucoup moins à l'emprisonnement d'individus, qu'à l'enfermement à clé de toute une classe sociale...

Pour revenir aux données sur le crime en GB, en baisse de 2% l'an dernier, avec les crimes violents en baisse de 9%.

Et la chute n'a rien à voir avec le taux d'emprisonnement, qui a baissé de 9% entre 2004 et 2006.

La population des prisons en GB augmente car on enferme les gens plus longtemps.

Entre 1997 et 2004, la sentence moyenne a augmenté de 15.7 mois à 16.1 mois... le résultat de nouvelles lois pénales introduites en 1998 et 2003.

Alors, en vue de la chute de crimes violents, pourquoi les sentences plus longues?

Pourquoi, alors que la GB devient plus paisible, elle est devenue plus punitive?

Monbiot a trouvé la réponse : d'après ses recherches, et vous pouvez aller voir ses références sur son site Internet Monbiot.com

Les pays avec les plus hauts taux d'emprisonnement, sont aussi ceux avec les plus hauts taux d'inégalité de revenus.

Dans l'OCDE, les ÉU ont le 2e plus haut taux d'inégalité... le Mexique, en première place, a le 3e plus haut taux d'emprisonnement.

En Europe, 4 des 5 nations les moins égalitaires se classent parmi les 5 premiers pour la population carcérale.

La corrélation, certes pas exacte, semble s'appliquer à travers tous les pays riches.

On n'a peut-être pas une démonstration de relation causale, par contre.

Mais on a trois connections probables... 1. l'inégalité est source de criminalité... 2. la prison est source d'inégalité et 3. l'inégalité cause l'emprisonnement.

Plus les gens en haut de l'échelle sociale accumulent des richesses, plus ils demandent avec ferveur une protection face au reste de la société.

Les personnes ou les groupes qui réclament, génère une demande pour des sentences de prison plus longue et ceux en position d'implanter ces sentences sont tous issu des classes sociales capitalistes ou coordonatrice.

L'argent génère de la paranoïa, et la paranoïa garde les gens en prison... plus de gens en prison engendrent plus d'inégalité...

qui envoie plus d'argent vers les riches et les puissants... augmentant leur ferveur pour l'emprisonnement des classes sociales inférieures... et voilà... beau cercle vicieux qui nous ramène, éventuellement, à l'état de société fasciste.