22 janvier 2006

La Levée 16 janvier 2005

Rivalités en Asie de l’Est

On regarde du côté de l’Asie aujourd’hui à La Levée en commençant par un portrait de la dynamique actuelle entre les différentes régions de l’Asie de l’Est.

Alors ce l’on craignait chez plusieurs analystes est en train de se produire dans cette région du monde :

La rivalité et la discorde entre la Chine et le Japon est le facteur le plus menaçant pour la paix et la prospérité de l’Asie de l’Est.

Le concept même de communauté d’Asie de l’est commence à sonner de plus en plus creux avec les développements récents entourant l’ASEAN, l’Association of South Eastern Asian Nations et l’APEC, l’Asia-Pacific Economic Cooperation.

L’embûche principale à une vraie communauté asiatique est donc la rivalité entre deux groupes la Chine et la Corée du sud d’un côté et le Japon de l’autre.

Selon Sang Jung Kang, professeur de science politique à l’Université de Tokyo, les réunions de l’ASEAN et de l’APEC ont souffert de trois problèmes principaux :

L’augmentation du nombre de participants à l’ASEAN, avec l’ajout à la dernière minute de l’Inde, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande à fait en sorte que la réunion s’est transformé en cérémonie informelle.

Ensuite vient l’objection des ÉU de ne pas faire partie du party, Washington à mis un peu le bâton dans les roues parce que l’idée d’une communauté de l’Asie de l’Est l’excluant ne lui plait pas beaucoup…

Alors pour contrer l’union du Japon avec les États-Unis, la Chine à insister pour inclure la fédération russe dans les négociations.

Comme on voit…nous sommes loin de la création d’une véritable communauté de l’Asie de l’Est si les ÉU et la Russie s’en mêlent…

Les profondes rivalités entre la Chine, la Corée du Sud et le Japon mineront toute véritable progression vers l’établissement de l’équivalant à de la communauté européenne en Asie, selon le professeur Jung Kang.

Et ça l’aura des conséquences néfastes non seulement sur le Japon, mais sur l’ensemble des pays de la région.

En premier lieu sur l’économie…L’Asie devait absolument se doter d’un fond monétaire qui lui est propre pour contrer des crises financières comme elle a connu à la fin des années 90.

Ensuite il risque d’y avoir des menaces de confrontation entre la Chine et le Japon, motivé bien sûr par la rivalité entre la Chine et les ÉU.

On pourrait même voir l’émergence d’une guerre froide à saveur asiatique et donc l’approfondissement des divisions entre deux blocs de pays.

Et si ça arrive bien l’Asie se lancera dans une course dangereuse à l’armement…et la militarisation du Japon en inquiète plusieurs…

Enfin, l’avortement d’une véritable communauté asiatique fait en sorte que les dangers régionaux tels que les tsunami, la grippe aviaire, les accidents nucléaires, voire les effets désastreux de la globalisation financière ne pourront pas être affronter de manière efficace et concertée.

Mais vu la menace grandissante de la Chine pour les intérêts de l’empire américain, le piètre résultat de l’ASEAN était probablement l’idéal pour nos voisins du sud…

On en reparle après la musique.

Chine et dollar US

Jeudi le 5 janvier dernier la Chine a peut-être accroché le premier domino qui ruinera l’économie américaine.

La Chine a annoncé qu’elle commencera à diversifier ses réserves de devises étrangères en s’éloignant du dollar américain.

Je ne sais pas si vous le savez, mais c’est le début d’un des pires cauchemars pour les économistes américains.

La seule chose qui garde le dollar US à flot c’est le fait que d’autres pays veuillent bien absorber les 600 milliards de dollars dans le rouge que les ÉU entretiennent chaque année à cause de leur déficit budgétaire.

En ce moment la Chine tient 769 milliards de bidoux US, la vaste majorité des réserves à l’étranger, soit 30% du PNB chinois.

Malheureusement, les dépenses folles de l’administration Bush ont fait en sorte que le dollar US devient un très mauvais investissement à long terme.

Alors la Chine se voit contrainte de se départir des billets verts au risque de subir de grosses pertes dans ses réserves sinon…

Les chances sont que la Chine agira d’une manière posée, mais déjà les marché financiers dévoilent leur nervosité :

Toute la semaine les grands investisseurs ont réfugié leur argent dans l’or…ce qui est un indice solide qu’ils ont perdu confiance en la capacité de Washington de calmer ses dépenses.

Faudra garder un œil très attentif sur les marchés pour juger de leurs réactions aujourd’hui pour voir sur quelle pente glissante l’économie s’est lancée nous avertit Mike Whitney dans un article publié dans Z Magazine.

L’économie américaine a vraiment pris un mauvais tournant lorsque Bush a commencé ses réductions d’impôts de l’ordre de 450 milliards par année pour donner au 1% des plus riches citoyens.

Juste cette décision a mené l’économie du pays vers un désastre appréhendé.

La dette nationale a augmenté de 3000 milliards sous les mandats de Bush…en plus, les nouvelles mesures imprudentes de prêts approuvée par la réserve fédérale ont causé une énorme bulle spéculative par rapport au marché immobilier.

En somme, la carte de crédit est pleine et le puits est vide…les Américains feront face à des taux d’intérêts plus élevés, une économie stagnante et une devise sans valeur.

L’action de la Chine le 5 janvier dernier indique que nous entrons dans une période d’instabilité économique…en fait, l’avenir des ÉU est entre les mains de ses créditeurs.

La politique économique de la Chine déterminera à l’avenir des taux d’intérêts sur les hypothèques…

Si la Chine décide de se débarrasser de ses billets verts américains, le Japon suivra et ensuite l’Allemagne.

Aujourd’hui Mike Whitney croit que la réserve fédérale donnera une dose d’adrénaline au dollar pour empêcher sa dévaluation.

Le déficit massif qu’encoure l’administration Bush pour mettre de l’argent dans la poche de ses clients, le 1% des citoyens les plus riches des ÉU.

Tout ça au coût de la souffrance de la classe moyenne qui verra ses revenues chuter en chemin direct vers le niveau de vie des masses de travailleurs pauvres du monde.

Chasse aux baleines

Un article dans le journal britannique The Independent nous rappelle à quel point le combat n’est jamais tout à fait gagné pour protéger une partie intégrante de notre écosystème.

Alors même que l’on croyait qu’un moratoire global vieux de 20 ans empêchait la chasse aux baleines, et bien voilà que le Japon, la Norvège et l’Islande ont repris la chasse à un niveau très inquiétant.

Ce qu’il faut comprendre avant tout c’est que la protection d’une espèce menacée comme les baleines n’est pas fait juste dans une intention romantique, une cause «cute» pour se donner bonne conscience :

Non, on cherche à protéger les espèces menacées de la destruction par l’humain pour justement conserver la richesse et la diversité de la biosphère qui contribue directement à notre qualité de vie.

Alors oui, sauvons les baleines si on ne veut pas d’un monde homogène en stagnation…

Le Japon, la Norvège et l’Islande comptent abattre pas moins de 2000 baleines au cours de la prochaine année.

Une année cruciale puisque ces pays sont sur le point de prendre contrôle de l’IWC, l’International Whaling Commission, l’organisation supposée veiller à la réglementation entourant la chasse aux baleines…

Le Japon mène la flotte avec 1035 baleines abattues l’an passée, sous le prétexte de recherche scientifique…excuse absolument bidon puisque la viande de baleine se trouve ouvertement dans les marchés japonais.

C’était l’année la plus sanguinaire depuis que les excès de la chasse commerciale avaient mené au moratoire.

La Norvège et l’Islande sont en proportion aussi pire que le Japon…

Greenpeace et d’autres groupes demandent donc aux pays anti-chasse d’attaquer directement le prétexte scientifique de cette chasse pour démontrer sa nature illégitime.

Voire de les traîné devant une cour internationale…mais le temps presse parce qu’à la réunion en juin de l’IWC sera peut-être le point tournant où les pays baleiniers auront le vote majoritaire.

Au cours des 6 dernières années, le Japon a trouvé le moyen d’attirer 16 nouveaux pays favorables à ses pratiques dans l’organisation.

Le moratoire de 1982 avait été voté pour permettre aux populations de baleine de récupérer à un siècle de chasse industrielle, et non pas pour bannir la chasse à tout jamais.

Mais la plupart des pays anti-baleiniers comme la GB dont maintenant fermement contre le retour à la chasse commerciale même sévèrement contrôlée.

Sauvons donc les baleines…nous sauverons en même temps les humains!

Chomsky sur les élections en Irak

Je vous transmets maintenant ce que l’éminent linguiste, philosophe et militant Noam Chomsky pense des récentes élections tenues en Irak.

Le président Bush avait qualifié ses élections de points tournant majeur pour la démocratie en Irak…une belle réussite impossible à atteindre sans l’intervention militaire des ÉU.

Pourtant lors de l’invasion de l’Irak, la motivation principale évoquée était l’élimination du risque des armes de destruction massive…motivation vite oubliée vu que c’était un gros mensonge.

Dans les faits, les ÉU ont tout fait pour empêcher la tenue d’élections en Irak et si ce n’était pas d’une belle résistance non-violente et bien organisée les élections du mois passé n’auraient jamais eu lieu.

On pourrait même qualifier d’élections de façade ce qui vient de se produire en Irak…

Car des élections sérieuses veulent dire que l’on porte une attention particulière à la volonté de la population.

Et la première question à laquelle la population répond depuis un bout de temps c’est à savoir si elle souhaite la présence des troupes américaines sur son sol.

La réponse est majoritairement et sans contredit non. À 80% les Irakiens veulent les voir sortir immédiatement.

1% de la population croit que la présence de troupes étrangère est responsable pour l’amélioration de leur conditions de vie et de sécurité…

Avec de véritables élections la population Chiite du sud, où se trouve tout le pétrole chèrement convoité, aurait une influence prédominante dans les affaires de l’État.

Pire, c’est Chiites chercheraient à établir de fortes relations avec l’Iran, un pays majoritairement Chiites aussi.

Pire encore, juste à l’Ouest se trouve une population chiite très amère en Arabie saoudite…alors un Irak véritablement souverain risquerait d’augmenter l’autonomie et la justice dans cet autre pays contrôlé par les ÉU.

Et ça adonne que l’Arabie saoudite regorge de pétrole aussi dans ses régions à fortes concentrations chiites.

Alors ce que craignait par-dessus tout les ÉU depuis des décennies risque de se produire de toute façon : une vaste alliance informelle entre les population chiites de l’Iran, de l’Irak et de l’Arabie saoudite : contrôlant de la sorte les plus larges réserves d’hydrocarbures au monde.

Et une alliance de ce genre risque de s’aligner beaucoup plus avec la Chine et l’Inde qu’avec les ÉU.

De tels développements seraient un cauchemar pour Washington nous dit Noam Chomsky alors ce n’est pas pour rien que l’administration Bush fait tout pour écraser l’émergence d’une démocratie populaire en Irak malgré ce qu’elle affirme.

Avec cette perspective la question reste à savoir si l’occident demeurera du côté des forces occupantes qui empêche la démocratie et la souveraineté en Irak ou si les pays de l’Ouest prendront le pari d’appuyer le peuple irakien…

Ça reste à voir…

15 ans de globalisation

L’équipe éditoriale du Washington Post a publié un très bon éditorial le 9 janvier dernier sur l’échec grandissant de la globalisation néo-libéral, ce qui est étonnant pour un journal qui n’est pas reconnu pour ses points de vue anarchiste radical alors j’ai cru bon de partager ça avec vous…

Il y a 15 ans on avait annoncé l’éclipse de l’État-Nation devant les corps supranationaux tels que l’ALÉNA, l’OMC, la Commission européenne et l’ONU.

Mais aujourd’hui on ne peut faire autrement que de constater les échecs de ces institutions.

En commençant par l’OMC qui n’arrive pas à agrandir sa zone d’élimination de tarifs sur l’échange, l’ambition d’accroître son influence sur les questions du travail et de l’environnement ont fort heureusement échoués.

Pendant ce temps là l’OMC n’a pas été en mesure d’éliminer les mesures protectionnistes de l’Europe et de l’Amérique du Nord envers son agriculture ce qui cause des dommages irréparables dans les pays du tiers-monde.

C’est un peu le même cas avec l’ALÉNA…

L’influence du FMI continue de chuter. Durant les années 80 et 90 le FMI avait une place prédominante dans la gestion des réformes économiques dans les pays en voie de développement, mais sa politique a mené à des crises financières à répétition allant de l’Asie de l’est à l’Amérique latine, en passant par la Russie.

Les Nations unies sont en crise et l’organisation réunissant la communauté internationale semble incapable de mener l’humanité vers des politiques globales pouvant repousser la majorité des problèmes communs qui nous menacent.

L’Union européenne a vu sa nouvelle constitution rejetée par la France et les Pays-Bas l’été dernier.

Et l’OTAN a été inutile en Irak et inefficace en Afghanistan…

Le Washington Post espère que ces crises indiquent une période de transition et de réajustement pour les institutions internationales.

Il souligne que oui, des États-nations démocratiques ont plus de légitimité et de capacité que les organisations internationales et qu’ils devraient demeurer des éléments clé des relations internationales.

Mais dans un monde tricoté aussi serré grâce aux communications et les moyens de transports, des corps transfrontaliers doivent exister pour coordonner efficacement les efforts pour affronter les défis communs à tous.

Les crises financières, le réchauffement global, la grippe aviaire, le terrorisme, à la fin il faudrait affronter ses types de problèmes par la prévention plutôt qu’en réactions improvisées.

16 janvier 2006

La Levée 9 janvier 2006


Sharon

Pendant qu’Ariel Sharon se remets de son hémorragie cérébrale et que le monde entier s’en fait pour le premier ministre israélien sous coma artificiel qui a tenté de se faire passer pour un missionnaire de la paix…
Faut pas oublier que l’armée israélienne a mené des attaques contre le nord de la bande de Gaza pendant le temps des fêtes…
… que la construction du mur de la honte continue de séparer des familles palestiniennes et de voler le peut de territoire qui leur reste…
…Et que la construction de colonies juives et de routes à l’usage exclusif des juifs charcute encore et toujours ce qui reste de territoire palestinien.
Le Dr. Norman Finkelstein, professeur de science politique à l’université DePaul à Chicago a écrit plusieurs essais sur le conflit israélo-palestinien à commenter sur la situation actuelle en Palestine en entrevue radiophonique et voici l’essentiel de ses propos :
En partant faut comprendre que le fameux projet du retrait de la bande de gaza si cher à Ariel Sharon n’était que de la poudre aux yeux…qu’en fait l’occupation se poursuit toujours même si c’est sous une forme plus subtil.
Qu’en ce moment, Israël compte redessiner les frontières avec la Cisjordanie afin de mettre la main une fois pour toute sur Jérusalem.
Une réalisation catastrophique pour les Palestiniens puisque Jérusalem compte pour 1/3 de leur PNB…alors si Jérusalem est annexé à Israël ça tuerait l’économie des Palestiniens.
Jérusalem n’est pas seulement que le centre financier de la vie palestinienne, elle est aussi le centre de la vie politique, sociale et culturelle.
Dans les faits, le mur et les routes exclusives qu’Israël construit a plutôt à voir avec le vol de territoire, le contrôle démographique des Palestiniens qu’avec la sécurité, selon le Dr. Finkelstein.
Et tout à voir avec le vol des territoires les plus fertiles et les meilleures sources d’eau qui se trouvent dans les territoires occupées.
Finkelstein accuse surtout l’Autorité palestinienne de ne pas savoir profiter des décisions unanimement en sa faveur qu’a prise l’assemblée générale de l’ONU ainsi que la Cour internationale de justice : les deux condamnant à répétition les politiques d’Israël aux cours des trois dernières décennies.
C’est pathétique à un point où l’Autorité palestinienne n’est même pas en mesure de défendre le 22% du territoire palestinien d’origine qui leur reste…
Alors on a droit à un Apartheid en bonne et due forme en Palestine et Finklestein souligne que la communauté européenne ne fait rien, même si une enquête récente de l’UE dénonce vertement se qui se passe là-bas…
Pourquoi? En grande partie grâce à une campagne agressive de lutte contre l’anti-sémitisme en Europe depuis la fin de l’an 2000…une campagne qui selon Finkelstein a réussi à réduire au silence les critiques d’Israël, accusant ces critiques d’être directement responsable de la montée d’anti-sémitisme dans le Vieux continent…
C’était un grossier mensonge monté de toutes pièces par les apologistes de la politique d’Israël et les puissants lobby juifs.
C’est pour ça que l’Europe n’a rien fait de plus que d’appuyer la déclaration de l’Assemblée générale de l’ONU dénonçant la construction du mur de sécurité, mais n’a absolument rien fait de concret pour arrêter sa construction ensuite.
Alors de grâce, cessons de considérer Ariel Sharon comme une colombe de la paix qui s’éteint et voyons la politique israélienne pour ce qu’elle est vraiment : l’instauration d’un apartheid moderne dans les territoires occupés.

Morales

Tard dans la nuit du 18 décembre dernier Evo Morales est devenu le premier président autochtone de l’Amérique latine en remportant l’élection présidentielle de la Bolivie haut la main.
Ce qui confirme le virage généralisé à bâbord de l’Amérique latine…situation qui met bien sur l’élite des États-Unis et du Canada sur les nerfs, surtout que l’on tiendra 10 autres élections présidentielles en 2006.
Alors au mois de janvier 2007 la scène politique en Amérique latine sera très intéressante…c’est le moins que l’on puisse dire.
Un groupe aux ÉU se met en branle en ce moment pour faire en sorte que Washington n’aille pas jouer dans ce qui a longtemps été sa cour arrière et décide d’aller y imposer sa version tordue de démocratie.
Le groupe s’appelle In the Name of Democracy et leur site est au
www.en-camino.org
Johan Gidin, un des membres fondateurs du groupe a écrit un manifeste où il se demande si la démocratie n’est qu’un outil pour mieux défendre l’intérêt des riches et puissants – on peut se poser la question ici même au Canada avec notre fameuse élection fédérale – ou si la démocratie est vraiment l’expression de la volonté du peuple pour prendre le contrôle?
En Amérique latine on assiste donc à une radicalisation des électeurs qui veulent prendre contrôle de leur vie et ne plus le laisser entre les mains de la haute finance et des entreprises transnationales.
Mais même si certains pays ont voté pour des leaders socialistes ça ne veut pas dire pour autant qu’ils sont libérer du contrôle des institutions financières ÉU.
Le Chili et le Brésil, l’ensemble des pays des Caraïbes en sont totalement prisonniers.
Alors pour Morales, sa volonté de contrôler et surtout de nationaliser les immenses réserves de gaz naturelle en Bolivie fait dire à l’establishement ÉU qu’il est anti-capitaliste et donc anti-démocratique.
Washington s’est vraiment éloigné de la mentalité de la guerre froide où l’appui sans réserves de dictateurs et des régimes militaires à la Pinochet et Duvalier était la norme.
Non aujourd’hui la stratégie est de favoriser l’émergence de la démocratie mais selon la définition très étroite de l’élite financière : encourager les dirigeants qui appliqueront sans réserves les politiques économiques néo-libérales, point.
Les Philippines et le Nicaragua avaient été deux victimes de cette nouvelle stratégie de promotion de la démocratie surnommé Polyarchie par le sociologue William I. Robinson : un système où une petite élite dirige en confinant la participation des masses à un choix étroit de dirigeants lors d’élections contrôlées…
Et il s’avèrent que des élections polyarchiques servent les intérêts américains beaucoup plus efficacement que l’autoritarisme d’antan.
Aux Philippines et au Nicaragua des ONG et des partis politiques sélectionnées ont eu droit à du financement direct et indirect du NED, le National Endowment for Democracy et ses organisations parallèles pour leur donner un net avantage sur leurs rivaux de gauche.
Alan Weinstein un fondateur du NED a ouvertement affirmé que le travail du NED est essentiellement le même que la CIA accomplissait il y a 25 ans : déstabiliser les mouvements et partis politiques de la gauche.
Et c’est un peu ce qui s’est passé lors de la fin de l’ère des dictateurs en Amérique latine, la polyarchie dans chacun des pays était fin prête à prendre le pouvoir et à appliquer les réformes économiques néo-libérales.
Alors au cours de la prochaine année il aura 10 élections présidentielles dans le sud : Haïti, le Pérou, l’Équateur, la Colombie, le Mexique, le Nicaragua et le Venezuela ont tous de très bons candidats de la gauche qui ont de fortes chances de prendre le contrôle et d’implanter des politiques autonomistes une fois au pouvoir.
Gageons que l’administration Bush et le National Endowment for Democracy ont d’autres plans pour imposer leur propre style de démocratie…



Saison 2006 CISM
Avec cette édition de La Levée, nous commençons aujourd’hui même la saison d’hiver 2006 de CISM, la marge!
CISM, la plus puissante radio universitaire francophone de la galaxie avec un signal qui se rend à 70 km autour du cœur de Montréal vous offre pas de moins de 10 nouvelles émission en cette 15e année d’existence!
Je vous invite à consulter le site internet au
www.cismfm.qc.ca pour consulter la nouvelle grille horaire de cette radio indépendante, non commerciale, toujours ouverte au nouveau talent et au meilleur contenu à l’avant-garde de ce qui se fait partout ailleurs.
J’attire votre attention vers de nouvelles émissions musicales en après-midi, le lundi «Ces garçons épatants», le jeudi «Melopia.ca» et le vendredi «Côte à côte» qui vous fera connaître le meilleur de la musique indy canadienne.
Le mercredi matin de 9 à 10 avec «pète pis répète» vous découvrirez le monde fascinant des covers en tout genres.
Les soirées à CISM seront toujours sous la bannière de musique thématique :
Le jeudi à 21h00 je vous convie à «La face B» une nouvelle émission où les DJ de renoms seront invités à partager avec vous leur goûts musicaux personnels.
Le lundi soir ont swing avec du bon Rock; le mardi soir ont prend ça cool et funky avec des émission de jazz; le mercredi ont défonce la barraque avec une soirée de punk et de loud rock; les jeudi CISM seront ouverts à la musique indie, l’électro-monde, bref à tout ce qu’il y a de plus éclectique.
Les vendredi et samedi soirs ont accompagnera vos sorties avec de la musique pour danser, de l’électro, la crème du hip-hop et le dimanche on s’ouvre sur la musique du monde.
Soyez à l’écoute demain matin à la même heure pour l’humour débridé du Chevreuil Observateur qui quitte sa case du dimanche.
Le mardi à 12h00 vous pourrez entendre la perspective d’intervenants fascinants à l’émission d’information «Regards croisés».
Et bien sûr, nous serons là avec vous tous les lundis matins de 7 à 9h00 pour La Levée, votre émission d’actualité politique, économique et environnementale avec des sujets et une perspective éclairée, engagée et je l’espère… qui vous incitera à l’engagement.
Après La Levée Karine fera tourner ces meilleurs CD pour votre plus grand plaisir musical avec son émission Mix Rhizomik que tu qualifierais comment?…
Bref, à la radio et par le cyberespace il sera bon d’ouvrir grand les oreilles pour la panoplie de choix que vous offre CISM en 2006 lors de sa 15e année d’existance.
Et restez à l’écoute pour les détails sur les célébrations entourant cet anniversaire car c’est CISM qui distribuera les cadeaux…

Programmes sociaux/Criminalité

Avec la montée de Stephen Harper dans les sondages il y a lieu de s’inquiéter pour l’avenir du Canada, car cet homme ne rêve à rien de moins que d’américaniser le pays…couper dans les programmes sociaux, privatisation à tout azimut et à renforcer les outils répressifs de l’État.
C’est un bon moment de réfléchir sur ce qu’a fait un autre parti conservateur pour voir ce qui s’en vient si Harper devient premier ministre.
Il y a 10 Mike Harris et les conservateurs de l’Ontario avaient coupé les taux de sécurité de revenu de 22%, réduisant de la sorte presque ¼ des revenus des familles les plus pauvres de l’Ontario.
Les enfants de ces familles vulnérables sont maintenant, 10 ans plus tard, des adolescents.
Et récemment il y a eu une montée de crimes violents par des gangs… Faut vraiment être aveugle pour ne pas voir de liens de causalité là!
Toutes les recherches démontrent comment la pauvreté, les disparités économiques et la marginalisation sociale sont les premiers facteurs menant à la criminalité.
Et nos bons dirigeants ont tout simplement ignorés ces faits et on plutôt choisi de plus en plus larges parts du revenu collectif vers les riches en insistant sur des baisses d’impôts plutôt que les programmes sociaux.
C’est ce qu’à fait Harris : il a coupé la sécurité de revenu pour faire un cadeau aux riches.
Pas juste ça, le gouvernement Harris a coupé dans un paquet de programmes sociaux qui visaient à empêcher l’exclusion des jeunes les plus pauvres de la province.
Résultat : l’Ontario se trouve avec un beau problème de gang de rues aujourd’hui :
Des gangs qui offrent un sentiment d’appartenance, de prestige, de dignité et de statut pour des jeunes qui autrement n’en trouverait nulle part.
Dire qu’il appelait sa politique la révolution du bon sens…
Stephen Harper est de la même école que Harris : il ne veut rien entendre des connections entre la réduction des programmes sociaux et l’augmentation de la criminalité.
La réduction des impôts et des taxes met plus d’argent dans nos poches…mais dites moi à quoi peut bien servir un porte-feuille plus épais dans une société malade et dangereuse?
Me semble qu’il serait beaucoup plus mature de se passer de quelques gadgets de plus, un voyage exotique ou une voiture plus luxueuse en échange de voisins en santé, éduqué et sereins…
Une société saine et intelligente plutôt que malade et ignorante…c’est un choix qui nous appartient, pas seulement lors d’élections mais tous les jours.




Frustrations sexuelles soldats Irak
La guerre moderne est vraiment ce que l’humanité accomplit de plus imbécile et d’ignoble… pas loin après polluer et détruire la biosphère le seul système connu qui permet une si grande diversité de formes de vie.
Et la guerre en Irak se poursuit toujours, en fin de semaine 17 soldats américains sont morts au combat et personne ne sait combien de civils irakiens…
Près de 100 000 jeunes hommes et femmes des ÉU passent un an ou plus en Irak.
Et une question importante souvent oubliée lors des périodes de guerres sont les résultats violents liés à la frustration sexuelles d’hommes à qui ont demandent d’être chastes pour de longues périodes.
Et qui dit soldats chastes dit normalement l’importation de prostituées ou l’émergence de la prostitution chez les femmes dans le pays envahit.
La prostitution a toujours été associée à la guerre et à l’occupation d’un pays étranger, comme ça l’a été le cas lors de la présence militaire américaine en Allemagne, au Japon, en Corée du sud et au Vietnam, mais les données sérieuses manquent par rapport à l’occupation américaine de l’Irak.
Selon un membre du groupe Iraq Veterans Against the War la prostitution est assez commune dans les bases en Irak.
Le problème de la prostitution est assez importante, surtout pour les femmes et les filles de la population locale ayant servi de prostituées faisant en sorte qu’elles ne pourront jamais complètement se réintégrées à la société une fois la guerre terminée.
Et bien sûr, malgré les interdictions, des relations sexuelles arrivent entre soldats males et femelles, mais avec les femmes composant 15% des forces armées aux ÉU…ça l’expose plusieurs d’entre elles à la menace de viol sur plusieurs bases…
Le viol venant de soldats américain est aussi une menace très sérieuse pour plusieurs irakiennes, mais encore une fois les données sont impossible à trouver.
Selon Steven Soldz, de l’institut pour l’étude de la violence à Boston, il y a bien sûr de l’activité sexuelle parmi ces 130 000 soldats en exil pendant un an en Irak.
Il dénonce donc le silence entourant cette activité, le déni, en fait, des dirigeants de l’armée… Un déni qui cache encore un autre coût réel de cette folle aventure sur laquelle Bush a entraîné les ÉU pour plaire à ses amis du pétrole…

Nature humaine bouc émissaire

Je suis certain que pour 9 personnes sur 10 qui nous écoutent, la nature humaine fait en sorte qu’il y aura toujours de la guerre, de l’agression et du conflit.
Tout le monde semble croire que l’humain est naturellement égoïste, avare, que la vie est une lutte du plus fort…etc.
Et c’est ce qui motive beaucoup de monde à aller à l’université… justement pour s’élever au-dessus de la moyenne et prendre le plus possible de richesse de terre que possible.
L’excuse de la nature humaine est la raison #1 donnée pour expliquer le pessimisme envers l’avenir et l’abandon de l’engagement pour améliorer notre monde.
En fait, la science en sait très peu sur ce qui compose la nature humaine et la plupart des choses que l’on pensent ne sont que des suppositions pas du tout appuyé par des faits et de la recherche.
C’est plutôt les systèmes sociaux et économiques qui dictent nos comportements collectifs et individuels.
Oui nos instincts de base nous incite à nous nourrir, à nous abriter, à nous habiller et à la reproduction.
À part de ça la nature humaine a révélé une vaste gamme de comportements, allant du plus dépravé, barbare et extrêmement xénophobe à la compassion, l’empathie et l’altruisme sublime.
L’histoire nous enseigne que durant la plus grande partie du vécu de l’humanité les humains ne se sont pas engagés dans des activités agressives et guerrières.
La coopération, l’empathie et l’entraide mutuelle ont occupé une place beaucoup plus grande dans notre histoire.
On peut aussi prendre l’exemple de la Suède, une société barbare et guerrière qui aujourd’hui est une des plus paisibles de le terre…
Pourquoi? C’est tout simplement une question du choix et de la nature des institutions qui gèrent nos vies.
D’autant plus que les preuves s’accumulent pour défendre l’idée que les humains sont nés avec une sorte d’instinct morale, une moralité innée.
Le linguiste Noam Chomsky affirme pour sa part que les humains possèdent aussi un instinct pour la liberté, une capacité innée à reconnaître une situation ou d’autres nous enlèvent notre liberté.
La créativité, la morale, la liberté…voilà potentiellement les véritables composantes de la nature humaine.
Mais les impératifs du capitalisme poussent nos créateurs de la culture officielle à entretenir le mythe de l’homo economicus : l’exploitation, l’injustice et la folie suicidaire du capitalisme moderne sont justifiées par l’excuse que c’est dans notre sang et qu’il y a rien à faire?
Et qui sont les premiers à répandre ces mythes sur la nature humaine? Les riches et les puissants qui justifient ainsi leurs actions inhumaines…
Comme l’affirme l’historien Edward Hyam : le capitalisme transforme l’homme en cannibale économique et ensuite nous fait croire que le cannibalisme économique vient de la nature humaine…

31 décembre 2005

NON À L'ÉCHANGISME SALE!

OMC Hong Kong

En moins d’un mois ont eu lieu deux événements majeurs pour l’avenir de la Terre et de l’humanité : la conférence sur le réchauffement climatique ici à Montréal et la 6e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce à Hong Kong du 13 au 18 décembre.

D’un côté il fallait trouver une voie commune pour réduire drastiquement les émission de GES pour éviter une suffocation collective et de l’autre on a assisté à une lutte entre les pays riches qui veulent exploiter librement les ressources des pays pauvres et l’effort des pays en développement pour atteindre une mondialisation plus juste et équitable.

Les deux sont intimement liés… parce que tant qu’il sera possible pour les transnationales d’avoir facilement accès aux marchés et aux ressources des pays pauvres…autant durera notre mode de production et de consommation qui détruit nos écosystèmes à un rythme qui fait en sorte que nous assistons présentement à la 6e grande extinction d’espèces depuis les origines de la Terre.

Le problème central avec la globalisation des échanges mise de l’avant par l’OMC c’est qu’elle avantage surtout les industries des pays riches.

Les règles du pseudo libre-marché sont surtout applicables aux pays pauvres qui n’ont pas le droit de protéger leurs industries pendant que les pays subventionnent allègrement leurs industries agricoles et protègent leurs avantages technologiques et scientifiques avec toute une panoplie de règlements injustes.

Mais dans tout ça il demeure que la simple élimination des subventions agricoles dans les pays riches ne serait pas la panacée pour les fermiers pauvres selon ce que semble suggérer des voix à la Banque mondiale.

C’est tout simplement faux de croire qu’un véritable libre-marché agricole…donc le libre accès des fermiers pauvres aux marchés des pays riches…serait un moteur de développement.

Si l’on souhaite vraiment améliorer le sort des paysans du tiers-monde il faudrait plutôt tendre vers des politiques alternatives comme des loi anti-trust pour limiter le pouvoir de l’agro-business, faire des pressions pour des réformes agraires, favoriser les échanges régionaux et surtout mettre de l’avant des règles qui garantirait aux populations les plus vulnérables l’accès à la sécurité alimentaire.

En somme, la structure, les règlements et les processus de l’OMC sont systématiquement biaisés contre les pays en voie de développement.

Ça pris 10 aux pays pauvres à comprendre ça complètement…

Après 20 ans d’ajustements structurels et d’autres politiques radicalement pro-marché imposés sur les pays en voie de développement on se retrouve avec plus de pauvres dans le monde aujourd’hui qu’en 1985.

Ce n’est pas un hasard que la seule région où un recul de la pauvreté a été enregistré est en Asie de l’est où l’intégration dans le marché mondial a été gérée par des États forts comme la Chine et la Corée du sud qui ont la plupart du temps appliqué une formule protectionniste anti-libre échange et du mercantilisme à l’étranger.

L’échange global n’a pas besoin de l’OMC…il se débrouillait très bien avec le GATT, l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce et la conférence de l’ONU sur l’échange et le développement.

La seule raison pour laquelle on est pris avec l’OMC c’est pour le bénéfice des entreprises transnationales…plus spécifiquement les entreprises états-uniennes.

Avec ses entreprises de plus en plus dépendantes de l’économie globale au cours des années 1970, les ÉU ont poussé fortement pour le remplacement du GATT par une organisation beaucoup plus redoutable pour réduire en miettes les mesures protectionnistes des pays plus faibles.

Créant, de la sorte, une véritable cage de fer qui a empêché tout véritable développement dans les pays du tiers-monde.

Afin de défendre leurs intérêts, ces pays se sont regroupés en groupes tels que le G20, G33 et G90…c’est la formation de tels groupes qui ont fait en sorte de déraillé la dernière réunion ministérielle à Cancun.

On continue de parler de tout ça, un peu plus concrètement, après la musique…

***

On parlait donc de la plus récente conférence ministérielle de l’OMC (la 6e, en fait) qui s’est terminée récemment à Hong Kong…

L’Organisation Mondiale du Commerce qui ne sert en rien au développement des pays pauvres mais plutôt les intérêts des entreprises transnationales.

Même si on vient d’annoncer en grande pompe l’élimination des subventions agricoles que se payaient l’Amérique du nord et l’Europe il faut prendre garde : après une sérieuse analyse on risque de voir ce virement comme un ajustement purement esthétique pour gagner encore plus d’avantage sur les marchés des pays pauvres et l’exploitation de leurs ressources.

La rhétorique de l’OMC a beau être le libre-échange, mais sa structure de base assure le monopole des transnationales.

Le but n’a jamais été de libéraliser l’échange agricole, mais de permettre à l’Union européenne et à l’Amérique du Nord de pratiquer allègrement le dumping de leurs produits agricoles fortement subventionnés dans les marchés du tiers-monde.

Il n’y a certainement aucun lien entre le véritable libre-échange et l’accord central de l’OMC : le TRIPs, Trade Related intellectual property rights agreement, qui veut donner aux transnationales de hautes innovation technologique le monopole total en imposant des lois draconiennes de brevet copier sur celles des ÉU.

Le TRIPs est la raison centrale de la perte de légitimité de l’OMC parmi les pays en voie de développement.

Les TRIPs ont mis un frein à la voie traditionnelle de développement qui était axé sur l’industrialisation par imitation.

En plus, les TRIMs, Trade Related Investment Measures rendent illégale l’application d’une politique spécifique locale de développement par rapport aux échanges.

Pour la plupart des pays en voie de développement, la 4e conférence ministérielle de Doha au Qatar, surnommée malicieusement la «ronde de développement», a drastiquement réduit les zones de négociations les plus importantes pour eux :

la réconciliation de l’échange et du développement, l’implantation de politiques de libéralisation d’échange conclue lors de la ronde de l’Uruguay et le traitement différentiel et spécial pour les pays en voie de développement.

Les différents bloc qu’avaient réussi à établir les pays du tiers-monde ont eu un certain succès à freiner les stratégies de négociations asymétriques de l’Amérique du Nord et de l’Union européenne.

Trop souvent les pays riches n’ont fait que concédé des coupures cosmétiques à leurs subventions agricoles massives tout en demandant des concessions très dommageables aux pays pauvres :

Un plus grand accès à leur marché agricole, non-agricole et aussi à leurs secteurs des services.

Alors la plus récente conférence ministérielle de l’OMC à Hong Kong était déjà vouée à l’échec… parce que les pays en voie de développement ont enfin trouvé des moyens efficaces pour tirer leur épingle du jeu lors des négociations.

Dans le Developpement Package le plan pour Hong Kong dressé le 26 novembre dernier n’avait comme but d’enliser encore plus les pays du tiers-monde dans l’endettement à cause de projets d’infrastructure menant à l’échange qu’ont imposée trop longtemps la Banque mondiale et le FMI.

En plus de ça, le texte de Hong Kong diluait encore plus les accords atteints à Doha qui étaient nettement insuffisant pour réduire l’avantage asymétrique des pays riches dans les négociations.

La déclaration de Hong Kong ne cherchait qu’à accélérer l’implantation de l’agenda pro-transnationales au cœur de l’OMC.

On panique un peu dans les hautes sphères de l’OMC devant la nouvelle attitude des pays pauvres…et cette panique mène à une réduction de la démocratie au sein de l’organisation.

Alors il est claire qu’une autre institution d’échange globale est nécessaire.

Une qui n’aura pas le droit de décider de quels aliments feront poussé les paysans…de ce que les gens vont manger.

Une institution qui n’imposera pas des brevets radicaux sur l’ensemble du globe, des brevets quoi coupent l’accès aux semences et aux médecines que des peuples entiers ont besoin pour leur survie.

Suite à Hong Kong, nous sommes à un point tournant pour l’échange global : soit que l’on regarde l’OMC s’imposer comme une dictature ou nous prenons collectivement le chemin de la démocratie…Quel chemin choisir?

On peut s’inspirer du poème de Robert Frost : deux sentiers divergent dans le bois, et moi j’ai emprunté celui par lequel on a moins voyagé…et cela à faite toute la différence.

LE CANADA PIRE QUE LES USA?

Folie collective et réchauffement climatique

Dans son essai classique «La société saine» publié en 1955, le grand psychologue Eric Fromm a proposé que ce ne sont pas seulement que des individus qui peuvent souffrir d’une perte de la raison, mais des sociétés entières peuvent en souffrir collectivement à travers un processus qu’il qualifie de validation consensuelle.

Éric Fromm a conclu dans son essai que la société occidentale est en effet folle et cette perte de la raison menaçait directement la survie de l’espèce humaine.

David Edwards, de la société Media Lens juge que les réactions des médias britanniques suite à la conférence sur le réchauffement climatique de Montréal prouve sans contredit l’affirmation choquante d’Éric Fromm.

En effet, comment peut-on qualifier notre manque d’action concrète suite aux preuves irréfutables qui nous annoncent que d’ici 2050, à cause du réchauffement climatique, plus du quart des espèces d’animaux et de plantes auront disparu ou sur le point de l’être.

Le seul point de vue que l’on retrouve dans les médias de masse sur cette question essentielle à notre survie est que «les gouvernements doivent demander plus de conservation d’énergie aux industries. »

Une action doit être menée pour réduire les émissions dues aux transports…il faut donc investir massivement dans le développement d’énergies alternatives et la taxation de vols aériens…et les Américains n’en font pas assez!

Le problème avec cette affirmation continuellement recyclée dans les médias de masse, selon David Edwards, c’est qu’elle représente le point de départ de toute discussion rationnelle sur le réchauffement climatique.

Ça fait au moins 25 ans que les éditoriaux tournent plus ou moins autour de cette affirmation de base voulant que les gouvernements fassent quelque chose pour contrôler la pollution industrielle.

On semble incapable de sortir des nouvelles ou d’affirmer dans les pages éditoriales qui feront en sorte de mobiliser convenablement les citoyens vers des changements concrets et efficaces.

Le problème c’est que vu la manière que les médias de masse fonctionnent, par la voie de revenus publicitaires, la convergence des médias dans des conglomérats…elles ne peuvent faire autrement que s’en tenir à ce constat de base qu’il faut que les gouvernements agissent et que les États-Unis n’en font pas assez.

Paul Martin a bien régurgité au moins la deuxième partie de ce constat de base lors de la conférence sur le réchauffement climatique à Montréal.

Il a fait son tough face aux ÉU en espérant que ça lui gagne des votes aux cours des élections qui ont lieu en ce moment pour ceux qui ne le savaient pas.

Martin a récité les platitudes habituelles : il faut une action internationale concertée et que les ÉU sont les premiers à blâmer pour cette absence d’action commune.

Sauf qu’en attaquant l’administration Bush il s’est ouvert à une analyse des actions de son propre gouvernement au pouvoir au cours des 12 dernières années …

Et devinez quoi? Aussi pire que peuvent sembler les ÉU nous ici au Canada avons fait pire qu’eux.

Dans son livre rouge qu’il a co-écrit en 1993 Martin avait promis que si élu le parti libéral allait couper les GES à 20% de moins que le niveau de 1990 au cours des 10 prochaines années.

Et quand le Canada a signé Kyoto cette cible s’est réduite à 6%…un taux que les libéraux n’ont pas pu atteindre.

Alors au lieu de ça l’ONU nous annonce que les GES ont augmenté de 24% par rapport au niveau de 1990…et pendant ce temps le taux des ÉU s’est élevé de 13.3%.

En fait, l’OCDE affirme que le Canada a le taux de croissance de GES le plus élevé du monde industriel…

En février, les libéraux se sont même joints aux conservateurs pour défaire une motion du NPD demandant mandatant des émissions de gaz standard pour tous les véhicules vendus au Canada.

Le parti libéral de Paul Martin est incapable d’élaborer une vision claire et efficace pour lutter contre le changement climatique, mais il insiste à appeler à un consensus mondial et à blâmer les ÉU.

En effet, nous vivons dans une société folle, j’ajouterais pas à cause de notre nature, mais à cause des institutions qui mènent nos vies…

SYNDRÔME DE L'ÉLECTEUR BATTU

Paul Martin père Noël

C’était drôle de voir Paul Martin lancer toutes ses promesses de dépenses sociales juste avant d’annoncer les élections, en fait 10 milliards en autant de jours, ça m’a fait penser à la toune mes douze jours de Noël :

Le premier jour de Noël Paul Martin m’a promis…

Selon le toujours pertinent Murray Dobbin du site rabble.ca vu que Paul Martin semble incapable de développer sa propre vision nationale, la seule manière qu’il a sur trouver ses idées pour les cadeaux pré-élections s’était d’aller les fouiller dans la poubelle où il a jeté un paquet de programmes sociaux depuis 1993.

Rappelons qu’aucun autre ministre des finances n’a connu autant de surplus annuels de suite que Paul Martin : de 1997 à 2003…et les libéraux en ont connu deux autres depuis.

Alors ce n’est pas par manque d’argent que Paul Martin n’a pas dépensé en programmes sociaux.

C’est tout simplement parce que ça ne lui tentait pas.

En fait, il était tellement déterminé à ne pas dépenser qu’il a fait exprès de sous-estimer chacun des surplus qu’il a connus.

Paul Martin est l’enfant chéri de la philosophie de l’État minimal si chère à Bay Street.

Sa feuille de route lorsque les libéraux ont pris le pouvoir en 1993 lui a été remis par Thomas d’Aquino le gourou des intérêts patronaux au Canada.

Au milieu de 1994, d’Aquino a remis au nouveau ministre des finances son programme en 10 points pour restructurer le pays.

En 1995, il a présenté son budget comme étant celui qui allait restructurer le gouvernement et son rôle même.

Annonçant plus de 25 milliards en coupures aux cours des trois années à venir, il s’est vanté que selon la taille de l’économie, les dépenses en programmes seront plus basses en 1996-97 qu’à aucun moment depuis 1951.

Le déficit a donc disparu en deux ans. Si Martin avait tout simplement choisi de geler les dépenses, le déficit aurait disparu en deux ans de plus.

Martin avait aussi démantelé la moitié de la législation sur laquelle est basée notre système de santé.

En agissant de la sorte, Martin a crée ce que les stratèges néo-conservateurs appellent une «crise utile»…des faiblesses dans les systèmes qui permettent aux critiques d’introduire le domaine du privé à la rescousse.

Martin aurait pu remettre l’argent des programmes sociaux à leur place entre 1999 et 2002 si ça lui avait tenté car il a accumulé un surplus de 36 milliards.

Les surplus étaient si énormes en 2000 que Martin ne pouvait plus les cacher…il a donc opté pour une réduction d’impôts de l’ordre de 100 milliards pour 5 ans…

Dont 77% du montant allait bénéficier au plus riche 8% de la population…

Des milliards flottent aussi dans les coffres des transnationales canadiennes grâce à la générosité de Paul Martin.

Et je vous rappelle que la seule raison pour laquelle il a augmenté les dépenses depuis les élections de 2004 c’est à cause de sa situation minoritaire et le calcul judicieux du NPD.

Alors n’allons pas croire que Paul Martin changera s’il est réélu. La situation idéale pour le Canada présentement, à défaut d’avoir Jack Layton comme Premier ministre, serait d’avoir un NPD fort qui forcerait un parti libéral minoritaire à nous redonner notre argent.

POURTANT, DES SOLUTIONS EXISTENT!

Réduire temps d’attente dans les hôpitaux

Une étude sortie mercredi le 15 décembre dernier par le Canadian Center for Policy Alternatives démontre qu’il existe des solutions viables pour arranger le problème des longues listes d’attentes pour une intervention dans notre système de santé public.

Qu’en fait la pire des solutions serait d’ouvrir l’accès aux cliniques privées pour régler la situation.

L’auteur de l’étude, le Dr Michael Rachis affirme qu’au lieu d’opter pour le privé, les Canadiens devrait choisir des solutions pour le secteur public.

L’essai met en valeur deux approches innovatrices.

1. établir plus de centres publics spécialisés pour des chirurgies d’un jour;

2. adopter des méthodes modernes pour gérer les files d’attentes développer avec succès par d’autres secteurs.

Rachlis utilise l’exemple de deux cliniques, le Quennesway surgical center de toronto et le Pan-Am clinic de Winnipeg pour démontrer comment les cliniques publiques peuvent atteindre les bénéfices de la spécialisation et de l’innovation…deux qualités que l’on réserve normalement pour les cliniques privées.

D’autant plus que les cliniques publiques données en exemples coûtent moins chères et offrent plus de bénéfices sociaux…

Le Dr Rachlis affirme donc que le secteur public devrait transférer le plus de procédures mineures et de chirurgies à bas risques vers ces cliniques publiques spécialisées.

L’étude démontre aussi comment l’application de nouvelles techniques de gestion de liste d’attente pourraient être utilisé pour restructurer les services, améliorer le débit des patients, et ainsi réduire les délais.

Le Dr Rachlis constate que les délais sont un résultat de services mal planifiés et non pas juste du manque de ressources.

Il donne comme exemple le Saskatoon Community clinic qui a éliminé leur ancien délai de 4 semaines avant de voir le médecin de famille.

La Saskatchewan planifie donc d’étendre le service d’un jour à toute la province d’ici 5 ans.

En fin de compte, malgré les affirmations voulant que les cliniques privées fournissent de meilleurs services à un meilleur coût…toutes les études sérieuses démontrent au contraire qu’un système de santé à but lucratif coûte plus cher et offre un service de qualité inférieur.

Alors on voit qu’il ne manque pas de bonnes idées pour arranger notre système de santé public sans avoir recours au privé.

De toute façon les cliniques privées ne font que détourner l’argent du public vers des actionnaires et des compagnies d’assurance.

En plus les cliniques privées aggravent les carences de personnel.

Ces solutions confirment à mes yeux que tous les politiciens qui essaient de nous vendre l’idée du privé pour sauver notre système de santé le font parce qu’ils ont un intérêt financier à long terme dans cette aventure.

Surtout que la crise dans le système a surtout été consciemment causé par un sous-financement et un manque de vision tout à fait évitables…

LES POCHES VIDES : LA PEUR DE L'AUTRE

Minutemen

Je vous parle maintenant d’un phénomène aux ÉU non pas pour dénoncer le racisme qui règne encore là-bas mais pour vous faire part d’un problème cyclique qui revient chaque fois qu’une société connaît des temps difficile : la xénophobie.

Une milice de citoyen s’est formée aux cours des dernières années en Arizona surnommée les Minutmen…leur but est de s’asseoir le long de sentiers utilisés par des immigrants sans-papiers pour traverser la frontière mexicaine vers les ÉU.

Tout ça dans le contexte de législation qui interdiraient aux immigrants illégaux d’avoir droit aux services sociaux et qui favoriserait la chasse plus poussée aux sans-papiers.

En Arizona une telle loi a été approuvé par 56% des électeurs cet automne.

Une telle proposition législative est en cours dans 12 autres États américains présentement.

Dont certains États très loin de la frontière tel que Washington et la Virginie…

Comme je l’ai dit, chaque fois que l’économie souffre, un pays devient frileux et se rabat sur la menace ethnique.

Alors après avoir craint l’invasion des Irlandais, la question juive, le problème nègre, plusieurs États s’attaquent aujourd’hui au défi hispanique.

Les migrants n’ont même pas besoin de venir d’autres pays pour représenter une menace, celle-ci peut-être régionale aussi :

Dans son roman les raisins de la colère écrit en 1939, John Steinbeck a écrit : «Dans l’Ouest il y avait une panique lorsque les migrants se sont multipliés sur les autoroutes…des hommes n’ayant jamais eu faim ont vu les yeux des affamés…des hommes n’ayant jamais voulu grand chose ont vu la flamme du besoin dans les yeux des migrants… les hommes dans les villes et des douces banlieues se sont réunis pour se convaincre qu’ils étaient bons et les envahisseurs méchant, comme un homme doit le faire avant de combattre.»

Steinbeck décrivait des migrants venant du Oklahoma et non pas du Mexique.

Jusqu’en 1875, aucune loi fédérale n’existait pour restreindre l’immigration aux ÉU.

Cette année là, une loi avait été rédigée pour empêcher les Chinoises et les criminels d’entrer au pays.

Et une autre en 1882 pour exclure les Chinois.

La peur de l’invasion chinoise était tellement grande que c’est à ce moment que les ÉU ont commencé à se soucier de leur frontière au sud, par crainte que les Chinois passerait par là.

Une patrouille de frontière a été crée en 1924 et avant 1929 ce n’était même pas un crime de traverser la frontière sous leur nez.

Le concept même d’immigrant illégal n’existait même pas.

À travers l’histoire américaine on a toujours utilisé la même rengaine pour justifier son intolérance envers l’immigrant : les Irlandais, les Italiens, les Chinois et les Mexicains ont tous à un moment donné été ceux qui volaient les emplois, menaient les gangs criminels et vendaient de la drogue.

La manifestation la plus récente de xénophobie et son obsession pour la frontière du sud a commencé au milieu des années 1970 et début 1980 lorsque la chute de l’économie mexicaine et les guerres sanglantes en Amérique centrale ont envoyé des vagues de migrants vers le nord.

Ailleurs dans le monde le désespoir envois les Pakistanais vers Dubai, les Éthiopiens vers Rome, les Birmans vers Bangkok, les Turques vers Berlin, etc.

Alors dans le sud des ÉU les industries agricoles et des services s’assurent un flot continu de travailleurs dociles, pas chers et jetables.

Le pire dans cette histoire c’est que les premiers à blâmer pour la chute de l’économie et la disparition d’emplois stables et payant ne sont pas bien sûr les immigrants, mais les politiciens qu’admire les hommes blancs du sud qui jouent les paramilitaires le long de la frontière : Richard Nixon, Ronald Reagan, Bush père et fils.

Ces hommes ont favoriser la fuite de capitaux et le déplacement des emplois vers d’autres pays; l’instabilité économique et les guerres en Amérique latine…et bien sûr les seuls qu’ils arrivent à accuser dans leur ignorance se sont les migrants qui traversent la frontière au péril de leur vie, poussés par le désespoir.

CHAVEZ DICTATEUR? PLUTÔT L'OPPOSÉ...

Venezuela démocratie

Des élections législatives ont eu lieu au Venezuela dimanche dernier et le résultat a été un plein contrôle de Président Hugo Chavez sur le congrès, son parti ayant remporté les 167 sièges de l’Assemblée nationale.

Maintenant Chavez contrôlera tout les niveaux de pouvoir : les forces armées, le congrès, la cour suprême et la commission électorale.

L’ensemble des partis de l’opposition ont décidé de boycotter l’élection en faisant le calcul imprudent que de la sorte le monde allait voir Chavez comme un despote et le forcer à prendre sa retraite.

Le prétexte officiel du boycott était que Chavez avait trop de contrôle sur la commission électorale nationale : pourtant, il y avait plus de 400 observateurs indépendants qui veillaient sur l’élection et personne n’a dit qu’il s’était passé quelque chose de malhonnête…

Alors pour la quatrième fois, les partis d’opposition du Venezuela se sont tirés dans le pied depuis qu’Hugo Chavez a pris le pouvoir en 1998.

Rappelons que l’opposition avait appuyé le coup d’État en avril 2002, la fermeture de l’industrie pétrolière en 2002/2003 et le référendum pour destituer Chavez en 2004 : tous des échecs lamentables.

L’opposition au Venezuela semble incapable de procéder autrement qu’en appliquant les stratégies de ses éléments les plus extrémistes…

Espérons maintenant que cette dernière bourde stratégique provoquera l’émergence d’une saine opposition au Venezuela.

Pourtant les partis d’opposition avaient affirmé leur volonté de participer aux législatives du 4 décembre dernier à l’organisation des États américains.

Le lendemain de cette promesse, l’Accion democratica le parti possédant pourtant 23 des 165 de l’Assemblée nationale s’est retirée et les trois autres ont suivi pas longtemps après…

Le parti d’opposition avec le plus à perdre de ce boycott a été Primero Justicia mené par leur candidat à la présidence du pays pour lors des élections de décembre 2006.

Jusqu’à présent la coalition des partis pro-Chavez avait une mince majorité à l’Assemblée nationale et avec l’élection de dimanche dernier ils auront toute la liberté nécessaire afin de poursuivre la fameuse révolution bolivarienne.

Alors chaque fois que l’opposition à Chavez a dû prendre une décision majeure elle a invariablement choisi l’option de ses éléments extrémistes.

Un observateur a dit que ça doit avoir un rapport avec une culture macho où la modération est vu comme de la faiblesse et l’extrémisme comme du courage…

Y’a aussi l’influence de l’oncle Sam à prendre en considération, lui qui aime tellement envahir les pays dont les dirigeants seraient illégitimes et qui ne respecteraient pas les diktats de l’empire.

Fait à noter : au cours des 5 dernières années les partis d’opposition ont reçu 20 millions de dollars d’aide des ÉU.

En faisant le pari à long terme que le boycott allait rendre Chavez illégitime aux yeux du monde, l’opposition venait de s’enlever leur avant-dernier outil pour faire entendre leur voix.

Ils ont perdu les forces militaires en appuyant le coup d’État; perdu l’industrie pétrolière en essayant de la fermer; perdu sa base militante avec la défaite lors du référendum sur la destitution de Chavez; et dimanche dernier, l’opposition a perdu l’Assemblée nationale.

Que reste-t-il maintenant? Les médias de masse, farouchement anti-Chavez.

Espérons donc qu’une nouvelle opposition se formera aux cours des prochaines années, peut-être des éléments moins extrémistes et stupides de la vieille opposition; ou même parmi les rangs des pro-Chavez…

Et peut-être que le Venezuela pourra atteindre une certaine normalité entre le parti au pouvoir et l’opposition.

Dans le pire des cas, il faut craindre que les ÉU et les pays qui lui sont proches en profiteront pour tenter de renverser Chavez sous prétexte qu’il est un dictateur.

Comme on verra après la musique, non seulement Chavez est loin d’être un despote, il est probablement le plus grand démocrate de la planète en ce moment…

***

La révolution bolivarienne d’Hugo Chavez se poursuivra donc de plus belle avec l’implosion irrationnelle de l’opposition lors des élections de dimanche dernier au Venezuela.

Michael Albert de Z Magazine – je vous ai déjà dit d’aller visiter ce site Internet? – est aller rendre visite au Ministère de la participation populaire qui avait été créé, selon le désir de Chavez, afin que le peuple prenne véritablement le pouvoir au Venezuela.

Albert rapporte que même si ça fait plus de 200 ans que nous pratiquons la démocratie, nous remettons encore le pouvoir entre les mains d’une élite.

On laisse littéralement les autres gouverner à notre place…

Au lieu de ça, au Venezuela, on propose un système où le peuple tient le pouvoir par la participation.

On cherche donc à créer une assemblée de conseils de citoyens dans les communautés où les familles pourront s’exprimer directement sur les décisions qui les affectent.

Les conseils de base seront formés de 200 à 400 familles ou de 1000 à 2000 personnes.

Chaque unité locale enverrait un porte-parole élu au niveau supérieur, ce niveau représenterait une région géographique plus large et de là on procèderait à élire un autre porte-parole qui ira à un niveau supérieur et ainsi de suite…

Comme ça le ministère de la participation populaire compte créer un réseau du bas vers le haut qui représenterait le plus fidèlement possible les volontés des 26 millions de Vénézuéliens.

On ne cherche pas à copier ce que d’autres gouvernements socialistes ont fait ailleurs, ni à imposer une dictature du prolétariat.

Le but est de créer quelque chose de nouveau en parallèle aux institutions démocratiques déjà existantes de manière à ne pas forcer les choses par la violence et la confrontation, mais plutôt par une saine compétition entre institutions de manière à ce que les plus efficaces et les plus désirables s’imposent.

L’important c’est de donner l’opportunité aux citoyens de se prononcer sur les décisions qui les toucheront selon la proportion qu’ils en seront affectés.

C’est selon moi la véritable définition de la démocratie…

Il y a bien sûr beaucoup d’élus et de bureaucrates qui ne veulent rien savoir de voir leur pouvoir réduit et celui des citoyens, augmenté.

Alors l’équipe de Chavez implantera ces processus de démocratie participative en parallèle aux institutions existantes afin qu’elles fassent leurs preuves sur le long terme.

Mais il demeure que le pays a 335 municipalités et jusqu’à présent 255 ont fait connaître leur appui au projet du président.

Michael Albert soutient par contre qu’il faudrait un débat national pour mieux clarifier et explorer les buts ultimes de la révolution bolivarienne de manière à ce que tous soit en mesure de les critiquer et de les enrichir.

Un autre aspect intéressant est que c’est l’élite au pouvoir qui est bien en avance sur le reste de la population pour implanter la démocratie participative.

Au moins le processus se déroule avec le soucis de démontrer la valeur des nouvelles institutions plutôt que de les imposer par la force.

Chavez dans tout ça démontre une retenue remarquable avec l’utilisation de son pouvoir, on dirait même qu’il est le premier homme à avoir autant de pouvoir à faire la promotion de l’anti-autoritarisme.

Mais avec cette situation existe le danger d’une forte instabilité si jamais il disparaissait…faudrait vraiment qu’une nouvelle opposition à Chavez, plus modérée que celle qui existe présentement et issue de la gauche apparaisse aux cours des prochaines années.

EFFETS SECONDAIRES DU DRAGON

Pollution en Chine

Ce n’est qu’une hypothèse de ma part, mais j’ai la nette impression que la santé écologique d’un pays est directement proportionnelle à sa santé démocratique.

C’est pourquoi le bilan écologique après la guerre froide est bien pire pour les anciens pays de l’Union soviétique que pour les États-Unis…

…Et pourquoi on protège beaucoup mieux l’environnement dans les pays scandinaves qu’aux États-Unis.

Tout le monde sait que la Chine connaît un boom économique hallucinant et avec tout ce développement et cette industrialisation vient bien sûr la dégradation des systèmes écologiques…surtout si les priorités économiques de l’élite prennent le dessus sur toutes les autres considérations, comme la santé des citoyens.

Selon un récent article du Boston Globe, les Chinois ont observé avec horreur pendant que des équipes tentaient de nettoyer la rivière Songhua dans le nord est suite à un renversement de benzène qui avaient coupé l’accès à l’eau potable pour 12 millions de Chinois durant une semaine.

Dans la capitale Beijing, une des villes les plus polluées du monde, on a bien compris que c’est la Chine au grand complet qui voit son environnement décrépir.

À Beijing le cancer du poumon est la première cause de décès…c’est qu’il y a juste un immense nuage de sulfure qui enveloppe la ville chaque soir.

Une photo récente par satellite montre que la ville est couverte aussi d’une belle couche épaisse de smog.

Avec de plus en plus de Chinois directement affecté par la pollution endémique et la dégradation de l’environnement, des groupes prêts à prendre le risque de s’en prendre au gouvernement font surface pour lutter contre la situation.

C’est en 1994 que la première organisation écologique a eu officiellement le droit d’exister et depuis plus de 2000 organisations ont vu le jour.

À l’époque mal entraîné, mal équipé et sans le sous…ces organisations apprennent comment s’organiser et reçoivent de l’aide de pays étrangers.

Il y a Probe International basée au Canada qui donne un coup de main à l’organisation de Dai Qing une activiste qui a été emprisonné lors du massacre de Tiananmen en 1989 et qui est sorti de l’incarcération comme dirigeante du mouvement contre le barrage des Trois Gorges de la rivière Yantsé :

Un projet qu’elle qualifie de la plus destructive socialement et écologiquement que la planète ait vu.

Des ONG partout sur Terre veulent donner un coup de main à ces mouvements écologiques chinois, surtout à cause des effets de l’explosion de l’économie chinoise sur son environnement et celui des pays voisins.

Il y a beaucoup de polluants de sulfure de dioxyde qui sort de la Chine pour se rendre au Japon et même jusqu’à la côte Ouest des ÉU.

Tanné de voir la Chine émettre 25 millions de tonnes de sulfure de dioxyde causé des pluies acides chez eux, le Japon a offert de donné 40 millions de dollars en équipement pour la désulfuration de certains procédés industriels.

Hélas, trop d’entreprises chinoises préfèrent encore payer des pénalités financières au gouvernement chinois plutôt que d’installer de l’équipement de production moins polluant.

Trop souvent, pour ne pas risquer des représailles de la part du gouvernement, les journalistes et ONG chinois s’attaquent à des problèmes écologiques politiquement sans danger.

Mais dernièrement ils ont poussé un peu la note et même certains au placé du parti communiste commencent à les écouter.

Au début de cette année le gouvernement a décidé de suspendre 30 projets, valant 10 milliards de dollars, vu que ces projets ne rencontraient pas les exigences écologiques de base.

En somme ces petits changements ne valent pas grand chose dans l’ensemble de la politique économique qui exige 7% de croissance annuelle.

Le gouvernement chinois continue toujours de cacher de l’information cruciale des yeux du public…les priorités étant la stabilité politique et la croissance économique, la démocratie et l’environnement resteront secondaires pour un bout de temps encore.

SUPPORTONS NOS TROUPES

Canada en Afghanistan

L’histoire suivante vient du magazine Internet canadien Briarpatch où Justin Podur et Sonali Klohatar dénonce avec raison l’intervention militaire du Canada en Afghanistan.

Saviez-vous que l’armée canadienne aide les ÉU à pacifier la capitale Kandahar?

Notre présence là-bas devrait faire l’objet de débats durant l’actuelle campagne électorale…surtout que ce qui motive notre action ce n’est pas l’aide aux Afghans mais plutôt la concrétisation des projets pétroliers des ÉU en Asie centrale…

Le 11 juillet dernier le chef de la défense du Canada, le général RJ Hillier a décrit les groupes armés qui luttent contre l’OTAN en Afghanistan de meurtriers détestables et pourris qui haïssent nos libertés et notre société…on dirait des paroles de Bush!

Ce langage ne représente pas la belle image paisible de l’armée canadienne…surtout que le Général Hillier a déjà affirmé haut et fort : nous sommes les forces armées canadiennes et notre boulot c’est de tuer des gens.

Le Major général Andrew Leslie en rajoute en ayant dit que notre aventure en Afghanistan risque de durer 20 ans, disant qu’il y a des choses pour laquelle il faut tuer et mourir.

Expliquant pour pourquoi le Canada sera impliqué militairement en Afghanistan pour les 20 prochaines années, le général Leslie a dit : chaque fois que l’on tue un jeune homme frustré outre-mer, il y en aura 15 autres à se tourner contre nous.

Les deux généraux tiennent un discours un peu contradictoire…

Est-ce que ça voudrait dire que chaque fois que nous créerons 15 jeunes hommes en colère contre nous pour avoir tué l’un des leurs, est-ce que ça fait d’eux 15 meurtriers détestables et pourris?

En fin de compte, créer 15 autres ennemis en tuant de détestables meurtriers pourris…est-ce vraiment une cause qui vaut la peine de mourir?

Les discours des deux généraux sont en fait voulus pour rendre légitime le rôle plus agressif de l’armée canadienne à l’étranger.

Tout ça fait partie de la stratégie globale énoncée par Bill Graham le Ministre de la Défense qui voudrait que le Canada intervienne plus souvent chez les États en faillite.

Aujourd’hui, le Canada contribue 2 600 troupes parmi les 8000 en Afghanistan.

C’est 8000 troupes de 35 pays combattent sous la bannière de l’ISAF, l’international security assistance force à Kabul.

En février 2006, le Canada installera ses bureaux à Kandahar en ajoutant 350 troupes pour mener l’ISAF et un surplus de 1000 soldats pour un an.

Vu que le Canada a la même population que l’Afghanistan et que ses ressources militaires sont relativement limitées…disons que la mission afghane est un effort militaire majeur pour nous.

Il demeure que depuis la chute du régime Taliban, l’Afghanistan est devenu un pays progressivement plus dangereux.

Cette année plus de soldats américains sont morts qu’au cours de toutes les années précédentes et les chefs de guerre dans les régions reculées sont plus forts que jamais.

Pendant ce temps là, la quantité de terre consacrée aux plantations de pavots pour l’opium est huit fois et demi plus grande qu’en 2001.

Alors détrompez-vous, la véritable mission en Afghanistan n’est pas le maintien de la paix, mais plutôt l’installation d’un État Afghan sous les ordres des ÉU qui saura être accepté par les Afghans.

L’OTAN a lancé une vaste campagne de propagande en vantant les mérites des PRT, les Provincial Reconstruction Teams qui sont un mélange de militaire accomplissant des œuvres humanitaires.

Le travail accompli par les PRT est minuscule par rapport aux besoins de l’Afghanistan..

De toute façon le militaire et l’humanitaire forment un très mauvais mélange et une coalition de 135 ONG dont Médecins sans frontière et Oxfam ont demandé aux PRT de cesser leurs activités.

Ce qu’il faut avant tout en Afghanistan c’est un désarmement complet, surtout chez les chefs de guerre…même s’ils sont amis du gouvernement et des ÉU.

Faudrait aider les agriculteurs à faire pousser autre chose que du pavot qui ne fini qu’à enrichir les chefs de guerre et rendre les régions plus violentes.

Semblerait, en fin de compte, que les détestables meurtriers pourris sont nos élus qui ont décidé que le Canada allait participer militairement au maintien de l’empire américain…