10 juin 2009

LA LEVEE 10 JUIN 2009

1. Le discours d'Obama aux Musulmans : c'était correct, mais concernant Israël il était un peu Bush sur les bords.

2. Après 47 ans, l'Organisation des Etats américains ouvre la porte à Cuba... mais, Castro est-il intéressé?

3. L'accord de libre-échange entre le Canada et la Colombie sur la glace : quoi faire maintenant pour le mettre à la poubelle pour de bon!

4. La destruction de la forêt amazonienne : un récent rapport de Greenpeace démontre la complicité du président brésilien Lula.

5. Election présidentielle iranienne : la vague verte se déferle sur Mahmoud Ahmadinejad.

6. Elections au parlement européen : les gens qui ont pris la peine de voter ont perdu la foi en la social-démocratie.



DISCOURS DE OBAMA

Le 4 juin dernier le président des ÉU, Barack Obama -- des fois on oublie qui est le président tellement il est différents des précédents -- a tenu un discours historique dans un effort de tendre la main aux musulmans.

Devant une foule bien choisie présente à l'université de Le Caire en Egypte, il a livré un discours qui, en somme, a été très bien reçu par les musulmans.

Il a parlé de l'Iran... rappelant que les EU avaient contribué au renversement du gouvernement moderniste et démocratiquement élu de Mossadeq au début des années 1950.

Et ainsi, a contribué, à des décennies de mauvaises relations... ce qui est vrai et c'était super d'entendre le président des EU l'affirmer.

Mais concernant Israël et la Palestine, on ne peut être que déçu par ce que Barack Obama a dit, plutôt, ce qu'il n'a pas dit...

Il a critiqué les Palestiniens pour leur violence envers les Israéliens... mais n'a rien dit sur la violence israélienne contre les Palestiniens à Gaza...

Obama a demandé aux deux camps de ne pas passer leur temps à pointer le doigt à l'autre

Il a invité les belligérants à essayer de voir le conflit à travers les yeux de l'autre...

Il y a, par contre, un 3e joueur incontournable, les EU, qui a joué un rôle décisif dans le conflit actuel...

Et Obama n'a donné aucune indication que le rôle de Washington va changer.

Faut rappeler qu'il y a un consensus international depuis longtemps concernant une solution à deux États sur le territoire palestinien, selon les frontières précédent les invasions de 1967.

Seul les EU, au début des années 1970, est allé à contre-courant de la planète entière et a appuyé Israël dans son processus d'annexion de ces territoires...

Alors, c'est dans contexte que Obama a demandé aux États arabes de procéder à la normalisation de relation avec Israël, ignorant, par contre, que les conditions actuelles sont inacceptables pour la population palestinienne.

Oui, il a indiqué qu'il n'accepterait plus la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, mais il n'a pas parler des colonies déjà en place grâce à l'appui états-unien.

Permettant, du coup, à Israël de prendre possession des terres les plus fertiles et surtout, surtout, des meilleures sources d'eau en Cisjordanie.

En bref, prendre tout ce qui est du côté Israélien du mur de séparation, l'emprisonnant, séparant le reste du territoire en cantons s'étendant loin vers l'Est.

Une autre omission est qu'Israël a envahi une partie de Jérusalem, déplaçant un grand nombre d'Arabes, alors ce qui restera d'un État palestinien sera séparé de son centre culturel, économique et socio-politique.

Obama doit le savoir, il le sait... franchement... si je le sais il le sait!

Tout ça est complètement illégal devant la loi international...

Réaffirmé maintes fois par des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU et la cour internationale de justice.

Et le président américain n'a pas mentionné les opérations réussies qui depuis 1991 ont comme but de séparé la bande de Gaza de la Cisjordanie.

La bande de Gaza qui est, depuis, une prison à ciel ouvert où la survie est à peine possible...

Alors, oui, beau discours d'Obama, il n'est certainement pas George Bush, mais ça ne veut rien dire s'il est pour appliquer les mêmes politiques envers Israël et la Palestine que son prédécesseur.


CUBA ET OEA

L'organisation des États américains a voté mercredi dernier de renverser la mesure, prise en 1962, qui empêchait Cuba d'être membre du groupe.

Ce qui met fin a un des derniers vestiges de la guerre froide.

Ce geste ne veut surtout pas dire que Cuba va rejoindre à nouveau l'organisation regroupant 34 États des Amériques.

Le point de vue officiel du pays communiste est que l'organisation n'est qu'un outil impérialiste des EU.

Mais si jamais Cuba changeait d'idée, l'entente propose un processus de dialogue sur les droits humains et la démocratie sur l'Ile de Castro.

La décision d'accepter Cuba a été prise par consensus, ce qui veut dire que les EU sont d'accord...

Rappelons que les EU ont gagné la suspension de Cuba en 1962 alors que le gouvernement de Castro s'est aligné au bloc soviétique a un moment de forte tension globale.

Mais en ce moment, avec des gouvernements de centre-gauche se répandant à travers les amériques, l'isolation de Cuba s'érode.

Tous les pays à l'exception des EU ont normalisé leurs relations avec Cuba et l'embargo des EU est vraiment mal vu.

Etre membre de l'OEA donne au pays une voix dans des ententes hémisphériques sur des questions importantes.

L'OEA a souvent agi à titre de médiateur dans des conflits politiques entre États et il coordonne des politiques liées à la santé et la protection des droits humains.

La semaine dernière Fidel Castro a écrit que l'OEA ne devrait même pas exister et que historiquement elle a été un cheval de Troie pour Washington afin de piller les Amériques.

Dernièrement... faut donné un certain mérite au président Obama, Washington s'est ouvert un peu envers Cuba, levant des restrictions de transferts d'argent vers l'Ile entre des membres d'une même famille... et Washington a repris des pourparlers sur des politiques d'immigration et le service postal avec La Havane.

C'est un début... on verra donc si les deux États peuvent se rapprocher d'avantage, basé sur une ouverte et un nouveau respect... ce qui pourrait aider considérablement la population cubaine.


LIBRE-ECHANGE CANADA COLOMBIE

L'entente de libre échange entre la Colombie et la Canada a été mise sur la glace par Ottawa le 27 mai dernier.

Mais détrompez-vous, les conservateurs et certains libéraux attendent impatiemment le moment de la réactiver.

J'en ai souvent parlé ici : les implications du traité pour les Colombiens seraient catastrophiques.

Le libre-échange est basé sur l'éradication des tarifs.

Dans le développement économique, les tarifs sont un outil indispensable pour les économies sous développées afin de protéger des industries domestiques.

Les ententes de libre-échange favorisent donc toujours les économies les plus développées qui produisent plus facilement, ayant accès à plus de capital.

Faut le dire et le souligner pour que le message passe bien... aucun pays ne s'est jamais développé économiquement sans l'utilisation de tarifs.

Et la petite industrie manufacturière de la Colombie en a bien sûr, besoin.

Et concernant l'industrie agricole de la Colombie les effets pourraient être bien pires que pour le secteur manufacturier.

12 millions de Colombiens, sur 44 millions, vivent dans des régions rurales.

L'entente de libre-échange fera en sorte que les exportations alimentaires du Canada vers la Colombie feront un mal certain aux marchés locaux, détruisant des dizaines de milliers d'emplois.

Et comme toutes les ententes de libre-échange, celle que l'on prépare entre le Canada et la Colombie favorise donc l'économie la plus développée.

Et côté agriculture, le Canada a un avantage partout sauf pour le café et le coca, bien sûr.

Bien que les pays riches parlent tout le temps de libre-échange, synonyme de lois du marché, ils subventionnent leurs industries agricoles d'une manière totalement injuste... qui n'a rien à voir avec le marché-libre.

Maintenant, non seulement on risque de détruire l'industrie agricole de la Colombie, on risque fort bien de la pervertir... encourageant la Colombie a aller du côté des monocultures pour l'exportation vers le nord.

Le sous-sol colombien est, aussi, très alléchant pour les compagnies minières canadiennes...

Et comme d'autres ententes de libre-échange, celle entre la Colombie et le Canada n'est qu'une charte des droits des investisseurs, qui sont surtout en faveur des droits des investisseurs étrangers les plus riches.

Les investissements canadiens en Colombie s'élèvent maintenant à 3 milliards $ et iront à 5G$ d'ici deux ans... surtout dans les secteurs miniers et énergétiques.

Et nos industries dans ces domaines là ont poussé fort pour changer les règles du jeu en Colombie, menant à une nouvelle législation minière, énergétique et bien sûr, environnementale.

Le rôle de l'État colombien concernant l'environnement a été relayé à appuyer les investisseurs plutôt que de les contrôler.

Et si ces choses là n'étaient pas assez graves, toute l'entente a été négociée durant une période où il a été reconnu, sans l'ombre d'un doute, que l'administration d'Alvaro Uribe a eu recours aux paramilitaires afin d'éradiquer, bref, de nettoyer le pays d'indésirables...

Notamment, de syndicalistes, de journalistes, de paysans et de travailleurs humanitaires qui se sont mis sur son chemin de développement et de modernisation sauvage.

Le président de la Colombie viendra visiter le Canada au mois de juin afin de ressusciter l'entente.

Offrons-lui l'accueil qu'il mérite!

Et même si le nombre de crimes commis par son administratio est en baisse depuis quelque temps, elles ont encore lieu... et rien n'indique que les assassinats et les déplacements forcés n'augmenteront pas pour faire de la place au profit des entreprises canadiennes.


MORT DE L'AMAZONIE

Au cours des 10 dernières années, Greenpeace travaille avec des communautés en Amazonie afin de protéger la forêt tropicale.

La semaine dernière, Greenpeace a publié un rapport résumant une enquête de trois ans démontrant le rôle destructeur des bovins dans la déforestation illégale de l'Amazonie.

Le rapport révèle les impacts dévastateurs des ruminants sur le climat, la biodiversité et les communautés locales.

L'élevage de bovin est sans contredit la plus grande cause de déforestation dans le monde... et la forêt amazonienne recule chaque jour pour y faire de la place.

Le rapport révèle comment le gouvernement brésilien est un partenaire silencieux dans ces crimes en subventionnant les trois plus gros joueurs de cette industrie.

Greenpeace entrera maintenant en négociations avec plusieurs entreprises qui achètent ou utilisent des produits de cet élevage qui contribue au recul du poumon de la Terre.

On se fiait sur le gouvernement de Lula au Brésil afin de protéger la forêt amazonienne...

Eh bien, non seulement il n'y arrive pas... il a passera une nouvelle loi qui légalisera la propriété de 67 millions d'hectares de terres amazoniennes qui avaient été saisies illégalement.

Ce qui représente un territoire la grandeur de la Norvège et de l'Allemagne mis ensemble.

Une deuxième loi permettra aussi aussi de doubler la superficie permises pour les coupes à blanc à l'intérieure d'une même propriété.

Il est clair maintenant que Lula ne fait pas partie de la solution mais il contribue plutôt au problème.

Protéger la forêt amazonienne au Brésil est une partie critique de la lutte au réchauffement climatique.

Le Brésil doit se joindre aux efforts qui auront lieu à Copenhague au mois de décembre.

Et pendant que Lula fait des discours pour dire à quel point il veut protéger la forêt amazonienne... des pans entiers disparaissent à tout jamais.


ELECTION IRANIENNE

Parlons maintenant de l'élection présidentielle en Iran qui aura lieu le 12 juin, donc ce vendredi.

Et le buzz en ce moment à Téhéran c'est que Mir Hossein Mousavi devrait remporter la victoire sur Mahmoud Ahmadinejad dont j'ai vraiment scrapé le nom lors de son élection...

Alors Mousavi est un candidat pro-réformiste qui surfe sur une vague verte : la couleur de sa campagne.

Bien sûr, les conservateurs et Ahmadinejad ont beaucoup de recours à leur portée.

Les services de sécurité, le système judiciaire, la guarde révolutionnaire, le ministre de l'intérieur qui va compter les votes.

On a même fermé Facebook en Iran... sous d'autres prétextes, mais il est évident que c'était parce que c'était un outil moussant la popularité de Mousavi.

Mais Mousavi pourrait ultimement avoir la faveur de la rue...

Récemment plus de 300 artistes iraniens se sont réunis pour montrer leur appui à Mousavi.

Son épouse, artiste aussi, ne se gêne pas de prendre la parole en public, et qui, du jamais vu en Iran, fait campagne aux côtés de son mari, lui tenant même la main en public.

Avec chaque jour qui passe, donc, sa vague verte prend de l'ampleur...

Peut-être que les Iraniens pourront élire enfin un progressistes à la tête de leur gouvernement.

Un progressiste qui serait en mesure d'ouvrir la porte et ainsi amener son peuple à nous rejoindre dans le monde moderne où on a séparé l'église de l'État.


ELECTION EUROPEENNE

Les récentes élections pour le parlement européen sont un baromètre qui nous montre dans quelle direction va le vieux continent...

Et à travers l'Europe, les électeurs en ont profité pour enregistrer des votes de protestation.

Cette année le taux de participation a quand même frapper un plancher historique de 43%.

Mais deux choses sont claires : le centre-droit a gagné du terrain par rapport à la gauche et les sociaux-démocrates...

Même en France, en Italie, en Allemagne où on se serait attendu à ce que les électeurs se défoulent sur la droite au pouvoir...

Bien non, on a assisté malgré tout à un écroulement de la gauche, laissant la voie ouverte à un nombre sans précédent d'élus de l'extrême droite, voire néo-fasciste.

Des partis d'extrême-droite ont fait des percées aux Pays-Bas, en Hongrie, en Autriche et en Slovaquie.

Même en GB où les électeurs ont mis en poste pas un, mais deux candidats de la British National Parti... un groupe raciste et neo-nazi engagé dans la suprématie blanche et le renversement de ce qu'ils qualifie de vague d'immigrants non-blanc.

Alors, qu'est-ce qui explique ce résultat aussi repoussant?

Bon, l'économie a certainement quelque chose à y voir... des personnes qui n'ont rien et qui ont faim vont nécessairement se retourner contre leur voisins.

Mais c'est aussi une perte de foi en l'idée de l'Europe... on en veut aussi aux politiciens qui semblent tous corrompus et déconnectés de la réalité du peuple.

On a aussi perdu la foi en l'habilité des partis de gauche de présenter des alternatives viables et engageantes.

En Allemagne, en France et en Italie les partis de centre-gauche sont sur la défensive, n'offrant pas de voies alternatives pour contrer la récession...

C'est beaucoup plus facile et accepté pour les politiciens de blâmer les problèmes de leur pays sur les immigrants et les minorités.

Pourtant, il n'y a pas plus longtemps que le 6 juin dernier, Gordon Brown, Barack Obama et Nicolas Sarkozy se sont rencontrés sur les plages de la Normandie avec quelques uns des derniers vétérans de la guerre de l'Europe contre les fascistes.

... Alors que les derniers souvenirs de cette lutte s'efface, le racisme qui se terre dans les recoins de l'Europe retrouve une place pour s'affirmer, encore une fois.

LA LEVÉE 3 JUIN 2009

1. Le déficit de 50 milliards $ annoncé par le gouvernement fédéral : tout est en place afin d'éliminer les programmes sociaux du Canada!

2. L'économie globale et la Chine : est-ce que des centaines de millions de paysans peuvent nous sauver?

3. La Corée du nord et la prolifération des armes nucléaires : à Hiroshima on nous rappelle l'existence du Traité de non-prolifération...

4. La croissance économique et les changements climatiques : tant que toute la richesse ne se retrouve pas entre les mains des mêmes gars on pourrait s'en sortir!


DEFICIT 50 MILLIARDS $

En prévoyant un déficit de 50 milliards $ la semaine dernière, le ministre des finances Jim Flaherty a rapidement accusé les chômeurs et la situation économique actuelle qui absorbent selon lui les fonds du gouvernement et qui nous poussent encore plus vers l'endettement collectif...

Oui, maintenant beaucoup de Canadiens sont sans emploi, ce qui veut dire un 4 milliards $ de plus à injecter dans le régime d'assurance emploi.

Faut rappeler par contre que durant des années les travailleurs ont payé beaucoup plus à la caisse d'assurance emploi qu'ils en ont reçu...

En effet, depuis le début des années 1990, ils ont payé 57 milliards de plus qu'ils en ont reçu... et tout ce que les libéraux ont pensé à faire était de détourner ces fonds vers d'autres dépenses...

Et dans tout ça, on oublie les réductions d'impôts massives de Flaherty en 2006 et 2007...

Donc sans les réductions d'impôts et à la TPS... ce qui équivaut à 34 milliards $ cette année... disons que le déficit d'Ottawa serait pas mal plus petit.

Bien sûr, on ne savait pas à l'époque des réductions de 2006-2007 que l'économie mondiale allait s'écrouler.

Mais ce qui est certain, par contre, c'est que ces réductions allait servir l'idéologie des conservateurs de Harper...

Leur but est de réduire considérablement les dépenses du gouvernement sur des programmes sociaux... à l'exception du militaire qui sous Harper a vu son budget atteindre 20 milliards cette année.

Faut pas oublier que Stephen Harper, il y a seulement 10 ans, était en tête du groupe de droite la coalition nationale des citoyens.

Un groupe qui entretient une profonde hostilité envers le système de santé public et les programmes sociaux du Canada.

Et lorsque son parti a pris le pouvoir, il a hérité des surplus massifs des Libéraux, difficile donc à ce moment là de procéder à des coupures...

Mais réduire considérablement les taxes et les impôts nous amène éventuellement à son but.

Si le gouvernement n'a plus de revenus supplémentaires... ou s'il commence à accumuler des déficits comme c'est le cas en ce moment... bien ça lui donne l'occasion idéale pour mettre la hache dans les programmes sociaux.

Et la véritable tragédie en ce moment c'est que malgré une décennie d'énormes surplus au budget, ni les libéraux ni les conservateurs n'ont cru bon d'investir dans les services publics...

Donc rien de significatif pour la santé, l'éducation, les transports en commun, l'assurance-emploi...

Des investissements dans ces domaines auraient donné des bénéfices beaucoup plus significatives que de banales réductions d'impôts.

Ce qui nous aurait mis en bien meilleure posture pour affronter la tempête économique.

Et là, peu importe le parti qui prendra le contrôle du gouvernement, les gros déficits seront le bouc émissaire pour empêcher le moindre investissement significatif dans le bien commun...

Donc la grosse nouvelle venant d'Ottawa au cours de la dernière semaine a été l'annonce par le ministre des finances Flaherty qu'il y aura un déficit surprise de 50 milliards $ dans le prochain budget.

Et la raison principale qui n'est jamais mentionnée c'est la série de baisses d'impôts irresponsables des libéraux et des conservateurs depuis 1995.

Premièrement le ministre des finances Paul Martin et ces 100 milliards en baisses d'impôts sur cinq ans commençant en l'an 2000.

Ensuite vint Jim Flaherty en 2006-2007 et ses 60 milliards en cinq ans.

On ajoute 12 milliards chaque année pour avoir baissé la TPS de 7% à 5% et les 50 milliards de déficit ne devraient pas nous surprendre...

Et pour les conservateurs c'est une véritable aubaine tombée du ciel : exactement le genre de crise utile pour procéder à des coupures profondes dans les programmes sociaux.

Donc on n'a pas profiter des années de surplus pour les besoins collectifs des Canadiens comme l'infrastructure, l'environnement, l'innovation industrielle...

Entre les années 1984 et 2006 le gouvernement fédéral a volontairement abandonné plus de 250 milliards en revenu avec ses baisses d'impôts... qui sont allé d'une manière totalement disproportionnée vers les riches et les grandes entreprises...

Et les prochaines baisses d'impôts pour les entreprises atteindrons 14,8 milliards en 2012-2013...

Faisant tomber l'impôt aux entreprises à 15%, le plus bas taux du G7 et un des plus bas des pays de l'OCDE.

Et détrompez-vous : ces baisses d'impôts sont purement idéologiques, n'ont rien à voir avec des calculs savant de la pseudo science économique... donc elles ne provoqueront jamais une croissance économique ni de nouveaux investissements des entreprises canadiennes...

Elles produisent qu'une seule chose, du côté des entreprises : une grosse augmentation des profits à travers 2007, sans pourtant voir d'investissements comparables.

Et est-ce que ça rend le Canada aussi compétitif que les autres pays riches? Pas du tout... en fait notre niveau de productivité et d'innovation sont en constant déclin depuis dix ans.

De la 5e place, selon l'échelle du Forum économique mondial, en 1999, le Canada est maintenant 10e.

6 des 10 pays avec les économies les plus dynamiques du monde ont les taux d'impôts pour les entreprises les plus élevés du monde.

Donc on revient à l'idéologie : réduire le plus possible les dépenses du gouvernement dans les programmes sociaux.

Une idéologie partagée par les libéraux et les conservateurs.

Une idéologie qui favorise nettement le privé sur le public...

Les baisses d'impôts ce n'est pas que de l'argent qui reste dans vos poches... elles réduisent les bénéfices qui viennent de biens communs... et augmentent les revenus pour les gens tout en haut de l'échelle sociale.

Donc avec le 50 milliards dans notre face, les citoyens canadiens ont le choix entre deux options :

couper dans les programmes sociaux ou retourner à un système fiscale qui paie pour des choses que nous voulons tous et qui contribuent au progrès et au bien-être collectif.

Flaherty, et les conservateurs, ont la hache en main et veulent tout sabrer jusqu'au sang...

Allez-vous les laisser faire?


CHINE ET ÉCONOMIE GLOBALE

Avec l'état de l'économie globale, les yeux des économistes du monde sont rivés vers la Chine, qui pourrait avec sa croissance nous tirer d'une dépression...

Maintenant que la classe moyenne américaine n'a plus les moyens de consommer assez, écrasée de toute façon par une dette massive, on doit voir ailleurs pour une stimulation de la production globale...

Et la Chine pourrait s'en sortir avec un programme de stimulation de 586$ milliards.

Mais avec les côtes urbaines de la Chine souffrant de l'écroulement de la demande globale, beaucoup mise sur la population intérieure de la Chine pour stimuler la demande...

une portion significative du programme de stimulation de Pékin vise l'infrastructure et les programmes sociaux dans les régions rurales de la Chine.

On le sait la Chine a une machine industrielle gigantesque... est-ce que la population rurale aura assez de moyens pour absorber ce qui en sort?

Même lorsque les exportations étaient élevées, 75% des industries chinoises surproduisaient...

Mais pour revenir à la population rurale, aucun plan de stimulation économique ne pourra renverser l'impact d'une politique économique sur un quart de siècle qui visait à sacrifier les régions rurales de la Chine pour la croissance des centres urbains axés exclusivement sur l'exportation...

Et ironiquement, la montée en puissance de l'économie chinoise au cours des 30 dernières années a commencé avec les réformes rurales de Deng Xiaoping en 1978...

On permettait à chaque ménage d'avoir un bout de terre pour l'agriculture... chaque ferme pouvait garder une part des récoltes après avoir vendu un quotas au gouvernement à un taux fixe...

Les paysans pouvaient ensuite consommer ou vendre leur surplus au marché...

Du coup, les revenus du monde rural ont augmenté de 15% en moyenne par année...

Cet âge d'or est venu à une fin lorsque le gouvernement chinois a adopté sa stratégie de tout sacrifier pour une industrialisation rapide basée sur une urbanisation des côtes en vue d'exportations massives...

Cette stratégie, adoptée par le 12e congrès national du parti communiste chinois a été faite sur les épaules des paysans...

Donc une accumulation primitive de capital en coupant profondément dans les surplus des paysans...

On estime à 315 millions entre 1984 et 2004 le nombre de paysans qui ont été chassé de leurs terres pour faire de la place aux routes, aux aéroports, aux barrages, aux usines, etc.

Et en voulant se joindre à l'économie globale et se soumettre aux règles de l'OMC, la Chine a dramatiquement réduit l'aide agricole...

Tout ça pour ouvrir le marché mondial à ses exportations des zones industrielles côtières...

Mais là, en 2004, après des années à exporter de la nourriture, la Chine a enregistrer un déficit d'échange agricole.

La Chine se voit contrainte d'importer des produits agricoles... laissant des centaines de milliers de fermiers à leur sort...

Et pour être certain de bien planter les paysans, la Chine est en train d'instaurer une politique où il sera possible pour des gens plus fortunés d'accumuler des terres à grande échelle.

Créant ainsi le scénario que l'on voit trop souvent dans le monde : de grands propriétaires entourés de paysans sans terre qui n'ont rien.

Donc avec tout ça, faudra surtout pas compter sur les plus récentes annonces du gouvernement chinois visant à stimuler la demande paysanne pour relancer l'économie mondiale...


ESSAIS NUCLÉAIRES CORÉE DU NORD

Les tests nucléaires récents de la Corée du Nord ne font que mettre en lumière les dangers qui guettent un monde où la bombe atomique se répand et se multiplie.

Et oui, même s'il faut bien taper sur la Corée du Nord... faut surtout pas oublier l'existence du fameux Traité de non-prolifération nucléaire...

Ni l'obligation de tous les signataires du traité, incluant les EU, d'atteindre l'élimination totale de leur arsenal nucléaire.

La vraie question derrière l'essai nucléaire de la Corée du Nord est celle-ci : est-ce que la bombe atomique va continuer à être vu par des pays comme étant quelque chose à avoir à tout prix... ou est-ce que collectivement la planète peut les voir comme étant une menace à l'humanité toute entière?

Les ententes actuelles sur la non-prolifération sont passées date... ce qui est inquiétant, car ça pourrait mener à une multiplication du nombre de pays qui possède la bombe.

Dans le Traité de non-prolifération que tout le monde ignore, il est écrit dans l'article 6 que ceux qui n'ont pas d'armes nucléaires auront un accès à la technologie menant à l'énergie nucléaire... s'ils n'essaient pas d'obtenir la bombe en bout de ligne.

... et ceux qui ont la bombe réduiront leur stocks jusqu'au chiffre magique de zéro.

Il va sans dire que personne ne semble respecter le Traité.

Donc le message est clair pour des pays comme la Corée du Nord ou l'Iran : allez-y, développer la bombe atomique parce nous qui avons déjà la bombe n'avons pas l'intention de nous en débarrasser.

Alors, peut-être maintenant que le monde contemple la possibilité de voir la Corée du Nord et l'Iran, voire les Talibans au Pakistan armés de la bombe atomique...

Les obligations des puissances nucléaires actuelles de travailler vers l'abolition de leur propres bombes recevra l'attention nécessaire requise pour y arriver.


ECONOMIE ET CLASSE SOCIALE

Au cours des huit derniers mois, nos économistes et nos politiciens ont été concentré à trouver le moyen de sauver des banques et des grandes entreprises de la faillite.

Mais au cours des dix dernières années, nous avons collectivement ignoré les transferts massifs de richesse vers une minorité.

À un point où les membres de la classe des travailleurs peuvent de moins en moins consommer des biens et des services...

Ce qui mène à des cercles vicieux de mises à pied, une croissance du nombre de sans-emploi qui mène à encore plus de consommateurs qui ne peuvent pas acheter les produits et services d'entreprises qui surproduisent...

... Ce qui mène à d'autre renvois et encore moins d'argent dans les poches des travailleurs, etc.

Et en parallèle, un problème tout aussi dangereux est celui de la concentration de la richesse qui tue dans l'oeuf l'innovation nécessaire afin de créer de nouvelles industries...

... qui pourraient créer de nouveaux emplois et ainsi peut-être nous sortir du cercle vicieux...

Les très très riches, en général possèdent quelques maisons, des avions, des bateaux, etc.

Le problème c'est qu'ils ne peuvent justement pas acheter assez pour compenser pour les achats que des centaines de milliers de travailleurs ne peuvent plus faire parce que l'on a transféré la richesse vers le haut...

Les biens et services collectent la poussière, ce qui mène à une réduction de production et la fermeture d'usines, des faillites, etc.

Donc pour le bonheur de leurs patrons, ou pour eux-mêmes la plupart du temps, nos politiciens ont depuis les années 1990 tout fait pour tirer l'économie de marché capitaliste vers le bas...

Ils ont repoussé une redistribution de richesse, de la réglementation, des politiques économiques qui gardaient le système à flot...

Avec le résultat que l'on connaît aujourd'hui.

Et le plus triste, c'est que nous n'avons aucun bénéfice réel aujourd'hui à la suite de toutes ces années où l'économie baignait dans l'huile!

Trop de millionnaires et de milliardaires assis sur trop de milliards de dollars attachés à des yachts et des châteaux et rien pour des programmes sociaux ou l'innovation...

Nos entrepreneurs n'ont pas accès aux fonds nécessaires afin de créer, développer de nouvelles idées qui pourraient remettre les gens au travail...

et surtout, nous amener vers un virage vert qui pourrait nous sauver de l'apocalypse des changements climatiques...




RESSOURCES MONDIALES

Malgré le consensus scientifique soulignant l'urgence de s'attaquer aux causes des changements climatiques...

l'attachement idéologique de nos politiciens à la croissance économique menace de perturber toutes tentatives sérieuses de renverser les effets de la plus grande crise environnementale de l'histoire.

Les informations qui sortent en lien à la conférence de Copenhague sur le climat en décembre, supposé nous mener vers un post-Kyoto, nous indique que les émissions de GES continuent d'augmenter, accélérant du coup les changements de températures à un rythme plus qu'alarmant.

Devant ces faits scientifiques irréfutables, comment ça se fait que nos politiciens en font si peu pour réduire nos émissions de GES et d'attaquer de front les causes des changements climatiques?

La réponse est simple : ils ne peuvent tout simplement pas résister à l'influence des intérêts des riches et puissants... au point d'ignorer l'avènement d'une série de désastres écologiques aux conséquences sociales dévastatrices...

Il ne nous reste que l'action directe, dans la rue, afin de contre-carrer l'influence pesante des grandes entreprises qui empêchent nos politiciens d'agir avec la législation convenable.

Pour l'instant, la seule approche qu'ont trouvé les politiciens des pays riches pour contrer le réchauffement climatique c'est de protéger les entreprises avec des approches dites vertes qui génèrent des profits...

Et la compétition globale entre les nations fait en sorte que personne veut aller de l'avant avec des mesures radicales nécessaires, de peur d'être relayé à l'arrière de la course financière...

Et donc on préfère mettre le blâme, la culpabilité sur l'individu, on lui demande de changer ses ampoules et d'amener des sacs en coton à l'épicerie...

comme si d'aussi insignifiantes actions empêcheront les caps glaciers de fondre et de rendre les changements climatiques irréversibles...

Comme si planter des arbres ou acheter des produits verts fera quoi que ce soit pour nous sauver...

Le coeur du problème c'est les émissions de GES, et ça on ne semble pas vouloir vraiment y trouver une solution parce que ça l'affecterait la croissance trimestrielle...

Oui, l'engagement personnel c'est crucial, et des ajustements chez chaque personne, chaque ménage sont nécessaires, mais ces mesures chez les consommateurs n'ont pas la portée nécessaire et sont généralement possible que dans les pays les plus riches...

Ça prendrait des décennies d'adaptation de préférences des consommateurs afin de changer notre impact sur la planète... et encore c'est un pari, personne ne peut le garantir.

Nous n'avons tout simplement pas le temps de voir si ça marcherait de toute façon.

La seule stratégie qui marcherait serait pour les gouvernements du monde de cibler les sources des émissions de GES. Point.

Ça voudrait dire, entre autres, internaliser les véritables coûts de productions dans les prix des biens de consommation.

On pourrait faire une pierre deux coups et redistribuer assez les richesses pour permettre au plus grand nombre d'avoir accès à ces biens aux nouveaux prix qui représentent leurs véritables impacts sur la planète.

Au cours des 25 dernières années, l'économie mondiale a doublé, mais 60% des écosystèmes de la planètes se sont dégradés.

Les émissions de GES ont augmenté de 40% depuis 1990.

Les réductions nécessaires pour notre survie équivalent à 11 fois mois que la consommation moyenne des pays riches.

Il y a un consensus grandissant dans la communauté scientifique que la seule manière d'éviter le pire serait un changement radical de nos politiques vers les intérêts du public et l'environnement, bien au-dessus des intérêts des entreprises et leur marges de profits.

Il va sans dire que sans l'action immédiate du public et l'élimination des barrières idéologiques...

Nos gouvernements vont tout simplement nous mener sur les mêmes voie qui nous pousse présentement sur le bord du précipice collectif.

01 juin 2009

LA LEVÉE 27 MAI 2009

1. Les élections générales en Inde : cinq ans de stabilité politique et une nouvelle génération de leaders à venir...

2. L'offensive militaire dans la vallée du Swat : des milliers de Pakistanais paient les frais d'une absence de paix avec l'Inde

3. Les escadrons de la mort aux Philippines : une autre idée pour réduire la criminalité qui ne fait que l'inverse

4. Mourir pour que les riches puissent jouir : L'exploitation des travailleurs à l'Île du Bonheur aux Émirats Arabes Unies

5. Enfin un bon coup de René Préval en Haïti : l'augmentation du salaire minimum de grains de sésames à des pinottes

6. Dix ans plus tard , les Travaillistes ont rendu les britanniques totalement cyniques envers la classe politique



ELECTIONS INDE

Les résultats de la 15e élection générale en Inde valent la peine d'être commenté sur plusieurs aspects.


L'Alliance progressive unie, mené par le parti du Congrès, a gardé le pouvoir, et même que ça performance a défié beaucoup de prédictions.

Avec plus de 200 sièges remportés par le parti du Congrès, l'Alliance est à quelques sièges court de remporter une majorité absolue pour les 543 sièges au parlement indien.

Ce qui devrait permettre de créer un gouvernement de coalition qui durera les cinq prochaines années, sans cette fois-ci avoir recours à l'aide des petits partis marxistes.

Le parti du Congrès a fait des avances significatives dans le nord de l'Inde... les musulmans et les Hindous des bas fond du système des castes ont pu retrouver leur siège au parlement.

Donc la victoire de l'alliance progressiste unifiée, menée par Sonia Gandhi et le premier ministre Manmohan Singh

est venu malgré la colère et les critiques généralisées à la suite des massacres des attaques contre Mumbai en novembre dernier

Malgré la rhétorique des dirigeants du parti qui reflétait la gronde de la population, la décision de ne pas répliquer envers son voisin le Pakistan était une sage décision...

Et les candidats qui penchaient vers les extrêmes, ou des politiques axées sur leur caste seulement ont payé le prix...

Donc en sommes des élections qui devront plaire à la communauté internationale, surtout les EU et l'Europe...

Ils savent avec qui ils feront affaire au cours des 5 prochaines années.

Manmohan Singh demeure en poste comme premier ministre de l'Inde et Sonia Gandhi travaille derrière la scène pour garder l'Alliance intacte.

On a aussi constaté l'émergence de nouveaux leaders éduqués, dont Rahul Gandhi...

Et une nouvelle génération de dirigeants est nécessaire alors que l'Inde accroît son importance mondiale de semaine en semaine.

Dans une région aussi turbulente où de multiples crises s'entrelacent...

L'Inde s'est sortie de l'élection 2009 préparée pour affronter ses nouveaux défis.



PAIX PAKISTAN INDE

Les opérations de l'armée pakistanaise dans la Vallée du Swat est la plus sérieuse réponse contre les insurgés locaux taliban à avoir lieu au cours des 5 dernières années.

L'échelle de la campagne, et la catastrophe humanitaire qui s'ensuit sont immenses...

En deux semaines, plus de deux millions de civils ont fui la région, allant par dizaines de milliers vivre dans des camps de réfugiés sur des plaines torrides
Quelques 15 000 soldats combattent 5000 taliban cachés dans les montagnes ou dans des villages fortement minées

Les réfugiés, pris entre les lignes de feu des Taliban et l'armée pakistanaise affirment que des douzaines de corps s'empilent dans les champs et dans les canaux...

Et là, la population locale commence a en vouloir aux Talibans... qui historiquement avaient leur appui...

Et dans les camps de réfugiés, ceux qui appuient le plus l'opération militaire sont ceux ayant le plus souffert des Taliban : les femmes éduquées et la classe moyenne urbaine.

Mais parmi la classe pauvre rurale, la vaste majorité, on est encore ambivalent... pour plusieurs, la paix ne viendra que par l'implantation de la sharia, la loi islamique, et seuls les Talibans peuvent y arriver.

Donc à deux reprises au cours des 18 derniers mois, l'armée a sorti les Talibans d'une ville comme Mingora, juste pour les voir revenir...

c'est que le gouvernement pakistanais n'est pas très présent, alors facile pour les Talibans d'installer un système islamique et une milice.

Mais l'armée affirme que cette fois ci est la bonne, elle tiendra le territoire jusqu'au moment où des institutions civiques puissent être en mesure de gouverner.

Sauf que l'armée pakistanaise forte de 150 000 soldats est étendue sur cinq front

Et la seule manière de remporter le combat contre les Talibans seraient d'avoir des renforcements venant des 250 000 soldats stationnés dans l'est en bordure avec l'Inde...

Et ça n'arrivera certainement pas.

Depuis les événements à Mumbaï en novembre dernier, Islamabad et Delhi ont été en guerre froide...

La moitié de l'armée indienne formé d'un million de soldat se tient près de l'armée pakistanaise le long de la ligne d'armistice qui divise le Kashmir... le territoire réclamé par les deux pays depuis leur séparation...

Alors l'adversaire tactique du Pakistan pour le moment c'est le Taliban, mais l'adversaire stratégique demeure l'Inde.

L'armée pakistanaise va donc s'en prendre à ceux qui s'attaque à l'État, comme les Taliban au Swat ou les militants d'al-qaida ailleurs...

Mais n'a pas les ressources ni la volonté d'agir contre les taliban afghans qui ne cherche qu'un endroit d'où lancer ses attaques contre les EU et l'OTAN.

Il y a donc un élément clé dans la résolution des crises qui frappent l'Afghanistan et le Pakistan, et ça c'est la paix entre l'Inde et le Pakistan.


LES ESCADRONS DE LA MORT AUX PHILIPPINES

A quel moment le fait de fermer les yeux sur des massacres devient-il une forme d'encouragement ?

La question est d'actualité aux Philippines.

le pays s'est maintenant départi de la plupart des pratiques utilisées à l'époque de la dictature de Ferdinand Marcos.

Cependant, il a gardé au moins un legs des moments sombres de son histoire :

les exécutions clandestines, des pratiques dangereuses de gouvernance.

Jusqu'à récemment, la plupart des victimes étaient des membres et des activistes des partis de gauche ainsi que des journalistes et des ecclésiastiques sympathisants.

La condamnation par la communauté internationale a poussé le gouvernement à mettre un terme aux exécutions extrajudiciaires.

L'inexistence de poursuites contre les auteurs de ces crimes reste toutefois une source d'inquiétude.

Située au sud de l'île Mindana et troisième grande ville du pays,

Davao est le quartier général d'un escadron de la mort notoire.

des policiers actuellement en service ou d'autres qui ne sont plus dans le corps de même que des autorités locales choisissent leurs cibles et fournissent des armes de poing ou des armes blanches à des voyous sur place.

Enfourchant leur moto sans plaque d'immatriculation, les membres de l'escadron de la mort s'en prennent à leurs victimes en plein jour souvent dans des marchés animés.

Sans cacher leur identité, ils tuent froidement leur victime avant de repartir le plus naturellement du monde tout en sachant que la police informée au préalable de l'assassinat ne serait pas présente sur les lieux,

qu'elle prendra tout son temps pour s'y rendre et se limitera, au meilleur des cas, à une enquête pour la forme.

Les témoins sont trop effrayés pour identifier les membres de l'escadron de la mort par crainte d'être leurs prochaines victimes.

La présidente Gloria Macapagal-Arroyo, qui avait nommé Rodrigo Duterte comme conseiller pour la paix et l'ordre,

n'a commencé à affronter la triste réalité de l'existence des escadrons de la mort que tout dernièrement.

Malheureusement, face à un système judicaire inadéquat, nombreux sont les Philippins qui semblent accepter cette forme de brutalité pour faire face au problème de la criminalité dans leur pays.

Les exécutions sommaires sont à la fois des actes abominables et extrêmement dangereux.

Contrairement aux attentes, l'Escadron de la mort de Davao n'a pas permis de réduire le taux de criminalité.

Dix ans après le début de ses activités,

il a augmenté dix fois plus que la population à Davao.

Cette recrudescence n'est pas surprenante puisque le non-respect de la loi entraîne l'anarchie.

En outre, la police continue d'usurper le rôle de Dieu et d'être tentée de faire d'autres victimes parmi la population.

Les prétendus voyous d'aujourd'hui sont les ennemis politiques ou personnels de demain.

Comme l'a montré l'Amérique latine des années 80,

les activités liées aux escadrons de la mort peuvent non seulement ravager un pays, mais aussi instaurer un climat d'insécurité.

La présidente Gloria Arroyo a fait un premier pas, ce mois-ci,

en ordonnant de faire la lumière sur les [assassinats perpétrés par des milices],

suivie de son influent secrétaire exécutif, Eduardo Ermita, qui a déclaré que la « criminalité est un malaise social qui ne pourra jamais être réglé par des exécutions de ce genre »,

exécutions qu'il a qualifiées d'« illégales » et d'« immorales ».

La question qui se pose maintenant est celle de savoir si le gouvernement philippin donnera suite à ces déclarations fermes,

ouvrira des enquêtes rigoureuses et poursuivra les instigateurs de ces crimes.


ILE DU BONHEUR


Emirats Arabes Unis : Les travailleurs qui construisent « l’Ile du bonheur » sont régulièrement exploités

Des milliers de travailleurs migrants originaires de l'Asie du Sud qui œuvrent à l'aménagement d'une île pour 27 milliards de dollars américains aux Emirats Arabes Unis

sont confrontés à une grave exploitation et à des abus, qui dans certains cas équivalent à du travail forcé

Les agences de recrutement, les entreprises du bâtiment, et les lois répressives sont responsables de ces abus.

si le gouvernement des EAU s'est attaché à améliorer les conditions de logement et à garantir le paiement régulier des salaires ces dernières années,

nombre d'atteintes aux droits du travail demeurent courantes.

Abou Dhabi, capitale des EAU, espère faire de Saadiyat Island (« l'Ile du bonheur ») une destination touristique internationale.

L'île, peu élevée au-dessus du niveau de la mer,

comptera quatre musées et une salle de spectacles conçus par des cabinets d'architecture de renommée mondiale

un cycle d'abus qui laisse les travailleurs migrants lourdement endettés,

mal payés et dans l'impossibilité de défendre leurs droits ou même d'abandonner leurs emplois.

Le gouvernement des EAU et les autorités chargées du développement de l'île de Saadiyat ne se sont pas attaqués aux causes profondes des abus commis contre les travailleurs :

des frais de recrutement illégaux, de fausses promesses de salaires,

et un système de parrainage qui donne pratiquement à l'employeur les pleins pouvoirs sur ses travailleurs.

Afin d'obtenir les visas nécessaires pour travailler dans les EAU,

presque tous les travailleurs que Human Rights Watch a interrogés sur l'île de Saadiyat ont payé des frais importants à des « agences de recrutement » dans leurs pays d'origine,

qui sont engagées pour fournir des travailleurs aux entreprises du bâtiment dans les EAU.

Du fait que ces agences leur ont promis de bonnes conditions d'emploi aux EAU,

de nombreux travailleurs ont vendu leur maison ou leur terre,

ou bien emprunté de l'argent à des taux élevés d'intérêt pour payer les frais d'agence.

les travailleurs endettés -dont beaucoup sont illettrés- doivent signer des contrats avec les entreprises du bâtiment avec des conditions bien pires que celles qu'on leur avait promises chez eux.

Les travailleurs n'ont pratiquement aucun recours contre les agences qui les ont trompés avec de fausses promesses de bons salaires et des frais de recrutement abusifs.

Les lois des EAU interdisent aux agences de faire payer aux travailleurs de tels frais.

Les agences sont censées les faire payer aux entreprises, mais la loi n'est pas appliquée.

Les travailleurs se retrouvent devant le choix d'abandonner leur emploi alors qu'ils doivent encore des milliers de dollars pour les frais de recrutement illégaux,

ou de continuer à travailler dans des conditions qui relèvent de l'exploitation.

Ils se sont plaints pratiquement tous de bas salaires et de soins médicaux médiocres.

Les travailleurs ne peuvent pas non plus réclamer effectivement de meilleurs salaires ou de meilleures conditions de vie,

puisque les lois des EAU ne protègent pas les droits fondamentaux de former des syndicats, de négocier collectivement ou de faire grève.

Certains travailleurs ont fait état de conditions qui équivalent à du travail forcé :

leur employeur a menacé de leur imposer une lourde amende s'ils essayaient de démissionner avant d'avoir travaillé pendant deux ans,

ce qui les a de fait obliger à rester sur « l'Ile du bonheur »

Les musées et New York University devraient insister pour que leurs partenaires locaux de développement garantissent les droits fondamentaux des travailleurs,

qui devraient inclure au minimum le remboursement des frais de recrutement illégaux,

des contrats officiels dans leur langue maternelle signés avant leur arrivée aux EAU,

et le droit de grève et de négocier collectivement ...


SALAIRE MINIMUM HAITI

On ne peut qu'applaudir la décision de l'administration Préval en Haïti d'augmenter le salaire minimum de 70, 1,75$ à 200 Gourdes, un peu plus de 5$ par jour.

Par contre, l'augmentation a été vivement opposée par le patronat Haïtien.

George Sassine, entre autres, président de l'association des industries d'Haïti a averti que cette augmentation se fait au prix de dizaines de milliers d'emplois.

Il affirme qu'une augmentation similaire au Cambodge a été désastreuse.

Mais on peut bien se demander de quoi parle M. Sassine sachant que l'économie cambodgienne a augmenté de 11% par année depuis l'augmentation du salaire minimum en 2004.

Tout ça parce que les travailleurs, surtout ceux qui gagnent le salaire minimum ont tendance a consommer plus rapidement dans l'économie locale...

Ce qui stimule la production locale et l'emploi en conséquence...

Et donc on s'entend qu'un salaire minimum de 5$, 200 Gourdes par jour ce n'est absolument rien...

Mais des gens comme Georges Sassine s'y oppose car c'est exactement comme ça qu'ils font leur argent : par l'exploitation du travail de leur concitoyens.

Et en termes réels, le salaire minimum de 70 gourdes était en fait plus bas qu'il y a 25 ans.

Rappelons aussi que l'ex président Jean-Bertrand Aristide sorti par deux coup d'État en 1991 et 2004 a rencontré de la vive résistance des industriels lorsqu'en 1995 il a augmenté le salaire minimum de 15 à 36 gourdes par jour

Même chose en 2000 lorsqu'il imposa une nouvelle augmentation à 70 gourdes.

Mais somme toute faut souligner que Haïti demeure une société rurale et agricole et que le besoin le plus urgent est de revoir les fortunes des paysans.

Au cours des 30 dernières années les pressions internationales ont forcé Haïti à réduire ses tarifs et d'ouvrir ses marchés au monde.

Ce qui a poussé les populations rurales à quitter leurs terres et de se rendre dans les bidonvilles urbaines.

Et après avoir satisfait les élites locales et étrangères sur plusieurs fronts, l'administration Préval a enfin eu assez d'espace pour augmenter le salaire minimum... au moins...

C'est quand même une étape positive pour un gouvernement qui a été fortement critiqué aux cours des derniers mois pour ne pas avoir tenu d'élections légitimes au sénat et son incapacité à améliorer sa performance du côté des droits humains fondamentaux.



POLITIQUE BRITANNIQUE

Plus d'une décennie après l'entrée au pouvoir des Travaillistes en Grande-Bretagne, promettant du leadership éthique et de la transparence publique.

Le parti s'apprête à quitter le parlement avec un électorat qui manque plus que jamais de respect pour les politiciens et leur service au public.

Les Travaillistes sont en chute libre, la classe politique au complet est en disgrâce.

Le premier ministre actuel, Gordon Brown pourrait aussi bien couler avec le bateau lors des prochaines élections générales qui devront avoir lieu cette année.

... ce qui pourrait mettre les Conservateurs à nouveau au pouvoir, donc un retour à la droite pour la GB pour peut-être un autre 10 ans.

Et la source de la crise actuelle est le scandale qui a cours concernant des membres du parlement qui réclament à l'État des dépenses qui devraient être privées.

Je vous épargne la liste des dépenses, mais ça part du vulgaire pour aller au vénal, à l'avarice pure et simple.

Un récent sondage du Times de Londres révèle donc un cynisme accru envers l'institution politique... plus de 80% trouve que les dépensent extravagantes démontre à quelle point la classe politique ne pense qu'à elle-même.

Et 4 électeurs sur 5 se fout complètement du fait que l'écrasante majorité des députés affirment que les dépenses ont été permises en dit beaucoup.

Il est étonnant que le scandale qui fera tomber les Travaillistes sont des dépenses frivoles qui coûtent tout au plus quelques millions de livres aux payeurs de taxes...

Alors que le public a été capable de vivre avec une guerre illégale contre l'Iraq qui a coûté des centaines de milliers de vies et des milliards de livres par semaine...

21 mai 2009

LA LEVÉE 20 MAI 2009

1. La violence de L'État sri lankais contre les Tigres tamouls : la preuve irréfutable que la solution militaire est toujours la pire

2. Pas de prêts sans souffrances : la Lettonie et la Turquie paient les frais de l'intransigeance du Fond Monétaire International

3. Une suite possible de l'implication militaire du Canada en Afghanistan au-delà de 2011 : tout à voir avec les pipelines et rien avec la libération des femmes

4. Scénario apocalyptique pour la planète en 2099 : les mangeurs de viande et leur responsabilité indéniable envers le réchauffement climatique


TIGRES TAMOULS


Pas longtemps après que le président Rajapaksa du Sri Lanka ait déclaré victoire dimanche dernier un porte-parole des Tigres de libération de l'Eelam Tamoul admettait la défaite du groupe de résistance.

Les événements des derniers mois au Sri Lanka menaient inévitablement vers le dénouement que nous connaissons en ce moment...

Il y a eu beaucoup d'avertissements comme quoi des massacres de civils ont eu lieu.

Avec un gouvernement obsédé par le contrôle de l'information et les Tigres doué dans la fabrication propagandiste, il est difficile de savoir précisément ce qui est arrivé dans le conflit.

Mais il y a peu de doute, par contre, que le triomphe du gouvernement sri lankais est venu à un haut prix en termes de vies humaines.

Les civils tamouls, pris au piège entre les Tigres et les forces armées, a subi le plus les effets du conflit.

Et maintenant que le dommage est fait, la politique sensible serait de lancer immédiatement une initiative politique visant à adresser les problèmes pressants de la population tamoul ainsi que de rétablir les injustices qui les affectent depuis très longtemps.

Pour une mise en contexte, disons que le conflit actuel a commencé en 1983 lorsque les Tigres avaient déclaré la guerre au gouvernement à la suite de pogroms anti-tamil de la part d'extrémistes cingalais.

Mais les origines des différences et de la méfiance entre la majorité cingalaise et la minorité Tamoul trouvent leurs racines dans l'époque coloniale.

Où la GB avait choisi de privilégier la minorité tamoule, plus éduqué... ce qui a causer du ressentiment du côté de la majorité.

Et après l'indépendance de 1948, ça n'a pas pris de temps avant que la majorité a cherché à remettre les pendules à l'heure

Et comme ça l'arrive souvent dans ces cas là, la majorité est allée trop loin... chassant une partie importante des Tamouls vers l'Inde, et ceux qui sont restés n'ont pas eux leur citoyenneté sri lankaise avant des décennies.

Mais tout ça pour dire que bien des méthodes utilisées par les Tigres n'étaient pas justifiées... comme l'utilisation de voitures piégées à la bombe tuant des civils, leur cause, elle, se défend très bien.

Et un certain niveau d'autonomie et une législation anti-discrimination auraient suffi à empêcher le conflit

L'idéal pour le Sri Lanka serait de créer une nation diversifiée et juste envers les minorités, mais on a plutôt été vers la guerre civile et la loi de la force militaire...

On en reparle.

***

L'armée sri lankaise contrôle maintenant presque tout le territoire qui appartenait aux Tigres de libération de l'Eelam Tamoul.

Les dirigeants du mouvement d'insurrection et ses soldats, en plus de 50 000-100 000 civils tamouls sont enfermés dans un bout de terre dans le nord-est du pays, entourés par l'armée sri lankaise.

Le 11 mai dernier, le secrétaire général des nations unies a condamné l'armée pour avoir utiliser des armes lourdes dans la zone et les tigres pour leur manque de respect flagrant pour la sécurité des civils.

On accuse aussi le gouvernement de chercher à tout prix une solution militaire au conflit plutôt que politique...

L'État cherche donc à capturer ou tuer les dirigeants des Tigres et ils ont démontré être capable de tuer des milliers de civils dans cette quête là.

Pourtant, il y a des solutions pacifiques, tels qu'une forme d'entente fédérative et une forme d'autonomie dans la région à majorité tamoule dans le nord et le nord est...

Le problème c'est que ni l'État sri lankais, ni les puissances régionales telles que l'Inde, le Pakistan et la Chine et ni les ÉU ne sont intéressées par ces solutions.

C'est que le nord et le nord est représentent des territoires désirés par des compagnies multinationales pour des mégaprojets agricoles et touristiques.

Alors maintenant que l'armée se déplace vers le nord, il complète les effets du tsunami de 2004 : enfermer les communautés tamoules dans des camps d'internement.

Le Sri Lanka est un pays qui compte près de 21 millions de personnes, dont 74% sont Cingalais... trois millions sont Tamoul et une autre million sont des tamouls indiens

Ils ont une histoire différente sur l'île... à l'époque pré-coloniale, il y avait des royaumes tamoul et cingalais qui avaient peu d'interaction et pratiquement pas de conflits armées...

Mais la colonisation britannique à transformer cette société complexe en plantation impériale... subordonnant les cingalais en travailleurs des champs, important un grand nombre de tamouls de l'Inde pour la même raison...

La GB a déplacé 80 000 cingalais vers l'est, où les tamouls représentaient 40% de la population... les tamouls forment 86% de la population au nord.

On fait un saut à l'époque moderne, de 1977 à 1983, la situation économique du pays s'est dégradée sous le régime du FMI et de la BM... le contrôle des prix et les subventions agricoles avaient été éliminés...

Ce qui a mené au début du conflit armé en 1983.

Et le tsunami a tué 30 000 personnes, détruisant du coup aussi le 2/3 de l'industrie de pêche et ceux qui ont été le plus affecté sont les tamouls et les musulmans

Maintenant la population tamoule croupit dans des camps et les dangers qui les guettent ne vont que s'empirer sans une solution politique.

UN cessez-le-feu et des discussions pourraient donner une chance au pays d'adresser le problème systémique de la violence structurelle qui affectent l'ensemble de la société, mais les tamouls en particulier.

Sinon, ce n'est qu'un autre bain de sang qui est préparé dans une tentative de compléter les effets du tsunami : enfermer des peuples dans des camps, et remettre leurs terres au pillage.



FOND MONÉTAIRE INTERNATIONAL

La Turquie et la Lettonie ont fait la nouvelle la semaine dernière, les deux pays s'étant joint aux gouvernements dont les prêts venant du FMI sont retenus parce qu'ils trouvent ça politiquement impossible de se plier à ses programmes d'ajustement structurels.

Le FMI trouve que ces mesures sont justifiées et nécessaires.

Mais le FMI a une longue histoire, datant de décennies maintenant, d'imposer des conditions nuisibles aux pays qui lui emprunte de l'argent.

La Lettonie a perdu 200 millions d'euro au mois de mars pour ne pas avoir suffisamment coupé son budget.

Le gouvernement voudrait monter un déficit budgétaire de 7% de son PNB cette année afin d'arriver à payer ses programmes sociaux, mais le FMI veut que ça se limite à 5%.

Rappelons que la Lettonie coupe déjà son budget de 40% et planifie de fermer des hôpitaux et des écoles dans le but d'atteindre les objectifs imposés par le FMI.

Le PNB de la Lettonie a chuté de 18% au premier quart de cette année, après une baisse de 10,3 % au quart précédent... les pires déclins au monde.

Ce qui indique que la prescription d'austérité imposée par le FMI est encore une fois tout à fait inapproprié... le but du FMI lors de sa création était de rendre l'ajustement aux périodes difficiles plus facile, et non pas d'empirer les choses.

Pourtant le FMI est capable des fois d'un peu de jugement, on a choisi de ne pas demander des coupes budgétaires au Pakistan.

Car ralentir l'économie du Pakistan à une période de crise économique globale ne serait peut-être pas la meilleure idée vu l'instabilité politique là-bas.

Mais la Lettonie n'a pas des bombes atomiques à porter de main de groupes armés fondamentalistes.

Ailleurs, le FMI impose ses conditions qui ralentiront le rendement économique et l'emploi dans des pays où l'économie s'écroule à vue d'oeil.

Le FMI est directement contrôlé par Washington... il serait temps d'éradiquer cette institution financière et de recommencer à neuf avec autre chose qui ne détruit pas systématiquement des économies, ruinant la vie de millions de personnes dans son sillon.



LA VÉRITABLE RAISON DE NOTRE PRÉSENCE EN AFGHANISTAN

Je vous ai déjà parlé de la guerre des pipelines d'eurasie, dans les champs d'hydrocarbures s'étendant de l'Iran à l'océan pacifique.

En suivant ces véritables veines énergétiques on peut très facilement percevoir la vérité derrière les conflits et les grandes manoeuvres stratégiques des puissances régionales et mondiales comme la Chine et les ÉU.

Je vous avais parlé de l'OCS, l'organisation de coopération de Shanghai... la réponse de l'Asie à l'OTAN.

Et les pipelines de l'IPI (Iran, Pakistan, Inde) et du TAPI (trans-Afghanistan)

Le pipeline BTC pour Bakou-Tbilissi-Ceyhan, le plus long au monde qui mesure 1800 km qui transporte du pétrole brut de la mer caspienne à la Turquie en passant par la Gerogie.

Le BTC qui était supposé changer la donne en contournant pour Washington en contournant l'Iran et la Russie.

Le grand jeu tourne maintenant autour de l'Afghanistan et du Pakistan... et les pipelines sont les causes directes de l'implication militaire dans laquelle le Canada s'est embarquée.

Une course est en cours pour connecter le golfe persique, le centre de l'Asie, le sud de l'Asie, la Russie et la Chine... ce qui rendrait cette région là du monde indépendante des pétrolières de l'ouest.

Le grand prix c'est les grands champs de gaz au sud de l'Iran où il y aurait 9% des réserves mondiales... ensemble, la Russie et l'Iran contrôle 20% des réserves mondiales en pétrole et 50% en gaz naturel.

Sur la table maintenant, le pipeline IPE valant 7,6 milliards et qui traverserait l'Iran le Pakistan et l'Inde.

Raison pour laquelle ces pays ont été invité à se joindre à l'organisation de coopération de Shangai dont les membres fondateurs sont la Russie et la Chine.

La Chine qui a une relation privilégié avec l'Asie centrale car, contrairement à la Russie et les EU, n'a pas de passé impérialiste avec eux.

On compte donc construire un pipeline qui traverserait le Turkménistan, la Kazakhstan vers la Chine... ce qui en ferait le plus long et plus dispendieux au monde : 7000 km pour 26G$.

Et lorsque la Chine a signé le contrat, on a pris soin de mettre une provision au texte statuant que les EU ne peuvent absolument pas avoir de présence militaire dans les pays partenaires.

Et bien sûr la relation entre la Russie et la Chine s'améliore avec l'extension du pipeline de l'est de la Sibérie vers la côte du pacifique de la Chine d'ici 2010.

Ce qui sera intéressant maintenant c'est de voir comment l'équipe de l'administration Obama cherchera à contrecarrer la stratégie russe avec son pipeline de la mer caspienne.

... et comment on compte répondre à la Chine et l'Iran avec la question centrale de l'Afghanistan où l'implication de l'OTAN a tout à voir avec des pipelines, sous prétexte de faire la guerre au terrorisme et la libération des femmes.

Le but c'est de prendre le contrôle de la mer noire à l'ouest de la Chine en implantant une chaîne de bases militaires et de gouvernements pantins en Asie centrale afin de sécurisé le corridor énergétique eurasien.

L'Afghanistan, rappelons-le, se situe exactement au milieu du chemin liant le Caucase à l'ouest de la Chine.

En plus, on croit que l'Afghanistan est assis sur des dépôts inexploités d'hydrocarbures, de charbon, de cuivre, de chrome, de plomb, de talc, de zinc, en plus de pierres précieuses.

Et de leur côté, le Turkménistan, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde ont signé une entente pour leur propre pipeline, le TAPI... qui pourrait livrer du gaz naturel du Turkménistan aux autres pays sans passer par l'Iran ou la Russie.

... et les Talibans voudront certainement avoir une part de cette action là.

Donc dans les prochaines années, on verra une rivalité accrue entre l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord contre l'Organisation de coopération de Shanghai et qui sera en mesure de contrôler le débit des hydrocarbures à travers ses propres pipelines.

Et à la fin, ça sera à qui entre les ÉU et la Chine sera capable de mieux placer ses pions pour siphonner ce qui reste d'énergie fossile dans le monde.



L'APOCALYPSE DES CARNIVORES


Pour ceux qui osent y penser, le Terre en 2099 n'ira pas bien : des conflits monstres entre les population, des migrations massives, de nouveaux vastes déserts, des villes à l'abandon.

Cette histoire est celle de la Terre qui connaît un réchauffement global de 4C... et si ça l'arrive le monde que l'on connaît en ce moment sera méconnaissable.

Nous aurons des mers chaudes et acides qui ne pourront plus supporter la vie aquatique.

Un grand nombre de régions agricoles seront inondées ou désertiques et ne pourront plus nourrir leur population.

Et les seuls endroits qui auront assez de ressources pour faire vivre des humains seront dans les plus hautes latitudes de la planète.

Imaginez un monde comme celui là pour 9 milliards de personnes... tous en mouvement pour trouver les dernières parcelles habitables de la planète.

Ce qui faire dire à certains chercheurs qu'en 2099 il ne restera qu'un milliards d'humains.

Je ne trouve pas l'image d'un milliard d'humain se battant parmi les ouragans déchaînés et des océans stériles particulièrement réjouissante... et tout ça que dans 90 ans?

Là le problème du réchauffement climatique n'est plus seulement qu'une question d'augmentation de la fréquence des ouragans et des été plus chauds... nous sommes en route directe pour un cataclysme global qui est absolument terrifiant à envisager.

Et une des contributions les plus directes que nous pouvons faire pour empêcher ça, outre le fait de se débarrasser de la voiture personnelle comme forme de transport, serait sans contredit de changer nos habitudes alimentaires.

Dans des conférences récentes à Londres et à Paris, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a souligné que l'industrie de la viande est une des causes principales du réchauffement climatique.

Le Union of Concerned Scientists a pour sa part conclu dans un rapport que les États riches doivent absolument cesser de faire la promotion et de couper les subvention à l'industrie carnivore...

Faut dès maintenant faire la promotion de régime végétarien dans les écoles et envers le public en général.

Et nous devons tous, chacun, prendre en charge notre part de responsabilité...

Manger autant de viande qu'on le fait en ce moment contribue à 40% de plus de GES que toutes les formes de transports à base d'hydrocarbures combinés.

Qu'est-ce que ça vous demanderait vraiment de réduire du 2/3 votre consommation de poulet, de porc, de boeuf et d'autres produits animaliers par semaine?

Si vous n'êtes pas convaincus, un récent article du New Scientist indique que les changements climatiques s'accélèrent... et le monde désertique et extrêmement violent que je décrivais pour l'an 2099 pourrait être ici beaucoup plus rapidement...

On parle dans l'article scientifique de changements radicaux et dévastateurs pour aussi tôt que 2050.

Ce n'est que dans 41 ans, aussi bien dire... demain!

LA LEVÉE 13 MAI 2009

1. Non, il n'est pas le Sauveur : recrudescence de la violence en Irak sous Obama

2. Chicane de voisins : la souveraineté du Venezuela et la guerre sale en Colombie

3. Ça se passe sous nos yeux en ce moment : le nettoyage ethnique à Jérusalem

4. le mythe du développement économique des pays pauvres et les racines de la famine au 21e siècle

5. En 10 étapes difficiles : comment perdre du poids raisonnablement



VIOLENCE EN IRAK

À travers l'histoire, ceux qui dans les pays occupés par des forces étrangères, collaborent avec les envahisseurs de leur pays finissent par être abandonnés, ou tués.

Et l'occupation de l'Irak c'est la même chose... on peut voir en moment où peut mener la collaboration.

Le Sahwa, une milice de 100 000 personnes d'origine sunnite formée en grande partie d'ancien combattants que les EU ont créé afin de combattre al-qaida en Irak et... pour un certain montant d'argent par mois, réduire aussi les attaques contre les forces occupantes...

Le Sahwa, a qui on avait promis des emploi au gouvernement soit dans la sécurité ou le service civil, a été totalement trahi par Washington et son gouvernement pantin à Bagdad.

Au lieu d'obtenir un emploi tel que promis, ils ont été la cible récente des militaires irakiens, et des fois même de l'armée américaine... ce qui les a ouvert à des attaques venant même d'al-qaida.

Le résultat prévisible a été la violence en montée des derniers mois.

Une hausse lente mais certaine du nombre d'attaques contre les forces armées irakiennes et états-uniennes, et la montée spectaculaire des attaques de voitures à la bombe surtout dans les régions chiites tuant des dizaines de civils chaque fois.

La solution évidente pour l'administration Obama maintenant serait de mettre de la pression sur son gouvernement pantin à Bagdad et remplir ainsi leur promesse d'incorporer les Sahwa dans leur rangs.

Tout en mettant de la pression aussi sur le premier ministre Maliki de cesser ses attaques sur le Sahwa et ses dirigeants.

L'armée américaine savait, lorsqu'elle a formé le Sahwa au milieu de 2006, que la plupart de ses membres étaient soit des anciens combattants de la résistance ou des membres même d'al-qaida.

Mais des promesses ont été faites à ces hommes que s'ils prenaient un salaire de 300$ par mois, promettant ainsi de mettre fin à leurs attaques sur les forces occupantes, que l'on allait leur remettre l'amnistie de la part du gouvernement irakien

Mais l'armée américaine jouait un rôle : celui du bon policier, offrant l'immunité et de l'argent au Sahwa, mais le gouvernement Maliki promettait qu'aucune immunité ne serait remise et les attaques ont donc du coup recommencé.

Donc la violence à travers le pays continue.

On peut lire quotidiennement que des dizaines d'Irakiens meurent sous les attaques de l'armée irakienne... et le gouvernement Maliki semble bien déterminé à éliminer le plus de membres de Sahwa que possible.

Et au même moment, au cours des derniers mois, le nombre de soldats américains tués en Irak augmente.

18 soldats le mois dernier, ce qui en faisait le mois le plus violent envers les forces occupantes depuis septembre dernier.

Les groupes sahwa autour de Badgad et d'autres régions de l'Irak rapportent que près de 50% de leur membres quittent leurs postes pour rejoindre la résistance... d'autres sources indiquent 75%.

Maintenant, ça va prendre un certain temps pour voir de nouveaux groupes de résistance naître des cendres du Sahwa.... mais sporadiquement, tout en augmentant, les attaques contre les soldats américains vont continuer

et le peuple irakien, qui sont les premiers à subir les mauvaises politiques de Washington en Irak, continueront de mourir par centaine avec chaque semaine qui passe...


VENEZUELA ET COLOMBIE

En réponse à la demande du gouvernement colombien que des institutions politiques internationales se joignent à eux afin de capturer des troupes de guérilla s'étant apparemment caché sur le territoire vénézuélien...

Le ministre des relations étrangères du Venezuela à tourner la demande au ridicule, affirmant que le conflit des guérilla est une question strictement colombienne.

... du même souffle il a ajouté que les insurgés capturés sur le territoire du Venezuela devront répondre aux autorités du pays.

Hugo Chavez a ajouté que le Venezuela ne permettra pas d'incursions armées dans le pays, peu importe d'où elles viennent, protégeant ainsi la souveraineté nationale.

C'était un avertissement direct à l'armée colombienne de ne pas lancer des attaques à l'extérieur de ses propres frontières, comme elle l'a fait l'an dernier en bombardant un campement du FARC en Équateur, ce qui avait causé beaucoup de remous diplomatiques ensuite.

Dimanche dernier, le président Uribe de la Colombie a demandé que l'Organisation des États Américains, l'union des nations sud américaines, le groupe de Rio et d'autres institutions politiques régionales de s'investir dans la capture des guérillas.

Et lundi, le lendemain donc, le ministre des relations étrangères du Venezuela a vertement rejeté l'appel.

Mais il a conclu en affirmant que le gouvernement et le peuple du Venezuela seraient prêts à participer à toutes initiatives ayant le but sincère d'atteindre la paix.

Durant ce temps là, les services d'immigration du Venezuela remettaient cinq guérillas colombien de l'Armée nationale de libération aux autorités colombiennes.

Et pour qui prend la peine de vérifier, le Venezuela a été constant dans sa démarche d'appuyer un accord de paix humanitaire au conflit qui dure depuis 50 ans en Colombie.

La Colombie ferait mieux de suivre l'exemple et chercher à mettre des ponts en place pour bâtir la paix, plutôt que de demander aux pays des amériques de contribuer militairement à éradiquer les insurgés de gauche qui prennent des innocents en otages pour atteindre leurs fins.


NETTOYAGE ETHNIQUE A JERUSALEM

Un rapport publié récemment par les Nations Unies confirme ce que beaucoup d'activistes des droits humains ont déjà constaté :

Au moins 60 000 palestiniens de l'est de Jérusalem font face à une éviction de leur demeure par les autorités israéliennes.

Pourtant cette histoire a reçu peu de couverture des médias, et encore moins de condamnations de la communauté internationale.

Depuis l'invasion israélienne dans l'est de Jérusalem en juin 1967 l'intention était claire : annexé Jérusalem à Israel.

Et ce, malgré les protestations globales et une flagrante violation de la loi internationale.

Afin d'effectuer l'annexion, l'occupation israélienne a mis de la pression constante sur les Palestiniens afin qu'ils quittent les lieux par eux-mêmes.

La pression a inclus des moyens comme encourager les Israélien à s'installer dans la partie palestinienne de la ville, tout en évitant de construire des nouvelles maison pour le peuple palestinien.

Le truc utilisé en ce moment par le gouvernement israélien est d'affirmer que les Palestiniens vivent dans des maisons illégales, étant incapables de fournir des preuves légales de droit de construction.

Ils discutent donc avec des gens qui habitent leurs maisons depuis des décennies.

La stratégie consiste même à fouiller dans des archives de l'époque de l'empire Ottoman qui a pris fin après la première guerre mondiale en 1918, afin de déterminer les droits de propriété.

Le gouvernement israélien, bien sûr, niera qu'il a l'intention de faire du nettoyage ethnique avec la population palestinienne... il est supposé être le modèle de la démocratie au Proche-Orient!

La réalité est que ce que le gouvernement israélien fait dans l'est de Jérusalem fait partie d'une stratégie plus large d'occupation de l'ensemble des territoires palestiniens.

Le tout dans l'intention de les chasser des meilleures terres ou l'accès à l'eau et les sols fertiles et d'y installer des colonisateurs israéliens.

Nonobstant notre point de vue de l'histoire, le développement d'Israel et son conflit avec les Palestiniens...

le fait premier est que le gouvernement israélien continue de violer la loi internationale sans mêmes avoir peur de subir des sanctions.

Une pression globale doit être organisée afin de pousser les entreprises et les gouvernements du monde qui sont complices de cette activité criminelle du gouvernement israélien à revoir leur politique.

Car le silence face à un nettoyage ethnique est tout simplement inacceptable.


LE MYTHE DU DEVELOPPEMENT

Récemment, l'aide au développement aux pays d'Afrique a commencé à être vertement critiquée par les Africains eux-mêmes.

Quelques auteurs ont sorti des essais dans la dernière année... si ça vous intéresse vous pouvez m'écrire je vous donnerai quelques titres...

Et avec raison, le triste état dans lequel se trouve l'Afrique en ce moment n'est pas du au piètres performances des marchés africains...

Le foutoir dans lequel se trouve les Africains a surtout ses origines dans les politiques et conditions (incluant la libéralisation, la privatisation et les marchés libres) imposées par les donateurs occidentaux et les organisations multilatérales qui ne bénéficient qu'une élite au dépends de la majorité.

Les politiques économiques, surtout celles imposées par les institutions de Bretton Woods, les piliers du consensus de Washington... sont les premiers à blâmer pour la croissance de la pauvreté et de l'inégalité en Afrique.

Depuis la naissance des Nations Unies en 1945, le développement a été une vache sacrée parmi les pays riche, une idéologie que personne n'a pu remettre en question.

Il n'y a pas si longtemps, le grand intellectuel Ivan Illich a osé questionner l'efficacité réelle du développement, ce qu'il qualifiait justement de pauvreté planifiée, mais on l'a rapidement mis de côté.

Mais les résultats aujourd'hui, 30 ans plus tard, sont là pour nous montrer qu'il avait parfaitement raison.

Se sont surtout les échecs et la criminalité qui ont été les résultats constants du développement.

Au point même où certains affirment que ce n'est pas l'échec du développement que nous devons craindre, mais plutôt sont succès.

Le développement est donc moins un projet socio-économique qu'un véritable mythe basé sur une idéologie au service d'intérêts qui cherchent à s'enrichir avant tout.

L'aide au développement venant de l'Occident à contribuer à éliminer les droits souverains des pays africains de développer eux-mêmes leur politiques socio-économiques.

Rendant les gouvernements corrompus, des bénéficiaires de l'aide internationale plutôt que des participants actifs dans le progrès et le bien-être de leurs pays.

Les gouvernements post-coloniaux d'Afrique ont été corrompus, contribuant ainsi à l'enlisement de leurs pays.

Le développement n'est qu'un autre mot pour du colonialisme qui peut être vendu sans avoir l'air oppressant.

Les modèles de développement imposés par la Banque mondiale et le FMI et les agences d'aide n'ont rien fait d'autre que contribuer à accroître la richesse de quelques uns en appauvrissant les masses.

La preuve, ceux qui reçoivent le plus d'aide sont ceux qui sont le plus mal en point : comme l'Ethiopie et la Tanzanie qui sont parmi les pays les plus pauvres du monde même après 40 ans d'aide au développement!

En fait, la majorité des pays africains sont plus pauvres maintenant qu'à la fin des années 1980.

Et malgré des taux de croissance impressionnants dans certains pays, les résultats ne se rendent jamais aux groupes les plus pauvres.

Plus de 60% de la population au sud du Sahara vivent dans des bidonvilles.

L'urbanisation rapide et les effets des programmes d'ajustement structurels de la banque mondiale et du FMI au cours des années 1980-1990 ont réduit les contributions de l'Etat aux infrastructures et aux services sociaux de base dans les centres urbains.

Et à la fin, la croissance rapide des populations des bidonvilles démontre à quel point les institutions gouvernementales ont été handicapées par le développement occidental.

Tout ça n'arrêtera que lorsque ces gouvernements prendront plutôt l'approche que l'on voit apparaître en Amérique latine : la fin de la dépendance au FMI et le retour à l'allocation de fonds aux services de base et aux infrastructures.

Mais tout ça ne pourra fonctionner qu'en s'attaquant à la corruption généralisés de l'élite africaine.

La fin de l'industrie du pseudo développement n'aura lieu qu'au moment où l'Afrique prendra la voie de la justice sociale plutôt que l'attente de l'aide et de la charité.

end of the so-called development industry as it exists now and give birth to a new era where poverty and underdevelopment are viewed through the prism of social justice rather than that of charity or aid.


LA FAIM DANS LE MONDE ET COMMENT PERDRE DU POIDS ICI

Comment peut-on expliquer le fait que la famine existe encore au 21e siècle?

En ce moment, une personne sur sept sur la planète crèvent de faim.

Pourtant les causes sont bien connues : une profonde injustice de distribution de richesse et la monopolisation des terres par une petite minorité de propriétaires terriens.

963 millions de personnes ont souffert de la famine en 2008... une augmentation de 140 millions et paradoxalement ces gens vivent dans des régions rurales.

Ils sont en général des fermiers qui n'ont pas de terre ou qui n'ont pas les moyens de cultiver efficacement.

On s'attend cette année à ce que le nombre de personnes souffrant de famine chronique montera d'un autre 100 millions cette année, amenant ça à un total de un milliard.

Et pour contrer cette situation, les Etats doivent absolument trouver le moyen de garder les prix des aliments sous contrôle.

Donc implanter des politiques de souveraineté alimentaire et des réformes agraires.

Ceci étant dit, nous pouvons toucher un problème inverse pour une fois : l'augmentation de l'indice pondéral des populations des pays les plus riches, surtout ici en Amérique du nord.

Je suis tombé sur un très bon article qui indiquent en quelques étapes simples ce que tout le monde devrait savoir sur le régime et la perte de poids.

On le sait, maigrir n'est pas facile.

Et il n'y a pas de solution miracle, pas de pilule, pas de régime protéique, pas de plan facile de perdre trente livres en trente jours qui fonctionne. Point.

Concernant la perte de poids, pour ne pas adopter des habitudes malsaines et faire le yo yo durant des années, c'est mieux de prendre l'approche réaliste.

1.Il faut faire beaucoup beaucoup plus d'exercice que l'on croit nécessaire.

Nous sommes habitués d'entendre que ça prend au moins 30 minutes d'exercice trois jours semaine... mais selon des données collectées par le National Weight Control Registry au EU, ça prend au moins le double de ça.

Sur un groupe de 5000 individus qui ont perdu plus de 60 livres et qui ne les ont pas regagné ensuite, ces gens là s'entraîne une heure par jour.

Alors des choses comme prendre les escaliers, jardiner et faire du roller blade 15 minutes au parc c'est bien amusant... mais pour perdre du poids c'est nettement insuffisant!

Donc il est faux de croire que marché trente minutes équivaut à une barre Mars.

Alors même si l'on est actif, ça ne veut surtout pas dire que l'on peut manger ce que l'on veut...

Nous ne savons pas à quel point nous brûlons peu de calories avec l'entraînement... en embarquant sur un vélo stationnaire j'ai souvent constaté que ça me prenait 45 minutes de pédalage intense pour atteindre le nombre de calories d'une liqueur ou d'une barre de chocolat...

Et manger plus d'un même truc ne vous aidera absolument pas à perdre du poids.

En ce moment ce qui est hot c'est de croire que consommer plus de produits laitiers contribue à maigrir.

Pourtant, les résultats de 49 tests en cliniques de 1966 à 2007 ont montré que ni la consommation de produits laitiers ni de suppléments de calcium ne font perdre du poids.

Et concernant la controverse entre les diététistes classiques qui passent leur temps à compter les calories et les Montignac qui ne regardent que les taux de glycémie dans les aliments... on peux-tu arrêter de niaiser?

C'est sûr qu'une canne de liqueur contenant 500 calorie ce n'a pas le même effet que de consommer 500 calories de poulet ou de brocoli...

L'important c'est la valeur nutritive des aliments et s'ils contribuent ou non à contrôler la faim.

Et il ne faut pas oublier aussi que l'évolution humaine a fait en sorte que notre corps travaille contre nous.

Nos gênes ont fait en sorte que les aliments riches en calories soient plus désirables parce qu'avant fallait subir les saisons... empaqueter pour passer à travers les périodes maigres.

Notre système nous prédispose à gagner du poids et de le retenir...

Y'a aussi notre environnement culturel qui travaille contre nous : la vie semble pénible pour ceux et celles qui essaient de vivre une saine et active.

Les options santé sont beaucoup moins attrayantes et accessibles que le fast-food, par exemple.

Et à la fin, si l'effort est là pour bien manger et être actif chaque jour, faut se poser la question si l'on a vraiment besoin de perdre du poids.

Certains croient que les problèmes médicaux associés aux gains de poids sont exagérés.

Il est vrai que l'on peut être en forme et en santé sans nécessairement être mince, tout comme il est vrai que les personnes minces ne sont pas nécessairement en santé.

La bonne santé, plutôt que le poids devraient être le but à atteindre, et trop souvent ce n'est pas le cas.

Faut comprendre les risques associés à l'obésité, oui, mais aussi à chercher à être trop maigre.

Mais peu importe tout ça, l'important c'est de retenir que ceux qui maintiennent un poids santé on fait un choix de style de vie... et qu'il n'y a aucune valeur à s'entraîner comme un débile pour un mois afin d'entrer dans une pair de jeans.

05 mai 2009

LA LEVÉE 29 AVRIL 2009

1. Grippe porcine : le rôle des méga-porcheries dans les mutations du virus
2. Privatisation et mortalité : une étude démontre que la perte de contrôle sur sa propre vie rend malade
3. Le Pérou et ses ressources en eau : comment les changements climatiques assoiffent le pays
4. La Turquie en transition : mythes et réalités du modèle de laïcité musulmane
5. L'Egypte après Moubarak : qui prendra le pouvoir entre son fils, l'armée et les fondamentalistes?



GRIPPE PORCINE



Voyons comment l'agrobusiness transnationale a préparé le terrain pour cette éclosion de la grippe porcine du Mexique.

Cette chimère génétique, probablement conçue dans le tas de merde d'une méga-porcherie, menace maintenant la planète entière.

Les apparitions initiales d'infections à travers l'Amérique du nord ont lieu à un rythme plus rapide que la dernière pandémie, celle de Hong Kong en 1968.

Pour l'instant, il semble beaucoup moins mortel que le SRAS en 2003, mais en tant qu'influenza, il pourrait être beaucoup plus durable.

Donnant qu'une version domestiquée et saisonnier d'influenza de type-a tue prêt de 1 millions de personnes chaque année, même une légère montée de sa virulence, surtout ajouté à une haute fréquence, pourrait produire un carnage équivalent à une guerre majeure.

Mais on peut se consoler dans la foi qu'a l'OMS, l'organisation mondiale de la santé, dans sa croyance que les pandémies peuvent être contenues par la réponse rapide de bureaucraties médicales des différents pays touchés, indépendamment de la qualité locale des systèmes de santé.

En tout cas, on verra... mais sans investissement massif dans les infrastructures scientifiques, de surveillance, de réglementation à travers le monde, y'a pas de raison d'avoir totalement confiance ni d'être hyper optimiste.

Et on ne sera pas surpris d'apprendre que le Mexique manque de moyens et de volonté pour surveiller les maladies venant des animaux d'élevage et leurs effets sur la santé publique... parce que la situation n'est guère meilleure au nord de leur frontière.

Où la surveillance est limitée par la bonne volonté des producteurs d'animaux d'élevage.

Le paradoxe central de toute cette panique liée à la grippe porcine c'est que son apparition avait été prédit, il y a six ans.

Depuis son identification au moment de la grande dépression, la grippe porcine n'a que légèrement variée par rapport à son génome d'origine... mais en 1998 tout a changé.

De nouvelles versions ont commencé à apparaître, annuellement.

Rappelons que les pandémies de 1957 et 1968 ont pris naissance à partir de mélanges de virus d'oiseaux et d'humains à l'intérieur des porcs...

Mais qu'est-ce qui a bien pu accélérer l'évolution de la grippe porcine depuis la fin des années 1990?

Probablement la même chose qui a favorisé la reproduction de la grippe aviaire : l'élevage... qui s'est transformé en une méga-industrie... par exemple, aux EU, en 1965 il y avait 53 millions de cochons sur plus d'un million de fermes.

Aujourd'hui, 65 millions de porcs sont concentrés sur 65 000 porcheries, la moitié contenant plus de 5000 animaux.

Au Québec, Le gouvernement Charest en 2004 sa décision de lever le moratoire visant la construction de nouvelles porcheries, avant même de rendre publics les résultats d'une vaste étude relative aux effets de l'industrie porcine sur la santé de la population

Chaque année, les fermes porcines rejettent 9,5 millions de mètres cubes de lisier, assez pour remplir quatre fois le Stade olympique.

Une transition de fermes familiales à de vastes enfers rempli de purin, contenant des dizaines à parfois des centaines de milliers d'animaux souvent avec des systèmes immunitaires affaiblies, s'échangeant des pathogènes à une vitesse qui s'accélère.

Et l'utilisation abusive d'antibiotiques, plutôt que des environnements plus sains.

Et comme je disais, pour les politiciens prêts à attaquer le problème et veiller à la santé public, bien ils devront faire face à des conglomérats alimentaires comme Smithfield Foods pour le porc et le boeuf et Tyson pour les poulets.

On parle déjà que le centre de la grippe porcine aurait apparu prêt d'une porcherie sous-traité par Smithfield dans l'Etat de Veracruz au Mexique.

Mais ce qui compte plus en ce moment, donnant la menace encore réelle de la grippe aviaire, c'est la stratégie plein de trous de l'OMS, le déclin des systèmes de santé à travers le monde après des vagues de réajustements structurels imposés par le néolibéralisme.

Et la catastrophe mondiale des méga-industries d'élevage d'animaux qui utilisent leurs leviers économiques afin de poursuivre leurs activités sans trop de vérification.


PRIVATISATION ET MORTALITÉ




Une récente étude scientifique publié dans le journal médical The Lancet explore la corrélation entre la privatisation et la mortalité en ex-URSS et d'autres pays d'Europe de l'Est socialistes du dernier siècle.

La restructuration socio-économique de l'Europe de l'Est, de 1989 en montant, est vu dans l'étude comme étant une des plus grande expériences de santé publique de l'histoire.

L'étude examine les effets des privatisations massives qui ont eu lieu suivant les réformes qui ont échoué visant à décentralisé ces économies à planification centralisé et leur transition vers le capitalisme néolibéral.

On y examine les taux de mortalité des hommes âgés de 15 à 69 ans entre 1989 et 2002.

On a donc trouvé que les privatisations massives ont été associé à une hausse des taux de mortalité à court terme de 12,8%.

Les chercheurs suggèrent que le chômage, qui a monté de 56% durant cette période, a été un facteur important.

Les plus hauts taux de mortalité étaient en Russie, au Kazakhstan, Lettonie, Lituanie et en Estonie.

Ensemble, ils ont vu leur taux de chômage tripler à 305% et le taux de mortalité monter à 42%.

Les endroits où le chômage n'a pas été aussi marqué et où l'investissement étranger était important n'ont pas vu une hausse marqué de mortalité.

Les auteurs ont remarqué que la transition de leurs économies vers une privatisation rapide et massive ont causé une hausse de la mortalité des hommes due aux facteurs suivants : le stress psychologique, le déclin de l'accès aux services médicaux, une perte de capital social, la désorganisation sociale et une hausse d'abus d'alcool.

Les effets des privatisations sur la chute de social capital ont été importants.

Concernant la Russie, les auteurs affirment que les efforts de Gorbachev visant à démocratiser et décentraliser l'Union soviétique ont échoué car les réformes sont tombées entre les mains d'une élite sympathique au capitalisme néolibéral.

Concernant le capital social, c'est important, ils indiquent que si plus de 45% de la population faisait parti d'au moins une organisation sociale, la privatisation n'avait pas un effet aussi important sur les taux de mortalité.

Ceci suggère qu'une plus grande organisation communautaire, solidaire, et même une participation active dans l'organisation sociale réduit les vulnérabilité selon les positions dans les classes sociales... mais certainement pas assez pour remédier aux effets d'inégalités de richesse, de pouvoir et de privilège.

Est-ce que ça veut dire que 100% de contrôle de la communauté sur la vie socio-politique ainsi que sur les institutions économiques pourrait grandement améliorer la qualité de vie?

C'est bien ce que les altermondialistes et les anti-capitalistes font comme argument.

Et les critiques peuvent dirent que même si une économie est centralisé ou dirigée par le marché, les gens ordinaires n'ont pas de contrôle décisionnel sur leurs vies.

À moins qu'une personne fasse partie du 20% des plus riches et puissant de la société, leurs destinées sociales et matérielles sont déterminées par des forces et des structures hors de leur contrôle...

Et faut ajouter à ça les effets du racisme, du sexisme, de l'âgisme et du classisme, ... tous des facteurs qui contribuent au stress psychologique et physique qui haussent les taux de mortalité.


EAU AU PÉROU





La fonte des glaciers résultant des changements climatiques et le manque de politiques de gestion adéquate de l'eau semblent être les causes principales derrière les carences en eau qui contribuent aux conflits qui se déroulent au Pérou.

Selon des chiffres du gouvernement péruvien sorti en février 2009, près de 50% des 218 conflits ont été déclenchés par des problèmes socio-environnementaux, pour plusieurs cas liés aux problèmes de gestion de l'eau.

Deux départements au sud sont pratiquement en guerre concernant l'eau... des communautés rurales dans les hautes terres des Andes le long de la rivière Yauca ont connu des conflits violents.

Des grands projets d'irrigation dans le nord-ouest ont aussi contribué aux disputes concernant les ressources aquatiques.

Donc l'eau n'est pas seulement rare au Pérou, mais sa distribution est très inégale par rapport à la population.

70% de la population vie le long une bande aride près de l'océan pacifique où juste 1,8% de l'eau potable se situe.

À Lima, sur la côte donc, où huit millions de personnes habitent, 30% de la population est la deuxième plus grande ville au monde située en plein désert, après Le Caire en Égypte

On estime qu'entre un et deux millions de personnes dans la ville n'ont pas accès à l'eau potable

Mais l'État a l'objectif d'augmenter l'accès à l'eau potable de 76% à 88% des ménages et les services sanitaires de 57% à 77%, les égouts de 22 à 100% d'ici 2015.

Mais la question centrale demeure la quantité et la qualité d'eau disponible pour tout ça.

La loi sur les ressources d'eau, promulguée le 30 mars dernier a été vertement critiquée par les citoyens et les politiciens car elle ouvre clairement la porte à la privatisation de l'eau.

Mais pendant ce temps là, la source première d'eau potable, les glaciers massifs des Andes, fondent à vue d'oeil.

Des glaciers trouvé aux latitudes tropicaux, 71% sont situés au Pérou.

Les rivières du Pérou dépendent et prennent leurs origines des glaciers des montagnes, et une fois parti il ne restera que les précipitations... donc pas grand chose.


TURQUIE EN TRANSITION




On le sait, la Turquie cherche à faire partie de l'Union européenne...

À deux mois des élections de l'Union, c'est peut-être un bon moment de voir à quoi ressemble la démocratie et l'état des droits humains dans le pays.

Dans le monde musulman, la Turquie est souvent nommé comme étant un modèle de gouvernement démocratique dans un régime laïque.

Le pays a un rôle a jouer comme médiateur dans des conflits au moyen-orient et au Caucase, un genre de pont aussi entre l'Occident et l'Orient.

Avant la montée de l'AKP, le parti de la justice et du développement, culminant à sa prise de pouvoir en novembre 2002.

L'image dominante de la Turquie, du moins à l'ouest, en était une d'un pays géré par une élite laïque qui repoussait des mouvements islamiques tout en cherchant à s'intégrer dans les structures occidentales.

À l'interne, la Turquie était une société assez conservatrice avec oui des aspirations démocratiques, défiant les pratiques autoritaires de l'élite laïque.

Donc l'association de l'AKP avec la démocratie musulmane comme antidote au radicalisme islamique s'est imposée depuis 2002.

Et ça l'a fait gagner beaucoup de points à la Turquie envers les pays démocratiques du monde.

Mais peu importe le parti au pouvoir et l'image qu'il projette de la Turquie... la question à poser c'est voir si les politiques implantées contribuent ou non à l'expansion du progrès et du bien-être humain, les droits socio-économiques dans le pays.

Et de ce point de vue là, toutes les forces politiques majeurs en Turquie font pitié.

L'AKP espère qu'en rejoignant l'UE, la Turquie pourrait décroître l'autonomie politique de l'armée, consolider la gouvernement civil et contribuer aux libertés religieuses... bref, projeter le pays en position de tête dans le monde musulman.

Mais les réformes de l'AKP ont perdu un peu de leur force à partir de 2006.. l'Allemagne et la France n'ont pas montrer beaucoup d'intérêt à intégrer la Turquie dans l'UE.

Une des raisons c'est la pauvre performance en défense des droits humains, la réputée association turque des droits humains a démontré que, même si les violations de droits humains ont décliné depuis 1999 à 2005, aucune amélioration majeure n'a eu lieu depuis.

Même que, en 2008, on a constaté une détérioration des droits humains.

Les forces de sécurité de l'État ont poursuivi leurs assassinats extra-judiciaires, et ont réagi de façon disproportionnée et violente aux protestations sociales.

Tout ça sans parler des droits culturels et politiques des kurdes qui continuent d'être bafoués.

Il demeure que tous les joueurs principaux, tous les parti politiques, qu'ils soient kurdes, laïques, islamiques, pro-occidentaux, personne n'a assez de pouvoir pour imposer ses voeux sur les autres...

Tous devront chercher à s'entendre et à bâtir des coalition et jusqu'à présent, le but d'atteindre le statut d'état-membre de l'UE a été la motivation principale de la Turquie pour se démocratiser.

Voyons maintenant si le processus d'une plus grande liberté, l'expansion des droits humains et la démocratie peut être généré à l'intérieur de la Turquie, plutôt que de conditions venant de l'Europe...


L'EGYPTE APRÈS MOUBARAK



Allons en Égypte maintenant, plus spécifiquement Le Caire, la capitale égyptienne qui subit depuis un an des incendies d'origines criminelles.

En août dernier, l'étage du haut de parlement était la proie des flammes.

Un mois plus tard, c'était au tour du théâtre national.

En novembre, les bureaux du parti d'opposition El Ghad ont été incendiés.

Ces feux sont peut-être la démonstration que la population vit très mal sous le régime oppressant du président Moubarak depuis 1981.

Alors que le pays se prépare à des élections nationales en 2011, auxquelles un Moubarak vieillissant pourrait ou ne pourrait pas participer, les incendies ne semblent pas déclencher du moins pour l'instant un mouvement de révolte de la part de la population.

Mais la frustration collective envers le régime, et la perspective d'une succession dynastique pourrait, dans un pays qui a renversé la monarchie il y a très longtemps, pourrait rendre le transfert du pouvoir très chaotique dans l'épicentre politique du monde arabe.

Faut rappeler que la longévité de Moubarak s'est fait grâce à la passivité des égyptiens... sans parler de l'appui inconditionnel de Washington qui depuis 1979 lui fourni des milliards de $ annuellement.

Donc il est possible que Moubarak, âgé de 80 ans, ne se présente pas pour un autre mandat de six ans aux élections de 2011... il pourrait carrément nommé à sa place un général de l'armée, ou le chef de la sécurité de l'État, ou transférer le pouvoir à son fils Gamal.

En face de lui, l'opposition officielle en Égypte, Ikhwan, un mouvement islamique basé à Le Caire, est de loin la parti politique le mieux organisé et le plus populaire d'Égypte.

Bien que banni par la loi, ses membres font campagne et servent au parlement en tant qu'indépendants, Ikhwan est le plus gros bloc d'opposition.

C'est une organisation paradoxale en Égypte : représentant la plus grande menace au règne de Moubarak, c'est aussi une garantie de sa survie.

En 2005, en réponse à la demande du président Bush que les pays du Moyen-Orient se démocratisent, les Égyptiens ont tenu des élections libres.

L'Ikhwan a remporté le quart des sièges au parlement... deux mois plus tard, le Hamas remportaient les élections en Palestine... et avec ça, la relation de l'administration Bush avec l'idée de gouvernements démocratiquement élu dans le monde arabe a soudainement pris fin.

L'islamisme est la carte qui est jouée en Égypte chaque fois que le monde demande une démocratisation du pays et que l'on se plaint de la violation de droits humains.

Le message de Moubarak est clair : des élections libres et justes ne feront que remettre l'État égyptien entre les mains de fanatiques islamiques qui détruirait le traité de paix avec Israël et s'allierait avec la Syrie et l'Iran...

Pendant ce temps là, son fils Gamal âgé de 45 ans a été intégré à la machine politique égyptienne depuis 2002, depuis, Gamal a mis en place dans des postes clés des apôtres du marché libre qui ont été applaudi par la Banque mondiale.

L'économie égyptienne a une des plus fortes performances des pays en voie de développement, mais les dividendes sont sans surprises très mal réparties, le fossé entre riches et pauvres s'agrandit.

Reste à voir si la transition du pouvoir vers son fils pourrait se faire passer pour un processus démocratique, faudrait que la manoeuvre soit approuvée et sanctionnée par l'armée.

Et si l'armée refuse, si Moubarak père décédait entre temps, une junte militaire pourrait fort bien être formée et prendre le contrôle du pays.

Ou Gamal pourrait devenir premier ministre avec l'armée qui décide les choses à sa place...

Sans véritable constitution, sans système électoral ouvert, sans presse libre ni organisations non gouvernementales... la transfert du pouvoir sera nécessairement chaotique, l'armée descendra dans les rues, et ça n'augure rien de bon pour la population et le Moyen-Orient.