21 mars 2005

L’empire US libre de piller

La Levée 21 mars 2005

Paul Wolfowitz sera fort probablement élu président de la Banque mondiale. Les ÉU champions de la démocratisation du Moyen-Orient ? Pas vraiment…La vérité sur l’histoire de la journaliste Sgrena. Hugo Chavez : locomotive de la gauche en Amérique latine. Le désastre Jetsgo est un symptôme d’une industrie aérienne nationale malade.

Loup après Loup

Après avoir jouer avec l’idée d’élire le chanteur Bono de U2 à la tête de la Banque mondiale, les ÉU ont choisi un des pires néo-conservateurs comme candidat : Paul Wolfowitz.

Il succèderait à James Wolfensohn, alors un loup en suivrait un autre à la tête de la banque crée pour aider les pays pauvres à se sortir de leur misère, mais qui échoue lamentablement partout où elle intervient.

Wolfowitz est le bras droit du secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, il est en grande partie responsable de la débâcle irakienne.

En fait, si on regarde son CV, selon la loi internationale en ce qui concerne les droits humains et les crimes de guerre, Wolfowitz devrait être confortablement assis en prison.

Il était l’ambassadeur américain en Indonésie qui a appuyé le régime meurtrier de Suharto jusqu’à la fin, en plus d’avoir empêché l’implantation de la démocratie partout au Moyen-Orient ,bref, juste pour l’invasion irakienne les preuves sont suffisantes pour l’accuser de crimes de guerre.

Mais Wolfowitz ne serait pas le premier criminel de guerre à servir comme président de la banque mondiale.

Robert McNamara est passé de secrétaire à la défense à président de la banque mondiale en 1970, après avoir dirigé les massacres de paysans vietnamiens à coups de tapis de bombes et des vagues de napalm.

La nomination de Wolfowitz démontre encore une fois l’arrogance impérialiste qui domine à Washington, rappelons que cette nomination suit de près l’envoit de John R. Bolton, un homme ouvertement hostile à l’ONU, comme ambassadeur des EU aux Nations unies.

Imposer Wolfowitz comme chef de la BM est une tentative de soumettre encore plus la banque aux instances financières du gouvernement américain.

Cette nomination doit être contestée par l’ensemble de la communauté progressiste globale…on pourrait en profiter pour non seulement dénoncer Wolfowitz, mais aussi tout le régime d’aide étrangère qui ne fait rien, en fin de compte, pour les pauvres.

Les USA et démocratie au Moyen-Orient

C’était le deuxième anniversaire de l’invasion de l’Irak par les ÉU en fin de semaine, et le moment est propice pour une petite historique de l’Oncle Sam au Moyen-Orient.

Washington se félicite de promouvoir la démocratie en Irak et au Liban, même si c’est de la pure hypocrisie.

En fait, les ÉU sont concernés par la démocratie au MO que lorsque ça fait avancer ses intérêts économiques, militaires ou stratégiques.

L’histoire des 60 dernières années démontre une nette préférence pour des dictatures au service des ÉU qu’une démocratie au service du peuple.

L’implication active de Washington au MO a commencé en 1933 lorsque la Standard Oil Cie de la Californie a lancé une tonne d’argent pour l’exploitation de réserves pétrolières en Arabie saoudite.

On avait rapidement compris l’importance géostratégique de la région…

En 1949, la CIA aide une junte militaire à prendre le pouvoir en Syrie, renversant de la sorte le gouvernement démocratiquement élu.

En 1953, les ÉU provoquent un coup d’état contre le gouvernement démocratiquement élu de l’Iran.

Washington n’a strictement rien fait pour la promotion de la démocratie en 1961 lors de l’indépendance du Koweït, ni en 1962 lorsque la famille royale de l’Arabie saoudite a décidé d’enterrer ses projets de démocratisation.

En 1971, lorsque la GB s’est retirée du Golfe, laissant derrière 4 nouveaux pays indépendants, le Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis, et l’Oman. Les ÉU n’ont pas favoriser l’émergence de démocraties mais ont plutôt signé des ententes secrètes avec les régimes en place, se fiant aussi sur l’Arabie saoudite pour empêcher toute émergence démocratique.

Washington appui aussi sans réserve le régime semi-dictatorial du président égyptien Moubarak depuis 1981.

En contraste, George W Bush se plaint encore d’absence de liberté et de démocratie en Iran.

Reste que depuis 1979, l’Iran a connu sept élections parlementaires, huit élections présidentielles et deux élections locales : tout ça avec de multiples candidats et partis et un suffrage universel à partir de 15 ans.

C’est une feuille de route démocratique bien meilleure que l’Arabie saoudite, un régime monarchique où un homme sur cinq peut voter et les femmes n’ont aucune voix.

La différence c’est que l’Iran s’oppose activement aux ambitions économiques, stratégiques et militaires des ÉU au MO.

En fait, la tradition historique des ÉU de s’opposer à la démocratie aux dépends de leurs intérêts nationaux est en ligne directe avec leurs actions en Amérique central et du sud, ainsi qu’en Asie du sud-est.

Pendant ce temps-là, la revue Time discute sérieusement de la possibilité de remettre le prix Nobel de la paix à Bush suite à la supposée réussite des élections en Irak. Envoyez-leur un livre d’histoire quelqu’un !

Guiliana Sgrena

Vendredi le 4 mars dernier, Nicola Calipari, un agent secret italien parti à la rescousse de la journaliste Guiliana Sgrena tenue en otage par des Irakiens, se faisait abattre par des soldats américains.

Depuis, l’Italie au complet est en deuil et le président Berlusconi tient les ÉU entièrement responsables du meurtre de Calipari.

Il y a une opposition dans le compte-rendu des événements : du côté Américain on dit que la voiture qui contenait Calipari et Sgrena n’avait pas ralenti à une zone de contrôle près de l’aéroport de Bagdad…ce qui a forcé les soldats américains à tirer dessus.

Du côté italien, on affirme que non seulement la voiture avait déjà traversé toutes les zones de contrôle avant l’aéroport, mais en plus la voiture s’était arrêtée dès que des soldats américains l’avaient éclairée d’un phare.

Certains hauts placés italiens affirment même que les Américains savaient qui étaient à bord de la voiture et qu'ils ont tiré dessus volontairement pour taire la journaliste qui est contre l’occupation de l’Irak par les ÉU.

On attend les résultats d’enquête des deux côtés vers le début du mois d'avril...

Sgrena était en Irak pour rapporter les faits entourant l’attaque des troupes américaines sur la ville de Fallouja lorsqu’elle s’est fait enlevé par des jihadistes.

Auparavant, Sgrena avait couvert la guerre en Afghanistan. Elle était à Bagdad lors des bombardements de la ville il y a deux ans. Elle est retournée à plusieurs reprises en Irak pour écrire des articles sur la souffrance quotidienne des Irakiens depuis l’invasion.

Le métier de journaliste peut-être mortel en Irak. En fait, les journalistes sont 10 fois plus à risque de mourir à cause du conflit que les soldats eux-même.

Un haut placé de CNN avait même démissionné de son poste parce qu’il savait de 10 cas bien documentés où des soldats américains avaient ciblé des journalistes.

Il y a le cas de 4 journalistes de Reuter et de NBC qui ont été emprisonné et torturé à Falluja par des soldats américains.

Alors, a quand le film d’Hollywood sur le travail courageux de Guiliana Sgrena, son enlèvement et son sauveur Nicola Calipari abattu alors qu’il la protégeait des coups de feu américains ?

Chavez et la gauche en Amérique latine

Il serait grand temps pour le Québec et le Canada d’apporter son appui au président du Venezuela Hugo Chavez.

C’est tout de même un représentant plus que légitime de son peuple, puisqu’il a remporté trois élections et référendums directs et six indirects depuis les six dernières années.

Surtout en ce moment puisque les ÉU travaille fort pour isoler le Venezuela en plus de chercher à l’éliminer...

On parle de Chavez à Washington comme d’une force négative, le pays à surveiller de près en Amérique du sud, selon les services secrets américains.

La Colombie est le pays qui reçoit le plus en subvention des ÉU et on semble vouloir attaquer le Venezuela par son voisin acheté.

La déstabilisation du Venezuela semble être la priorité des ÉU au sud à causes des programmes sociaux implantés avec succès par Chavez.

Des programmes visant à aider les pauvres : accès aux soins de santé, une meilleure distribution des terres, des programmes d’alphabétisation, du micro-crédit, bref, des programmes qui aide des centaines de milliers de pauvres au Venezuela.

Comme toujours, la république de l’empire déteste les pays satellites qui peuvent servir d’exemple aux autres, et le Venezuela est à la tête du mouvement politique de gauche qui prend possession de l’Amérique du sud.

En Uruguay, le nouveau dirigeant Tabaré Vasquez est à la tête d’une coalition de socialistes depuis la semaine dernière; Ricardo Lagos au Chili; Lula da Silva au Brésil; Lucio Guttierez en Équateur; et Nestor Kirchner en Argentine.

Du groupe, c’est vraiment juste Chavez qui semble vouloir remplir ses promesses électorales de lutte à la pauvreté et de nationalisation des ressources.

En fait, le Venezuela est le seul pays d’Amérique latine où les sondages indiquent que la population a plus foi aux institutions démocratiques qu’il y a 10 ans.

70% de la population du Venezuela vit sous le niveau de pauvreté, et les programmes sociaux de Chavez sont les mesures les plus efficaces de la planète pour subvenir à leurs besoins.

Il faut donc s’assurer que le coup d’État contre lui en avril 2002 ne se répète pas…l’inviter au Québec et au Canada serait une très bonne manière d’y arriver.

Jetsgo : feu vert au laisser-aller aérien.

Jestgo est la plus récente ligne aérienne à s’écraser depuis que l’industrie est passée dans le moulinet du libre marché en 1987.

Jetsgo fait partie des douzaines d’entreprises à avoir échoué lamentablement depuis 18 ans.

Mais notre bon gouvernement fédéral, le ministre des transports, le représentant d’Outremont qui est à deux pas d’ici, Jean Lapierre, ne semble pas comprendre qu’il y a un problème avec notre système aérien…

Les crises financières à répétition, la mise à pied de milliers d’employés, des dangers d’ordre sécuritaire, genre, des avions qui pourrait nous tomber dessus...

Eh oui, qui dit problèmes financiers dit on coupe dans les dépenses d’entretiens de l’appareil et les autres questions de sécurité…

Jetsgo a abandonné des milliers de voyageurs qui avaient pourtant acheté en avance un passage sécuritaire vers une autre destination.

Des centaines de travailleurs sans emploi.

Et des pertes pour des investisseurs.

Reste que Transport Canada veillait sur la sécurité des passagers de Jetsgo.

On avait interdit aux avions de Jetsgo d'aller au-delà de 29 000 pieds suite à la découverte d’irrégularités concernant la sécurité des passagers.

La hauteur moyenne est de 35 000 pieds, au moins les passagers auraient été plus à l’aise de tomber de 6000 pieds de moins dans le cas d’un moteur qui saute.

Malgré la répétition de cas comme Jetsgo, Ottawa cherche à ouvrir la voie à encore plus de concurrence dans notre ciel… à nos risques et périls.

Tous les nouveaux joueurs dans l’industrie finissent par s’étendre beaucoup trop rapidement par rapport au capital accessible.

Jetsgo se joint donc au cimetière des lignes aériennes nées depuis la libéralisation du marché en 1987, incluant : Canadian Airlines, Wardair, Greyhound Air, Royal Air, Canada 3000, Vistajet, Intair, Québec Air, City Express, etc.

C’est vraiment devenu ridicule de partir une ligne : louer des avions, trouvé un logo qui pogne et espérer vendre assez de billets pour acheter l’essence avant que l’avion décolle.

Même Westjet y goûte en ce moment, empilant perte après perte à cause de sa sur-expansion et ses coûts de billets ridiculement bas.

Malgré ça, le Ministre Lapierre a démarré un processus pour voir si c’est possible de déréglementé encore plus, invitant d’autres joueurs dans la compétition, même si ça fait 18 ans que la déréglementation et la privatisation ont lamentablement échoué.

14 mars 2005

2ième anniversaire de l’invasion USA en Irak

La Levée 14 mars 2005

L’assassinat de «Monsieur Liban» semble avoir uni la population libanaise. Il y a six décennies, Tokyo brûlait. Ward Churchill a dit des choses pas fines sur les États-Unis aux lendemains du 11 septembre 2001. La privatisation de la guerre est l’industrie de l’heure. Attention : ne pas mélanger la politique et la religion !

Mouvements pro-syrien au Liban

Le lendemain de l’assassinat de Rafic Hariri, l’ex-premier ministre libanais, a eu lieu un grand mouvement de protestation contre la présence des troupes syriennes aux pays des cèdres.

Mais le Liban n’est pas un pays unidimensionnel et on a vu un autre groupe, entre 200 milles et un demi-million de musulmans chiites se mobiliser pour appuyer la Syrie, mais surtout pour dénoncer la résolution 1559 du conseil de sécurité de l’ONU qui demande le retrait des troupes syriennes et le désarmement de l’aile armée de l’Hezbollah.

Les musulmans chiites sont la plus grande communauté religieuse du Liban, 40% pop.

Bien que les chiites ne tiennent pas nécessairement à voir les troupes syriennes partir, c’est le désarmement de l’Hezbollah qui les inquiètent.

Les Chiites sont très actifs au Moyen-Orient en ce moment : la Syrie est menée par un régime chiite, l’Iran est une nation chiite et les Chiites irakiens sont sortis en grands nombres pour prendre le pouvoir en Irak lors des élections du 30 janvier.

Ça prit du courage pour sortir dans les rues du Liban pour dire merci à la Syrie d'être intervenu pour mettre fin à la guerre civile libanaise... suite à trois semaines de manifs continue qui disaient le contraire.

Et tout ça, à 300 mètres d’un groupe à l’autre.

Pour des milliers de manifestants fidèles à l’Hezbollah, qui ont eux-mêmes combattus les Israéliens au sud du Liban : l’implication des ÉU équivaut à un retour des menaces venant d’Israël.

En fait, on voit une opposition entre les pro-Hariri, plutôt chrétiens et ayant l’appui de l’administration Bush et les pro-syriens qui ont manifestés à Beyrouth mercredi qui tiennent à l’autonomie du Liban face au duo ÉU/Israël.

Semblerait que les 15 000 troupes syriennes qui étaient allées au Liban pour cesser la guerre civile se retireront au moins jusqu’à la frontière de la Syrie.

Reste à voir si elles s’installeront du côté libanais ou syrien.

On assiste donc à une révolution du cèdre : si on peut dépeindre les Chiites de l’Irak comme des défenseurs de la démocratie, on ne peut pas dépeindre les Chiites du Liban comme des terroristes, même s’ils sont sous l’aile de l’Hezbollah, une organisation terroriste selon Israël et les ÉU.

Il reste à voir comment Washington va interpréter la mobilisation chiite de mercredi, gageons que ça sera bourré de contradictions et de paroles creusent…

60ième anniversaire des bombes de feu sur Tokyo

Le 10 mars 1945 a eu lieu une des plus grandes atrocités de la deuxième guerre mondiale : le bombardement au feu de la ville de Tokyo qui a tué 100 000 civils innocents.

Au milieu de la nuit, 334 B-29 ont volé très bas dans le ciel et ont largué un demi-million de bombes incendiaires sur la ville endormie.

Le but était de causer le maximum de carnage dans une ville surpeuplée fait de bâtiments en bois.

Même les rivières de Tokyo n’était pas un refuge, tous ceux qui y plongeaient pour échapper l’enfer ont été bouillis à mort.

Les bombes étaient remplies de gelée de pétrole, un prototype pour le napalm qu’on a fait pleuvoir sur le Vietnam vingt ans plus tard.

La gelée de pétrole se collait à tout et transformait même l’eau en feu.

Les bombardements ont donc incinéré 15 kilomètres du centre de Tokyo, aujourd’hui ce sont les quartiers chics de la métropole.

Lorsque le bombardement du Japon avait cessé le 15 août 1945, plus de 70 villes avaient ainsi été réduites à la poussière et plus d’un demi-million en sont mort.

L’architecte des attaques, le Général américain Curtis LeMay, avait même dit que si les alliés avait perdu la guerre, ils auraient sûrement été amenés en justice pour crimes de guerre.

Le bombardement de Tokyo avait servi d’école à toute une génération de chefs militaires pendant la guerre froide.

Le général LeMay était devenu le chef du US Air Force en 1961.

Robert McNamara, un statisticien qui avait contribué à l’organisation du bombardement de Tokyo, d’Hiroshima et de Nagasaki était devenu secrétaire à la défense en 1960.

C’est lui qui a autorisé le bombardement de vastes zones du Vietnam avec des bombes de napalm et d’Agent orange.

Le bombardement de Tokyo est un point tournant pour la pratique de la guerre au 20ième siècle, le moment où les arguments moralistes contre le massacre de citoyens innocents ont disparus devant le rationalisme instrumental militaire.

Le Japon préfère oublier l’événement et n’en parle pas.

C’est une attitude dangereuse parce que lorsqu’on oublie à quel point la guerre est horrible, on craint moins de s’y embarqué à nouveau…

Ward Churchill : la gauche radicale américaine sous enquête

Ward Churchill est un professeur du département d’études ethnique à l’université du Colorado.

Le lendemain des attaques du 11 septembre 2001 contre les tours du world trade center et le pentagone, il a causé tout un tollé en disant qu’un certain nombre de victimes de cette attaque n’était pas tout à fait innocent.

Il a dit que les attaques contre les techniciens de l’empire américain était un exemple d’une réplique «pushing back» contre les abus du pouvoir global des États-Unis.

Qu’un certain nombre de victimes du 11 septembre était des petits Eichmann de l’empire, en référence à l’architecte de l’holocauste mené par le régime nazi.

Il a publié un essai où il explique sa thèse plus en détail dans le livre intitulé «On the justice of Roosting chickens : reflections on the consequences of US Imperial arrogance and criminality»

Roosting chickens fait référence à ce que Malcolm X a déclaré en apprenant l’assassinat de John F. Kennedy. Il a dit que puisque les ÉU s’amuse à assassiner les chefs d’États qu’ils n’aiment pas partout dans le monde, qu’il est normal que la même chose arrive en réplique chez nous.

Le livre de Churchill est en gros un compte-rendu des génocides à l’interne contre les amérindiens et à l’étranger comme en Indochine ou des interventions qui contrevenaient à la loi internationale : son idée maîtresse est que la meilleure façon de protéger les Américains des terroristes est de s’arranger pour que les ÉU respectent la loi internationale.

Churchill est maintenant sous enquête, l’université du Colorado passe au peigne fin l’ensemble de ses écrits, à la recherche de propos haineux ou anti-américain.

La droite américaine s’amuse avec Churchill, l’utilisant pour dénoncer l’ensemble de la gauche radicale, incluant mes héros Noam Chomsky et Howard Zinn, ou tout autre intellectuel de renom qui ose critiquer la politique étrangère des ÉU ou le racisme qui règne encore dans le pays.

Le procès de Churchill aura au moins le mérite de provoquer un débat entre ceux qui souhaitent que la population américaine s’ouvre les yeux sur les actions criminelles des ÉU à l’étranger...

Et ceux qui croient que les ÉU sont bons de nature et qu’ils sont un phare de moralité pour le reste de la planète…comme à l’époque des colons puritains de la Nouvelle-Angleterre qui remerciaient Dieu de faciliter l’élimination des amérindiens.

La privatisation de la guerre

Le 19 mars de cette semaine sera la deuxième anniversaire de l’invasion de l’Irak qui, selon la revue prestigieuse Lancet, aurait causé la mort de 100 000 civils irakiens.

Pour faire face aux insurgés irakiens qui persistent toujours, il faudrait doubler, voire augmenter par dix le nombre de troupes de la pseudo-coalition menée par les ÉU.

Pour combler le manque de soldats, les ÉU n’hésitent pas à faire de plus en plus appel aux mercenaires.

Lors de la guerre du Golfe en 1991, 1 soldat sur 100 déployés par la coalition menée par les ÉU était un mercenaire : c’est-à-dire un soldat venant d’une entreprise militaire privée.

Aujourd’hui, en Irak, 1 soldat sur 5 est un mercenaire.

Depuis le milieu des années 90, le secteur militaire privé est l’industrie qui a connu la plus forte croissance au monde.

Les ÉU étant bien sûr son plus gros client, cette industrie valait de 100 à 200 milliards de dollars par année avant même l’invasion de l’Irak.

En ce moment, il y a 130 000 soldats des ÉU, 9000 britanniques et 15 000 autres de différents pays en Irak.

On estime qu’il y a 30 000 mercenaires sur place, ce qui en ferait la deuxième force militaire d’importance dans le pays.

Après les ÉU et la GB, le pays qui fourni le plus de mercenaires est l’Afrique du sud, qui font à peu près le tiers des forces privées en Irak.

Le bassin de ces mercenaires d’Afrique du sud ce sont l’élite des forces spéciales qui veillaient sur la population noire durant l’époque de l’Apartheid.

Les brutes de l’Apartheid sont des mercenaires de choix. Suite à des années de mercenariat à travers l’Afrique, on a crée une dizaine d’entreprises militaires privées qui ont transformées le métier de mercenaire en une entreprise légitime.

Mais en plus des soldats de l’apartheid, l’armée américaine fait appel à d’autres soldats tout aussi nobles qui étaient associés au régime de Pinochet, de Milosevic, des régimes brutaux de l’Amérique centrale et d’Israël.

Le danger avec les armées privées, c’est bien sûr le fait qu’elles ne soient pas obligées de répondre aux exigences démocratiques.

On risque de se retrouver, avec la force toujours croissante des entreprises transnationales, au retour des armées de compagnie qui ne répondront à rien sauf au but suprême de l’augmentation des marges de profits.

Et qui sait, peut-être que ces armées privées provoqueront des conflits dans le but d’atteindre leurs objectifs financiers ?

Le dangereux mélange de la politique et de la religion

Il y a un débat en ce moment chez nos amis du sud concernant l’affichage des 10 commandements sur les murs d’édifices publics.

C’est un autre beau projet de la droite chrétienne qui prend de plus en plus de place dans l’environnement politique et culturel aux ÉU.

Tant qu’à donner le feu vert pour accrocher les commandements, il faudrait au moins que ça soit la version en Hébreux et non pas une des variantes chrétiennes écrites 1000 ans après Moïse.

Le débat sur l’affichage des 10 commandements à peu à voir avec la religion et tout à voir avec la domination de l’arène culturelle.

La droite chrétienne voit les changements sociaux qui frappent les ÉU comme une menace à leur mode de vie, et leur seule réaction est de tenter d’effacer la barrière entre l’église et l’État.

La réaction de la droite chrétienne est très similaire aux fondamentalistes islamiques.

Au Moyen-Orient arabe et en Iran, devant la menace de l’hégémonie de l’empire américain, on insiste de plus en plus sur la loi islamique comme base à la vie politique.

Même chose en Israël, où on voit des menaces partout, on s’incruste de plus en plus dans une interprétation réactionnaire de la loi hébraïque.

Bush, en s’appuyant autant sur sa base électorale religieuse, pourrait se retrouver dans le même piège que le fondateur de l’Arabie saoudite.

Pour obtenir un appui politique, le roi Ibn Séoud a mobilisé le mouvement fanatique et ultra-religieux des Wahhabites, le noyau spirituel d’al-quaïda.

Une fois les liens cimentés, la famille royale saoudienne s’est trouvée à la merci politique d’un mouvement d’idéologues extrémistes et incontrôlables.

Ariel Sharon en Israël s’est trouvé dans la même situation, trouvant sa force politique chez l’électorat d’ultra-orthodoxes de droite et son mouvement de colonisateurs fanatiques.

Dans tous ces cas, ce que l’on cherche à faire c’est imposer un semblant d’ordre dans un monde qui est de plus en plus complexe et non pas à faire plaisir à un Dieu.

Y’a rien dans le Coran qui dit clairement qu’il faut couper la main d’un voleur ou de lapider une femme qui commet l’adultère ou même que les femmes doivent porter le voile.

Aux ÉU comme au Moyen-Orient, le fondamentalisme vient d’une nostalgie pour un passé imaginaire où le règne de la religion en faisait une époque dorée.

Heureusement que les pères fondateurs se souvenaient encore des guerres religieuses du 17ième siècle et qu’ils préféraient séparer l’église et l’État.

Il y a une profonde différence entre la religion et la politique.

La politique exige inévitablement des compromis, tandis que la religion comporte un idéal spirituel où le compromis peut-être fatal.

La politique fini toujours par pervertir le message religieux lorsque les deux sphères s’unissent.

On le voit en Iran, en Arabie saoudite, comme c’était le cas durant l’inquisition espagnole, la chasse aux sorcières, la peine de mort aux ÉU, la pression pour cesser l’accès à l’avortement, bref, l’émergence d’une justice fanatique qui n’a rien à voir avec la raison.

07 mars 2005

QUESTIONNEMENTS

La Levée 7 mars 2005

Le Canada se retirerait du projet américain de bouclier anti-missiles. Wal-Mart représente une économie du chacun pour soi. Les fonds de pension publiques possèdent assez de capital pour humaniser les entreprises et la finance. La Chine lutte contre la corruption du Parti communiste.

Canada et bouclier anti-missiles : la fin de la folie ?

On a assisté à un revirement à 180 degrés du gouvernement Martin concernant la participation du Canada au projet de bouclier anti-missiles.

Depuis le mois janvier 2004, le parti libéral n’a pas caché son enthousiasme pour le projet.

Pire, depuis mai 2003, les conservateurs de Stephen Harper les accusent de manquer d’enthousiasme pour le bouclier.

Mais pendant ce temps-là, les sondages indiquaient que 2/3 des Canadiens étaient contre.

Pas juste ça, plus les Canadiens en savaient sur le projet, plus ils s’y opposaient.

Vu le statut minoritaire des libéraux et les plans des conservateurs de prendre leur place, on a caché un peu l’appui au projet de militarisation de l’espace par les USA.

La semaine dernière, le nouvel ambassadeur du Canada aux states Frank McKenna a déclaré que le Canada s’était déjà engagé dans le projet du bouclier.

Le public a tellement mal réagi à cette nouvelle que Martin a dû se revirer et dire non à Washington.

Reste à savoir si ce non veut dire non pas toute suite ou non jamais le Canada participera à ça.

Et personne au parti libéral n’a encore ouvertement critiqué ou condamné le bouclier anti-missiles.

L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Paul Cellucci, a accusé Paul Martin de manquer de parole, hier, et qu’il est revenu sur sa promesse de participer au projet.

En réplique, Martin a dit pour la première fois que le gouvernement fédéral était réticent à se joindre à un projet dont le contrôle lui échappait.

Espérons que c’est le début de la fin de cette folie d’une militarisation de l’espace par le Canada…espérons surtout que l’électorat américain fera aussi peur à l’administration Bush que nous avons fait peur à Paul Martin.

L’économie Wal-Mart : pour la fin du chacun pour soi ?

La cote de popularité de Wal-Mart est en chute libre au Québec et dans l’État de New York aussi d’ailleurs.

On vient d’abandonner des plans là-bas pour la construction d’une franchise dans le quartier de Queens, qui aurait été le premier Wal-Mart dans la ville de New York.

Les critiques du Wal-Mart là-bas disent que la chaîne basée en Arkansas représentent la pire forme d’exploitation économique :

On connaît son histoire anti-syndicale, 1,2 millions d’Américains y travaillent pour une moyenne de 9,48$ l’heure, sans assurance médicale; Wal-Mart vide les artères principales des petites villes en poussant à la faillite les petits commerçants.

En fait, ce qui a rendu Wal-Mart aussi puissant c’est sa capacité à offrir toute une gamme de produits et services aux plus bas prix du marché.

Partout on suit l’exemple de Wal-Mart et on s’arrange pour fidéliser les clients en transférant la baisse des coûts de production vers des coupes dans les prix.

On achète des tonnes de produits venant de la Chine où les travailleurs ne coûtent pratiquement rien et ici on saute de joie devant les bas prix.

En fait, Wal-Mart représente un virage dans le pouvoir d'achat en général. Avec Internet, on peut magasiner les plus bas prix pour toutes sortes d’affaires, allant des billets d’avions aux livres.

Et pourquoi pas ? On travaille tellement fort pour notre argent…ça serait presque stupide de ne pas profiter des bas prix de plus en plus accessibles.

C’est la belle logique anti-sociale du marché : les consommateurs peuvent avoir des bons deals parce qu’on s’arrange ailleurs pour réduire les droits des travailleurs et détruire des économies locales.

Plus c’est facile pour nous de trouver des produits et services de bon prix, plus on met de la pression pour réduire les salaires et les bénéfices des travailleurs ailleurs.

Le problème avec l’économie de marché c’est que nos achats, nos choix dans le marché ne reflètent pas fidèlement nos valeurs de solidarité et d’empathie envers les autres citoyens, d’ici ou d’ailleurs dans le monde.

Tant qu’on sera dans l’économie de marché capitaliste, la seule manière de contrôler les dommages que nous causons en tant que consommateurs est part des lois et des réglementations.

Faut se sortir de la tête que nos achats ne concerne qu’un acheteur et un vendeur et comprendre que chacun de nos achats ont des implications sociales.

Par exemple, on pourrait exiger que chaque entreprise de plus de 50 employés paie une forme d’assurance santé pour ses travailleurs

Passer des lois pour forcer les entreprises à adopter l’échange équitable, hausser le salaire minimum, etc.

Toutes ces mesures risquent de nuire au consommateur en nous, mais le citoyen en nous pourrait considérer la protection des travailleurs et des communautés comme un échange valable.

Les prix de nos produits et services ne nous disent absolument rien sur le coût réel payer par les travailleurs du monde, rien sur la destruction des ressources naturelles.

Seule l’appareil politique peut permettre aux consommateurs de faire la paix avec les producteurs.

Les fonds de pension publique : outil de démocratisation économique ?

Il y a un mouvement de réforme aux États-Unis concernant les fonds de pension qui permet d’avoir une lueur d’espoir.

L’argent mis de côté par les travailleurs de l’État s’accumule en vastes sommes de capital qui pourrait être utilisé pour mettre des entreprises qui nuisent à la société à leur place.

Ce que les réformateurs à la tête de fonds de pension en Californie et dans plusieurs autres États ont compris c’est qu’à long terme ce n’est pas payant pour une entreprise d’adopter un comportement anti-social.

Depuis le scandale d’Enron, qui a fait perdre près de 300 milliards aux fonds de pension publique, une nouvelles vague d’administrateurs ont décidé de lutter contre Wall Street et son dogme du gain maximum en temps minimum.

La fortune des fonds de pension est utilisée comme levier pour briser l’idéologie étroite de la haute finance et pour attaquer les entreprises au comportement anti-social.

Ces réformateurs ont tout simplement compris la logique qu’une économie se portera mieux à long-terme dans un environnement et des communautés en santé avec des emplois de qualité pour le plus grand nombre.

Déjà, le patronat américain et ses outils de propagande comme la revue Forbes et le Wall Street journal ont commencé à attaquer les réformateurs, les accusant de faillir à leurs obligations de rapporter des gains en mettant des trop d’importance sur des questions sociales, devenant en quelque sorte des pions des organisations syndicales.

Calpers, le fond de pension des travailleurs publics de la Californie, est le plus gros fond du pays avec un capital de 180 milliards, le deuxième est Calstrs, le fond des enseignants californiens à 125 milliards.

Phil Angelides est à la tête des deux fonds et il a introduit toute une gamme de mesures pour imposer des réformes chez des entreprises récalcitrantes.

Angelides a dompé les actions de compagnie de tabac, à mis sur une liste noire dix marchés émergeants qui ne respectent pas des normes de travail de base, a redéployé du capital vers des investissements dans des quartiers pauvres et des technologies écologiquement innovatrices.

En réaction, le gouverneur de la Californie Arnold Schwarzenegger a proposé une loi qui briserait le Calpers en plusieurs fonds de pension privé, réduisant de la sorte le pouvoir financier et diluant sa capacité à forcer la main des entreprises et institutions financières anti-sociales.

En somme, la stratégie des réformateurs est basée sur deux principes :

Les fonds de pension devraient investir en comprenant qu’on ne peut pas avoir une économie en santé dans une société malade.

Utiliser leur poids financier gigantesque pour imposer la vision d’une économie en santé dans une société en santé dans l’ensemble du système financier.

Le parti démocrate devrait sauter sur le bateau des réformateurs qui tente d’imposer un nouveau modèle d’investissement socialement responsable.

Le combat contre la corruption au parti communiste chinois

L’économie de la Chine connaît une ascension fulgurante et avec elle la corruption s’infiltre dans le Parti communiste.

En janvier, le président Hu Jintao a déclaré que la corruption est le plus grand facteur qui menace le pouvoir du parti communiste.

À la tête du parti on a compris que l’accroissement du fossé entre les riches et les pauvres, exacerbé par une corruption et d’abus de pouvoir de la part de hauts fonctionnaires mènera inévitablement au mécontentement social et à l’instabilité politique.

Les paysans chinois manifestent plus que jamais, suite à des révélations que des agents locaux ont volé de l’argent public qui était supposé être donné aux paysans déplacés par des projets de développement.

Les autorités du PCC ont annoncé avoir discipliné 150 000 membres corrompus du parti l’année dernière.

Des observateurs disent que ces mesures ne sont qu’une goutte dans l’océan, qu’en fait le problème majeur c’est les commissions même qui enquêtent sur les activités de corruption.

Les membres de ces commissions enquêtent sur leurs patrons, en fait. Une solution serait de mettre des hauts-dirigeants du parti à la tête des commissions.

L’autre problème c’est que la libéralisation de l’économie et la transformation de l’économie à planification centrale en économie de marché permet aux gestionnaires de garnir leur compte en banque.

La Chine risque d’être la prochaine super-puissance mondiale. Vu qu’on ne compte pas se débarrasser du PCC et d’instaurer la démocratie pour demain, espérons que les réformes contrant la corruption réussiront.

Sinon, on risque d’avoir une super-puissance encore plus au service des multinationales et de la haute finance que les États-Unis, qui eux peuvent encore théoriquement choisir leurs dirigeants…

21 février 2005

SURPRISES

La Levée 21 février 2005

Tuerie de la Saint-Valentin : Rafik Hariri et le mouvement anti-syrien au Liban. La démocratie dans les institutions financières internationales ? Les paradis fiscaux et bancaires : notre argent à la mer. Des solutions viables contre le réchauffement planétaire ? Le base-ball sur les stéroïdes.

L’assassinat de Rafik Hariri et l’unification du Liban contre la Syrie

L’assassinat de l’ex-premier ministre du Liban, Rafic Hariri, lundi dernier à Beyrouth semble avoir unifié le Liban contre la Syrie.
C’est ce que témoigne le journaliste référence pour le Moyen-Orient, Robert Fisk, du journal britannique The Independent.
Le groupe de "Soutien et guerre sainte en Syrie" avait justifié, dans le message lu par un homme barbu et habillé de noir et d'un turban blanc, cette attaque par les liens de l'ancien Premier ministre avec l'Arabie Saoudite…Mais l’autorité syrienne nie toute implication.
Rafic Hariri était un milliardaire qui a reconstruit le Liban pendant les années 90 suite à 15 de guerre civile entre les chrétiens et les musulmans.
Depuis 1976, l’appareil militaire de la Syrie est présente au Liban, à la demande du président libanais chrétien de l’époque.
Cette semaine, 16 000 troupes syriennes et leur services de renseignement se sont fait montrer la porte par des centaines de milliers de libanais de toutes origines.
Les funérailles d’Hariri, celui que l’on surnommait Monsieur Liban étaient une occasion pour des ennemis jurés de marcher côte à côte en son honneur.
Niant à répétition son implication dans l’assassinat, le gouvernement syrien a avertit le gouvernement libanais que l’unité du pays pouvait être menacé si la mort d’Hariri devenait un événement politique.
C’est plutôt le contraire qui s’est produit.
Les combattants chrétiens, nommé le Phalange ont marché à côté des musulmans sunnites et les Druzes.
La mort de Hariri, écrit Fisk, a enlevé la crainte de l’autre parmi les anciens ennemis de la guerre civile.
Rafic Hariri est un symbole d’unification parce qu’il n’avait pas de milice sous ses ordres.
Dans les rues, les Druzes et les Chrétiens qui s’entretuaient il n’y a pas si longtemps appelait ensemble au retrait de la Syrie.
Cette situation a semblé surprendre la Syrie, dont l’armée est présente au Liban depuis 28 ans.
On devrait s’attendre à ce que Bush et Chirac mettent plus de pression pour imposer la résolution 1559 du conseil de sécurité de l’ONU qui demande le retrait complet des troupes syriennes du Liban.
Reste à voir si la Syrie va collaborer, ou si elle retire effectivement ses troupes, si elle ne laissera pas ses services secrets en place.
Ensuite, c’est au Liban de démontrer qu’il est prêt à mettre sa guerre civile derrière lui et gouverner un nouveau Liban indépendant avec sagesse.

Démocratie FMI/BM

Alors que le mandat de James Wolfhensohn, le président de la Banque mondiale tire à sa fin...
La coalition pour la démocratie des IFI (institutions financières internationales: la Banque mondiale, le Fonds monétaire internationale) nous averti qu’on s’apprête à élire un haut dirigeant d’une IFI à huit clos pour la deuxième fois en un an.
La coalition rappelle que les IFI ont un mode de fonctionnement typique du 19ième siècle : avec quelques personnes qui décident de l’avenir de millions d’autres.
L’époque de la technocratie autoritaire, l’élaboration secrète de plan d’aide aux pays en voie de développement est révolue, disent-ils.
Les institutions financières internationales doivent se soumettre à plus de transparence et d’implication démocratique.
50 pays ont adopté des lois d’accès à l’information, dont la moitié pendant la dernière décennie, ce qui indique que la société civile et les organisation non-gouvernementales demandent une plus grande participation démocratique active.
Les IFI ont un pouvoir considérable sur les économies des pays en voie de développement : elles contrôlent leur politique d’échange, le niveau et la nature des dépenses publiques et le rôle du privé dans l’économie.
Il faudrait que la population des pays qui emprunte aux IFI et qui doivent se soumettre à leur volonté puissent influencer la gouvernance des IFI en proportion qu’ils sont affectés par ses décisions.
Alors, prochaine étape, il faudrait établir un processus transparent et démocratique pour choisir le nouveau président de la banque mondial.
Ce qui permettrait de choisir un candidat commis à la démocratisation de l’institution financière.
C’est aux IFI de démontrer qu’elles sont les outils appropriés pour le développement des pays pauvres, et l’implantation de plus de processus démocratiques serait un bon début.


Paradis fiscaux/bancaires : l’économie offshore


Les paradis fiscaux et banquiers ou les centres financiers dites offshore sont des endroits où il n’y a pratiquement pas de taxes ni de règlements financiers et qui, surtout, servent de refuges aux investisseurs étrangers.
Se sont habituellement de très petits pays ou territoires autonomes où on a implanté toute une gamme de politiques financières en accord avec les grands centres financiers.
Ces politiques permettent aux clients étrangers d’installer des banques, des entreprises et d’autres entités légales pour sortir et entrer de l’argent de leur pays sans taxation, sans supervision, tout ça sous le voile du secret et de l’anonymat.
Ces paradis fiscaux et bancaires permettent toutes sortes d’activités de corruption et d’affaires illégales par des criminels, la mafia et des dictateurs.
Ces centres sont responsables du haut niveau d’instabilité financière internationale.
Ils permettent aux grandes entreprises et aux personnes riches d’éviter de payer des impôts.
Ici pour ceux qui seraient tentés de croire que l’argent gagné par les riches est mérité et qu’ils peuvent faire ce qu’ils en veulent je voudrais dire ceci :
Personne ne peut devenir riche dans une bulle, par soi-même. Ça prend toujours un ensemble de conditions produites par la société : un système d’éducation, des infrastructures, des forces de l’ordre, des politiciens complices, bref, les riches et les entreprises doivent investir dans la société où ils sont par la voie de la fiscalité afin de créer les conditions pour leur accumulation de profits.
À cause de ces paradis fiscaux et bancaires, tout les gouvernements de la planète doivent baisser leur taux d’imposition envers les entreprises et les riches pour rester compétitif dans le marché mondial.
Puisque les riches sont en mesure de ne pas payer d’impôts, c’est à la classe moyenne de payer la plus grande part de nos programmes sociaux.
C’est comme ça qu’on se retrouve avec des coupures partout et le recours au privé pour combler les carences… comme c’est le cas pour le système de santé.
Les centres offshore doivent tous être fermés et rendus illégales.
Sauf que c’est payant pour les grandes banques occidentales de recevoir, par coup de milliards, de l’argent sale qui a passé par les laveuses des paradis bancaires.
Et puisque la classe politique est constituée majoritairement de personnes riches, on est pas près de voir la fin des centres financiers au large, du moins si on se fit à eux.
C’est encore une fois, aux citoyens de s’organiser pour régler cette injustice. On peut prendre exemple sur l’organisation fondée par Yves Michaud, l’association de protection des épargnants et investisseurs du Québec qui tente de mettre fin à la complicité du Canada envers la finance marine qui échappe aux règles…

Réchauffement planétaire : pour des solutions réelles

Nous l’avons dit à plusieurs reprises ici à La levée : la source de nos problèmes environnementaux et de l’absence de démocratie véritable c’est l’économie de marché capitaliste.
Le dogme de la croissance économique avant toute chose conduit l’humanité tout droit vers un précipice d’où on ne ressortira jamais.
Les institutions de l’économie de marché rendent aveugles les personnes qui profitent le plus du système…Je dirais même que plus une personne est privilégiée, plus elle est endoctrinée.
Au lieu de voir le pillage des ressources naturelles et l’exploitation des pauvres du monde comme un crime immonde : les personnes au haut de l’échelle sociale croient sincèrement que c’est de leur devoir divin d’accumuler de la richesse et d’accroître leur pouvoir.
Le problème, c’est que la richesse générée par le capitalisme global sera bientôt renversé par les coûts liée à la destruction de l’environnement qu’elle cause.
Si la tendance se maintient, le Global Commons Institute estime que les coûts des dommages liés au réchauffement climatique dépasseront le PNB mondial d’ici 2065.
Les grandes entreprises nous lanceront toutes la propagande verte qu’elles voudront, il reste que la croissance illimitée viendra à bout de notre planète.
Le recul des changements climatiques de demain dépendent d’une seule chose : notre capacité de transformer notre économie au service des capitalistes à une économie démocratique au service du bien commun.
Lorsque je parle de capitalistes, il est important de comprendre que je ne parle pas d’idéologie, mais d’une classe sociale. Ceux qui possède les moyens de productions sont des capitalistes, car ils ont le capital pour les avoir...
Les politiciens n’amèneront jamais les changements nécessaires pour ralentir le changement du climat, car la politique dans une économie de marché c’est l’ombre de la big business sur la société, comme disait le philosophe John Dewey.
Tout ce qui compte pour l’élite de notre société c’est est-ce que mes actions valent plus qu’hier ?
Les déversements toxiques, le rasage des forêts, la croissance de la pauvreté, le réchauffement planétaire…tous des externalités qui ne se retrouvent pas dans les états financiers, donc qui n’existe pas dans la seule réalité valable : les taux de profits.

Pourquoi le base-ball avait besoin de stéroïdes

Pour les auditeurs qui s’intéressent aux sports en général et leur rôle dans notre société en particulier, je conseille de visiter le site Edge of Sports
www.edgeofsports.com
Dave Zirin y tient une chronique très intelligente et surtout très drôle.
Selon moi, ça prend toujours une touche d’humour lorsqu’on parle de sports, premièrement pcq c’est du divertissement et deuxièmement vu son importance démesurée dans nos vies c’est pour ne pas en pleurer...
Il parle cette semaine du livre à scandales de l’ex-joueur vedette des Rangers du Texas, Jose Canseco.
Un livre qui dévoile comment les stéroïdes en sont venus à dominer les régimes d’entraînement au Base-ball.
On était déjà au courant du problème avant la sortie du livre de Canseco : l’investigation sur Balco au court des deux dernières années on fait savoir au public que des vedettes comme Bonds, Sheffield et Giambi se sont bourré de jus.
Mais le livre de Canseco nous fait voir au-delà du choix individuels de certains joueur pour se doper et lève le voile sur toute l’institution du base-ball majeur.
Après le lock-out de 1994, les propriétaires du base-ball majeur s’inquiétaient de désintérêt des amateurs pour le sport et de la baisse de fréquentation des stades.
Selon Canseco, Bud Selig le commissionnaire et les propriétaires ont ignoré, voire encouragé l’utilisation de stéroïdes pour rendre le produit plus attrayant.
Il affirme aussi que le puissant syndicat des joueurs à délibérément ignoré le sujet, croyant que plus de puissance équivaudrait à de plus gros contrats.
Rappelons que l’ancien patron de Jose Canseco était nul autre que George W. Bush, alors propriétaire des Rangers du Texas.
Paraîtrait que Bush a mené son équipe en sachant fort bien que les joueurs s’injectaient mutuellement des stéroïdes dans le derrière.
Le base-ball majeur aurait donc passé les 20 dernières années à échanger la santé de ses joueurs contre un produit plus explosif.
Lorsque toute une génération d’ex-joueurs de balle tomberont comme des mouches avant l’âge, vous penserez à Bush et Bud Selig...

14 février 2005

L'AVENIR N'EST PAS ROSE

La Levée 14 février 2005

Portrait d'injustice contre des victimes du Tsunami. Washington ne veut pas créer de précédent avec la Cour pénale internationale. Monsanto : prochain maître mondial des fruits et légumes ? Sombre avenir pour la planète, ça va chauffer ! L'iran, une autre menace fictive au Moyen-Orient ?



Nouvelles du Tsunami : recrutement d’enfants soldats au Sri Lanka et déplacements massifs en Aceh

Il va sans dire que l’Asie du sud-est se relève encore du Tsunami, à l’occasion on ira faire un tour là-bas pour voir comment ces braves personnes s’en sortent…et comment certains criminels profitent de la situation.
Au Sri Lanka, le mouvement indépendantiste des Tigres Tamoules — des rebelles du Sri Lanka qui participent à une guerre civile pour obtenir l’indépendance le leur coin de pays — profite de la situation pour recruter des enfants afin de les intégrer dans leur armée.
Human Rights Watch fait appel à Paul Martin pour qu’il fasse pression sur les Tigres Tamoules pour arrêter le recrutement d’enfants soldats.
Et de remettre en liberté les enfants soldats déjà dans leurs rangs.
Le Canada a déjà ouvert la porte dans le passé à des milliers de Tamoules qui ont fuit le Sri Lanka pendant la guerre contre l’armée du Sri Lanka pendant les années 80-90.
En novembre dernier, HRW a dévoilé comment les Tigres Tamoules utilisaient l’intimidation pour recruter des d’enfants soldats dans les régions tamoules au Nord et à l’Est.
Depuis le Tsunami, le recrutement se poursuit avec plus de 40 cas rapportés par l’UNICEF. Plusieurs directement dans des camps de réfugiés.
Paul Martin pourra mettre de la pression sur l’aile humanitaire Tamoule — l’organisation de réhabilitation tamoule — et exiger qu’ils laissent de la place à d’autres organisations humanitaires pour aider les victimes du Tsunami.
Du côté de l’Indonésie, une autre région indépendantiste, vit une période de convalescence troublée : dans le nord de l’île de Sumatra, en Aceh, le gouvernement indonésien compte déplacer plus de 100 000 personnes dans des camps semi-permanents.
C’est en attendant la reconstruction des régions frappées par le Tsunami.
Mais l’armée indonésienne a depuis longtemps la mauvaise réputation d’enfermer les citoyens d’Aceh déplacés par des conflits dans des camps où ils limitent sans raison leurs mouvements et leur liberté.
La police paramilitaire Brimob a aussi une très mauvaise réputation de violence en Aceh.
Vu que la région est en plein conflit de guerre d’indépendance, la présence de l’armée et des paramilitaires indonésiens permet de croire qu’il y aura des abus.
Le déplacement vers des camps devrait donc être organisé par des agences civiles et non par l’armée et les paramilitaires.
Selon l’ONU, tout déplacement interne dans un pays doit se faire avec le plein consentement des personnes affectées.
Mais le gouvernement d’Indonésie ne semble pas vouloir informer les citoyens d’Aceh de leurs droits.

Washington niaise sur la CPI pendant que le Darfour brûle
L’administration de notre cher W. Bush continue de se faire des amis.
Washington provoque un délai meurtrier pour le peuple du Darfour en tentant d’empêcher le Conseil de Sécurité de l’ONU d’amener les coupables des atrocités au Darfour devant la Cour pénale internationale, la CPI.
La semaine passée, suite au bombardements de l’armée soudanaise qui a tué 100 civils au sud du Darfour, les ÉU ont poussé pour un tribunal ad hoc au Darfour.
Un tribunal ad hoc, c’est un tribunal kangourou que les ÉU aiment à la place du CPI, une cour mondiale et permanente qui pourrait amener des Américains devant la justice pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Des cours kangourous sont pratiques parce qu’elles sont installées temporairement pour juger des méchants Milosevic et les Rwandais qui ont commis le génocide…Elles ne sont pas une menace pour les présidents américains qui sont coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité depuis la deuxième guerre mondiale.
Oui, si on appliquait la même justice de Nuremberg (utilisée contre les dirigeants nazi) à chaque président US vivant, il pendrait au bout d’une corde.
Ce que craint l’administration Bush, c’est que d’utiliser la Cour pénale internationale ça serait y donner de la crédibilité.
Sauf que l’installation d’une cour kangourou retarderait d’un an la poursuite des responsables d'exactions, ces Soudanais qui s’acharnent contre la population du Darfour.
Au début de 2003, le gouvernement soudanais et sa milice des janjaweed ont créé un désastre humanitaire au Darfour, une région à l’ouest du Soudan.
1,6 millions de personnes ont fui les attaques sur leurs villages depuis ce temps-là.
C’est surtout à Condoleeza Rice que revient ce retardement stupide des procédures judiciaires...


Monsanto sur le point de contrôler le marché mondial des graines de fruits et de légumes

La multinationale de la biotech (OGM) Monsanto vient d’annoncer son intention d’acheter Seminis, le plus grand producteur de graines de fruits et de légumes au monde.
Tout de suite après l’annonce, Monsanto a fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention d’utiliser la biotech pour développer les graines…du moins, pas pour l’instant.
Monsanto doit trouver de nouveaux marchés pour ses OGM, surtout depuis que l’Europe a clairement indiqué ne pas vouloir de ces cochonneries.
Alors Monsanto se tourne vers les pays en voie de développement.
L’industrie des OGM dit que ses produits serviront à combattre la fin dans le monde et à augmenter la production agricole.
Sauf qu’il n’y a aucune preuve scientifique qui confirme ça.
Même que les études menées à l’Université du Nebraska, en Australie et en Argentine indiquent qu’il y a une baisse de 10% à 30% de production en utilisant des OGM.
Le but de Monsanto est de contrôler le système agricole en passant par la production de graines.
Vu le passé pas tout à fait immaculé de Monsanto, permettez nous de douter de leur intention de ne pas utiliser de biotech dans la production de graines de fruits et de légumes.
Ils ont le don de cacher ce qu’ils font.
L’offre de Monsanto pour acheter Seminis doit encore être approuvé.
Espérons qu’il y aura quelqu’un en position d’empêcher cette transaction d’avoir lieu.

L’humanité avance vers la fin de la Terre

Difficile de rester optimiste par les temps qui courent sur les perspectives d’avenir de l’humanité et de la Terre.
Rares sont ceux qui affichent une confiance honnête envers notre futur collectif.
Personnellement, je me sens mal pour mes amis qui ont des enfants et qui doivent penser à l’héritage qu’on va leur laisser…on préfère peut-être ne pas y penser !
Un groupe de 200 scientifiques concernés par le climat s’est réuni dans le patelin de Tony Blair la semaine dernière pour dire au monde que les dégâts dû au réchauffement planétaire ont lieu en ce moment.
Inondations, ouragans, sécheresses, les océans qui virent acide…
Le constat du groupe d’expert est alarmant : nous atteindrons le point de non-retour dans dix ans, si rien n’est fait.
La semaine prochaine, le protocole de Kyoto va entrer en fonction après un délai de 7 ans.
Mais il est clair que Kyoto est nettement insuffisant pour attaquer le problème.
On vient de passer le mois de janvier le plus chaud de mémoire d’hommes.
Déjà, les dégâts liés au réchauffement planétaire sont déjà inévitables. Ça c’est même si on arrêtait toutes formes d’émission de gaz à effet de serre.
Imaginez les dégâts à venir après 10 ans sous le protocole insuffisant de Kyoto que les ÉU ne veulent même pas respecter.
Il reste que pour éviter le pire, il y a toute une gamme de solutions techniquement simples et relativement peu coûteuses…si les gouvernements peuvent être convaincus d’agir immédiatement.
Il faut absolument tenir le réchauffement global sous la barre des 2 degrés c. si on veut éviter les pires catastrophes.
Ça veut dire garder les émanations de GES sous 400 ppm.
En ce moment, les concentrations s’élèvent à 370 ppm et augmentent…les experts à la conférence disaient qu’on peut monter brièvement au-dessus de 400 mais qu’il fallait baisser drastiquement après ça.
Ce qui veut dire réduire les GES par 50% d’ici 2050 et les pays riches doivent réduire de 30% d’ici 2020.
Économiquement : Si on attend 10 ans ça va coûter deux fois plus…si on attend 20 ans, le prix à payer sera de 4 à 7 fois plus.
Qu’est-ce qui nous attend si rien n’est fait ?
La fonte des glaces menace d’élever le niveau de la mer par 15 à 35 pieds : c’est 90% de la population mondiale qui sera directement affecté.
Les océans vont s’acidifier, menaçant toutes formes de vie marine.
Les guerres pour les sources d’eau, la disparition de milliers de kilomètres de côtes dues aux inondations, dont les villes de New York, Londres, Tokyo…
Des feux de forêts vont ravager l’Amazonie, le poumon de la terre.
Les sécheresses causeront des famines en transformant des terres agricoles en désert.
Des maladies tropiques vont migrer vers le Nord, comme la Malaria qui tue 2 millions de personnes par année, plus le climat va se réchauffer, plus les insectes qui transportent des maladies vont se multiplier.
Des ouragans du type qui ont frappé les Caraïbes et la Floride l’année passée deviendront chose commune : vu que les ouragans ont besoin d’eau chaude dans les océans pour prendre leur énergie...
Faut vraiment être aveuglé par une idéologie économique stupide à court terme pour faire la promotion de l’inaction en ce qui concerne le réchauffement climatique.
Mais les catastrophes sont bonnes pour la croissance du PNB, comme l’a si bien démontré la crise du verglas chez nous…

L’Iran nucléaire ?

Washington bas ses tambours de guerre de plus en plus fort dernièrement. L’Iran, le plus gros pays dans l’Axe du Mal, est la plus récente cible.
On persiste à dire que l’Iran est sur le point de développer l’arme nucléaire.
En fait, l’Agence Internationale d’Énergie Atomique qui inspecte régulièrement les installations nucléaires de l’Iran n’a pas trouvé un seul indice qui confirmerait l’inquiétude américaine.
Pendant ce temps-là, l’administration Bush s’amuse à défaire le Traité de non-prolifération nucléaire (NPN).
Le NPN, signé en 1968 par les ÉU et presque tous les autres pays, oblige les pays qui n’ont pas l’arme nucléaire à ne pas la développer et les pays qui l’ont déjà à cesser leur développement et à détruire leur stock existant.
L’administration Bush adore la première partie, celle qui empêche les autres d’en avoir, mais veut se débarrasser de l’obligation d’arrêter la production chez eux.
Bush veut démarrer un programme de nouvelles armes nucléaires : comme des bunker busters et des mini-nukes.
Le congrès a bloqué son projet l’année passée mais il entend se reprendre en 2005.
Le monde est parfaitement au courant des plans nucléaires des ÉU.
Avec ses actions militaires unilatérales et illégales, oui, des pays qui se sentent menacés seront motivés à développer l’arme atomique.
Y’a la Corée du Nord qui a officiellement annoncé en avoir en sa possession.
Au mois de mai, il y aura une réunion à l’ONU concernant le Traité de non-prolifération nucléaire, ça risque d’être très intéressant d’entendre ce que l’administration Bush va dire pour justifier sa nouvelle politique nucléaire.

31 janvier 2005

ÉLECTIONS IRAK; PORTO ALEGRE

Élections en Irak

On a fait beaucoup de bruit hier avec le supposé succès du processus électoral irakien.

Malgré les quelques douzaines de morts, les chaînes de nouvelles aux États-Unis ont célébré le courage des Irakiens et leur volonté d’utiliser leur droit de vote pour la première fois depuis 1953.

Dire que la démocratie existe en Irak c’est faire l’erreur de croire que la démocratie se limite à remplir des cases sur une feuille.

Bien sûr, plusieurs irakiens apprécient la chance qu’on leur donne de s’exprimer sur leur choix de gouvernement.

Malgré le ton triomphant de Bush et les images d’Irakiens souriant jusqu’aux urnes il faut retenir une chose : une véritable élection ne peut pas se produire sous l’autorité d’une force occupante, qui non seulement gère le processus, a des préférences claires pour un type de résultat.

On l’a dit mille fois ici et ailleurs dans le monde : le but de l’invasion de l’Irak par les État-Unis et la Grande-Bretagne est de contrôler les réserves énergétiques de la région.

Ça fait deux ans que les plans secrets pour l’Irak sont dévoilés : allant de la restructuration de l’économie irakienne — le vol des ressources par la force occupante — jusqu’à l’implantation d’une douzaine de bases militaires permanentes.

L’instabilité et la violence au cours du processus électoral n’ont fait qu’améliorer les chances du candidat favori des EU de remporter l’élection.

Le PM par intérim Ayad Allawi a pu se présenter comme un symbole de force, a profité d’une excellente campagne télévisuelle pendant que les autres candidats ont été pratiquement anonymes.

Toute l’opération a été mené comme un pitch de marketing où des mots comme démocratie, liberté, pouvoir ne veulent plus dire grand chose, semblable à des marque de commerce.

Les élections auraient du avoir lieu 12 mois après la fin du régime de Saddam Hussein, mais il fallait laisser le temps à la force occupante de planter ses agents et de redistribuer la propriété des richesses naturelles.

Mais dans les conditions actuelles, surtout si on analyse d’un peu plus près le processus, on comprend que ce qui est arrivé hier ne fera qu’empirer la situation et augmentera la souffrance du peuple irakien.

Après le bloc musical, on regarde de plus près l’élection en Irak et les conditions qu’on aurait dû réunir pour permettre aux Irakiens de s’exprimer démocratiquement.

l’élection en Irak

Les élections d’hier en Irak qu’un appât pour la population irakienne et l’opinion mondiale. Peut-être que la France, l’Allemagne et l’ONU verront cette élection comme une manière honorable de participer à l’aventure américaine.

Il demeure qu’une majorité d’irakiens n’ont pas confiance au gouvernement intérimaire mis en place par les EU et qu’ils veulent une fin rapide à l’occupation et à l’influence des EU.

Une fois le nouveau gouvernement en place, vers janvier 2006, on peut s’attendre à ni plus ni moins ce que l’on voit en ce moment : violence, pauvreté, occupation étrangère, vol des ressources du pays.

La nouvelle assemblée nationale sera dominé par les représentants chiites, les chiites étant le groupe ethnique en faible majorité devant les Sunnites et les Kurdes.

Les Sunnites se sont trouvé devant le difficile dilemme de participer à un processus électorale ( y donnant, de la sorte, une légitimité) qui ne leur garantissaient pas un nombre adéquat de représentants ou de refuser de participer en bloc et ainsi courir le risque de voir les Chiites contrôler encore plus l’appareil étatique.

Voyons rapidement les défauts de ce processus démocratique bidon et ensuite les méthodes qu’on aurait pu utiliser pour favoriser l’émergence d’un véritable choix démocratique.

En somme, les Irakiens ne savaient pas pour qui ils votaient. Parmi les 98 entités politiques en liste, il n’y a eu aucun véritable effort de faire connaître les candidats, procéder à des débats, clarifier la différence dans les programmes, etc.

Les partis d’expatriés retournés en Irak après l’invasion EU sont entré dans le concours électoral avec beaucoup plus de ressources et d’organisation.

Les gagnants de l’élection d’hier seront probablement trois partis d’expatriés : l’alliance irakienne unie, la liste irakienne et l’alliance kurde.

On peut s’attendre à ce que ces trois partis, proche des EU, s’allie pour contrôler l’Assemblée nationale irakienne.

Qu’est-ce qu’on aurait du faire ? 1. Assurer une surveillance électorale non-partisane : tout le processus aurait dû être dirigé par une agence internationale non-affilié aux forces occupante ni à aucun parti irakien.

2. Permettre le développement adéquat et inclusif des partis. On aurait du prendre au moins les 12 derniers mois pour développer les partis de manière à ce que les programmes soient clairs, les candidats connus, et aux fusions de prendre leur cour. Ces mesures auraient peut-être permis de réduire le nombre de partis à deux douzaine, en masse pour représenter la diversité irakienne.

Empêcher les candidats qui se présentent d’avoir des postes au gouvernement par intérim au moins 6 mois avant l’élection.

Assurer une représentation plus local plutôt que de miser sur la représentation en un bloc national.

Peu importe les résultats d’hier, attendons-nous à la poursuite du statu quo : le vol des ressources irakiennes par les EU et une déstabilisation prononcée du Moyen-Orient.

Le Forum Social Mondial de Porto Alegre

C’est le moment de l’année ou deux visions du monde s’affronte : celle de Davos Forum économique mondiale et celle de Porto Alegre Forum social mondial.

Je parle bien sûr de la réunion de l’élite mondiale en Suisse et des 100 000 personnes que l’on attendait au FSM au Brésil au cours des 4 derniers jours.

Le FSM est selon la description officielle : un endroit ouvert aux rencontres d’activistes et de travailleurs d’ONG qui s’opposent à toutes formes d’impérialisme, mais engagés dans la construction d’une société planétaire centré sur la personne humaine, pour débattre d’idées démocratiquement, et créer un réseau efficace d’action.

Pendant ce temps-là quelques 2000 VIP du monde des multinationales et des chefs d’État planifiait la suite de leur domination global dans une chic station de ski.

À Davos, on a reconnu que le monde ne s’améliore pas aussi rapidement que les Néo-libéraux l’avaient promis alors un groupe sur place a suggéré des solutions : développer des nouveaux produits et trouver des manières profitables de livrer des produits et services abordables aux pauvre; fusionner les activités d’affaires et philanthropiques comme des PPP de la générosité…

À Porto Alègre, on est d’accord avec le constat de l’échec des promesses de la globalisation…on accuse à juste titre les entreprises multinationales…allant jusqu’à suggérer leur démantèlement et le retour du contrôle des ressources entre les mains des communautés.

Ou du moins, créer un cadre législatif assez puissant pour les responsabiliser.

Tenir le FSM en même temps que le FEM n’est peut-être pas la meilleure idée. Un délais de deux semaines permettrait de pouvoir suffisamment critiqué les élites à Davos, de pouvoir mener toutes sortes de manifestations, mais assez près pour offrir une autre vision d’un monde qui fait la promotion du progrès et du bien-être humain.

Rendez-vous en Afrique pour le FSM de 2007.

23 janvier 2005

BUSH; MARTIN LUTHER KING; GÉNOCIDE RWANDA; MODÈLE SUÉDOIS; PENSÉE ÉCONOMIQUE

L’inauguration de Bush


Jeudi dernier, l’homme le plus haït de la planète se faisait célébrer au coût de 40 millions de dollars.

Je parle, bien sûr, du président américain qui vient de passer 4 ans à faire de son mieux pour renforcer le contrôle des riches et puissants, d’augmenter sans bon sens les dépenses militaires, à agrandir la zone d’influence de l’empire américain, à augmenter l’insécurité globale, à tuer l’environnement et à réduire la liberté politique en Amérique du Nord.

George W Bush, W… pour why god why ? A été inauguré officiellement à ses fonctions de terroriste global numéro un.

Bush est pour le christianisme ce que ben Ladden est pour l’Islam, en fait.

On pouvait voir la procession à la télé, qui ressemblait à s’y méprendre à des pompes funèbres, …c’était très intéressant d’entendre les commentaires des analystes à NBC, ABC, CBS et CNN pendant que Bush passait devant les milliers de manifestants hostiles, on se demande bien pourquoi, à W…

Les participants à la contre-inauguration on fait du mieux de l’espace que les forces de l’ordre leur ont donné : y’avait plus d’affiches dans la foule qu’à un show de lutte de la WWE : ce qui n’est pas peu dire.

Dire qu’avant, on interdisait tout simplement l’accès aux manifestants lors d’une inauguration. Pire, on ne se gênait pas pour les brutaliser.

On a eu droit à une contre-inauguration qui a dépassé de loin les attentes de principaux organisateurs.

Le groupe Anti-War Network a orchestré la procession de centaines de cercueils noirs, histoire de bien symboliser ce que représente l’administration Bush.

Comme toujours, ce sont les étudiants universitaires qui était la démographie la mieux représenté, les associations étudiantes s’étaient somme toutes assez bien organisée.

Bush a dit le mot liberté 4000 fois au moment de son discours, il voulait tout simplement que l’on comprenne la vertu du marché libre, de l’action unilatérale libre, de la liberté d’agrandir l’empire américain, la liberté de détruire l’environnement.

Un beau discours qui ne dit absolument rien, ça semble être la norme pour l’ensemble des politiciens…Charest est pas mal bon là-dedans aussi.

La présence de Bush a peut-être une bonne chose : de plus en plus de gens s’ouvrent les yeux à la réalité du monde : la politique est bel et bien l’ombre de la big business. Les citoyens sont devenus des consommateurs, les communautés sont devenues des marchés.

Choisir entre le parti républicain ou démocrate, comme on choisit ici entre péquistes et libéraux, ça équivaut à choisir au sein du même parti unique : celui des affaires.

La Chine a le parti communiste, nous avons le parti capitaliste…tout simplement.

John Kerry aurait servit les intérêts financiers autant que le fait Bush, peut-être d’une manière moins intense et plus discrète, comme le faisait si bien Clinton, dans le fonds.

Mais on lâche pas…faut prendre le pari qu’on peut changer le monde pour le mieux, sinon on est foutu !

Restez là, nous avons de la très très bonne musique pour accompagner votre lundi matin, nous reviendrons avec une émission à saveur économique. Au retour, le dernier rêve du grand Martin Luther King.

Le dernier rêve de Martin Luther King


C’était la journée Martin Luther King aux États-Unis lundi dernier, l’occasion pour nous d’en savoir un peu plus sur ce grand homme, prophète de la véritable liberté et de la justice pour tous.

On est habitué d’entendre des extraits de son discours I have a dream, sont rêve d’une Amérique sans haine raciale, d’unité et de solidarité, mais la pensée et le travail de King pour les dernières années de sa vie ne sont pas souvent mentionné dans les médias de masse aux EU.

On peut prendre, par exemple, son travail dans le temps de son assassinat à Memphis le 4 avril 1968.

À l’époque, les EU commettaient des atrocités similaires à ce qu’ils font en Irak aujourd’hui. King avait dit lors d’un discours que les EU sont la plus grande source de violence de la planète.

Les éditoriaux étaient assez virulents contre King pour avoir dit une telle chose : il avait perdu une grande partie de son capital de sympathie…

Tant qu’il parlait du besoin d’éliminer le racisme, son amour de la liberté et de la justice, c’était correct, assez vague pour que personne au pouvoir ne se sentent visé.

Avant sa mort, King avait délaissé un peu la question raciale pour attaquer de front le problème de la pauvreté. Après tout, c’était les pauvres que l’on envoyait de force à l’abattoir du Vietnam.

Réduire l’inégalité croissante entre riches et pauvres était devenu son premier combat.

Il avait élaboré les plans pour une campagne nationale contre l’injustice économique : le Poor People’s Campaign devait culminer en un camp de réfugiés de 500 000 personnes parmi les plus pauvres du pays, une cité de tentes pas très loin de la Maison blanche lors du printemps de 1968.

Le but était de mettre de la pression sur les élus pour qu’ils s’opposent à la guerre du Vietnam et d’implanter une charte de droits économiques.

Le Readers Digest avait même dit qu’il s’agissait là de plans d’insurrection.

Avec un demi-million de pauvres à Washington, plusieurs autres millions allaient travailler par solidarité pour faire passer le message de King.

Pour contrôler tout ce beau monde qui menaçait d’utiliser toute l’artillerie de la résistance non-violente de King, l’élite s’inquiétait du fait que les forces de l’ordre nécessaire pour contrôler tout ce beau monde était drainé par l’effort militaire au Vietnam.

Fallait donc trouver d’autres moyens pour empêcher le projet de Martin Luther King.

Le 3 avril 1968, King est allé au Motel Lorraine à Memphis, le lendemain il a été assassiné sur le balcon de sa chambre.

Allez voir le site Internet www.kingcenter.org pour en savoir plus sur King, entre autres comment le gouvernement américain a conspiré pour le faire assassiner.

Martin Luther King a dit : la véritable compassion c’est beaucoup plus que lancer 25 cents à un quêteur, la véritable compassion c’est comprendre que l’édifice qui pousse autant de personnes à quêter doit être restructuré.

Les racines du génocide rwandais

Le compte-rendu d’un nouveau livre, en plus du film sur le sujet à l’affiche, Hôtel Rwanda, sur le génocide rwandais m’a fait réaliser que je ne savais pas grand chose sur cet horrible événement.

Permettez-moi de prendre quelques minutes pour expliquer ce qui est arrivé là-bas.

Ce sont des informations tirées du livre de Linda Melvern, intitulé Conspiracy to murder, publié par Verso l’année passée.

Elle revient aux racines du génocide de 1994 qui recule jusqu’en 1884, elle analyse la source de l’ethnocentrisme rwandais.

En 1884 avait eu lieu la conférence de Berlin où les pouvoirs européens s’étaient divisé le continent africain entre eux.

Le pouvoir colonial avait érodé le pouvoir du roi du Rwanda et changer la structure de l’appareil étatique.

Les divisions au sein de la société rwandaise avaient été accentuées, en 1933, l’administration belge avait procédé à un recensement.

Des équipes de bureaucrates belges avaient arbitrairement classé la population en Hutu, Tutsi ou Twa, donnant à tout le monde une carte d’identité avec un groupe ethnique clairement indiqué.

L’influence du pouvoir colonial belge a fait en sorte que les Tutsi occupaient un plus haut rôle hiérarchique que les Hutu.

Éventuellement, la liberté pour les Hutu équivalait à se débarrasser du pouvoir Tutsi.

En 1959, les Hutus ont commencé à tuer des centaines de Tutsis. Les Belges ont changé de bord et ont appuyé les Hutus, les aidant à remplacer les chefs et sous-chefs Tutsis par des Hutus.

La même année, une enquête de l’assemblée générale de l’ONU déclarait que le racisme des Hutus contre la minorité Tutsi frisait le nazisme, et que l’administration belge était à blâmer.

Une armée rebelle de Tutsi s’est lentement formé, et en 1990 le Front patriotique rwandais avait commis des interventions militaires tout en demandant la fin de la division ethnique, l’élimination des cartes d’identité et la démocratisation des forces de sécurité.

L’insurrection du Front avait échoué à cause de l’intervention de la France, qui avait permit au régime rwandais de rester en place, grâce à de l’aide financière et militaire.

Suite à l’affront de la rébellion Tutsi, le régime rwandais a lancé une campagne nationale pour entraîner et armé la jeunesse Hutu, des instructeurs français ont gracieusement contribué à cet entraînement.

Entre les années 1990 et 1993, le Rwanda était devenu le plus grand importateur d’armes de l’Afrique, les marchands d’armes français étaient bien contents.

Les rues du Rwanda ont été mystérieusement inondées de radios portables et une nouvelle station de radio avait instantanément gagné en popularité.

Vous connaissez la suite, en 100 jours en 1994, un million de Tutsi et d’Hutus modérés ont été massacrés, avec toutes les horreurs que ça comporte.

Le livre de Linda Melvern porte une accusation sévère contre l’ONU, la France, la Belgique, et les EU. Il détruit une fois pour tout le mythe que la communauté internationale ignorait ce qui se passait au Rwanda.

La social-démocratie contre le néo-libéralisme


L’exemple suédois nous démontre que les apôtres du néo-libéralisme se trompent sur toute la ligne, surtout sur les remèdes pour contrer la pauvreté.

Pour le démontrer, on peut comparer le modèle idéal du néo-libéralisme : le Royaume-Uni, au dernier rempart de la social-démocratie, c’est-à-dire la Suède.

Les néo-libéraux disent que le plus de liberté que l’on donne aux riches, mieux s’en sortiront les pauvres.

Sans embûches, les riches sont plus en mesure de créer de la richesse qui fini par descendre vers les classes inférieures. C’est le mantra qu’on entend de la part des néo-libéraux : lorsque la marée monte, tous les bateaux sont soulevés.

Comparons la Suède, qui a un État qui intervient dans l’économie pour réduire les inégalités au Royaume-Uni qui fait tout pour réduire l’influence de l’État depuis Margaret Thatcher, célèbre pour avoir défendu le virage néo-libéral en disant «There is no alternative».

Côté Produit national brut, en 2002, la Suède avait un revenu par tête de 27 320 $, le Royaume-Uni est à 26 240 $.

La Suède a un surplus annuel budgétaire de 10 milliards et le Royaume-Uni a un déficit de 26 milliards. Même selon les unités de mesure des néo-libéraux, la Suède l’emporte : un taux plus bas d’inflation, de meilleurs taux selon les indicateurs d’innovation.

Côté bien-être humain, il n’y a aucune compétition : selon l’index de développement humain, la Suède est troisième au monde, le Royaume-Uni est 11ième. La Suède a le troisième plus haut niveau d’espérance de vie, le RU est 29ième.

C’est pire si l’on compare la situation des personnes au bas de l’échelle sociale. En 2004, 6,3% de la population suédoise vivait sous le seuil de la pauvreté, au RU ça monte à 15,7%.

En Suède, on a trois fois plus de chance de sortir de sa classe économique, donc d’améliorer son sort, qu’au RU.

Ça en dit beaucoup sur la capacité du marché libre et sans contraintes de l’État de permettre aux classes inférieures de s’en sortir.

Par des mesures de redistribution tant décrier par les néo-libéraux, en Suède le 10% des plus riches gagnent 6.2 fois plus que le 10% plus pauvre, au RU le ratio s’élève à 13.2

Collectivement, nous pouvons choisir entre le modèle suédois de redistribution de richesse ou le modèle RU qui concentre la richesse entre les mains d’une élite.

Malheureusement, le FMI, la BM et l’OMC favorisent l’implantation du modèle RU dans les pays en développement, mais avec encore moins de mesures de redistribution.

C’est pourquoi la pauvreté s’accentue partout où on applique la médecine libérale.

Peut importe ce qu’on nous dit depuis 25 ans, la vérité demeure que c’est en modérant les riches que l’on aide les pauvres, et surtout pas le contraire.

Brève histoire de la pensée économique

J’ai découvert un site extraordinaire qui explique clairement la théorie et les enjeux économiques. www.dollarandsense.org On y raconte une brève histoire de la pensée économique qui va comme suit…

Au début du 19ième siècle, alors que l’industrialisation capitaliste transformait la société européenne occidentale, les défenseurs et les critiques de l’ordre social émergent utilisaient les mêmes termes d’analyse.

La société était divisée en classes : les propriétaires terriens, les travailleurs, les capitalistes. Et on les définissait selon leur pouvoir sur les ressources économiques.

Pour analyser le nouveau système capitaliste, il fallait comprendre des choses comme la création et la distribution de surplus sociaux : la production au-delà du nécessaire pour loger et nourrir les travailleurs, puisque les surplus donnaient des loyers et des profits à la classe capitaliste.

Au milieu du 19ième siècle, Karl Marx avait élaboré une puissante critique du capitalisme. Marx disait que la classe des travailleurs était exploités dans le système capitaliste, puisque le fruit de leurs labeurs étaient volé et transformé en profits avec lesquels les capitalistes créaient des outils d’exploitation encore plus puissants.

Les socialistes, les communistes et d’autres mouvements radicaux ont commencé à demander des changements politiques et économiques, certains appelant à la révolution et la fin de la propriété privée des moyens de production.

Au tournant du 20ième siècle, en partie pour réagir face à la pensée marxiste, un autre langage a été développé pour parler de l’économie capitaliste.

C’était l’économie néo-classique, qui a été adopté très rapidement par les universités comme fondement de la nouvelle science économique.

Les néo-classiques se sont débarrassés des notions classiques telles que classe sociale et le contrôle sur les moyens de production.

Dans leur nouveau paradigme, la société n’est qu’un assemblage d’individus égoïstes, en compétition avec l’univers pour maximiser leurs gains économiques.

Dans le monde imaginaire des néo-classiques (la pensée économique dominante encore aujourd’hui) il n’y a pas de place pour l’histoire, la politique, les institutions, les centres de pouvoirs, sauf le pouvoir dérangeant des gouvernements.

Les marchés compétitifs, pour les néo-classique, ne sont pas le résultat de luttes issues de l’histoire, mais plutôt la forme naturelle d’une organisation économique efficace.

Dans un marché libre, un individu est libre de vendre ou de ne pas vendre son travail, d’acheter ou de ne pas acheter.

La pensée économique orthodoxe qui est enseigné dans nos universités a été conçue il y a un siècle en réponse à une critique sévère et menaçante.

La théorie économique dominante ne reconnaît pas le rôle de la publicité dans les choix de consommation, l’existence de multinationales ne fait pas partie des calculs.

Il existe une panoplie de penseurs économiques qui refuse le monde imaginaire néo-classique : ces économistes sont soit hétérodoxe, progressiste, féministe, institutionnaliste, post-Keynésien, Marxiste, sociaux, écologiste : tout ces groupes s’attaquent au monde économique réel : les structure de pouvoir, les iniquités, les classes sociales, le sexisme, l’écologie et la stabilité sociale.

Faites votre choix. Mais de grâce, ne vous enfermez pas dans le cadre néo-classique!