24 juillet 2008

LA LEVÉE 23 JUILLET 2008

1. Follow the money : derrière la fracture Belge
2. Merci, mais on le savait déjà! Le pétrole devient officiellement la première motivation pour l'invasion de l'Irak
3. On n'a plus besoin de vous! La toute récente paix entre la Chine et Taiwan déplait aux ÉU
4. La guerre pour l’Eau : comment notre assoiffé voisin du sud lorgne notre ressource bleue
5. Le cas d'Omar Khadr : pourquoi la vidéo de son interrogatoire devrait faire frémir tous les Canadiens...

BELGIQUE



Le chaos s’est installé en Belgique!

Le gouvernement vient de s’effondrer et le Premier ministre a déposé sa démission.

… et avec l’État des institutions politiques de la Belgique, on peut sérieusement se demander si le pays est sur le point de se facturer à tout jamais.

Le PM Yves Leterm a lancé la serviette lundi de la semaine passée, disant qu’il ne pouvait pas forcer un consensus entre les membres francophones et flammands de la coalition au pouvoir.

Je rappelle que la Belgique est séparée en deux régions : La Flandre dans le nord et la Wallonie au sud… deux régions qui ont connu une autonomie grandissante depuis les années 1970.

… et le nord, beaucoup plus prospère, cherche à obtenir encore plus d’autonomie.

Ce qui veut dire, pour des réformes qui vont transférer la responsabilité pour la taxation et la sécurité sociale au niveau régional.

Les partis francophones accusent les flamands de tenter de séparer la région plus riche du nord de la région du sud où le chômage est trois fois plus élevé.

La question centrale est donc de voir à quel point les Belges sont prêts à faire preuve de solidarité nationale.

Donc au-delà du clivage linguistique, la fracture de la Belgique a plus à voir avec la redistribution des richesses d’un pays qui est beaucoup plus riche que la moyenne européenne.

Le sud de la Belgique a été frappé de plein fouet par la globalisation… et les riches du nord ne veulent pas payer pour ça… à la fin, la fracture de la Belgique aura lieu sur une simple question d’argent.


PÉTROLE ET IRAK




Le micro suivant est tiré d'une récente entrevue qu'a accordé Noam Chomsky sur le sujet de l'Irak :

L’entente qui se prépare en ce moment entre le Ministère du pétrole en Irak et quatre compagnies pétrolières de l’ouest nous pousse à sauter vers quelques conclusions concernant l’invasion et l’occupation de l’Irak.

Les négociations avancent pour Exxon, Shell, Total et BP : les partenaires originaux du Irak petroleum company qui existait il y a quelques décennies… perdu aux mains des nationalistes irakiens.

Les contrats sans appels, apparemment écrits par les compagnies ont eu le dessus sur les offres de 40 autres compagnies pétrolières venant entre autres de la Chine, l’Inde et la Russie.

Tout ça se passe dans le plus grands des secrets…

Dans un pays, l’Irak, qui contient probablement la 2e réserve en hydrocarbures du monde, qui sont en plus très facile à extraire.

Pour les planificateurs américains l’Irak doit donc impérativement rester sous contrôle des ÉU, un endroit où des bases militaires peuvent rester en permanence.

Le pétrole. La raison ultime de l’invasion, alors… bien visible à travers la successions de prétextes : les armes de destruction massives, les liens de Saddam Hussein avec Al-Qaida, la promotion de la démocratie et la guerre au terrorisme…

Dans la déclaration de principes signée par Bush et le PM irakien Nouri al-Maliki en novembre dernier, on a mis ça bien au clair que l’économie irakienne devra être ouverte aux investisseurs étrangers, surtout américains, on s’entend.

Mais l’écho que l’on a le plus souvent du réseau de propagande de Washington, c’est que le seul à blâmer pour les problèmes en Irak, c’est son voisin imposant, l’Iran.

On menace l’Iran de représailles et d’agression militaire.

Or le paradoxe peu connu ici… c’est que le gouvernement irakien de Maliki est issu du secteur de la société irakienne la plus proche de l’Iran, appuyé par l’Iran.

La pseudo armée irakienne, une milice, en fait, est en grande partie basée sur la brigade Badr, qui a été entraînée par l’Iran et s’est battu pour le côté iranien lors de la guerre Iran-Irak.

Téhéran semble donc bien heureux de voir les ÉU qui implantent et maintient un gouvernement en place qui est sous son influence…

Encore une fois, du moment que le pétrole coule dans la bonne direction, on est même prêt à installer un gouvernement facilement influençable par le plus gros pays de l’axe du mal.

Plus d’un million d’irakiens mort cinq ans après l’invasion, qui est selon la loi internationale un crime de guerre…

Pendant ce temps là, la majorité de la population irakienne et américaine souhaite le retrait immédiat des troupes…

Mais… avec les grandes pétrolières qui salivent à la conclusion imminente de leur saisie du pétrole irakien… est-ce que l’on va les écouter?

PAIX CHINE ET TAIWAN



Pour les Chinois qui historiquement ne tiennent pas tant que ça aux allégeances du passé, faire la guerre est vue contre une manière contre productive de mener ses affaires… et la Chine a maintenant assez de confiance pour agir là-dessus.

La Chine et l’île voisine de Taiwan ne font même plus semblant d’être des ennemis et s’engagent maintenant dans une série d’associations au grand jour.

Vendredi dernier, des vols d’avion directs entre la Chine et Taiwan ont eu lieu pour la première fois en 60 ans.

Ce chapitre de la guerre froide est terminé et on semble bien être embarqué dans une nouvelle ère de paix entre les anciens rivaux.

Les hommes d’affaire de Taiwan sont déjà des investisseurs importants en Chine, et le gouvernement de Taiwan est en plein processus de normaliser les échanges entre les deux territoires.

Est parti, donc, l’excuse numéro un qu’avait l’armée américaine pour être installée dans cette partie là du pacifique…

Véritable scénario catastrophe pour la machine militaire américaine qui tire plus de 50% du budget du gouvernement américain de son côté…

La peur de la Chine est essentielle pour justifier l’achat des jouets de guerre à la fin pointe de la technologie…

Selon la dernière analyse du Pentagone, on estime que la Chine aura besoin de trois ans encore avant de pouvoir produire une force militaire capable de remporter un adversaire de taille moyenne.

Mihkail Gorbachev a dit mardi dernier, en pleine séance critique de Bush et des candidats à la présidence, que les ÉU investissent massivement dans la machine militaire sans qu’il n’y ait de place à ce sujet là dans l’espace public.

Un véritable tabou qui… avec les récents développements entre la Chine et Taiwan… devrait être levé.

GUERRE POUR L'EAU



En octobre dernier, le secrétaire général des nations unies Ban Ki Moon nous a fait part du fait que la planète entière se dirige vers une crise sans précédent pour l’eau.

Il a dit que près de 700 millions de personnes dans 43 nations sont affectés par la rareté de l’eau potable… et que ce nombre pourrait gonfler à trois milliards de personnes dans 17 ans.

Évidemment, pas besoin des avis experts pour comprendre que les changements climatiques vont empirer la situation.
Et nos voisins du sud, au sud des ÉU, commencent à être sérieusement assoiffés… et comme pour notre pétrole, ils ont l’œil sur nos réserves d’eau.

Et selon le point de vue, l’eau ne peut pas être inclus dans le traité de pseudo libre échange qu’est l’ALENA.

D’un côté on dit que l’eau n’est pas une commodité dans son état naturel et de l’autre on affirme que bien que l’ALENA ne peut pas forcer une province de vendre son eau… dès qu’une province décide d’aller de l’avant ça créer un précédent et ensuite avec l’ALENA plus moyen de revenir en arrière.

Le Pentagone en ce moment reçoit des conseils du manufacturier d’armes Lockheed Martin sur les moyens d’avoir accès aux sources d’eau de pays étranger… car on s’approche de la crise au sud, au point où ça deviendra une menace à la sécurité nationale.

Les grands lacs tiennent 20% de l’eau douce de la planète, mais seulement 1% de cette eau est renouvelée annuellement par la pluie et les nappes phréatiques.

Le Gordon Water Group a récemment publié un rapport disant que le Canada, même sans la menace américaine sur notre eau, est sur le point de bousiller ses propres réserves.

Dans le rapport intitulé Changing the Flow on indique que la croyance des Canadiens qu’ils ont des ressources d’eau illimitée est non fondée.

Nous utilisons en moyenne 50% plus d’eau que nécessaire…

Si la température moyenne s’élève de 2 à 4 degrés, le lac Ontario verrait son débit réduire de 24% et le fleuve St-Laurent baisserait d’un mètre à certains endroits.

Pour revenir à nos assoiffés du sud, 70% de la prise d’eau est due à de l’étalement urbain et la pollution agricole… et ça s’accélère.

Raison pour laquelle les Canadiens doivent absolument mettre de la pression sur leurs gouvernements pour empêcher les ÉU de mettre la main sur notre eau.

… Et pour ceux qui croient en la désalinisation oubliez ça : c’est une technique qui prend de grandes quantité d’énergie pour convertir l’eau salée en eau potable… contribuant du coup au rejet de plus de GES… menaçant encore plus les sources d’eau potable.


LE CAS KHADR




Vous avez peut-être vu la vidéo d’Omar Khadr, 16 ans, en train de se faire interroger par des agents des services secrets canadien à Guantanamo… une vidéo qui révèle bien des choses.

Le gouvernement canadien ne semble pas du tout s’incommoder du fait que les ÉU tient des combattants ennemis sans les chargés de quoi que ce soit, sans aide légale aussi…

Dans le clip, tourné en 2003 peu de temps après l’ouverture de la prison Khadr à l’air soulagé d’avoir rencontré des agents canadiens… mais lorsqu’il a réalisé qu’on était là plutôt pour l’interrogé il est tombé en pleurs…

Mais ce qui est le plus troublant dans cette histoire, ce n’est pas l’interrogatoire, assez soft, mais plutôt qu’il ait tout simplement eu lieu.

Pour commencer l’agent du SCRC l’a interrogé sans même lui faire part de ses droits légaux, une violation de droits fondamentaux.

Et plus important encore, bien que le Canada n'ait pas construit la prise de Guantanamo, le Canada porte quand même une certaine responsabilité légale et morale de ce qui arrive là-bas.

En flagrant contraste avec ce que d'autres pays de l'ouest ont fait... Khadr est le seul citoyen d'un pays de l'ouest qui demeure en détention, car tous les autres pays ont conclu des ententes avec les ÉU pour rapatrier leurs détenus.

En plus, Khadr est le seul détenu restant qui était un enfant lors de sa capture par l'armée américaine.

Son père l'avait initié à al-qaida lorsqu'il avait 10 ans, il a été capturé 5 ans plus tard et conduit à Guantanamo quelques mois plus tard...

Et l'appui du Canada pour la détention et le tribunal militaires d'enfant soldat est non seulement en contraste profond par rapport à d'autres pays de l'ouest, mais aussi en pleine contradiction de ses obligations internationales et son appui exprimé pour la réhabilitation d'enfants soldats!

Dans le protocole signé par le Canada, on y reconnaît que les enfants soldats devraient être considéré en premier lieu comme des victimes d'offenses contre la loi internationale... et appelle les États à mettre de l'emphase sur la justice restauratrice et la réhabilitation sociale lorsque l'on fait affaire à des combattants mineurs.

En supportant activement la détention et le traitement de Khadr à Guantanamo, le Canada indique clairement que sa position internationale sur les enfants soldats n'est que du vent.

... Et tous les citoyens canadiens devraient se sentir concernés... car si le Canada n'est pas vraiment commis à ses obligations domestiques et internationales, et la loi, bien, dans ce cas-là, aucun citoyen n'est en sécurité.

LA LEVÉE 9 JUILLET 2008

1. Colombie
2. G8


COLOMBIE




Ça se voit comme un film d'Arnold Schwarzenegger... des commandos de l'armée colombienne ont descendu dans la jungle et en sont ressortis avec 15 otages, parmi eux Ingrid Betancourt : ancienne candidate à la présidence de la Colombie.

Les otages avaient été tenus là 6 longues années...

Le Pentagone a été félicité pour sa participation à l'opération.

Toujours une bonne nouvelle lorsque des otages sont libérés... mais il ne faut pas perdre de vue le rôle que le Canada joue dans le long et sale conflit qui fait rage en Colombie.

Eh bien que ce soit la guérilla qui reçoit toute la couverture médiatique, il ne faut pas croire pour autant que les FARC sont les seuls responsables de la violence...

Des gouvernements colombiens successifs ont fait la guerre contre toutes formes d'opposition à leur autorité... avec l'appui tacite du Canada et des ÉU.

Contre des syndicalistes, des leaders de paysans, des activistes... des personnes qui, d'ailleurs, n'approuvent pas du tout des tactiques de prise d'otage des FARC.

Et bien que les causes qui ont créé la guérilla existent toujours, la prise violente de terres paysannes, la stratégie et la balance militaires a changés...

La célébration universelle de la libération d'Ingrid Bétancourt indique à quel point les FARC sont devenus impopulaires...

Et pendant ce temps là, un conflit se déroule entre la cour constitutionnelle et le président colombien, Alvaro Uribe Velez.

La cour suprême a condamné un membre du congrès d'avoirs acceptés un pot-de-vin en faveur de son vote appuyant une loi qui permettait à Uribe de se présenter pour un nouveau mandat présidentiel.

Contrairement au FARC, Uribe se croit assez populaire pour retourner en élection tout de suite pour démontrer sa légitimité de gouverner... encouragée, surtout, par le récent traité de libre-échange qu'il a signé avec le Canada.

Cette popularité a donné le feu vert au gouvernement colombien pour réprimer encore plus les mouvements paysans, comme présentement au Nord Cauca, attaquant des membres de la nation Nasa.

Et avec la libération héroïque d'Ingrid, le danger est bien réel que l'on oublie que la Colombie est sous le règne d'un gouvernement qui est en place par des pots-de-vin, la violence paramilitaire... qui vend ses richesses naturelles aux multinationales aux dépens des gens qui vivent sur ces territoires.

Les voix des gens qui souffrent de ces injustices ne doivent pas êtres enterrés dans l'acte héroïque de libération des otages... surtout au cours des prochaines semaines.

G8



Ça faisait 13 mois que les dirigeants du G8 ne s'étaient pas rencontrés... et si vous avez oublié ce qu'ils se sont dit l'an dernier, voici un petit rappel :

On disait que l'économie globale était en bonne condition et que la croissance était mieux distribuée à travers les régions.

On affirmait avec confiance dont l'inégalité globale allait se balancer grâce à la croissance économique envisagée.

Rien à dire sur la spéculation dans les marchés du pétrole et de l'alimentation, grande responsable de la flambée des prix.

La spéculation sur la valeur des commodités a été multipliée par 20 au cours des 5 dernières années... et, durant ce temps, le prix d'un panier de nourriture a globalement augmenté de 183%.

Et encore cette semaine, on voit bien que les dirigeants du G8 sont incapables de prendre des engagements sérieux envers les changements climatiques... dont la croissance économique est en grande partie responsable!

Pourtant, l'économie globale est à risque avec les pénuries de pétrole à venir, et les dommages de plus en plus significatifs causés par les changements climatiques.

C'est triste... car si l'on regarde l'histoire récente, aux deux moments où l'économie globale connaissait des crises équivalentes : 1930 et 1970... il y a eu des changements radicaux.

Au lieu d'avoir des échanges foisonnants d'idées neuves et révolutionnaires pour nous sortir du pétrin, tout ce que l'on a de la part des dirigeants du G8 c'est le néant.
Un pamphlet sera publié dans un mois qui suggèrent des voies à suivre pour remédier à la crise actuelle, titré Green New Deal, qui exigera une réglementation plus sévère sur le capital, des changements aux systèmes fiscaux, et des investissements importants dans la conservation d'énergie et l'énergie renouvelable.

Des solutions existent, et l'on se demande bien à quoi servent les rencontres du G8 si c'est pour ne pas en parler sérieusement.

LA LEVÉE 25 JUIN 2008

TILMA
SOMALIE
VIOL TEMPS DE GUERRE
KARZAI ET PAKISTAN
PRISONS ET INEGALITE


TILMA



Lorsque les Premiers ministres de la Colombie-Britannique Gordon et l’ex Premier ministre Ralph Klein ont signé le Trade, Investment and Labour Mobility Agreement (TILMA) en 2006, à l’époque ils avaient de grands plans pour le Canada.

TILMA était supposé débarrasser le Canada de supposées barrières aux échanges commerciaux et ainsi créer un seul espace économique de la mer du Pacifique à l'Atlantique...

Et heureusement, une bonne partie des provinces canadiennes ne veulent rien savoir de se joindre à cette chose-là.

Cette semaine, le Premier ministre du Yukon Dennis Fentie ont choisi de ne pas s'embarquer, à cause de possibles difficultés à implanter des politiques environnementales et socio-économiques... et des coûts élevés liés aux disputes.

C'est sous le TILMA, les niveaux de gouvernement provincial, régional et municipal ne peuvent pas implanter librement des politiques visant, par exemple, la santé des communautés ou la protection de l'environnement, sans voir des entreprises les poursuivre s'ils sentent que leur capacité de faire des profits sont limités.

Donc des personnes non élues mises sous autorité par TILMA pourraient voter contre un programme ou une loi du gouvernement, imposant des amendes allant jusqu'à 5 millions.

Tant que le palier de gouvernement décidera de garder la politique fautive en place, il sera frappé d'une autre amende, de multiples amendes jusqu'au recul, le retrait du gouvernement.

L'an dernier, la province de Saskatchewan avait aussi décidé d'éviter TILMA à cause de la menace qu'il représente aux entreprises publiques, et la possibilité des gouvernements municipaux de développer l'économie locale.

Le Manitoba a aussi dit non au TILMA, préférant baser ses échanges sur une entente antérieure, le Agreement on Internal Trade signé en 1994 qui a tout compte fait pratiquement éliminé les dernières barrières à l'échange.

En fait, c'est ça qui est le plus étrange avec TILMA : si toutes les barrières aux échanges ont été éliminées depuis 14 ans déjà... à quoi ça sert?

Ça sert à éradiquer toutes différences dans les politiques locales et provinciales, peu importent à quel point elle sont légitimes.... et que cette légitimité démocratique de choix concernant la santé et l'environnement est inscrite dans la constitution.

C'est que plusieurs entreprises transnationales des ÉU et d'Europe voient notre système fédéral comme une suite de barrières à leur volonté d'imposé des standards à travers les sphères de gouvernement.

Mais, au Québec, le gouvernement libéral de Jean Charest tente de signer une entente avec l'Ontario, copié sur le TILMA entre la CB et l'Alberta...

Encore une fois, en nous faisant croire qu'il existe des barrières aux échanges commerciaux entre les deux provinces... quand dans le fond ce que l'on cherche à faire c'est d'accroître la possibilité pour des firmes étrangères de faire du profit chez nous...

... Tout en réduisant encore plus notre pouvoir démocratique de choisir un environnement sain.

Pourtant, les échanges entre les provinces vont très bien, et s'accroît à un rythme plus élevé que les échanges entre le Canada et les ÉU, par exemple.

Curieux de constater que les provinces où l'on a choisi d'appliquer TILMA sont précisément les endroits où l'on a choisi de ne pas consulter la population... contrairement aux Parlements qui l'ont rejeté.

SOMALIE




Une entente de paix signée à Djibouti, pays médiateur, a peut-être manqué la cible... dû à trop d'ambiguïté et l'absence de signature de certains acteurs dans le conflit entre la Somalie, les rebelles locaux et l'Ethiopie.

Après 10 jours de négociations à Djibouti, parrainée par l'ONU, le gouvernement Somalien et une partie de son opposition ont signé un traité de paix sur 11 points fait pour cesser tout conflits armés à l'intérieur de 30 jours.

Les dirigeants pour l'alliance de la relibération de la Somalie, le groupe d'opposition au gouvernement, ne se sont pas tout entendu sur les principes du procédé de paix, alors une aile plus radicale s'est détachée...

Le groupe mené par l'islamiste Hassan Dahir Aweys a boycotté les discussions et rejette d'avance ces résultats.

Un autre groupe, pas vraiment reconnu comme étant officiellement dans l'opposition au gouvernement somalien, mais coupable des attaques les plus violentes contre le gouvernement et les troupes d'occupation venant de l'Éthiopie ont aussi, sans surprise, carrément rejeté le processus de Djibouti.

Que fait l'Éthiopie dans cette histoire? Bien, poussé par les ÉU, le voisin du nord-Ouest de la Somalie a envoyé ses troupes sur place, craignant l'influence grandissante des mouvements d'opposition armées islamiste en Somalie.

Alors, une coalition de l'opposition islamiste s'est formée sous le nom de l'alliance, et leur approche envers Djibouti c'est en premier lieu la quête du retrait des troupes éthiopiennes en Somalie.

Donc pour eux pas de négociations possibles avec le gouvernement de transition en Somalie tant et aussi longtemps que l'armée de l'Éthiopie est sur leur territoire.

Or, le texte de l'entente de paix, selon le porte parole de l'Alliance, est trop ambigu et ne semble pas directement demander le retrait des troupes comme faisant partie du cessez-le-feu général.

Le gouvernement somalien affirme que l'article 7 de l'entente ne demande pas un retrait automatique de l'Éthiopie, pas, du moins, avant 120 jours moment où l'on espère installer des troupes de l'ONU à la place.

Rappelons que le conflit dure depuis 18 mois et des confrontations violentes ont eu lieu quotidiennement depuis. Allez dans mon blogue et tapez Somalie pour plus de détails...

Donc l'article 7 n'est pas clair car il n'y a pas de garantis que l'ONU aura les forces nécessaires d'ici 120 jours, vu son manque d'effectifs en ce moment... étant, bien entendu, occupées ailleurs, par exemple au Darfour.

Et dans tout ça, malgré qu'on vise un cessez-le-feu à l'intérieur de 30 jours à la suite de la signature de l'entente, les troupes éthiopiennes qui appuient les forces gouvernementales de la Somalie et les nombreux groupes d'insurrection continuent leurs confrontations quotidiennes.

En fait, depuis le 9 juin dernier, plus de 100 personnes ont été tuées... presque tous des civils, au cours des nombreux affrontements dans cette partie de la corne africaine.

Ne manque qu'une assurance béton de la part de l'ONU que des troupes remplaceront celles de l'Éthiopie et la paix aura une véritable chance de s'imposer...


ANTI-VIOL EN TEMPS DE GUERRE



La nouvelle résolution du conseil de sécurité de l'ONU contre la violence sexuelle est un grand progrès historique qui doit être reconnu et souligné.

C'est un plan clair pour recueillir systématiquement de l'information sur la violence sexuelle... car, jusqu'à maintenant, le conseil demandait de telle information que sur des cas précis.

La résolution a été démarrée par les ÉU et adoptée le 19 juin dernier, par vote unanime du conseil de sécurité, après un débat présidé par le secrétaire d'état Condoleezza Rice et les Nations unies.

Les éléments clés incluent des paramètres de mesure clairs pour évaluer l'efficacité de politiques pour empêcher la violence sexuelle... la possibilité de sanctions contre des agresseurs sexuels dans les zones de conflits... et une directive du secrétaire générale de l'ONU de toujours accumuler des données sur la prévalence de violence sexuelle en période de conflit.

La résolution demande aux forces de maintient de la paix de l'ONU qu'elles soient mieux préparées pour protéger des civiles contre la violence sexuelle, et souligne aussi le rôle vital que les femmes jouent dans la prévention de conflits, le maintien de la paix et la sécurité... et l'établissement de la paix post conflit.

On y indique aussi l'implantation d'une politique de tolérance zéro par rapport à l'exploitation sexuelle et les abus perpétrés par les forces de paix de l'ONU.

Tout ça envoi un message clair à travers l'ONU que le viol est un crime qui devrait être empêché, et s'il ne l'est pas, bien qu'il devrait être systématiquement rapporté, documenté et les coupables amenés devant la justice.

Mais pour que ça fonctionne, faudra que l'ensemble du conseil de sécurité et l'ONU prennent des actions concrètes...

Sur le terrain, ça veut dire la justice, des services de santé, la démocratie participative, et l'éradication de l'impunité pour les agresseurs sexuels.

Comme toujours, les solutions qui fonctionnent le mieux sont celles développées en consultation avec les personnes les plus affectées.

Donc le Conseil devra travailler de très près avec les groupes de femmes qui travaillent sur les fronts pour chercher à mieux composer avec les crimes sexuels durant les conflits armés.

KARZAI ET PAKISTAN




L'éventualité n'est pas très probable... mais on peut se demander qu'est-ce qui arriverait si Hamid Karzai décidait d'aller de l'avant avec ses menaces récentes d'envoyer des opérations militaires dans le territoire pakistanais...

Le président afghan a dit au cours des dernières années, surtout en 2006 avec la remontée des attaques des Taliban... que les insurgés dans son pays compte sur l'aide essentiel d'organisations de l'autre côté de la frontière.

Et oui, il y a du vrai dans ce qu'il dit... mais ça sert aussi d'excuse pour l'état déplorable de l'Afghanistan, six ans après le renversement des Talibans.

Karzai n'est pas, bien sur, le seul responsable de cet état déplorable, il y a bien sûr la présence de l'ONU, qui le garde au pouvoir, et qui doit recevoir une bonne part du blâme.

Comme en Irak, on croyait vraiment pouvoir envahir le pays rapidement et atteindre la paix et le bonheur tout aussi rapidement, sans coups durs.

Et la population afghane, qui reçoit par mégarde un paquet de bombes de l'ONU par la tête, qui n'a rien a mangé ou de quoi gagner sa vie, embarque de plus en plus du côté des insurgés et la résistance aux envahisseurs.

Oui, bien que l'on ne s'ennui pas trop des diktas culturels des Talibans, on reconnaît qu'au moins le pays était beaucoup plus sécuritaire dans le temps que les Talibans étaient au pouvoir.

Pour revenir à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan... une véritable passoire... les forces de l'ordre pakistanaises s'avouent incapables d'aider à empêcher les passages de stocks de leur côté vers les Talibans.... ni les jihadistes, non plus.

Et dans tout ça, le journal britannique The Independent publiait un article en avril dernier sur le rôle joué par la mafia russe, qui fournit les Talibans en armes par la frontière du Tadjikistan.

Supposément qu'un kilogramme d'héroïne vaudrait six kalashnikovs... les drogues vont vers les rues de la GB, et les armes aux fronts talibans.

Au-delà de tout ça, faut reconnaître les dégâts causés par les troupes de l'ONU, dont le Canada joue un grand rôle depuis quelques années.

8000 vies de civils officiellement perdues en 2007...

Alors, si Karzai décidait d'entrer militairement au Pakistan pour tenter de couper les sources d'approvisionnement, les résultats ne pourraient être autres que catastrophiques.

La coopération, plutôt, entre les deux pays, au lieu des attaques directes serait beaucoup plus idéale pour tenter de limiter la capacité guerrière des Talibans.

Mais l'espoir d'une coopération amicale menant à la paix est mince, dans le cas d'un pays sous occupation et de l'autre qui risque constamment d'être à feu et à sang sous un régime qui vacille... et nos bons soldats, nos concitoyens canadiens que l'on a lancé au milieu de tout ça... jusqu'en 2011 et au-delà... c'est une cause perdue, ramenons-les à la maison immédiatement.

PRISONS ET INÉGALITÉS



Encore une fois je vous fais part d'une récente chronique de George Monbiot, intellectuel britannique qui met toujours le doigt précisément sur les choses ne fonctionnent pas dans notre société moderne de pays développé...

Il pose la question, que je vous relance : lequel de ces pays a le plus haut taux d'emprisonnement de ses citoyens?

Le Soudan, la Syrie, la Chine, la Birmanie, l'Arabie Saoudite, le Zimbabwe ou l'Angleterre?

En fait, les pays avec proportionnellement plus de prisonniers viennent d'être énuméré en ordre inverse.

L'Angleterre a donc plus de prisonniers, possède un système judiciaire plus punitif que les pires dictatures de la planète.

Vendredi dernier, le gouvernement britannique a sorti ses chiffres sur la population carcérale... qui bat des records encore une fois.

Une montée de 38% depuis que les Travaillistes sont au pouvoir... est-ce que les crimes, surtout les crimes violents avaient augmenté pour autant? Pas du tout, en fait, c'est l'inverse...

Donc on enferme plus de gens, plus longtemps, durant une période où le crime est en baisse année après année.

Mais ça n'empêche pas le gouvernement britannique de construire de nouvelles prisons, assez pour enfermer 96 000 personnes d'ici 2014.

Avec ces données, la GB risque de rejoindre les ÉU, #1 mondial pour sa population carcérale ou 1% de sa population adulte est enfermée.

Six fois le taux de prisonniers qu'un pays comme la Turquie... deux fois le taux du #2 mondial, l'Afrique du sud.

Fait étonnant, 60% des hommes afro-américains qui n'ont pas terminées leurs études secondaires se retrouvent à un moment ou à un autre derrière les barreaux.

Ça ressemble beaucoup moins à l'emprisonnement d'individus, qu'à l'enfermement à clé de toute une classe sociale...

Pour revenir aux données sur le crime en GB, en baisse de 2% l'an dernier, avec les crimes violents en baisse de 9%.

Et la chute n'a rien à voir avec le taux d'emprisonnement, qui a baissé de 9% entre 2004 et 2006.

La population des prisons en GB augmente car on enferme les gens plus longtemps.

Entre 1997 et 2004, la sentence moyenne a augmenté de 15.7 mois à 16.1 mois... le résultat de nouvelles lois pénales introduites en 1998 et 2003.

Alors, en vue de la chute de crimes violents, pourquoi les sentences plus longues?

Pourquoi, alors que la GB devient plus paisible, elle est devenue plus punitive?

Monbiot a trouvé la réponse : d'après ses recherches, et vous pouvez aller voir ses références sur son site Internet Monbiot.com

Les pays avec les plus hauts taux d'emprisonnement, sont aussi ceux avec les plus hauts taux d'inégalité de revenus.

Dans l'OCDE, les ÉU ont le 2e plus haut taux d'inégalité... le Mexique, en première place, a le 3e plus haut taux d'emprisonnement.

En Europe, 4 des 5 nations les moins égalitaires se classent parmi les 5 premiers pour la population carcérale.

La corrélation, certes pas exacte, semble s'appliquer à travers tous les pays riches.

On n'a peut-être pas une démonstration de relation causale, par contre.

Mais on a trois connections probables... 1. l'inégalité est source de criminalité... 2. la prison est source d'inégalité et 3. l'inégalité cause l'emprisonnement.

Plus les gens en haut de l'échelle sociale accumulent des richesses, plus ils demandent avec ferveur une protection face au reste de la société.

Les personnes ou les groupes qui réclament, génère une demande pour des sentences de prison plus longue et ceux en position d'implanter ces sentences sont tous issu des classes sociales capitalistes ou coordonatrice.

L'argent génère de la paranoïa, et la paranoïa garde les gens en prison... plus de gens en prison engendrent plus d'inégalité...

qui envoie plus d'argent vers les riches et les puissants... augmentant leur ferveur pour l'emprisonnement des classes sociales inférieures... et voilà... beau cercle vicieux qui nous ramène, éventuellement, à l'état de société fasciste.

19 juin 2008

LA LEVÉE 18 JUIN 2008

1. Traité de libre-échange : le Canada fait la promotion de la terreur en Colombie
2. Deux mois après le début du 3e mandat de Berlusconi : l'Italie est-elle en train de devenir fasciste?
3. Le fermier David vs. le fermier Goliath : devinez qui est le plus efficace, productif et respectueux de l'environnement?

COLOMBIE CANADA



Alors que le traité de libre-échange entre les ÉU et la Colombie a été arrêté aux ÉU, due surtout aux graves abus de droits humains en Colombie...

Le 7 juin dernier, moins d'un an après l'annonce par le Premier ministre Harper des débuts de négociations bilatérales de libre-échange avec la Colombie, le département des affaires étrangères et du commerce international a annoncé la conclusion des négociations.

Dans une tentative superficielle de comprendre la situation en Colombie, plusieurs membres du Parlement ont été faire une brève visite à Bogot le mois dernier.

Sans enquête supplémentaire, surtout chez les communautés affectées par les conflits armés en Colombie.

Et surtout sans attendre l'achèvement d'un comité sur les affaires étrangères et du commerce international concernant le traité de libre-échange.

Les négociations ont été conclues et l'entente se dirige vers la ratification.

Et en vérité, les négociations et l'entente ont été menées dans le plus grand des secrets.

Tout ce que l'on raconte aux Canadiens et aux Colombiens c'est que les entreprises canadiennes auront un plus grand accès aux marchés colombiens, et surtout à ses ressources.

Donc après la participation canadienne dans l'occupation militaire en Afghanistan et en Haïti, nous participons maintenant directement à la santé d'un régime de terreur.

Pourtant, l'entente de libre-échange entre le Canada et la Colombie est vendue par le gouvernement Harper comme un réengagement de notre pays en Amérique latine

Où le Canada se vante d'être un modèle de troisième voie pour les pays d'Amérique latine qui veulent sortir du giron des ÉU, mais qui ne veulent pas non plus se joindre à la révolution bolivarienne menée par le Venezuela.

Rappelons que la Colombie est la demeure d'un des groupes de guérillas gauchistes les plus vieilles d'Amérique latine, les FARC, les forces armées révolutionnaires de la Colombie.

Le gouvernement Harper voit l'accroissement de partenariat économique comme une manière de contribuer à la paix dans le pays.

Or, un traité d'échange avec la Colombie, dans le contexte d'un conflit qui date de plus de 60 ans, demeure assez controversée.

L'État colombien est la première source de violence envers des citoyens dans ce conflit, et le pays demeure le plus dangereux de la planète pour les syndicalistes.

De nombreux scandales ont frappé le gouvernement colombien au cours des dernières années, touchant le président Uribe de très près.

Au moins 65 alliés de Uribe au congrès colombien sont sous enquête pour des liens serrés aux escouades paramilitaires de la mort, et de ce nombre, 29 sont maintenant en prison pour des liens prouvés.

Et n'allez surtout pas croire le taux favorable à Uribe de 84% en Colombie.

Ce chiffre est le résultat d'une concentration ridicule des médias dans le pays, des médias propriétés des amis d'Uribe, et qui répète quotidiennement que le FARC est la seule source de violence en Colombie.

Le traité bilatéral de libre-échange est comme tous les autres qui l'ont précédé récemment : une constitution supranationale par et pour les grandes transnationales.

Et il a été signé par un gouvernement colombien qui a pris le pouvoir à travers le support des paramilitaires, des pots-de-vin, de la propagande... et le fait que notre gouvernement applaudi l'avènement du traité en dit beaucoup sur son point de vue concernant la démocratie.

À l'intérieur de la Colombie, 4 millions de personnes, 10% de la population, ont été forcées de se déplacer au cours des dernières années, selon les données de l'ONU.

Systématiquement, les déplacements forcés se produisent dans des territoires où des mégaprojets d'entreprises transnationales ont lieu.

Par rapport à d'autres pays, les échanges commerciaux en le Canada et la Colombie ne sont pas très élevés, surpassant un milliard par année.

Par contre, en termes de secteurs engagés dans des mégaprojets comme les champs miniers, l'exploitation d'hydrocarbures, les transnationales canadiennes sont parmi les plus gros joueurs.
Alors, maintenant que les négociations ont été conclues, une revue légale des textes sera menée par les avocats canadiens et colombiens.

Rappelons que les négociations ont eu lieu dans le plus total des secrets, et les textes n'ont pas été exposés au public.

Clairement, le gouvernement canadien n'a rien d'autre à proposer aux Colombiens concernant leur démocratie autre que le vernis de crédibilité qu'a le Canada à travers le globe.

Et concernant l'assassinat quasi quotidien de syndicalistes et de travailleurs humanitaires au cours des dix dernières années, les négociateurs canadiens se vantent d'avoir adressé le problème dans ce traité de libre-échange.

Tout dépend du nombre tué au cours d'une année, car les contraventions potentielles que le gouvernement colombien doit payer selon ce que l'on sait du traité s'élève à 15 millions de dollars.

Oui, notre gouvernement a vraiment négocié une pénalité monétaire pour le meurtre.

C'est que les libéraux au parlement d'Ottawa avaient soutenu ne pas embarqué dans le traité (un soutien nécessaire puisque les conservateurs sont minoritaires) s'il n'y avait pas de texte sur les droits humains.

Alors, comme d'autres traités de libre-échange signé auparavant comme l'ALENA, ou avec Israel, le Chili, le Costa Rica et le Pérou, cette entente commerciale visera une réduction des tarifs sur l'exportation et ouvre le pays le plus pauvre aux investissements par le pays le plus riche.

Comme l'ALENA, il y aura une clause comme le fameux chapitre 11 qui garanti la stabilité, la transparence et la protection des capitaux canadiens en territoire colombien.

Les transnationales canadiennes auront alors un accès privilégié au marché et ressources colombiens, appuyé par le droit de poursuivre le gouvernement colombien s'ils sentent que leurs droits sous le traité d'accumuler des profits sont menacés... par exemple si une communauté locale s'oppose à un projet minier.

La Colombie est riche en hydrocarbures, en charbon fer, nickel, cuivre, et en émeraudes, sans oublier son potentiel en hydro-électricité... et que le Canada possède la plus grande industrie minière au monde.

Et si l'on regarde l'histoire récente, la dernière vague d'investissements du Canada en Colombie a été un véritable désastre pour les syndicalistes et peuples autochtones de la Colombie.

La vague a été accompagnée d'une série de meurtres et de déplacements forcés...
Le gouvernement Harper affirme que le président Uribe est en train de régler son problème d'abus de droits humains.

Or, selon plusieurs ONG le taux d'assassinat de syndicalistes est beaucoup plus grand en 2008 que l'an dernier.

Et 40% de violations de droits humains menées contre eux sont dans le secteur minier, où le Canada est le premier joueur.

Alors selon un communiqué du ministère des affaires étrangères : si les obligations ne sont pas respectées, le pays qui commet des actes de violations de droits humains devra payer jusqu'à 15 millions de dollars à un fond de coopération... une décriminalisation de facto du meurtre.

Donc si l'on pousse la logique au bout... en 2007 il y a eu 384 violations de droits humains contre des activistes en Colombie.

À 15 millions, ça nous conduit à près de 40 000$ par acte.

Alors plus le gouvernement colombien et ses paramilitaires violes les droits fondamentaux des syndicalistes, plus c'est payant pour eux de le faire.

En plus de ça, le communiqué du ministère des affaires étrangères ne mentionne pas les risques aux populations paysannes et autochtones, dont les paramilitaires bousillent allègrement car elles sont sur des territoires riches en ressources minières.

Le nouveau traité de libre-échange montre noir sur blanc la nouvelle attitude de nos représentants envers la région des Andes : les profits au-dessus du peuple, la misère et la violence plutôt que la justice sociale.

ITALIE



Tournons notre attention vers l'Italie où le régime de Sylvio Berlusconi mène le pays depuis deux mois maintenant...

Un gouvernement de centre-droite, d'extrême-droite, fasciste?

Le racisme est en montée fulgurante, avec les immigrants accusés de tous les petits crimes... à un taux réfuté par les statistiques du gouvernement.

Des campements de gitans ont été bombardés, des groupes armées néo-nazi se promène dans le nord du pays et cassent des gueules... et l'on dénombre une croissance d'attaques sur des homosexuels.

Le maire de Rome a refusé dernièrement de permettre aux organisateurs de la marche de la fierté gay de tenir leur parade annuelle dans les rues de Rome.
Mara Carfagna, l'ex-pinup de calendrier sexy, maintenant nommée ministre de l'égalité, a même affirmé qu'il n'y avait pas de raison de tenir de parade puisque l'Italie ne souffre pas de discrimination envers les homosexuels.

Fausto Bertinotti dirigeant du parti Rifondazione Comunista, parle pour sa part de l'avènement d'une nouvelle droite en Italie.

Rifondazione avait appuyé le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi qui a échoué lamentablement aux dernières élections.

Il explique que la nouvelle droite n'est pas fasciste, même s'il utilise des éléments de cette culture-là, exploitant une aversion agressive envers toutes formes de diversité, ou l'insécurité est transformée en peur... et où le besoin d'un bouc émissaire refait surface.

Donc on utilise des éléments du fascisme sans pour autant s'attacher aux racines du fascisme, ce qui élimine en quelque sorte l'attachement des opposants aux fascismes à ses propres racines.

Une thèse intéressante, que l'on pourrait résumer plus simplement du fait que les tragédies de Mussolini ont été oubliées, et donc avec elles les valeurs de la résistance... en quelques sortes, on a perdues les valeurs de base qui ont guidé l'État italien depuis 1947.

Même les observateurs de Berlusconi, au pouvoir pour la 3e fois, avoue que cette fois ci il ne semble pas être guidée par une idéologie particulière.

Il demeure que même si on n'assiste pas à la réémergence du fascisme, il y a définitivement une réémergence du bouc émissaire.

La peur de l'étranger est une colle politique puissante pour construire ce que les chercheurs en politique appellent une coalition négative.

Alors pendant que l'on s'énerve avec qui est coupable ou non de petits crimes, sur une échelle plus large le gouvernement italien, à tous les niveaux, continue de couché avec le privé et traite amicalement avec le crime organisé.

Pendant que l'on accuse le diable d'étranger de tous les maux, Berlusconi fait la promotion de législation qui protégerait la corruption entre entreprises et politiciens : rendant illégale l'écoute téléphone et autres pour des crimes qui ne commande pas moins de 10 ans de prison.

C'est que le crime de la corruption vaut une sentence de huit ans, en Italie.

Donc si Berlusconi remporte son projet, l'écoute clandestine des forces de l'ordre pour trouver des preuves de corruption sera illégale,

Non, l'Italie n'est pas redevenu fasciste, bien qu'il y a énormément de politiciens d'extrême droite au sein de l'État... et le fait que l'on ne pourra plus y vérifier la distribution de pots-de-vin sur une grande échelle pourra mener à quelque chose de tout aussi pire.

ÉLEVAGE DE VIANDE




Les fermes, dans les pays industrialisées, sont devenues extrêmement spécialisées.

La plupart fonctionnent comme partie intégrante de la production d'animaux à la consommation, l'ébergement, l'alimentation de bovins, de porcs, de volaille et la production de grains pour les nourrir.

Ces plantations de grains à animaux sont devenues gigantesques, des monocultures sur des milliers d'hectares.

Les animaux sont élevés dans des milieux où on les confine en grands nombres dans les plus petits espaces possibles.

Souvent, leur bouffe arrive d'assez loin, ce qui fait de leur grossissement une opération assez polluante en GES.

Y'a toute la pollution et les complications de leur purin à déplacer et à épandre qu'il faut prendre en considération aussi.

Si l'on compare les méga-fermes aux petites fermes coopératives et familiales, on voit assez facilement lequel est le plus durable et même productif.

Les grandes fermes sont énergétivores et puantes.

Aux ÉU, le Center for Disease Control note que si vous rester près d'une grosse ferme d'élevage, les risques à votre santé sont beaucoup plus élevés que la moyenne.

Le purin des animaux peut contenir des antibiotiques, des pathogènes, des nitrates, des pesticides, des hormones et des métaux lourds... rien de bon, surtout dans l'eau que l'on boit.

Le but des méga fermes d'élevage, c'est de réduire les coûts en entrant le plus grand nombre d'animaux dans le plus petit espace, tout mécaniser et réduire la masse salariale des travailleurs.

Le pire dans tout ça, c'est qu'un grand nombre d'études démontrent que ce n'est pas la méga industrie agricole qui est la mieux placé pour nourrir le monde.

Au contraire, les petites fermes sont des producteurs d'aliments beaucoup plus efficientes et efficaces.
Surtout dans les pays en voie de développement où les petits fermiers ont une productivité quatre fois plus grande par hectare... tout en étant plus durable.

Oui, le prix des produits des grandes fermes est plus bas, mais si l'on regarde du côté de l'externalisation des coûts : dommages à l'environnement, maladies des animaux qui vivent dans des conditions impossibles, la pollution qui affecte la santé humaine...

Les grandes fermes demeureront nécessaires tant que nous demanderons une grande quantité de viande, des oeufs et des produits laitiers à bas prix.

Aujourd'hui, on veut du stock cheap, bien on l'a, mais à nos risques à long terme.

Pour revenir aux petits fermiers dans les pays en voie de développement... avec la crise alimentaire globale que nous connaissons.... il est réconfortant de savoir que les paysans offrent la meilleure chance de nourrir tout le monde.

La capacité de nourrir ou non les peuples dépend de la propriété des moyens de production. Point.

Cette théorie a été faite par l'économiste réputé Amartya Sen en 1962 et a été confirmée par des douzaines d'études depuis.

Il y a bel et bien une relation proportionnelle inversée entre la taille d'une ferme et les récoltes produites annuellement.

Plus la ferme est petite, plus la production proportionnellement est grande... parfois énorme.

Raison simple à ça : les petits fermiers travaillent plus fort et la qualité est plus grande par hectare que les grands.

Plus d'intensité, de meilleurs systèmes d'irrigation, une plus grande diversité de récoltes, bref, une bien meilleure relation à la terre.

Ce qui mène à un constat intéressant : l'échange équitable... une des seules manières que les petites fermes arrivent à survivre dans un monde de méga-industries agricoles.

L'échange équitable deviendra de plus en plus nécessaire non seulement comme une manière de redistribuer équitablement des revenus, mais comme la seule manière de nourrir la planète.

LA LEVÉE 11 JUIN 2008

1. Philippines : l'attaque en règle de l'État sur les fermiers.
2. Cuba : l'acharnement d'Amnesty international
2. Prix du pétrole : pourquoi si élevé?
3. Bombes à sous-munition : pour une fin à la sauvagerie
4. Les récifs de coreaux: la richesse des mers brûle

PHILIPPINES



Le gouvernement, les forces armées et des intérêts financiers dans les Philippines ont utilisé l'excuse de la guerre au terrorisme pour tuer, enlever de force et terrorisé des syndicalistes et des organisations de fermiers.

Essentiellement, ce que l'on veut aux Philippines c'est une nation de travailleurs dociles et des terres vidées qui peuvent êtres vendus sur les marchés mondiaux.

Par exemple, Joey Javier était le président de l'organisation des fermiers nommé Kagimungan... le 11 novembre 2006 deux hommes l'ont tiré à bout portant.

Anthony Licyayo l'a remplacé, juste pour être assassiné deux semaines plus tard.

Un mois après, son successeur s'est à peine sauvé d'une tentative de meurtre.

Le 21 janvier 2007, deux autres activistes Kagimungan ont été tués.... le 7 août, le dirigeant de son aile jeunesse a été criblé de balles.

Kagimungan est une organisation légale établi pour aider les petits fermiers.

Mais au cours des dernières années, l'organisation proteste contre le partage des récoltes, où les producteurs se voient obligés de remettre 50% de leur récolte aux propriétaires terriens.

Récemment, Kagimungan a manifesté des inquiétudes concernant l'expropriation de terres pour l'introduction de OGM... une partie du plan économique de la région.

Ce plan économique dépend en grande partie de capital étranger... et selon les autorités, les dirigeants de Kagimungan sont l'obstacle majeure qui empêche le projet d'avancer.

Et la situation dans ce coin de pays représente ce qui se passe partout ailleurs aux Philippines.

Mme la présidente Gloria Macapagal-Arroyo utilise la lutte au terrorisme comme excuse pour mener une guerre sale contre tous ceux qui s'opposent à ses politiques ultra-libérales.

Depuis son élection en 2001, elle cherche sans relâche à libéraliser les échanges et les investissements, à réformer le système fiscal et à privatiser des propriétés d'État.

Le régime Arroyo se vante de la vitesse de croissance de son économie, mais ce n'est qu'une bulle fragile gonflée par des emprunts massifs et des injections d'investissements étrangers.

Pour attirer des investisseurs, le gouvernement coupe les droits des travailleurs, remettant aussi de larges secteurs du territoires à des compagnies minières, ouvrant des zones protégés pour la recherche de pétrole... et signant des ententes commerciales qui chassent les fermiers de leur terre pour les remplacer par des monocultures pour l'exportatyion et la production d'ethanol.

C'est rendu à un point où ce pays agricole doit importer son riz... en fait est devenu un des plus grands importateurs de riz du monde.

Malgré tout, beaucoup d'organisations de travailleurs tentent de s'opposer aux politiques économiques du gouvernement... mais pour les réduire au silence, le gouvernement Arroyo utilise la terreur, ou en d'autres mots officiels, une stratégie contre insurectionnelle.

Oui, il existe des groupes armés aux Philippines qui s'opposent au gouvernement : New People's Army (NPA), le Moro Islamic Liberation Front (MILF), le groupe Abu Sayyaf, des séparatistes des îles du sud de Mindanao, Sulu et Jolo
Mais dans leurs stratégies, l'armée n'hésite pas à tirer dans le tas de civils que l'on soupçonne d'être en faveur de ces groupes.

Et il y a aussi des groupes paramilitaires qui travaillent avec l'armée, mais qui agit impunément et sans lois.
AU cours de 2006, 83 dirigeants et activistes de mouvements de gauche, des organisations de fermiers et de droits humains ont été tuées dans la seule région du Luzon central.

Depuis 2001, on dénombre 900 exécutions extra-judiciaires, alors le régime d'Arroyo peut se féliciter d'être plus violent que l'ancien président Ferdinand Marcos.

47 journalistes ont été tués au cours des six dernières années, faisant des Philippines le 2e endroit le plus dangereux au monde pour les journalistes après l'Irak.

Mais heureusement, la popularité d'Arroyo a été ternie par des accusations de fraudes électorales, surtout aux élections de 2004, et des scandales de corruption impliquant elle et des membres de sa famille...

Dire que l'on croyait qu'avec la chute du mur de Berlin et la globalisation que tout le monde allait être heureux...

CUBA ET AMNESTY INTERNATIONAL



Amnesty international est sans doute l'organisation à la défense des droits humains la plus populaire du monde.

Crée en 1961 par un avocat britannique, cette ONG a des ramifications dans plus de 50 pays et deux millions de membres.

Chaque année AI publie son rapport sur les droits humains concernant chaque pays.

Et concernant Cuba, le rapport de 2007 mentionne l'existence de 69 prisonniers de conscience, incarcérés pour leur prises de position et leurs activités politiques non-violentes.

Bien sûr, le gouvernement cubain rejette cette charge...

Le 18 mars dernier AI mentionne l'existence de 58 dissidents qui demeurent emprisonnés... et que leur seul crime consiste à avoir fait preuve de leur droit fondamental.

On les accuse de crimes contre l'indépendance de l'État... pour avoir reçu des fonds ou du matériel de la part des ÉU pour mener des activités que le gouvernement cubain juge subversif envers Cuba.

Faut questionner effectivement le point de vue d'AI dans ce cas ci... pour qui prend la pein de consulter la politique américaine envers le gouvernement cubain, tel que la loi Torricelli de 1992, des lois de mai 2004 ou de juillet 2006
Tous ces documents indiquent que le président US cherche à financer l'opposition interne à Cuba... avec l'objectif très clair de renverser le gouvernement cubain.

C'est, en fait, le coeur de la politique américaine envers Cuba.

Donc depuis 2005, c'est 36 millions de dollars qui ont été versé à différents groupes en appui à l'oppposition interne de Cuba... jusqu'à temps que la «dictature tombe».

Alors AI juge que ces prisonniers de conscience ont été enfermé pour avoir reçu des fonds ou du matériel de la part du gouvernement américain pour mener des activités pouvant mener au renversement du gouvernement cubain.

En réalité, ces prisonniers de conscience sont des mercenaires au service d'un État étranger hostile et belliqueux.

Pourtant, la loi internationale juge que c'est parfaitement illégal de financer une opposition interne d'une autre nation souveraine.

... comme c'est évidemment le cas ici.

Tous les pays du monde ont un arsenal légal à leur disposition qui leur permet de défendre leur indépendance national contre ce genre d'agression.... un devoir fondamental de tout État.

C'est dans la loi fondamentale de Cuba comme ce l'est aux ÉU, où le code pénal est beaucoup plus sévère que la loi cubaine pour une telle activité... comme c'est le cas aussi pour la loi criminelle française, espagnole, belge, italienne, suédoise, et même suisse!

AI est avec raison une organisation reconnu pour son sérieux, son professionalisme et son impartialité.
Mais le traitement réservé à Cuba peut être débattu et son appropche de deux poids deux mesure dans le cas de ces pseudo prisonniers de la conscience doit être carrément rejeté.


LE PRIX DU PÉTROLE



J'ai depuis au moins deux ans parlé d'une hausse significative du prix de pétrole à venir... et bien ça y est, nous y sommes. 1.50$ le litre et ce ne semble pas être sur le point de retomber.

Il y a plusieurs causes à cela : le fait que nous atteindrons bientôt le peak point, à la suite de quoi la ressource sera de plus en plus difficile à trouver, le cartel de l'OPEP qui contrôle une partie significative de l'offre, et bien sûr les conflits au Moyen-Orient.

Mais dernièrement on a appris que le Commodity Futures Trading Commission (CFTC) enquêtait à savoir s'il y aurait pas de manipulation du marché des échanges du pétrole.

Faudra voir... il y a une différence entre la spéculation et la manipulation du marché.

Oui, on investi beaucoup de dollars, misant sur l'or noir, et ça fait monter le prix du baril.

Ça transforme le pétrole en un outil d'investissement, plutôt que de laisser l'offre et la demande dicter le prix.

À la fin de 2007, le baril de pétrole montait à 100$, un prix qui en choquait plus d'un, il y a à peine six mois.

Et aujourd'hui, la spéculation sur la hausse de la valeur du baril est encore plus importante.

Dans tout les facteurs, c'est difficile d'expliquer une hausse d'un tiers du prix, 150$ en moins de six mois.

Mais peu importe le coupable du prix actuel du pétrole, le facteur central à prendre en considération est l'offre et la demande globale.

La demande gobale monte quotidiennement, grâce à l'appétit de la Chine et de l'inde et certaines parties du Moyen-Orient qui monte en flèche.

Mais l'offre n'augmente pas au même rythme, aussi simple que ça... du moins, c'est le point de vue adoptée par l'industrie pétrolière.

... qui n'a pas tout à fait tort soit dit en passant.

Les réserves sont serrées et notre consommation globale est loin de ralentir, ce qui fera monter les prix à des hauteurs qui peuvent sembler irrationels.

Oui, il faut enquêter à savoir s'il n'y aurait pas manipulation des prix pour faire plaisir aux spéculateurs qui misent sur une hausse des prix dans le marché boursier.

Il faut aussi réglementer les marchés du pétrole qui sont trop dans le domaine financier, et loin de la réalité de l'offre et de la demande... ce dernier facteur étant celui qui dans le long terme aura le plus d'impact sur le prix du baril et tout qui en découle.

C'est curieux que les ÉU, le Canada et le reste du monde semble incapable de réagir adéquatement aux menaces très réels des changements climatiques dus à notre dépendance au pétrole... donc de se débarrasser de l'auto, d'aller vers les transports en commun massivement, d'aller vers des sources d'énergies durables...

Mais l'apocalypse appréhendé par la communauté scientifique global ne semble pas convaincre nos dirigeants... et bien, peut-être l'avènement d'un baril de pétrole à 200$ les réveillera... et nous aussi.


LES SOUS-MUNITIONS



Les bombes à sous-munitions sont une horreur encore plus grande que les mines anti-personnelles.

Elles sont imprécises, et tuent sans discrétion sur de larges secteurs où elles ont été larguées.

Les petites bombes qui dorment par terre peuvent demeurer actives durant des années.

C'est vraiment bien ce qui est arrivé à Dublin au cours des dernières semaines, où des diplomates et des groupes de société civile ont reçu des représentants de 111 pays, incluant le Canada, pour en arriver à bannir les bombes à sous-munition et adopter un traité international... la première étape vers la ratification et un texte de loi.

Lorsque 30 pays l'auront ratifié, ça deviendra la loi internationale.

Le traité sera signé à Oslo en Norvège au début du mois de décembre et il est calqué sur le modèle du traité d'Ottawa sur les mines antipersonnelles.

Le Canada avait mené la charge, il y a 10 ans, mais cette fois ci c'est la Norvège.

Il y a encore beaucoup de travail à faire d'ici décembre pour obtenir le plus de signatures d'États que possible.

Les ÉU vont bien sûr résister, comme ils ont fait avec les mines antipersonnelles.

Au Canada la ratification aura besoin de l'appui du Parlement.

Procéder rapidement serait un signe qu'il reste encore une once de fibre morale au gouvernement Harper...

Les ÉU, qui ont plus d'un milliard de bombes à sous-munition en réserve, ont boycotté les réunions à Dublin, ainsi que les Russes et les Chinois.

Mais ils ne pourront pas échapper au fait que ce traité, s'il devient loi international, limitera leur usage des petites bombes à amputer des enfants.

Alors l'objectif est d'éliminer l'usage et la production des bombes à sous-munitions d'ici huit ans
Ces bombes, je le rappelle, sont largués des avions ou de canons, et arrosent des secteurs de la largeur de deux à trois terrains de football de mini bombes.

Et personne n'a investi plus dans les sous-munitions que les ÉU, qui les a utilisés aussi récemment que dans les conflits en ex-Yougoslavie, l'Afghanistan et l'Irak.

D'autres utilisateurs inclus la GB, la France, le Soudan, l'OTAN, Israel et le Hezbollah.

Une faiblesse dans le traité : on permettra aux ÉU de poursuivre sa collaboration militaire avec des pays qu'ils ont ratifiés, même si les ÉU continue d'utiliser les sous-munitions.

Alors même si l'on peut reconnaître que les États modernes ont besoin d'une panoplie d'armes pour protéger leurs intérêts légitimes... il est temps que l'on s'entende sur le fait que les sous-munitions sont des bombes barbares qui ne sont loin d'être nécessaire.

LA MORT DES CORAUX





Les récifs de coraux, sous les vagues des océans du monde, disparaissent en silence.

Selon certaines projections, elles pourraient bien disparaître complètement d'ici la fin du siècle.

Saviez-vous que 2008 est aussi l'année internationale des coraux?

Nous sommes, comme pour bien des choses, à un point tournant pour les récifs de coraux...

Le problème principal semble être le dioxyde de carbone... le GES responsable du réchauffement climatique est aussi en train de transformer nos océans en mers acides.

Cette acidification brûle les squelettes des coraux, les empêchant de se développer.

Dans son édition du mois de décembre dernier, la revue Science avait publié un article montrant les résultats de projections sur le prochain siècle.

Selon les estimations, les océans seront trop acides d'ici 2050 pour que des récifs de coraux puissent y survivre.
Bon, comme pour tout dans la nature, on peut se dire pis ça? Qu'est-ce que ça peut bien faire que les récifs de coraux, qui ne couvrent que 0,1% de la Terre, soit en train de disparaître?

C'est qu'en termes de biodiversité, les récifs de coraux sont les forêts tropicales des océans... la demeure, et l'on ne le sait pas encore, de 1 à 9 millions d'espèces vivantes.

Si les coraux disparaissent, 50% des espèces disparaîtront, aussi.

Donc quand le dioxyde de carbone entre dans l'océan, il réagit avec l'eau pour former de l'acide carbonique.

.... Et ce n'est pas seulement les coraux qui en souffrent. Les animaux marins à coquillage aussi.

Déjà, la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère est plus élevée qu'à aucun autre moment au cours des dernières 20 millions d'années.

Et 25% de ça se trouve à être absorbé par les océans.

On constate les effets de cette corrosion acide sur les grands récifs de l'Australie... où il y a eu une chute de croissance de l'ordre de 20% au cours des 16 dernières années.

Et à part être un centre de biodiversité, les récifs remplissent d'autres fonctions : en Asie, le quart des poissons qui nourrissent un milliard de personnes viennent des récifs.

C'est aussi une protection dans les zones tropicales contre les tsunamis et les ouragans.

Enfin, beaucoup de pays en voie de développement, surtout les Caraïbes, dépendent du tourisme lié aux récifs pour leurs économies.

Alors, les polypes de coraux, avec un système nerveux extrêmement primitif, ont réussi à construire parmi les plus belles structures de la planète qui nous protège, nous nourri et nous étonne par leur beauté.

Les récifs ont besoin de nous... et il est presque déjà trop tard.

02 juin 2008

LA LEVÉE 28 MAI 2008

1. Au Zimbabwe, le régime de Robert Mugabe s'accroche au pouvoir en semant la terreur.
2. Au Mexique, l'administration Calderon ouvre une brèche vers la privatisation de l'industrie pétrolière.
3. Devant l'apathie de l'Union européenne, la Russie tente d'arracher des morceaux de la Gerogie.

VIOLENCE AU ZIMBABWE



Le 2 mai dernier, ceux qui s'occupent des élections au Zimbabwe on annoncé que Morgan Tsvangirai avait bel et bien battu le président sortant Robert Mugabe aux élections du 29 mars dernier.

Les résultats donnaient 47.9% au MCD, le Mouvement pour le changement democratique de Tsvangirai et 43.2% à Mugabe.

Ce que ces chiffres veulent dire c'est que le MDC n'a pas su gagné la majorité absolue nécessaire pour éviter un second tour de vote.

Et selon l'acte électorale du Zimbabwe un 2e tour doit avoir lieu à l'intérieur de 21 jours suivant le 1e tour.

Mais le régime de Mugabe a plutôt décidé que le 2e tour aura lieu à l'intérieur de 69 jours.

Tout ça dans le contexte où l'on accuse le régime de Mugabe d'avoir manipulé les résultats du premier tour.

Le MCD affirme que Tsvangirai a gagné 50.3% du vote en comparaison Mugabe a récolté 43.2% du vote présidentiel.

Mais malgré tout, le résultat officiel a été un coup dur au régime de Mugabe.

À l'Assemblée nationale le MCD contrôle 57% des représentants contre 43% pour le Zanu-PF de Mugabe à 43%.

Malgré ça, ou fort probablement à cause de ça, Mugabe aurait lâché ses chiens milices pour faire assez peur à la populace afin de voter pour lui au 2e tour.

Jusqu'à présent on compte 7000 victimes de la vague de violence signée Robert Mugabe.... et ça s'empire rapidement.
Et la Chine qui s'en mêle en envoyant tout récemment une livraison massive d'armes au régime Mugabe.

Mugabe qui est l'ami des Chinois était rappelons le l'ami des pouvoirs de l'ouest tant et aussi longtemps qu'il se pliait aux diktas politiques de la BM et du FMI... mais s'il était un dictateur brutal dans ce temps là, avant 1997, aussi.

On ose alors maintenant espérer une victoire claire et nette du MCD, ne serait-ce pour que l'on arrête la vague de violence de Mugabe, mais aussi c'est bien, de toute évidence ce que les électeurs du Zimbabwe désirent.

Reste à voir comment le MCD réglera la situation socio-économique actuelle, avec une crise alimentaire et 90% de la population vivant sous le seuil de la pauvreté.

Mais les critiques du MCD sont convaincus que le MCD n'a aucun problème avec les réformes structurelles, entendu comme la pilule néo-libérale, de la BM et du FMI.

Alors vu de cet angle là, un Zimbabwe aux lendemains de Mugabe sera un État démocratique, mais néo-libéral.

Et aussi mauvais que cela puisse être, au moins si on peut atteindre une diversité démocratique il y aura de la place pour des voix plus progressistes qui pourront pousser la société vers des meilleurs options économiques.

D'ici le 2e tour le 27 juin prochain, l'Union africaine devrait immédiatement envoyer des observateurs sur les lieux et demander fermement la fin de la campagne de terreur de Robert Mugabe.

Car, on s'en doute, un 2e tour n'aura absolument aucune crédibilité si la violence n'arrête pas et si la justice ne peut pas s'imposer.

PÉTROLE MEXICAIN



Le 8 avril dernier, le président du Mexique Felipe Calderon a causé tout un émoi national... qui ne s'est pas rendu jusqu'à nous mais c'est pour ça que je suis là.
Le sénat avait reçu et excécuté une initiative qui changera fondamentalement la structure et les opérations de l'entreprise pétrolière nationale, Pemex, Petroleos Mexicanos.
Des opérations clés de l'entreprise pourront désormais être contrôlées par le privé.
Calderon et son PAN, le parti d'action national ont pris soin par contre de demander une modification de la constitution mexicaine.
La propriété nationale du pétrole est une ferté nationale depuis que le président Lazaro Cardenas a exproprié les compagnies privé le 18 mars 1938.
Alors depuis, la constitution est très claire concernant la propriété du pétrole mexicain.
Mais le président actuel, Calderonm, a fierement annoncé une initiative de réforme d'énergie comme plan pour sauver Pemex d'une profonde crise financière et opérationnelle.
Alors pour ce gouvernement néo-libéral ça prend absolument et toujours le privé pour sortir Pemex de cette crise.
Oui, le fait que Pemex soit dans le trouble ne fait aucun doute :
Les pipelines ont en moyenne 25 ans, avec des fuites et des conections illégales un peu partout.
Le manque de capacité de raffinement a coûté à Pemex 900 millions de dollars en 2000... et 3.5 milliards en 2007... et les demandes présentent exigent une augmentation de la capacité de raffinement de 50%.
Mais en ce moment la compagnie dévoue un cinquième de ses ressources en ingénierie et le raffinement qu'il y a 20 ans.
En fait, même selon les données du gouvernement, Pemex tombe en ruine car ça fait 25 ans qu'on l'a laissé à l'abandon.
Pourquoi? Pourquoi as-t'on laissé les infrastructures de Pemex à l'abandon? Ce n'est pas comme si le Mexique n'avait pas besoin de pétrole...
C'est presque drôle, mais les politiciens qui demande la remise d'opérations clés de Pemex au privé sont en parti les mêmes qui sont responsable de la crise actuelle.
Calderon était le secrétaire de l'énergie sous l'administration de Vicente Fox de 2003 à 2004.
Le gouvernement PAN a été au pouvoir maintenant depuis 8 ans, période durant laquelle Pemex a connu des ventes record dus aux prix élevés du pétrole.
Alors, encore une fois, pourquoi n'a-t-on pas investit cet argent dans la compagnie et ainsi éviter la crise actuelle?
C'était bien sur un choix administratif et politique.
Pour deux raisons : 1. on a conscienmment siphonné des fonds de Pemex pour couvrir les faiblesses de l'économie mexicaine.
Le ministère du trésor a utilisé les revenus de Pemex pour payer la dette externe.
Et il y a un relent de scandale aussi, de la corruption, on aurait utiliser des fonds de Pemex pour le candidat du PRI en l'an 2000.
2. les administrateurs néo-libéral ont intentionnellement chercher à créer des problèmes pour Pemex afin de soldifier leurs arguments pour la privatisation.
... une réforme voulu depuis un bout de temps par la BM, Washington et bien sûr les dirigeants mexicains néo-libéral.
dans son rapport stratégique pour le Mexique pour 2003-2006 la BM avait noté que les investissements nécessaires à Pemex s'élevaient à 100-130 milliards de dollars au cours des dnix prochaines années.
Oui, personne ne contrdit le fait que la compagnie de pétrole nationale ne va pas bien, mais il y a aussi, vu le contexte actuel, une occasion sans précédent pour générer des revenus.
rappelons que le Mexique a les mêmes réserves prouvées de pétrole que les ÉU, mais beaucoup plus en gaz naturel.
Ce que fera la privatisation c'est de remettre les opérations les plus rentables entre les mains du privé : la raffinement, les transports et la distribution.
Pourtant, concernant les hydrocarbures, la constitution interdit de remettre quoi que ce soit au privé.
Donc la réforme actuel est anticonstitutionnel.
... mais si cette brèche au privé passe, on pourrait très bien être sur une pente glissante pour la privatisation complète de l'industrie pétrolière mexicaine.
Et l'initiative de Calderon va à contre-courant de ce qui se fait dans le reste de l'Amérique Latine... en 2007 un rapport du Baker Institute dévoilait que 77% des réseves mondiales de pétrole sont entre les mains d'entreprises nationales.
En Amérique latine, la tendance est vers une participation accrue, une plus grande réglementation et un rôle de l'état dans la distribution des profits.
Les réformes de Calderon sont un autre pas vers les deux objectifs principaux du PSP, le partenatiriat nord américain pour la sécurité et la prospérité.
Le premier est d'accroître la sécurité énergétique des ÉU en garantissant l'accès des Américains aux réserves en pétrole dans les eaux profondes du golf du Mexique.
Deuxième objectif est d'ouvrir la production d'hydrocarbures aux entreprises étrangères.
Donc libéraliser l'échange, le stockage et la distribution de pétrole raffiné.
Et dans tout ça faut pas oublier l'ex candidat à la présidence Andres Manuel Lopez Obrador qui traverse le pays en ce moment pour mobiliser les Mexicains contre la réforme pétrolière de Calderon.
Une réforme qui si elle passe aura ue influence capitale sur l'avenir économique du Mexique.
Et au même moment, bien l'extrait du pétrole en eaux profondes aura des risques environnementaux indénaibles...
Sans contrôle sur sa propre ressources et donc une exploitation au privé de cette richesse nationale augure rien de bon pour les générations futurs de Mexicains.

GEORGIE VS. RUSSIE



La Russie applique de plus en plus de pression sur la Georgie, utilisant son influence sur l'Abkhazie et l'Ossétie du sud... et devant ce jeu dangereux on se demande bien où est L'union européenne dans tout ça.

Moscou travaille depuis un bout de temps pour annexer ces territoires de la Georgie.

L'UE a choisi de ne pas prendre parti dans le conflit, mais plutôt de travailler pour en arriver à une solution pacifique. Ce qui est bien peut pour réconforter les Georgiens...

Depuis mars dernier, la Russie a intensifier ses pressions sur la Georgie avec une série de gestes fait pour provoquer ce dernier vers une réaction militaire qui ferait escalader le conflit.

Moscou a quasiment reconnu les régions rebelles de la Georgie, l'Abkazie et de l'Ossétie et y a envoyé des troupes sans consulter la Georgie.
Pire, avec un drone de la Georgie qui a été abattu par un mig-29 russe au-dessus de la Mer noire, la Russie semble menacer la Georgie d'action militaire.

Le prétexte de Moscou pour tout ça c'est que la Russie doit protéger ses citoyens qui vivent dans ces régions.
Mais c'est que cette diaspora russe est une création artificielle... ça fait quelques années que Moscou distribue des passeports russes à pratiquement tous ceux qui en font la demande... et de toute façon, on protège ces personnes là contre qui, au juste?
Oui, bien que le gouvernement de Mikheil Saakashvili qui a remporté un second mandat en janvier dernier soit loin d'être parfait... il est l'ami des pays de l'ouest et tente d'imposer des valeurs démocratiques de l'ouest.
Et en agissant de la sorte il s'est créé un ennemi chez Moscou, qui voit son influence sur le pays lui glisser entre les doigts.
Donc devant l'inaction de l'UE, la Russie pousse toujours un peu plus, tentant d'arracher au moins quelques morceaux de la Georgie.
Il y a trois facteurs en jeu qui motive la Russie dans ses pressions sur la Georgie :
1. La haine viscérale de Poutine pour Mikheil Saakashvili.
2. La reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par les ÉU et plusieurs états membres de l'UE.
3. Donc on a fait le lien entre les deux, disant que le Kosovo créé un précédent... alors l'Abkhazie et l'Ossétie ont droit à la leur propre indépendance.
Il y a le facteur OTAN a prendre en considération aussi, vu que la Georgie veut un jour en faire parti et l'OTAN veut bien l'avoir comme membre du club qui rappelons le a été créé pour encercler militairement la Russie.
Et avec l'inertie de l'UE et les frondes de la Russie, le gouvernement Saakashvili semble considérer sérieusement la possibilité d'une intervention militaire, la guerre avec la Russie.
Un conflit qui pourrait transformer la région du Caucase en un autre secteur de terreur et d'instabilité.
Comme si on avait vraiment besoin de ça!

22 mai 2008

LA LEVÉE 21 MAI 2008

1. Israël a 60 ans, Canada
2. Venezuela et Interpol
3. La bombe à retardement de Guantanamo
4. Les Américains sont progressistes
5. Famines et agrobusiness

ISRAEL ET CANADA



L’appui du Canada envers Israël date des tous débuts de l’État hébreux.

Mais la nature de cet appui, particulièrement sous le gouvernement minoritaire de Stephen Harper, est méconnaissable par rapport à ses débuts.

Encore sous le choque de l’Holocauste, le Canada a joué un rôle important au sein des Nations unies menant à la formation d’Israël en 1948.

Mais ce qui a été approuvé par le Canada à l’époque était la partition de la Palestine en deux États : un pour les Juifs et l’autre pour les Arabes.

Rien comme la réalité d’aujourd’hui, où six décennies plus tard la population arabe beaucoup plus nombreuse serait sans État, sous l’occupation militaire israélienne… vivant sous un régime d’Apartheid.

Mais pas un mot de tout ça a été mentionné par Harper qui a célébrer le 60e anniversaire d’Israel en rappelant l’appui indéfectible du Canada… oubliant du coup, que l’anniversaire signifie vraiment autre chose pour les 700 000 palestiniens expulsés de leur terres il y a 60 ans pour faire de la place aux colonisateurs juifs.

Même au sein du Canada, plusieurs se questionnait sur le fait de remettre 65% du territoire palestinien aux Juifs alors qu’ils en étaient propriétaires que de 6%.

Oui… des missiles artisanaux palestiniens se rendent encore en Israël…

Mais l’existence d’Israël ne fait plus aucun doute. La 4e ou 5e armée du monde, avec la bombe nucléaire et l’appui indéfectible des ÉU et du Canada.

Pendant ce temps là les Palestiniens survivent à peine dans des camps de réfugier, sous l’occupation militaire en Cisjordanie et dans leur prison à ciel ouvert qu’est la bande de Gaza.

Si Harper est absolument incapable de voir les côtés de la médaille en Israël… bien ça l’aiderait s’il n’essayait pas de jouer un rôle dans la poudrière du Proche-Orient.


VENEZUELA ET INTERPOL




Le 1e mars dernier, l’armée colombienne – avec l’aide de forces spéciales américaines – a attaqué illégalement un camp des rebelles FARC en Équateur.

Un satellite espion américain a trouvé le site.

Plus de 20 personnes ont été ensuite froidement tués, dont 16 membres des FARC pendant qu’ils dormaient.

La cible principale était Paul Reyes, le 2e aux commandes, le principal médiateur de paix qui négociait la relâche d’otages avec la Colombie.

Tous les candidats à la présidence ont appuyé l’acte d’agression.

Évidemment, tous les pays d’Amérique latine ont vertement dénoncé l’invasion du territoire de l’Équateur par l’armée colombienne.

La tension a monté d’un cran lorsque le vice-président de la Colombie a révélé que son armée avait mis la main sur trois lap-top et d’autre matériel au camp des FARC.

Il affirmait qu’on y trouvait des preuves de liens plus que tangibles entre Chavez, Correa et le FARC…

Des preuves indiquant que le Venezuela a fourni des armes, des munitions, 300 millions de dollars au groupe rebel.

En plus, on indique que le FARC aurait acheté 50 kg d’uranium… et vendu pour plus de 700 kg de cocaïne et etc.

Et bien, rien de tout ça ne constitue des preuves solides sur quoi que ce soit… mais les médias d’ici et du monde ont sauté là-dessus comme si c’était la vérité incarnée.

En mars, donc, la Colombie a demandé à Interpol d’examiner les fichiers des lap-top pour confirmer leur authenticité.

… et Interpol a sorti son rapport le 15 mai dernier.

On affirme que les experts n’ont trouvé aucune trace de modification ni d’altération, d’addition sur les fichiers des trois lap-top, clés USB et deux disques durs externes saisi sur le camp du FARC en Équateur le 1e mars dernier.
Mais, mais, mais… ce qui n’a pas été rapporté, c’est que profondément dans le rapport Interpol affirme que l’absence de preuves n’indique aucunement l’absence de manipulation.

En effet, selon Interpol certains fichiers révélaient effectivement certaines traces d’altérations.

Encore, profondément dans son rapport, Interpol avoue que la Colombie aurait effectivement manipulé le contenu des ordinateurs.

C’est que la précision des données ne peut pas être vérifié, pire – les données pourraient être complètement frauduleuses, avec l’intervention d’un informaticien ou deux de Washington.

Ce que l’on indique dans le rapport c’est qu’entre le 1e et le 3 mars, l’accès direct aux ordinateurs saisis n’a pas du tout suivi les principes internationaux de manipulation de preuve électronique.

Longue histoire courte, les données sur les disques dures ne prouvent absolument rien, et pire, pourraient être entièrement fausses.

Donc cette partie ci du rapport a été complètement ignorée par les grands médias, et on a préféré titrer Chavez a des liens militaires direct avec les FARC.

Et le plus inquiétant dans cette histoire, c’est que le tandem Washington Colombie est parfaitement capable de provoquer une guerre régionale… pour justifier une intervention américaine au Venezuela.

Pourquoi pas? Tant qu’à y être le Pentagone a annoncé en avril dernier qu’il allait ramener à vie son Fourth Fleet en Amérique latine et les Caraïbes après … 60 ans d’absence.

La flotte commencera ses opérations en juillet et aura sa base en Floride.

Mais on peut se demander avec l’absence de menace, et l’armée qui a les mains pleines au moyen orient… pourquoi réactiver une flotte marine puissante pour patrouiller ces eaux là?

La réponse, on le devine, commence et fini par le Venezuela… qui comme l’Irak est assis sur une tonne de pétrole.

Et la rumeur court que Washington planifie de bâtir une base militaire tout près de la frontière du Venezuela.

Ne manquait que ça.

GUANTANAMO



Les États-Unis semblerait-il sont «coincés» avec le centre de détention controversé de Guantánamo, à Cuba, a reconnu hier le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates.

L'ancien patron de la CIA voudrait bien fermer le site, mais il avoue ne pas savoir comment le faire.

M. Gates a expliqué que l'incertitude entourant le sort des terroristes présumés qui seraient libérés en cas de fermeture rendait le processus fort complexe.

Quelque 800 terroristes présumés sont passés par le camp de Guantánamo et 270 y sont toujours incarcérés. Le Pentagone affirme que 36 anciens détenus sont «suspectés d'avoir repris leurs activités terroristes».

Et lorsque l’on a appris la semaine dernière que Abdallah Salih al-Ajmi s’est fait exploser dans le nord de l’Irak, le gouvernement américain a utilisé cet exemple pour justifier la politique de guantanamo.

C’est que Al-Ajmi était un ancien prisonnier de guantanamo…

… et qu’il fallait donc pas le laisser partir.

Voilà une belle logique tordue à quoi on pourrait contrer avec un peu de raison : au contraire, son cas montre à quell point c’était dangereux de créer un endroit comme ce camp de concentration.

Al-Ajmi fait donc parti, comme l’affirme le Pentagone, des 30 ex-prisoniers qui ont depuis participer à des activité anti-coalition…

Et donné le fait que l’on a lâché ces gens parce que innocent de tout crime, du moins, innocenté après souvent plus de trois ans d’interrogation très musclé , c’est un méchant taux de récidive que l’on a là.

Ce qui nous amène bien sûr à la torture… et le fait que toutes les preuves obtenues à guantanamo et autres centres de détention secrète de la CIA est par définition inutilisable… car obtenu sous une coercition extrême que l’on appel la torture.

Il est reconnu que la torture a tendance à faire pondre des confessions fausses, parce que tout simplement les gens sont prêt
à dire n’importe quoi pour que ça cesse.

Et un autre danger, évident celui là aussi : les hommes qui ont commencé à s’impliquer dans des conflits armés après leur relâchement, qui n’ont rien fait de violent avant la détention… se sont tout simplement radicalisés dans leur cage.

… et d’après tout ce qui sort comme rapport et témoignage de gens qui sortent de guantanamo, dont je vais vous éviter les détails ici mais ça vaut la peine d’aller voir, auraient radicalisé quasiment n’importe qui.

Dans son livre Five Years of My Life, Murat Kurnaz affirme qu’un des guardes qui l’a acceuilli à son arrivée lui a dit : tu sais ce que les Allemands ont fait aux Juifs, bien c’est exactement ce que l’on va te faire à toi.

Des pères battus devant leur fils, des fils battus devant leur père… des prisonniers constamment forcés dans des postures de stress, que l’on empêchait de dormir, que l’on menaçait d’exécuter.

Donc dans plusieurs cas un Afghan aurait pu entrer là simple fermier… et ressortir en tant que jihadiste enragé.

Donc au lieu d’avoir créer un endroit d’enquête et de justice… on a créé un processus par où les preuves générées ne valent rien… où on n’est totalement incapable de séparer les coupables des innocents.
… et au lieu de protéger des vies innocents, on a crée un centre qui produira selon toutes vraisemblances de futures atrocités.

AMERICAINS PROGRESSISTES

À entendre des gens comme moi ou mon genre d’émission, certains seraient portés à croire que je suis anti-américains… et encore, faut que je rappelle que c’est plutôt aux institutions politiques et économiques américaines que j’en veux…. Et que je dénonce.

Oui on peut s’exciter avec la venue probable d’une présidence sous Barak Obama… reste qu’il est aussi un fondamentaliste néo-libéral et en faveur d’une hégémonie militaire globale de son pays… quoique plus soft que Bush.

Mais ça vaut vraiment la peine d’aussi se rappeler que sur plusieurs points critiques, le peuple américains, les citoyens qui composent le pays, sont farouchement à gauche de la culture politique officielle.

Dans un livre récent, Katherine Adams et Charles Derber : "The New Feminized Majority" (Boulder, CO: Paradigm, 2008).

On y trouve une grande quantité de données de sondage qui contredisent le préjugé comme quoi les américains forment un people conservateur et impérialiste… Par exemple :
* 69 percent of U.S. voters agree that "government should care for those who cannot care for themselves" (Pew Research, 2007).
* 54 percent of voters agree that "government should help the needy even if it means greater debt" (Pew Research, 2007).
* 58 percent of Americans believe the U.S. government should be doing more for its citizens, not less (National Elections Survey, 2004).
* Twice as many Americans back more government services and spending (even if this means a tax increase) as the number who support fewer services and reduced spending (National Elections Survey, 2004).
* 64 percent of Americans would pay higher taxes to guarantee health care for all U.S. citizens (CNN Opinion Research Poll, May 2007).
* 69 percent of Americans think it is the responsibility of the federal government to provide health coverage to all U.S. citizens (Gallup Poll, 2006).
* 80 percent of Americans support a government-mandated increase in the minimum wage (Associated Press/AOL Poll, December 2006).
* 71 percent of Americans think that taxes on corporations are too low (Gallup Poll, April 2007).
* 66 percent of Americans think taxes on upper-income people are too low (Gallup Poll, April 2007).
* 59 percent of Americans are favorable toward unions, with just 29 percent unfavorable (Gallup Poll, 2006).
* A majority of American voters think that the United States' "most urgent moral question" is either "greed and materialism" (33 percent) or "poverty and economic injustice" (31 percent).
Thus, nearly two-thirds (64 percent) of the population think that injustice and inequality are the nation's leading "moral issues."
* 67 percent of Americans think the U.S. should emphasize diplomatic and economic means over military methods in combating terrorism (Public Agenda and Foreign Affairs, 2007).
* Just 15 percent of Americans think the U.S. should play "the leading role in the world" (Gallup Poll. February 2007) - a remarkable rejection of U.S. global hegemony and empire.
* 62 percent of Americans in September of 2007 thought the invasion of Iraq was "a mistake" (CBS News, September 2007).
* A majority of Americans want a firm deadline for U.S. withdrawal from Iraq (Washington Post/ABC News, February 2007).
* 70 percent of Americans want a multilateral nuclear disarmament treaty (Pew Poll, November 2005).
* Just 29 percent of Americans support the expansion of government spending on "defense."
By contrast, 79 percent support increased spending on health care, 69 percent support increased spending on education, and 69 percent support increased spending on Social Security (CCFR, "Global Views,"2004).
* 58 percent of Americans in 2004 did not think the U.S. should have long-term military bases in Iraq (CCFR, 2004).
* 59 percent of Americans in 2004 thought the U.S. should remove its military presence form the Middle East if that's what the majority of people there want (CCFR, 2004).
* 72 percent of Americans in 2004 thought the U.S. should remove its military presence form Iraq if that's what the majority of people there want (CCFR, 2004)[2].
* To counter terrorism, 87 percent of Americans think the U.S. should work through the United Nations (UN) to strengthen international law and make sure that the UN enforces that law; 67 percent think the U.S. should work to develop poor economiesJust 29 percent think the U.S. should use torture to extract information from terrorists.
* 89 percent of Americans reject the United States' right to overthrow a government supporting terrorists who might pose a threat to the U.S. without UN approval (CCFR, 2004).
* Two thirds (66 percent) of Americans think the US should be more willing to make international relations decisions within the UN even if this means the U.S. will sometimes have to go along with a policy that is not it first choice (CCFR, 2004).
* Fifty-seven percent of Americans favor general compliance with the decisions of the World Court, not just case-by-case (as under current US policy) compliance (CCFR, 2004).
* Seventy-six percent of Americans think the US should participate in the International Criminal Court, with powers to try individual American military and other officials for war crimes even if their own country will not prosecute them of such crimes (CCFR, 2004).
* Seventy-one percent of Americans think the US should participate in the Kyoto Accord on global warming (CCFR, 2004).
Pas si pire, non? Donc oui on peut se permettre de critiquer allègrement la classe politique et capitaliste américaine, car c’est, dans le fond, pour eux que Washington commet autant d’atrocités depuis plus d’un siècle…

AGROBUSINESS PRÉDATEUR



Les prix des aliments continue de monter à travers le monde… amenant son lot de conditions intolérables pour les plus vulnérables comme la famine… associé aux effets pervers des changements climatiques tels que la sécheresse et les inondations…

Robert Zoellick, maintenant à la tête de la Banque mondiale, a annoncé que les prix resteront élevés pour plusieurs années encore et qu’il sera nécessaire que renforcer l’aide alimentaire pour affronter la crise.

Monsieur Zoellick, qui a pris le poste rappelons le après avoir été le négociateur en chef de l’OMC pour les ÉU, connaît bien le sujet :

Il avait tout fait à l’époque pour détruire la souveraineté alimentaire des autres pays afin de favoriser les intérêts des transnationales de l’agro-business.

Même, aujourd’hui, sa prescription d’aide alimentaire n’est rien d’autre que de l’assistance, du BS d’entreprise, aux transnationales à qui on achète les récoltes que l’on remet si gentiment aux gens qui crient famine… et le tout sous la condition qu’ils ne tentent pas eux même de produire la bouffe eux même.

Les grands gagnants dans cette crise sont donc les mêmes qui gagnent à la promotion des bio-essence, les transnationales qui dominent les échanges internationaux de grains, la méga-business des semences ainsi que ceux qui produisent des pesticides et des herbicides…

Six compagnies contrôle la totalité des semences génétiquement modifiées, ce qui par hasard coïncide avec LA solution mise de l’avant pour régler la crise alimentaire… regarde dont ça!

Et avec tout ça, 80% du marché mondial des céréales qui est contrôlé par sept compagnies qui ont vu leur profits augmenter au cours de la dernière année :

2007, Cargill 36%; Archer Daniels Midland 67 %; ConAgra 30%; Bunge 49%; et Dreyfus qui a vu ses profits augmenter de 77% pour le dernier quart de 2007 seulement Monsanto 44% de plus qu’en 2006 et Dupont-Pioneer19%

À cette situation on peut ajouter le fait que, faisant face à une crise financière globale, les grands spéculateurs globaux transfèrent leur argent à coups de milliards vers des produits agricoles dans le marché mondial.

Au moment où je vous parle, ces fonds contrôlent 60% du blé et de larges pourcentages des grains de base.

La bouffe de base est devenu juste une autre commodité pour le marché de la spéculation… dont les prix montent et descendent non plus selon les mouvements des marchés locaux, ou les besoins alimentaires de base des peuples, mais selon l’avarice sans fin des spéculateurs.

Et malgré tout, les transnationales ne sont pas rassasiées et en veulent encore plus.

On se prépare maintenant pour le prochain grand coup : la monopolisation à travers les brevets des caractéristiques génétiques pour rendre supposément les plantes plus résistantes aux sécheresse, l’eau salée et d’autre éléments liés aux changements climatiques.

Et nos gouvernements sont à leur service… donc au lieu de promouvoir la souveraineté alimentaire, laisser les familles de paysans contrôler et posséder la génétique des semences…

On propose plutôt d’aller de l’avant avec la recette qui a mené à ce désastre : des récoltes génétiquement modifiés qui iront de plus en plus dans les autos plutôt que les ventres affamées…