26 décembre 2004

L'ORIGINE DE NOEL; JÉSUS RÉVOLUTIONNAIRE; ASSASSIN ÉCONOMIQUE; BANQUE MONDIALE; DÉCROISSANCE; CANADA ET EMPIRE AMÉRICAIN

Solstice d’hiver

Cette période de l’année est marquante, non pas seulement pour les célébrations religieuses, mais pour le retour de la lumière.

On envisage déjà le retour du printemps, la fonte des glaces et les premières feuilles.

C’est une période de l’année fait pour contempler notre avenir, combien de printemps il nous reste.

Le solstice d’hiver est un moment de célébration depuis bien avant le christianisme.

C’est un moment profondément enraciné dans l’inconscient collectif de notre espèce.

Les anciens égyptiens célébraient le solstice à partir du jour le plus court de l’année, pendant 12 jours.

Les Scandinaves nous ont légué les sapins de Noël, les conifères représentaient la promesse du retour du printemps.

En Rome antique, la célébration s’appelait saturnalia, et eux aussi décoraient leurs arbres de lumières et d’ornements.

Même l’histoire du père Noël date d’une époque pré-chrétienne dans le nord de l’Europe.

Jésus, pour sa part, n’était définitivement pas né le 25 décembre, mais plutôt vers le 17 avril, six ans plus tôt. On devrait donc être en 2010…

La date de naissance de Jésus a changé au 4ième siècle, sous l’autorité de l’empereur romain Consantin, peut-être à cette époque qu’on a déclaré qu’il n’y avait de réincarnation dans le christianisme…Paco Rabanne, pour empêcher les suicides...

Vu le vaste territoire et les différentes cultures sous le règne de l’empire romain, l’Église chrétienne s’est adaptée aux différents festivals païens, les transformant pour avoir une signification chrétienne.

L’arbre de Noël a été accepté par l’église à cause de sa forme triangulaire sensée représenter la sainte trinité.

Le festival du solstice s’est donc transformé d’une célébration du soleil en célébration du sauveur.

Le Noël que l’on connaît aujourd’hui n’a vraiment pris forme qu’au 19ième siècle.

La version vraiment moderne ne sait défini que durant la deuxième moitié du 20ième siècle, au moment où les usines de productions tournaient à plein régime et qu’il fallait écouler les surplus.

Notre nouvelle religion, le consumérisme à tout rompre fait la même chose avec les fêtes traditionnelles que l’église chrétienne avec les fêtes païennes : s’insérer à leur place pour mieux gagner les cœurs et les esprits.

Que vous célébrez le soleil ou le sauveur, que la joie, la paix et l’amour soient avec vous.

Jésus : l’opposition non-violente

Mathieu 5 : versets 38-41 : «Vous avez appris qu’il a été dit œil pour œil, et dent pour dent» Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre.

Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.

Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.»

Les paroles de Jésus ont été gravement simplifiées lors de la traduction des textes grecques.

Tendre l’autre joue, ne pas résister au méchant, faire un mile d’extra…Ces paroles suggère d’être passif, un tapis, se soumettre, collaborer avec l’oppresseur. Cette mauvaise interprétation a causé des torts épouvantables durant des siècles.

Jésus ne s’est jamais comporté de cette façon, c’est la raison pour laquelle il a été mis à mort : c’était le premier révolutionnaire à faire la promotion de l’action non-violente pour s’opposer à l’injustice des dominateurs de son époque.

Les traducteurs de la Bible des derniers siècles ont été les créateurs de la culture officielle de leur temps. Les rois et le clergé ont utilisé leur statut pour pervertir des passages de la Bible.

Walter Wink est un théologien progressiste qui nous aide à remettre les pendules à l’heure.

L’équipe de traducteurs engagés par le roi Jacques 1ier d’Angleterre en 1604 ont traduit le terme grecque antistenai en «ne pas résister au méchant», transformant de la sorte la résistance non-violente voulue par Jésus en docilité, passivité, collaboration. Très pratique pour soumettre le peuple à l’autorité du roi et de l’église.

Le mot grecque antistenai veut plutôt dire résister violemment, se rebeller, s’engager dans une insurrection.

La véritable traduction des paroles de Jésus aurait dû être «ne pas répliquer contre la violence par la violence», mais ça ne veut pas dire que Jésus encourageait les fidèles à être passif contre ceux qui leur causaient du mal.

L’évolution humaine nous a conditionné à réagir de deux manières contre l’agression violente : l’opposition violente ou la passivité. Jésus enseignait qu’il y a une troisième voie : l’opposition non-violente.

La version du roi Jacques, traduite en plusieurs langues depuis, semble dire que Jésus favorisait la soumission à l’absolutisme de la monarchie, que c’était là la volonté de Dieu.

Revoyons les trois extraits cités plus tôt : tendre l’autre jour, laisser son manteau et marcher un mile de plus.

Si quelqu’un te frappe la joue droite…pourquoi la joue droite ? Pensez-y. Frapper quelqu’un le poing fermé de la main droite voudrait dire frapper sa joue gauche.

À l’époque, l’utilisation de la main gauche n’était permise que pour les tâches malpropres, c’était tabou de faire autrement. Ça veut donc dire que pour atteindre quelqu’un de la main droite sur la joue gauche il fallait utiliser le revers de la main.

Jésus parlait donc d’un geste d’insulte, et non pas d’un combat. Frapper du revers de la main était fait dans l’intention d’insulter, de remettre à sa place. On ne frappait jamais un pair de la sorte, il y avait même des lois sévères contre ça. Frapper du poing symbolisait se battre avec une personne du même statut.

Une claque du revers était donc la manière de rabattre des inférieurs. Les maîtres claquaient du revers les esclaves; les maris sur leur femme; les parents sur leurs enfants; les hommes sur les femmes; les Romains sur les Juifs.

Jésus s’adressait aux victimes de ces traitements. Des personnes dont on a volé leur dignité humaine.

Jésus leur proposait de tendre l’autre joue afin de soutirer le pouvoir de l’oppresseur, l’empêchant d’humilier. En tendant l’autre joue, la victime résiste avec les moyens du bord et indique aux yeux de l’oppresseur que ça tentative de la déshumanisé n’a pas fonctionné. En montrant la joue gauche, ça devient physiquement impossible de claquer du revers de la main droite.

Le deuxième exemple de Jésus concerne une personne endettée qui se fait poursuivre en cour, car elle est incapable de repayer sa dette. L’endettement était le plus grave problème en Palestine à l’époque. Les paraboles de Jésus sont remplies d’exemples d’endettés qui luttent pour leur survie.

Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, donne-lui aussi ton manteau…

Si tu es tellement endetté que tout ce qui te reste pour repayer ton créditeur c’est ta tunique, présente-toi en cour flambant nu, les vêtements dans tes mains, prêt à les remettre.

La loi était farouchement en faveur des prêteurs, la seule façon de résister, selon Jésus, est d’humilier celui qui opprime.

La nudité était tabou dans le judaïsme. La honte tombait sur celui qui voyait ou qui causait la nudité chez l’autre.

Le créditeur était dévoilé non comme étant un prêteur respectable, mais comme un oppresseur qui réduit tout une classe de gens à la destitution.

Le pouvoir de ceux qui oppriment est basé sur leur dignité, et rien ne fait perdre la dignité d’une personne plus vite que l’humour, la dérision, le sarcasme. Comme le fait si bien Serge Chapleau, par exemple.

Le troisième exemple sur le deuxième mile est de la même veine. À l’époque, les soldats romains pouvaient demander à un sujet d’un peuple conquis de transporter son sac pendant un mile.

La loi militaire était sévère contre ceux qui abusaient des sujets en leur forçant de transporter un sac qui pouvait peser entre 65 et 85 livres durant plus d’un mile. Le sujet pouvait poursuivre le soldat en cour et obtenir justice. Cette loi militaire existait pour ne pas fâcher les sujets inutilement.

Jésus comprenait très bien la futilité d’une révolte armée contre les forces d’occupation romaine. Mais il tenait à des méthodes qui permettait aux soumis de conserver une dignité face à l’oppression.

Imaginez donc la surprise du soldat lorsque rendu au marqueur d’un mile, il tend la main pour reprendre son sac et on dit : «non, c’est beau le grand, laisse-moi le transporter un mile de plus».

Pour nous ça peut sembler anodin, mais pour ceux qui écoutaient Jésus, l’idée de rendre un oppresseur inconfortable était une source de libération.

Même si l’action non-violente ne change pas immédiatement le cœur de l’oppresseur, ça l’affecte profondément celui qui la commet.

Martin Luther King disait que l’opposition non-violente donnait une nouvelle estime de soi, fait appel au courage et à la force qui était réprimé auparavant.

Alors, selon Walter Wink, la troisième voie de Jésus se résume à prendre l’initiative morale; trouvé une alternative créative à la violence; briser le cycle de l’humiliation; refuser de se soumettre ou d’accepter le statut d’inférieur; être prêt à être pénaliser en brisant des lois injustes.

Saul Alinsky, un organisateur communautaire légendaire, avait dressé une liste de principes pour l’action non-violente.

Le pouvoir n’est pas seulement ce que tu penses avoir mais ce que ton ennemie croit que tu possède.

Lorsque c’est possible il faut sortir de l’expérience de l’ennemi.

Obliger l’ennemi à respecter son propre livre de règlements.

Le ridicule est l’arme la plus efficace.

Une bonne tactique en est une qui amuse ceux qui l’utilisent.

Jésus suggérait, par Mathieu 5 ; 38-41 d’amplifier une injustice, d’exposer le mal d’une oppression légalisée. On est loin de la passivité et de la complaisance qui nous a été enseigné par l’Église chrétienne pendant des siècles…

John Perkins

Smedley Butler était le général le plus médaillé de l’histoire des marines aux états-unis.
Au début du 20ième siècle, il s’est battu et a tué pour les USA partout sur terre.
À son retour aux états, il a écrit un livre intitulé «War is a racket»  la guerre est une escroquerie.  Qui ouvre avec ses lignes mémorables : la guerre est une escroquerie.  Elle l’a toujours été»  «J’ai été le gars de bras pour la big business, pour Wall Street et pour les banquiers»
En somme, Butler dit : J’ai été un voleur, un gangster pour le capitalisme»
Il a dit en 1933 : j’ai aidé à faire du Mexique un endroit sécuritaire pour les pétroliers de chez nous.  J’ai fait d’Haïti et de Cuba des endroits décents pour les gars de la National City Bank.  J’ai contribué au viol de plus d’une douzaine de pays de l’Amérique centrale pour le bénéfice de Wall Street.
J’ai purifié le Nicaragua pour la banque internationale de Brown Brothers en 1909-1912.  J’ai ouvert la république dominicaine pour les intérêts sucriers en 1916.
Encore : en Chine, j’ai fait en sorte que les intérêts de la Standard Oil soit protégés.
Aujourd’hui, un Smedley Butler moderne a apparu : John Perkins.  Allez à www.johnperkins.org pour en savoir plus.
 Il vient d’écrire un livre titré «Confessions of an Economic hit man» confessions d’un assassin économique.
En 1968, après ses études à Boston University, il se joint au Peace Corps et se rend en Équateur.
  Là-bas, il se fait contacter par des agents de la National Security Agency (NSA) et engagé par la firme de consultants internationale Chas. T. Main de Boston.
Une agente de la NSA, une femme séduisante prénommée Nicole l’a entraîné pour devenir un assassin économique.  Elle lui a fait comprendre qu’il s’embarquait dans du travail sale.
Perkins s’est embarqué avec une première mission en Indonésie et a travaillé le Chas. T. Main de 1970 à 1980.
Son boulot était de convaincre les gouvernements de pays du tiers-monde et leurs banques de conclure des ententes où d’immenses prêts allaient allouer à ces pays pour des projets d’infrastructure.
La condition première des prêts était que la majeur partie de l’argent allait retourner à des entreprises de construction états-unienne telle que Bechtel et Halliburton.
Les prêts allaient plonger les pays dans des dettes impossibles à payer.
En fait, le système était fait justement pour que les pays soient incapables de rembourser leurs prêts.
Lorsque le gouvernement US voulait des faveurs, tel que des votes aux Nations Unies ou des troupes en Irak, ou un accès favorables aux ressources naturelles : le pétrole, un canal, ils allaient vers le gouvernement d’un tel pays et disait : écoutez, vous avez cette dette immense que vous êtes incapables de rembourser.
Alors, vendez votre pétrole à des prix ridicule à nos entreprises pétrolières, on demande à l’Équateur de vendre sa part de la forêt amazonienne.
Lorsqu’un pays refusait de collaborer avec des assassins économiques tels que Perkins, on envoyait les coyotes de la CIA pour faire le boulot.
Lorsque la CIA ne réussissait pas leur mission, on envoyait les Marines.  Perkins a été un joueur crucial dans le réseautage entre la famille royale en Arabie saoudite et l’élite états-unienne.
En 1980, il n’en pouvait plus et a complètement changé sa vie, créant une entreprise d’énergie alternative.  Il a aussi écrit plusieurs livres dans le genre de la prophétie des Andes, sur le chamanisme et la transformation intérieur.
Je vous conseil de commander et de lire le livre de Smedley Butler «War is a Racket» ainsi que le nouveau de Perkins « confessions of an economic hit man» si vous avez encore des illusions sur la nature du capitalisme et des institutions financière travaillant sous le couvert de l’aide humanitaire comme le FMI et la Banque mondiale…
 
 
 
La Banque Mondiale

La mission de la Banque mondiale est de faire des prêts à long terme aux pays émergeants, pauvre, dans le but de les moderniser : travailler sur leur infrastructure.

Comme on a vu avec John Perkins, la vocation progressiste de la banque a été perverti vers la fin des années 60, transformant la banque en une machine à profit pour des firmes américaine, à endetter des pays pauvres afin de soutirer leur souveraineté.

Une visite au site officiel de la banque mondial nous ferait croire autre chose, que l’institution financière se consacre exclusivement à combattre la pauvreté.

C’est drôle parque que partout où elle va, la population bénie par son aide s’appauvrie encore plus…

La banque utilise des slogans anti-pauvreté pour cacher son travail pour les entreprises privées.

Depuis sa politique d’ajustement structurel et la lancée de la globalisation, elle a aidé les multinationales à avoir plus de pouvoir, les riches à devenir plus riche, pendant que le reste du monde est pris dans une récession sans fins.

Quelques chiffres à l’appui : en 1960, le cinquième plus riche de la planète allait 30 fois mieux que le cinquième le plus pauvre. En 1997, c’est 74 fois mieux.

Entre les années 70 et 95, on est passé de 7000 à 40 000 entreprises multinationales.

5 d’entre elles on des revenus combinés s’élevant plus haut que les revenus combinés de 46 pays.

Aujourd’hui, 54 pays sont plus pauvres maintenant qu’avant 1990.

Juste en Inde, les réformes agraires imposées par la Banque ont causé des catastrophes environnementales et ont détruit des millions de vies dans les régions rurales.

Des milliers de fermiers en Indes quittent leur terre pour se trouver des emplois de bas niveau dans les centres urbains.

La banque et le FMI ont forcé des pays émergeants à transformer leur agriculture de subsistance en agriculture rentable qui rencontre les besoins de luxe des pays de l’ouest.

La banque a forcé les pays pauvres à défaire leur système de subvention agraire, et de retirer de la réglementation afin de permettre aux intérêts étrangers de s’insérer dans les systèmes locaux.

Mais cette prescription pour soi-disant guérir les systèmes agricoles n’a jamais été appliqué dans les pays riches.

On peut le voir dans le livre de John Perkins, la politique macroéconomique des institutions comme la banque mondiale est basé sur des préjugés industriels et urbains. Pas d’objectivité scientifique.

La tâche première serait de dresser un bilan des impacts socio-économique et environnementaux des politiques de la Banque mondiale; non pas par une équipe de macro-économistes aveugles mais par un groupe de gens reconnu pour leur compétence et leur véritable dévotion au bien-être et au progrès humain.

Pour une société de décroissance

En janvier 2004, Serge Latouche, un professeur d’économie à l’université Paris-Sud a signé un article dans le monde diplomatique intitulé : pour une société de la décroissance.

La croissance est le mot d’ordre de tous les gouvernements, de gauche comme de droite.

Elle est fondée sur l’accumulation des richesses, mais pour y arriver elle détruit la nature et est génératrice d’inégalités sociales.

Qu’elle soit durable ou soutenable, la croissance avant tout est dévoreuse de bien-être.

C’est donc à la décroissance qu’il faut travailler : à une société fondée sur la qualité plutôt que la quantité, sur la coopération plutôt que la compétition; à une humanité libérée de l’économisme se donnant la justice sociale comme objectif.

George Bush avait déclaré en février 2002 pour justifier le refus de ratification de son gouvernement de l’accord de Kyoto : Parce qu’elle est la clef du progrès environnemental, parce qu’elle fournit les ressources permettant d’investir dans les technologies propres, la croissance est la solution, non le problème.

Donc, notre bonheur passe par plus de croissance, plus de productivité, plus de pouvoir d’achat et donc plus de consommation.

Après quelques décennies de gaspillage frénétique, nous sommes entré dans les dérèglement climatiques, les guerres de pétroles qui seront suivit de guerre de l’eau.

Si on regarde objectivement les tendances, rien n’indique que la foi aveugle en la croissance n’amènera le bonheur pour l’humanité.

On fait face à des pandémies, des disparitions d’espèces végétales et animales essentielles.

Dans ces condition, selon Latouche, la société de croissance n’est ni souhaitable ni soutenable.

Il est donc urgent de penser à une société de décroissance, si possible sereine et conviviale. Parenthèse : la semaine prochaine sera consacrée à la deuxième partie de la société participative. Les joueurs de sim city devront être à l’écoute car nous allons y décrire une vision révolutionnaire d’un monde possible sans économie de marché capitaliste. On traitera d’architecture, de journalisme, d’art, de sport, etc.

On disait que la société de croissance n’est pas soutenable car elle se heurte aux limites de la biosphère.

Si l’on prend comme indice le poids environnemental de notre mode de vie, donc l’empreinte écologique de celui-ci en superficie terrestre on obtient ceci : Un citoyen des États-Unis consomme en moyenne 9,6 hectares, un canadien 7,2; un européen moyen 4,5…

On est donc très loin de l’égalité planétaire, et plus encore d’un mode de vie de civilisation durable qui nécessiterait de se limiter à 1,4 hectare par personne.

Latouche rappelle qu’il faut bien la foi inébranlable des économistes orthodoxes pour penser que la science de l’avenir résoudra tous les problèmes.

L’élévation du niveau de vie de la plupart des citoyens du Nord est de plus en plus une illusion, car elle se base sur une dégradation de la qualité de vie non quantifiée mais subie : air, eau, environnement, des dépenses de compensation et de réparation : médicament, transport, loisirs; une élévation des prix des denrée raréfiées : eau en bouteille, énergie, espace verts.

Sans parler des coûts élever pour des systèmes de sécurité, les forces de l’ordre dont on aura besoin à cause des inégalités qui s’accroît.

Latouche suggère d’éliminer le poids sur l’environnement des charges qui n’apportent aucune satisfaction.

La remise en question du volume considérable des déplacements d’humains et de marchandises sur la planète; l’élimination de la publicité tapageuse; réduire considérablement l’obsolescence accélérée de produits et des appareils jetables qui n’ont aucune autre justification que d’accroître les profits.

Bref, Latouche appelle à un nouveau contrat social basé sur un programme des six R : réévaluer, redistribuer, restructurer, réduire, recycler, réutiliser.

Il nous demande de faire une remise en cause radicale de notre système économique : est-ce qu’on en est capable ?

Paul Martin fait sa part pour l’Empire américain

La guerre impériale des États-Unis continue de faire rage en Irak et que fait notre élite politique et économique ? On appelle à une réconciliation avec l’administration Bush, tentant de réparer les supposés dégâts causés par notre pseudo-refus de participer à l’invasion.

On a donc droit à un réalignement de notre gouvernement canadien avec l’agenda néo-conservateur qui règne en maître à Washington.

Paul Martin était en entrevue à CNN le 5 décembre dernier à l’émission de Wolf Blitzer.

Il a commencé l’entretien en disant aux téléspectateurs des Etats-Unis que le Canada supporte sans retenue la construction d’institutions en Irak, et que notre pays aidera avec les élections du 30 janvier prochain.

Lorsque l’intervieweur lui a demandé d’aider les Etats-Unis en envoyant des troupes en Irak, Martin a répondu en disant que nous sommes lourdement impliqués en Afghanistan et en Haïti.

Martin a donc justifié l’absence de troupes canadiennes en Irak à cause de nos engagements ailleurs.

Ce que ça sous-entend c’est que si nous avions des troupes disponibles pour l’assaut en Irak on les enverrait.

Pas satisfait de la réponse de notre premier ministre, Blitzer a demandé si on ne pouvait pas envoyer au moins 1000 soldats pour au moins assurer la sécurité des élections bidons.

Mal à l’aise, Martin a réitéré que les effectifs ne sont juste pas disponibles.

Mais, a-t-il rajouté, le Canada entraîne des forces policières en Irak avec un investissement de 300 millions, alors on fait définitivement notre part.

Ailleurs, le 13 décembre, Paul Martin a avoué que son gouvernement allait augmenter les budgets militaires.

Il s’est vanté du fait que c’était des troupes canadiennes qui ont sécurisé l’aéroport en Haïti.

En effet, ce sont nos troupes qui ont facilité l’enlèvement de Jean-Bertrand Aristide le 29 février dernier. Pavant la voie pour l’occupation du pays par le régime de marionnettes de Latortue.

Le Canada était le plus grand vendeur d’armes aux Etats-Unis durant la guerre du Vietnam.

Chrétien s’était vanté de ne pas avoir envoyé de troupes en Irak après avoir supporté dix ans d’embargo meurtrier qui a tué 500 000 enfants irakiens.

Oui, en effet, le Canada fait sa part pour l’expansion et le maintient de l’empire américain.

28 novembre 2004

ÉLECTIONS UKRAINE; SPÉCULATION MONÉTAIRE; SANTÉ PUBLIQUE; GARDERIES; THÉORIE ÉCONOMIQUE; NATURE HUMAINE

Ukraine

On a tous vu cette semaine les centaines de milliers d’Ukrainiens vêtus d’orange protester contre les résultats de l’élection présidentielle. En trois minutes, nous allons tenter de clarifier la situation.

L’Ukraine est un pays de 42 millions qui a gagné son indépendance en 1991. Donc une ancienne république de l’URSS.

Comme dans le reste de l’empire soviétique, au fur et à mesure que l’État se retirait et que l’économie de marché prenait sa place, la corruption s’est imposée.

La dernière élection présidentielle en Ukraine se tenait entre les deux hommes ayant tenu le poste de Premier ministre sous le président sortant Léonid Koutchma.

D’un côté, le candidat Viktor Iouchtchenko, pro-occidental et réformiste à la tête du parti «Notre Bloc d’Ukraine»

De l’autre, l’homme préféré du pouvoir et de Moscou, le chef du parti «régions d’Ukraine» Viktor Ianoukovitch.

Alors, suite au deuxième tour de l’élection, la commission électorale a déclaré Ianoukovitch gagnant sur Iouchtchenko 49,46% à 46,61% des votes.

Appelant à la fraude électorale, le parti de Iouchtchenko a refusé de se soumettre à la décision de la commission électorale.

L’Europe et l’Amérique du Nord refusent aussi de reconnaître les résultats. Appuyant le candidat pro-occidental Iouchtchenko.

Vladimir Poutine, président de Russie, à quant à lui salué la transparence de l’élection et félicite son candidat Ianoukovitch pour sa belle victoire.

Depuis, Iouchtchenko appel à la grève générale partout au pays. Une barricade autour des principaux édifices gouvernementaux a été érigée.

La cour suprême de l’Ukraine a aussi refusé de reconnaître le gagnant et examinera les irrégularités lundi.

La cour a donc indiqué au président Koutchma de rester en poste jusqu’au dénouement de la crise.

Koutchma, de son côté, accuse le parti de Iouchtchenko de vouloir organisé un Coup d’État.

Iouchtchenko dit être en possession de preuves que plus de trois millions de votes ont été falsifiés. On a des échos d’irrégularités chez les observateurs internationaux venus surveiller l’élection.

Des médiateurs européens se rendent sur place pour s’assurer que le pays ne sombre pas dans la guerre civile.

Premier ministre de l’Ukraine entre les années 1999 et 2001, Viktor Iouchtchenko s’est rendu populaire auprès des Ukrainiens grâce à l’implantation d’un ensemble de réformes visant à combattre la corruption politique et financière.

Les oligarques dans l’entourage de Koutchma n’ont pas vraiment apprécié le travail de Iouchtchenko alors il a été limogé de son poste en avril 2001 pour être remplacé par Viktor Ianoukovitch.

Ianoukovitch est le chouchou du pouvoir financier et du consortium médiatique en Ukraine et du régime de Poutine à Moscou.

Ce qui ajoute à la tension déjà élevée en Ukraine est cette étrange maladie qui a frappé Iouchtchenko quatre mois avant l’élection. En peu de temps, il est passé d’un bel homme au début de la cinquantaine, en santé, à une espèce de troll hideuse.

La version officielle de son état est qu’il souffre d’une maladie dermatologique rare, mais une rumeur coure — nourrit par Iouchtchenko lui-même — voulant qu’il ait été la victime d’un empoisonnement par ses opposants.

À suivre…


Spéculation monétaire

La montée du dollar canadien et la chute de la devise états-unienne fait beaucoup de bruits en ce moment.

On craint pour les économies fortement axées sur l’exportation vers les États, comme c’est le cas au Canada.

Ça soulève la question de la spéculation sur les devises. Le casino global où on mise sur les monnaies nationales pour faire du profit, peu importe les dommages que ça cause dans les économies touchées.

La spéculation sur les devises ne produit absolument rien. Pas une paire de chaussure, pas de tube de dentifrice, rien. La volatilité des devises ne sert pas à personnes sauf à quelques escrocs de la haute finance.

Chaque jour, à peu près 1,5 trillions de dollars sont échangés dans le marché des devises. Va sans dire que c’est beaucoup plus que ce qui est échangé en produits et services.

Au fur et à mesure que l’argent est acheté et vendu à travers des transactions électroniques rapides comme l’éclair, 24 heures par jour, plusieurs pays à travers le monde subissent les effets néfastes des fluctuations volatiles de la valeur de leur monnaie.

Ceci créer pour beaucoup de nations des situations instables qui affectent toute l’économie, les emplois (comme ici au Canada), le prix des services tels que l’électricité, l’eau, tout.

La spéculation sur les devises s’effectue lorsque des gens mettent de l’argent dans le marché des devises en misant dessus.

Cette situation a pris racine au début des années 70 aux ÉU, lorsque Nixon a annoncé que le pays allait enlever sa devise de l’étalon or.

C’était devenu nécessaire de prendre cette décision selon eux car il y avait trop de monnaie des ÉU en circulation à travers le globe.

La Federal Reserve Bank exige comme la plupart des banques centrales de conserver une quantité minimale de richesse réelle dans leurs coffres, en relation à l’argent qu’il prête. Donc 10% de l’argent prêtée par la banque doit être disponible si jamais les gens veulent leur cash.

Le seuil critique était dépassé de loin au tournant des années 70. Il y avait trop d’argent US qui circulait dans le monde pour la quantité d’or dans la réserve.

Alors ils ont enlevé le dollar de son étalon or. Ça l’a complètement déstabiliser ce qui était jusque là un système de taux d’échanges de devises relativement stables.

Les banques centrales des pays gaspillent des sommes immenses pour défendre leur devise face au casino global.

Malgré ça, il y a une illusion qui persiste chez plusieurs économistes que la spéculation sur les devises aide au développement économique des pays.

C’est juste bon pour ceux qui regardent des ordinateurs circuler des monnaies pour générer des profits.

Pendant ce temps, les citoyens ordinaires se fendent en quatre pour arriver et les gouvernements coupent dans les programmes sociaux pour rembourser des prêts.

Ce que les gens veulent ce sont des prix stables et justes. Sauf que c’est la dernière chose que souhaitent les spéculateurs. Leur seule manière de faire du profit c’est par l’instabilité des prix.

Alors on se retrouve devant une profonde contradiction structurelle entre les intérêts des spéculateurs qui veulent le plus de volatilité de prix possible et le reste de la planète qui aimerait pouvoir se fier sur des prix stables.

On tente de nous faire croire que la montée et la descente du huard c’est bon pour nous. N’en croyez pas un mot.

Le système de santé canadien

Est-ce que le système de santé coûte trop cher ? C’est certainement le message que l’on entend de ceux qui veulent profiter de la privatisation du système, et certains premiers ministres qui ne savent pas compter.

Plusieurs ministres de la finance affirment qu’il n’y aura pas d’argent pour rien d’autre que la santé si rien n’est fait pour changer le système, tel qu’ouvrir la porte à une certaine privatisation.

En surface, les gouvernements provinciaux ont l’air d’avoir raison. Ils paient de plus en plus pour les services médicaux, ambulanciers et pour les programmes d’assurance médicaments.

À moyenne, c’est 39% des budgets provinciaux qui sont consacrés à la santé.

Dans ce cas, il faut regarder le portrait global avant de jouer les Cassandres.

Je n’ai pas les chiffres au Québec, mais en Ontario, même si près de 50% du budget est dépensé pour la santé, ça ne représente que 5,8% du produit intérieur brut.

Ça veut dire que moins de 6 cents sur chaque dollar dépensé en Ontario va au système public de santé.

La part consacrée à la santé augmente car les gouvernements passent leur temps à couper dans les autres programmes sociaux !

Les gouvernements provinciaux coupe dans leurs revenus en baissant les taxes et impôts : pendant les années 90, c’est 250 milliards qui ont été coupé du système de santé à cause de la baisse des impôts.

Il reste que selon l’OCDE (l’Organisation pour la coopération et le développement économique ) allez voir le site de l’OCDE et vous comprendrez beaucoup sur les politiques de nos gouvernements : on y montre que les fonds consacrés au système de santé au Canada comte pour 6,7% du PIB en 2002, le même niveau qu’en 1990.

6ième sur 29 pays analysés par l’OCDE pour ses dépenses en santé, le Canada dépense en tout 9,6% de son PIB pour le public et le privé.

Les ÉU consacrent 14,6% de son PIB aux soins de santé, mais se range constamment plus bas que le Canada en ce qui concerne l’espérance de vie et la mortalité infantile.

Les pays ayant un système public de santé s’en tirent beaucoup mieux que le seul pays de l’OCDE avec un système dominer par le privé, les ÉU.

Le Québec et le Canada sont en mesure de payer pour un système de santé viable, si les gens sont prêts à payer les taxes pour le supporter.

Les faits démontrent hors de tout doute que plus on privatise un système de santé, plus les coûts augmentent rapidement pour l’ensemble de la société touchée.

Oui, il est vrai que l’ensemble des coûts reliés à la santé a augmenté plus rapidement que le reste de l’économie, mais ce n’est pas dû aux coûts des hôpitaux et des médecins.

Ce sont plutôt le coût des médicaments qui augmentent plus rapidement.

En tout, notre système public de santé sera gérable jusqu’en 2040.

D’ici là, faudra faire attention de ne pas trop coupé dans les autres programmes sociaux, tel que la sécurité du revenu. La pauvreté étant directement liée à une mauvaise santé, faudra pas faire exprès pour augmenter les coûts du système.

À moins que la stratégie soit de rendre le système ingérable, question de dorer la pilule du privé.

Les taxes et nos enfants

Ce n’est pas parce que Oncle Bush perd la tête et qu’il décide de couper les taxes et impôts dans son pays jusqu’au moment où le marché aura la complète domination sur l’appareil politique qu’il faut faire de même.

On est les plus taxés en Amérique du Nord. J’entends un autre se plaindre de ça et je lui casse les dents. Regardons à quoi servent nos taxes et impôts avant de pleurer.

Plus notre économie grandie, plus on semble mettre notre argent dans des jouets de consommation. Pour les bébelles, babioles et autres gadgets, l’Amérique du Nord est en avance sur une bonne partie du monde.

Les européens n’investissent pas autant que nous dans leur consommation personnelle.

Une des raisons pour ça c’est qu’ils investissent considérablement plus de leur revenus en taxes que nous.

Un des avantages qu’ils ont grâce à un compte de taxe plus élevé c’est leur merveilleux programmes sociaux pour enfants.

Ici, en voulant payer moins de taxes, on a choisi une meilleure télévision pour servir de gardienne.

Le fait de consacrer moins d’argent dans les programmes sociaux pour jeunes enfants laissent trop de parents se débrouiller seul avec leur enfant.

Où on retrouve d’excellentes garderies stimulantes et accessibles en Europe, trop d’enfants se retrouvent ici dans des sous-sols, emprisonnés dans des environnements où on ne voudrait même pas passer une partie de la journée. Encore moins des mois.

Pour plusieurs parents, la seule solution demeure une gardienne — et le concept même d’un endroit enrichissant et stimulant pour l’enfant est un rêve inabordable.

On peut se poser la question : préfère-t-on un environnement rempli d’art, de musique et de lecture pour notre enfant ou le 20ième visionnement de Finding Nemo dans une garderie sur chargée ?

Nos taxes et impôts doivent servir au bien-être et au progrès de notre société. Si ce n’est pas le cas, bottons le derrière de nos responsables pour que ça change, mais arrêtons de nous plaindre qu’on est les plus taxés en Amérique du Nord.

La société états-unienne n’est pas l’exemple à suivre. Vous conviendrez.

L’économie néo-classique

Selon ses propres affirmations, l’économie est la plus scientifique des sciences sociales.

Nous allons voir trop brièvement comment la théorie économique dominante : la micro et la macro économie néoclassique est plus un assemblage de niaiseries qu’une véritable science.

Nous toucherons que la microéconomie aujourd’hui : depuis les premiers jours de leur théorisation, les économistes se sont demandés comment des producteurs et des consommateurs indépendants, chacun poursuivant leurs buts sans s’entendre d’aucune manière, agissent tout de même de manière à ce que le total de leurs actions constitue une organisation ordonnée.

C’est la théorie de l’équilibre concurrentiel, qui assume que chaque acteur cherche à remplir pleinement ses préférences personnelles grâce à ses connaissances inouïes de ses conditions économiques.

Le capitaliste, de son côté, est à la fois un consommateur mais cherche à maximiser le retour sur ses investissements, c’est-à-dire les profits.

Le capitaliste veillera à payer ses travailleurs assez pour qu’ils consomment de manière à lui retourner du profit. L’équilibre divin est atteint.

Ce que ça dit, en gros, c’est que l’avarice personnelle est la seule façon de créer le bonheur commun.

Une économie décentralisée motivée par les intérêts personnels et guidée par le signal des prix est la seule possible et imaginable selon cette théorie.

La majorité du travail des économistes mathématicien est dévoué à la démonstration de cette affirmation.

La théorie de l’équilibre assume que chaque acteur dans l’économie, vous et moi, à une connaissance parfaite de toutes les probabilités de tous les résultats de l’économie. C’est de cette manière que nous optimisons notre situation : parce qu’on connaît l’ensemble des possibilités qui s’offrent à nous on fait le meilleur choix — toujours. Même chose pour les capitalistes. C’est le bonheur. Si on oublie les quelques abstractions qui permettent aux calculs de fonctionner…

Les théoriciens de l’équilibre font abstraction du temps et de l’incertitude. Ils ignorent que les agents ont des niveaux de conscience et d’expérience de vie différents.

La théorie générale de l’équilibre concurrentiel ne tient pas compte des sans-emploi. Ils n’existent pas dans les calculs.

Les oligopoles et la compétition imparfaite font aussi l’objet d’oubli volontaire.

L’entreprise ne coûte rien à démarrer et rien dans sa structure interne ne viendra nuire à sa maximisation de profit. Tous des assomptions qui n’ont rien à voir avec la réalité.

En gros, les théoriciens de l’équilibre concurrentiel ne tiennent pas compte des institutions dans leurs calculs.

En plus d’ignorer les effets du marché sur les préférences personnelles, l’inévitabilité du chômage et de l’inflation, la structure des milieux de travail, le rôle des classes, le syndicalisme, le sexisme, les externalités liées à la consommation/production et l’État.

C’est une excellente théorie microéconomique qui fonctionne parfaitement…sur papier. Pas dans le vrai monde.

En voulant jouer aux scientifiques, transformant une science humaine en science pure bidon, les économistes de l’école néoclassique sont devenus la nouvelle caste cléricale prêchant pour leur église au lieu d’œuvrer à rendre l’économie viable pour tous.

La semaine prochaine, la macroéconomie imaginaire.

Langage et nature humaine

Qu’est-ce que ça prend comme connaissance pour parler une langue ? Par quel processus ces connaissances se sont-elles rendues dans notre cerveau ?

C’est le travail des linguistes de répondre à ces questions. Leur approche pour analyser le langage peut-être transférable à d’autres formes d’études.

Les linguistes ont peut-être la clé pour percer le mystère de la nature humaine.

Le langage humain dépend de structures. Ce qui veut dire qu’aucune langue est linéaire. Des groupes de mots s’associent pour rendre des phrases compréhensibles, donc grammaticales. Ce n’est pas seulement qu’un alignement de certains type de mots qui constitue une phrase.

En découvrant que l’ensemble des langages est dépendant d’une structure de groupes pour être grammaticalement correct, ils ont découvert le principe de base de la grammaire universelle.

La grammaire universelle étant «le système de principes, de conditions et de règles qui sont des éléments ou des propriétés de toutes les langues humaines» Chomsky.

La grammaire universelle est donc la connaissance qui réside dans le cerveau d’une personne qui connaît une langue.

Faut souligner qu’il existe deux types de linguistes : les externes et les internes. Les externes se concentrent sur les circonstances sociales de l’apprentissage et de l’utilisation d’une langue.

Les internes se concentrent surtout sur l’aspect, disons, biologique, de l’esprit et de la nature humaine.

Nous allons concentrer notre attention sur le travail des linguistes interne et leur découvertes.

Ils affirment que les principes de la grammaire universelle ont un certain nombre de paramètres d’association qui peuvent être fixé d’une manière ou d’une autre.

Lorsqu’un émetteur connaît la grammaire universelle en plus d’un ensemble des paramètres d’association, il ou elle connaît la grammaire d’une langue particulière.

Les règles de l’utilisation d’une langue impliquent donc une interaction entre la grammaire universelle que nous connaissons tous, les paramètres particuliers à notre propre langue et le lexique que nous apprenons individuellement pour notre langue d’usage.

Pour les linguistes internes, la grammaire universelle n’est pas apprise par mimésis, par des leçons ou par exemples et corrections.

La grammaire universelle est innée à chaque être humain, partie de notre assemblage génétique, comme la structure de base de notre foie ou de notre cœur.

L’argument principal pour défendre cette affirmation s’appelle la pauvreté de stimulus. Qui s’applique non seulement à la linguistique mais à d’autres domaines aussi comme on verra tantôt.

Pourquoi un enfant n’apprends-t-il pas à parler comme tarzan ? Moi faim, moi vouloir eau…

Non, ça ne se passe pas comme ça. Malgré le fait d’être exposé à toutes sortes de stimulations langagières qui varient grandement d’un enfant à un autre, chacun apprend à manier des structures complexes de groupes de mot avec brio.

Les enfants en viennent à lancer des phrases grammaticales complètement nouvelles. En plus de maîtriser l’usage d’une douzaine de nouveaux mots par jour au zénith de leur apprentissage d’une langue.

Il est donc faux de croire que l’on vient au monde comme une page blanche, une cruche vide attendant que l’on nous remplisse des règles de la grammaire et de la vie en société.

L’humain est un animal social qui s’est développé pendant des centaines de milliers d’années. Nous portons déjà beaucoup de bagages lorsque nous venons au monde.

Pour apprendre une langue, d’avoir un esprit scientifique, le sens de l’esthétique, comprendre les concepts et un sens moral.

C’est trop d’inné et pas assez d’acquis ?

21 novembre 2004

PIPELINE CANADIEN; DARFOUR/CANADA; BUSH EN PRISON; MINES ANTIPERSONNELLES; RITALIN; INDUSTRIE DU CANCER

Le Grand Nord canadien et un pipeline

Le 7 octobre dernier, Imperial Oil, mieux connu sous le nom d’Esso a soumis une application pour construire le plus gros projet industriel de l’histoire du Canada.

1700 km de pipeline traverseront le territoire des nations Dene de la vallée Mackenzie dans le Nord arctique.

Pendant les années 70, on avait déjà refusé un tel projet. Le gouvernement fédéral avait mené une enquête — l’enquête Berger — le rapport de cette enquête concluait qu’aucun pipeline ne pouvait être construit dans la vallée Mackenzie sans décimer le mode de vie traditionnel des nations Dene.

En plus, le rapport Berger mentionnait toute une panoplie de risques écologiques associés à un pipeline de 1700 km.

Aujourd’hui, alors que l’on dépasse la pointe mondiale en ressource de pétrole, on s’éloigne de plus en plus de l’époque où on pouvait raffiner et transporter le pétrole à faible coût.

Dans ce contexte, aller chercher les réserves considérées intouchables et inaccessibles de la vallée Mackenzie et de la mer Beaufort dans les territoires inuit et Dene sont devenus non seulement une possibilité, mais nécessaires.

Le passage du Nord-Ouest va bientôt s’ouvrir grâce à la combinaison de la fonte du cap polaire et de l’amélioration de la technologie des brise-glace réduira drastiquement les corridors maritimes de transport par 12000km !

Mais un pipeline ce n’est pas qu’un gros tube étendu sur une terre. Des séries de raffineries l’accompagnent qui auraient besoin de tout un réseau de nouvelles routes et d’installations.

Ce projet n’est pas sans rappeler les réimplantations des autochtones lors des méga-projets de la baie james.

Il restera les disputes de territoires avec d’autres pays à régler aussi : le Danemark, la Russie, les États-Unis. Ces pays disent que le passage du Nord Ouest est d’appartenance internationale.

Récemment, le Canada a envoyé toute une gamme de forces militaire dans la région afin de démontrer sa souveraineté dans la zone.

Comme il y a trente ans, nous devrons nous opposer à ce projet démesuré. Toutes les nations Dene, les Métis, les Inuits et surtout l’écosphère est menacé par ce projet.

Déjà que le réchauffement planétaire détruit l’Arctique quotidiennement, réchauffant la région à un rythme 10 fois plus élevé que le reste du globe.

Il est plutôt temps d’arrêter notre folie énergivore et de chercher des sources d’énergie durables plutôt que d’enrichir la nouvelle monarchie mondiale.

Le rôle du Canada au Darfour

La crise au Darfour, une région du Soudan dans l’Est de l’Afrique, vient d’entrer dans son quatrième mois.

La milice arabe, nommée janjaweed, supportée par le gouvernement soudanais ont tué près de 70 000 de leurs concitoyens noirs et en ont déplacé 1,5 millions de force dans une campagne de nettoyage ethnique.

Armée et organisée par le gouvernement et l’armée soudanaise, les janjaweed continuent les massacres, les viols et de terroriser autour des camps de réfugiés.

Jusqu’à ce jour, le gouvernement soudanais n’a pas désarmé la milice, ni n’a porté d’accusations formelles tel qu’il l’a promis lors des derniers mois.

C’est dans cette situation qu’a décidé de s’impliquer notre Premier ministre Paul Martin lors d’une visite prochaine au Soudan le 25 novembre. Martin sera le premier leader de l’Ouest à rendre visite au Soudan depuis Tony Blair au début d’octobre.

Il sera en position d’imposer la volonté de la communauté internationale sur le gouvernement soudanais à Khartoum. Voici ce qu’il devra accomplir, quant à aller là-bas :

Il devra supporter l’autorisation de l’ONU d’implanter d’autres forces militaires de l’union africaine afin qu’ils remplissent leur boulot de protection des citoyens.

Le Canada devra aussi fournir le support financier et logistique nécessaire pour les forces de l’UA. Ça veut dire livrer les 20 millions qu’il avait promis devant l’ONU au mois de septembre.

Le Canada devra supporter un solide embargo contre le gouvernement soudanais.

Enfin, le Canada devra appuyer la commission internationale de l’ONU visant à enquêter et faire la collecte de preuves pour les crimes commis au Darfour.

Cet appui assurera peut-être que le conseil de sécurité de l’ONU déposera le cas du Darfour devant la nouvelle Cour criminelle internationale.

Cette cour vise non seulement sont qui ont commis les actes de crimes contre l’humanité, mais aussi d’inculpé les dirigeants qui ont mené les brutes à commettre l’inimaginable. Pas pour rien que les États-Unis ont refusé d’embarquer dans le projet de la cour criminelle internationale.

Et que j’aimerais voir Bush dans une cellule avec Dave Hilton. Pas vous ? On en reparle après la pièce musicale…

Mettre Bush en prison ?

Lorsque le Président Bush viendra nous rendre visite au Canada dans quelques semaines, est-ce qu’on devrait l’accueillir à bras ouverts ou le menotter l’accuser de crimes de guerre ?

Bush est un candidat parfait pour une poursuite sous les lois canadiennes des crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.

Ces lois ont été votées en l’an 2000 afin de se mettre à jour avec la cour criminelle internationale. Ces lois définissent clairement comment un dirigeant étranger pourrait être inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Pour ces deux cas, les preuves contre Bush sont accablantes.

On peut commencer par les conventions de Genève de 1949 qui interdisent la torture, la dégradation ainsi que d’interdire l’accès des prisonniers de guerre à un procès juste et régulier.

Les conventions de Genève interdisent aussi de lancer une attaque sur un pays lorsqu’on s’est qu’elle causera inévitablement des pertes de vies et des blessures chez des civils.

Suite à la deuxième guerre mondiale, l’Organisation des nations unies a strictement interdit toutes guerres offensives à part celles approuvées par le conseil de sécurité de l’ONU.

Bush a donc violé les principes de Nuremberg en envahissant l’Irak. En effet, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a déclaré cette guerre illégale sous la charte des nations unies.

Le traitement des prisonniers irakiens est une contravention claire de l’accord de Genève. La déportation de certains prisonniers à l’extérieur de l’Irak vers des prisons ténébreuses de la CIA en Jordanie où ils sont quotidiennement torturés.

Les 100 000 victimes de l’invasion de l’Irak peuvent compter comme une violation des accords de Genève, je crois.

Puisque Bush aime répète constamment qu’il est le commandant en chef du corps militaire états-uniens, il serait difficile pour lui d’affirmer qu’il n’a aucune responsabilité.

Et il y a la baie de Guantanamo. Les US disent que les détenus là-bas ne sont pas sous les accords de Genève. L’histoire nous dit qu’en 1945, les avocats japonais disaient que leurs prisonniers de guerre qu’ils maltraitaient ne pouvaient pas être utilisés contre eux car le Japon n’avait jamais signé les conventions de Genève. Les Japonais ont été déclarés coupables pareil.

Mais accusé Bush de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité rencontrerait plusieurs obstacles quand même.

La Belgique avait déjà essayé et Bush était tellement furieux que non seulement ils ont reculé mais la Belgique a changé ses lois pour ne plus jamais offenser le leader de l’empire.

Malheureusement il y a une loi stupide qui nous empêche d’inculpé des chefs d’État en fonction. On pourra peut-être attraper Bush lorsqu’il sortira du bureau ovale ou lorsqu’il retournera ici pour pêcher.

En plus, faudrait que le lieutenant général — le représentant de la Reine au Canada — approuve la décision.

Reste que Paul Martin avait déclaré sa forte opposition aux crimes de guerre en parlant du Darfour devant l’assemblée générale de l’ONU. La Loi devrait être la même pour la planète entière si on veut vivre dans un monde de justice.

Le sort des mines antipersonnelles

Ça fait 5 ans que l’on a banni les mines antipersonnelles.

Depuis que le traité contre les mines antipersonnelles a pris effet en 1999, des millions de mines ont été détruits.

Le 28 novembre prochain, les 143 pays qui ont signé le traité iront à Nairobi (Kenya) pour revoir le progrès accompli depuis 5 ans.

Plus de 37 millions de mines en réserve ont été détruites. L’utilisation et la production des mines à travers le monde ont chuté.

L’échange légal de l’arme a virtuellement cessé, et plus de 1100 km carré de territoire parsemé de mines ont été nettoyé. Dans la plupart des pays lourdement infectés de mines, les taux de blessures ont drastiquement baissé.

Le progrès des dernières années a été quelque peu ralenti par la Birmanie, La Georgie, le Népal, la Finlande, la Russie et les ÉU.

Sans surprise, les ÉU demeure le seul État qui avoue poursuivre l’utilisation, la production et la vente de certaines mines antipersonnelles

Le ritalin est de la cocaïne synthétique/l’industrie du cancer

L’industrie pharmaceutique est comme fonctionne selon le modèle de toutes les autres entreprises privées : son but premier est d’enrichir les investisseurs. Ne croyez jamais le contraire. Ne pensez jamais qu’ils oeuvrent avant tout pour notre bien-être. Ça ne représente pas du toute la réalité.

L’utilisation du Ritalin en Amérique du Nord compte pour 95% de la consommation mondiale en 1997, le Canada se compare tout à fait avec les ÉU.

En 1998, le Canada a consommé 1000 fois plus de Ritalin que la France, même si on y retrouve moins de la moitié de la population.

L’histoire du Ritalin recule jusqu’en 1950, époque où les chercheurs européens ont conçu la drogue en question.

Durant les années 70, on a vanté ses vertus pour les enfants souffrant du syndrome de fatigue chronique.

Mais ce n’est qu’à la fin du dernier siècle que le Ritalin s’est dévoilé comme la panacée contre les problèmes de comportement des enfants, sans parler de sa consommation récréative.

On fait mention de plus en plus de cas d’utilisation abusive de Ritalin pour des buts récréatifs. Il y a un nombre croissant de personnes qui s’accapare de ritalin, l’écrase et l’absorbe par voie nasale.

Les chercheurs ont démontré sans l’ombre d’un doute que le ritalin est le psychotrope qui ressemble le plus à la cocaïne.

En fait, ce qu’ils disent, c’est que le ritalin est de la cocaïne synthétique.

Après la pièce musicale, on verra comment l’industrie de la santé s’arrange pour tirer profit de l’épidémie du cancer au lieu de tuer la maladie à sa source

Vous voulez combattre le cancer ? Voici la réponse simple : donnez beaucoup d’argent aux grandes entreprises…et ne vous en faites surtout pas avec les causes probables de l’épidémie.

C’est ce qui résume en gros l’édition du 16 octobre de la revue prestigieuse The Economist qui s’intitulait «Beating Cancer» qui nous indique que les taux de cancer sont à la hausse mais arrive tout de même à éviter complètement les raisons pour cette propagation de la maladie.

Au lieu de ça, l’article tente de répondre à la question sans réponse d’un remède miracle.

Depuis que Richard Nixon a lancé sa guerre contre le cancer durant les années 70, les ÉU ont donné 70 milliards en recherche pour des pilules et des diagnostiques à l’institut national de cancer.

Mais entre 1971 et 2001 le taux de mortalité lié au cancer a augmenté de 163 pour 1000 individus à 194 pour 1000.

On retrouve la même croissance à travers le monde.

Le cancer a tué 6,6% des mâles au Canada et 8,6% des femmes en 1921. Aujourd’hui le taux de mortalité est passé à 27,4% pour les hommes et 23,1% pour les femmes.

The Economist explique cette croissance par l’augmentation de l’espérance de vie. Sauf que les taux de cancer sont ajustés aux taux de mortalités, ce qui veut dire que le cancer s’accroît plus vite que l’espérance de vie.

Les entreprises doivent être payées. C’est le message que les médias de masse nous répètent sans relâche. Et il y a beaucoup d’argent à faire avec le traitement contre le cancer.

3000 des 7300 médicaments sous développements sont pour le traitement du cancer.

Les compagnies pharmaceutiques ont fait des profits de 466 milliards au niveau mondial.

Les coûts des machines à diagnostique atteint maintenant les 100 milliards par années aux ÉU.

Plusieurs tests comptent pour peu dans leur utilité médicale, même qu’elles peuvent nuire à un certain point.

La mammographie pré-ménoposale est non seulement sans effets, mais peut même être dangereuse pour plusieurs raisons, incluant les hautes doses de radiations.

Dans l’article de l’Economist, on n'a pas utilisé le mot cancérigène une seule fois.

On peut prendre l’exemple des compagnies de tabac qui font tout pour nous empêcher de voir le lien entre la consommation de leur produit et les taux de cancer.

Alors ils poursuivent leur expansion vers des pays pauvres ayant beaucoup moins de réglementation anti-tabac que le nôtre.

Même chose pour les entreprises de produits chimiques et les usines nucléaires : le lien entre leur production et les taux de cancer ne doit jamais être connu du grand public.

Reste que le plus grand succès jusqu’à présent contre le cancer ce n’est pas le diagnostique et les pilules mais le fait d’arrêter de fumer.

L’industrie chimique qui produit des nettoyants pour la maison, des pesticides, des produits pharmaceutiques et des plastiques est probablement la plus grande source de cancérigènes.

Il y a à peu près 100 000 produits chimiques en circulation et les compagnies en relance 2 à 5 nouveaux par jour dans l’environnement, avec peu ou pas de tests pour notre sécurité.

La production mondiale de substances chimiques a augmenté de 1 million de tonnes en 1930 jusqu’à 400 millions aujourd’hui.

Les produits chimiques créer par l’humain dans l’air, l’eau, la bouffe et les milieux de travail sont à blâmer pour l’épidémie de cancer que nous connaissons en ce moment. Cette épidémie tuera 41% des hommes et 38% des femmes au Canada.

Au lieu de se demander quels produits pharmaceutiques à consommer dans l’espoir de repousser le cancer, on devrait plutôt travailler à repousser les causes et réduire la quantité de produits chimiques non testés dans l’environnement.