24 janvier 2008

LA LEVÉE 24 JANVIER 2008

1. Congo : bilan des pourparlers de paix
2. Enfin un élu inspirant : La voie des réformes de Correa en Équateur
3. La vente de MDA contrevient au Traité d'Ottawa

CONGO



Des désaccords de dernière minute survenus mardi entre le gouvernement congolais, les rebelles tutsis et les milices Maï-Maï ont différé la signature d'une trêve dans le Nord-Kivu, censée clore la conférence de Goma dans l'est de la République Démocratique du Congo.

Des responsables gouvernementaux et des diplomates ont annoncé lundi qu'après plus de deux semaines de négociations, les parties en conflit étaient tombées d'accord pour déclarer un cessez-le-feu avec effet immédiat et mettre en place une zone-tampon surveillée par l'ONU.

Tout ça me rappelle le moment où je me suis intéressé au Congo en 2002 en tombant sur le magnifique essai King Leopold's Ghost, de James Rochschild, qui décris l'époque de la colonisation du Congo par le roi Belge au début du dernier siècle.

Les horreurs, la violence quotidienne dont on entend vaguement parler au Congo sont largement du aux interventions des colonisateurs, et ensuite des pays voisins du Congo.

En 1998, une armée de miliciens, venant de l'Ouganda, du Rwanda et du Soudan ont envahi le Congo, principalement le secteur d'Ituri dans le nord est du pays.

Vint ensuite l'instauration d'une série complexes d'entreprises visant à piller le pays de ses ressources naturelles : l'or, les diamants, du bois

Plus d'un demi million de personnes ont été déplacés au cours des 12 derniers mois, à cause des combats entre les groupes rebelles et le gouvernement de transition

C'est la plus large vague de déplacements à l'intérieur du pays depuis la fin de la guerre civile en 2003.

Tous les groupes impliqués commettent des actes d'atrocités sur la population civile, surtout depuis le mois d'aout dernier... surtout dans le secteur sud et nord de la province de Kivu.

les combats au nord du Kivu entre le gouvernement et des rebelles alliés au général dissident Laurent Nkunda ont fait fuir 230 000 personnes de leurs demeures.


on tente donc cette semaine de signer une entente de cessez le feu...

Cette résolution, qui émane des élus, des délégués des communautés ethniques, de la société civile et des belligérants des Kivu, doit être signée, avant d'être transmis au gouvernement et au Parlement congolais.

La signature de ces recommandations était l'objectif principal de la conférence de Goma, mais n'aurait aucun impact si les groupes armés - et en particulier le CNDP - Congrès national pour la défense du peuple de l'ex-général Tutsi congolais Nkunda

Refusaient finalement de s'engager à un cessez-le-feu

Les experts travaillant au Congo estiment le nombre de morts élevés à 10 millions depuis les véritables débuts de la guerre 1996 avec le renversement de Mobutu.

On assiste au crime organisé depuis perpétré par des entreprises transnationales

Le rapport de HRW a exposé le rôle des officiels ougandais et des entreprises transnationales qui ont sorti l’or à travers la milice rebelle.

Un des premiers coupables est Anglo-Ashanti et son partenaire, la compagnie aurifère Barrick Gold.

Les pays riches sont totalement dépendants de sources étrangères de tantale.

Et les dossiers d’importation des ÉU montrent une augmentation importante de tantale venant du Rwanda et l’Ouganda au même moment que ces pays volaient le cobalt et le tantale du Congo.

Certains ont suggéré que la raison pourquoi personne ne parle de cette tragédie et que les activistes du monde ne se rallient pas pour empêcher la suite du massacre ou pour aider le pays à s’en remettre c’est qu’on ne sait juste pas quoi faire.

En effet, le réseau de ceux qui profitent de la situation au Congo est assez complexe, quoique facile à voir, et contrairement à l’Irak où l’appel au retrait des ÉU est la solution il n’y a rien de si simple pour le Congo.

ÉQUATEUR




L'Équateur, un petit pays de 13 millions de personnes, riche en ressources naturelles...

Pourtant le 3/4 de sa population vis sous le seuil de la pauvreté et manque d'accès aux installations sanitaires de base, aux soins de santé et d'education.

Le pays a été dirigé par des dictatures militaires depuis la fin des années 1970, et les rares présidents démocratiquement élus n'ont pas souvent été en mesure de terminer leur mandat.

Plusieurs groupes d'intérêt économiques forment une panoplie de partis politiques qui n'ont rien à faire des besoins de la population... au point où il a été souvent dit que le pays est ingouvernable.

Vint Rafael Correa, professeur d'économie qui était ministre des finances en 2005.

Il a osé demander à la Banque mondiale que les revenus excédentaires du pétrole soient consacrés au financement des soins de santé et l'éducation plutôt que le paiement de la dette externe.

La Banque a indirectement demandé que Correa soit congédié, ce qui est arrivé, et il est devenu hyper populaire par la suite.

Il a rapidement créé une formation politique et il a amplement remporté les élections présidentielles en 2006.

Sa promesse de campagne centrale a été de tenir un référendum demandant aux Équatoriens s'ils voulaient créer un conseil voué à la restructuration du système politique et économique de leur pays.

Le référendum a été tenu en avril dernier et le oui a gagné par 81%.

Les élections pour l'assemblée constitutionnelle ont été tenues en septembre dernier et l'organisation de Correa a remporté 80 des 130 postes.

Une réforme fiscale a été menée et appliquée dès le 1er janvier de cette année.

Il est estimé que les nouvelles taxes iront chercher 400 millions de dollars, tout cet argent venant presque entièrement des poches des gens riches ou aisés.

Ce sont donc des revenus qui iront directement dans les programmes d'éducation, l'infrastructure, la purification d'eau, le développement économique et le transport en commun.

Il va sans dire que l'élite économique de l'Équateur du pays n'est pas très heureuse.

Dans les médias de masse, on ne retient pas ses coups contre le président réformateur.

Mais il demeure que le président a l'appui inconditionnel du peuple pour le moment.

Et avec raison, voilà un élu qui s'engage à respecter ses engagements!

Il a la faveur du peuple car toutes ses actions sont concrètes... il a même été jusqu'à autoriser les travailleurs à prendre possession de leur entreprise si les dirigeants refusaient de s'engager dans le nouveau programme fiscal et d'augmentation du salaire minimum.

C'est intéressant d'observer la révolution rose en Amérique latine, ça nous fait rêver à quoi pourrait ressembler le Canada si Jack Layton en était le Premier ministre...


VENTE DÉVELOPPEUR SATELLITE





L'entreprise canadienne MDA, Macdonald, Dettwiller and Associates a récemment annoncé qu'elle vendait sa division satellite et espace à Alliance techsystems des ÉU pour la somme de 1.325 milliards.

MDA est la compagnie qui fabrique le bras canadien.

Mais Alliance techsystems est un fabricant de mines antipersonnelles et d'autres armes bannies par le traité d'Ottawa sur les mines antipersonnelles avec 121 autres pays en 1997.

Le traité d'Ottawa banni le transfert de fonds public dans des entreprises fabricant des mines antipersonnelles. Or, c'est exactement ce que l'on fait en vendant MDA à Alliance Techsystems.

MDA a été développé à partir des taxes des citoyens canadiens... et maintenant le fruit de notre investissement se trouvera entre les mains d'une compagnies américaines qui fabrique des jouets de mort et d'amputation.

Même l'ex-ministre des affaires étrangère Lloyd Axworthy juge que cette vente contrevient au traité d'Ottawa, qui a été signé rappelons-le durant le temps où il était en poste.

Vraiment, le gouvernement Harper agit de plus en plus comme si le pays que son parti minoritaire gouverne était le 51e état américain...

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