19 juillet 2006

LA LEVÉE 19 JUILLET 2006

Israël/Liban

Depuis mercredi dernier, l’armée israélienne a commencé ses bombardements du Liban, supposément en réaction à l’enlèvement de deux de ses soldats et la mort de sept autres par un commando de l’Hezbollah.

Alors, moins de trois mois après sa formation, le gouvernement israélien a réussi le bel exploit de plonger le pays dans une guerre sur deux fronts…

Donc la semaine dernière Israël s’est engagé sur une campagne militaire pour détruire le Hezbollah et de refaire l’autorité politique libanaise : tout ça en flagrante violation de la loi internationale…

De son côté, l’explication de l’Hezbollah pour ses actions : l’échange de prisonniers libanais tenus en Israël; en plus d’un acte de solidarité envers les luttes du Hamas en Palestine.

En agissant de la sorte, on constate facilement qu’ils se sont embarqués dans une lutte qui coûtera très cher au Liban au grand complet…

Reste qu’Israël a le don de prendre des pays entiers en otage…

Comme si la police à Montréal réagissait à l’enlèvement d’un de leur collègue en bombardant le quartier au complet de du kidnappeur!

Alors le principal responsable de la détérioration de la situation au Proche-orient est sans contredit Israël.

L’armée israélienne massacre des familles complète à Gaza, ,met en état d’arrestation des dizaines de membres du gouvernement palestinien démocratiquement élu…

Après l’enlèvement d’un soldat par un groupe de Palestiniens, l’armée israélienne a tué des douzaines de civils innocents… Donc, semblerait qu’Israël peut enlevé et emprisonner des civils palestiniens, voire des membres de son gouvernement, mais lorsque un de leur soldat est enlevé pour un échange de prisonniers les bombes peuvent pleuvoir et il n’y a aucune limite à la violence déchaînée…

Alors, même s’il est vrai que le Hezbollah fait parti du gouvernement libanais, sa participation est minime, étant dans l’opposition officielle…

En réalité, le gouvernement libanais est dominé par une majorité qui est alliée au ÉU…Qui a fait preuve de sa bonne foi en demandant aux troupes syriennes de quitter le Liban.

Israël cherche donc à provoquer la société libanaise à éradiquer le Hezbollah, et les Palestiniens à faire de même avec le Hamas… sinon, et le message est clair, ils seront eux-même éradiqués.

Sauf que cette approche d’Israël est totalement improductive! La preuve : le Hezbollah est né suite à l’invasion du Liban par Israël en 1982… et le Hamas est né au moment du premier Intifada en 1987!

Alors, au Liban, une bonne partie de la population risque d’être solidaire avec le Hezbollah face à l’agresseur israélien… sauf que certains groupes important : les Maronites chrétiens, les Sunnites, les Druzes… eux risque d’en vouloir au Chiites qui forme la base ethnique du Hezbollah…

Le Liban risque alors de chuter à nouveau dans une guerre civile comme il a connu au cours des années 1980…

Les Libanais assistent donc, impuissants, à la destruction de leur aéroport flambant neuf, et une bonne partie de leur infrastructure tant qu’à y être…

La même chose s’est produite en 1968 lorsque, sorti de nulle part, des hélicoptères israéliens sont venus détruire l’aéroport libanais en plus de sa flotte de 13 jets…

Le prétexte? Deux Palestiniens, dont un d’eux venait d’un camp de réfugiés au Liban, avaient tués un Israélien à l’aéroport d’Athènes…

Depuis, à force d’agressé son voisin du nord, le Hezbollah est né, une force autonome au sein de la société libanaise, plus puissante que l’armée de l’État libanais!

Les besoins expansionnistes de l’état d’Israël : des besoins en terre fertile, en source d’eau et en territoire «biblique» sont le véritable motifs des agressions militaires d’Israël, certainement pas ses besoins sécuritaires!

La preuve, chacune de ses campagnes militaires depuis les années 1960 a été le géniteur de l’organisation militaire de ses ennemis…

Et dans tout ça, les ÉU les encouragent sans retenu à aller dans la direction des solutions militaires à tous leur problèmes : ainsi, ils s’assurent d’avoir un chien de garde dans la région riche en précieuses hydrocarbures!

****

L’assaut d’Israël sur la bande de Gaza et au Liban s’est produit d’une manière qui transgresse totalement le loi internationale.

Jusqu’à présent et sans hésitation la communauté internationale a condamné cette agression… sauf les ÉU et le Canada. Et oui! Notre gouvernement Harper appui l’agression sanglante, disproportionnée et illégale d’Israël qui a déjà tué 7 montréalais.

Une raison de plus, je crois, pour appuyer la souveraineté du Québec : notre gouvernement fédéral semble vouloir l’annexion totale du Canada avec les ÉU!

Un appui sans réserve à l’impérialisme américain, un virage idéologique vers l’agression militaire plutôt que des missions de maintient de la paix… et maintenant, la défense d’Israël peu importe les crimes commis par l’État hébreux…

Les libéraux de Paul Martin avaient déjà commencé le virage en augmentant les dépenses militaires et en embarquant le Canada dans le maintient de l’invasion américaine en Afghanistan.

Alors en plus de suivre la politique étrangère des ÉU pour la Corée du Nord, l’Iran, le Venezuela… le Canada s’est embarqué à fond dans le bourbier au Proche-orient.

Sauf que là, en plus d’appuyer des actions illégales d’un autre État, le gouvernement Harper semble totalement incompétents pour gérer la situation et sortir les citoyens canadiens de la zone de crise…

Pire, on vient tout juste d’annoncer que nos résidents permanents en visite au Liban n’auront pas le droit à l’aide du Canada pour sortir de là…

Ce que Harper a vraiment dit, en appuyant l’agression d’Israël au Liban, c’est que la loi internationale ne s’applique pas pour les amis des ÉU.

C’est un précédent dans notre histoire depuis la deuxième guerre mondiale…

Rappelons que le Canada a été le premier pays à placer des sanctions contre le Hamas, le nouveau gouvernement démocratiquement élu des Palestiniens.

Pire, au G8 en Russie cette semaine, Harper a été celui qui vantait le plus la mesure et la proportion raisonnable des assauts d’Israël contre la bande de Gaza et le Liban!

Quoi, c’est une stratégie pour augmenter les ventes de pétrole albertain à nos voisins du sud?

Plus le chaos s’impose au Proche-orient, plus les Albertains se rempliront les poches… est-ce bien ça la motivation de Harper?

Les Québécois, en écrasante majorité, ne veulent rien savoir de ce virage de Harper…On ne veut rien savoir des politiques néo-conservatrice de la droite religieuse américaine… on ne veut rien savoir de l’empire américain qui transgresse quotidiennement la loi internationale…

On ne veut surtout pas participer militairement au maintien de l’empire…Bref, les Québécois s’oppose à l’empire du pétrole!

12 juillet 2006

LA LEVÉE 12 JUILLET 2006

Corée du Sud

Nous assistons aujourd’hui aux plus grandes manifestations de la semaine en Corée du sud contre les négociations bilatérales sur le libre-échange du pays Asie du sud avec les États-unis.

Ça fait déjà des mois que les protestations s’accumulent et en ce moment on estime à 100 000 personnes qui manifestent au centre-ville de Séoul qui manifestent devant l’hôtel où se tiennent les négociations.

Cette manifestation contre le néo-libéralisme s’ajoute à l’opposition qui prend du poids partout en Asie du sud-est depuis quelques années.

Et devant cette opposition globale, on a vu le grand capital prendre le virage des négociations bilatérales au lieu d’opter pour une solution finale globalisée.

Alors, afin d’éviter les fiasco à la ZLÉA et des échecs au niveau mondiale avec l’OMC, les négociations bilatérales ont le double avantage d’empêcher les petits pays de se grouper entre eux pour former une opposition solide, et de faire en sorte que le petit pays se plie aux exigences du gros.

Comme ça l’a été le cas entre le Canada et les ÉU à la fin des années 1980; c’est le cas aujourd’hui en Corée du Sud.

Mais si l’on regarde du bon côté, les ententes bilatérales de pseudo libre-échange provoquent aussi de nouvelles formes de solidarité entre des groupes qui normalement ne travailleraient pas ensemble.

Alors les fermiers sud coréens s’inquiètent avec raison des quotas qui leur seront imposés sur le riz étranger.

C’est que les petits lots de riz exploités par des petites fermes familiales ne peuvent absolument pas se mesurer aux énormes rizières industrielles de la Californie.

Alors que la Corée du Sud offre des concessions aux ÉU concernant les politiques de prix pour leur industrie pharmaceutique et leurs politiques de télécommunications…

Il apert que les ÉU ne veulent pas lâcher le morceau pour les deux intérêts des sud coréens : la reconnaissance de leur produits manufacturier venant de la zone industrielle partagée avec la Corée du nord et l’acceptation de plus de 5000 visas de travail par année aux ÉU pour les travailleurs coréens.

…Ça ressemble étrangement à nos propres négociations avec les ÉU : eux voulaient notre pétrole, et ils l’ont obtenu, nous voulions un accès libre à leur marché de consommateurs… et on attend toujours!

La trame commune dans toutes ces négociations de libre-échange (ALENA, ZLÉA, OMC) c’est que l’on a remis le pouvoir à l’aile exécutive de procéder rapidement, sans consulter la population.

Le président de la Corée du Sud tente donc de faire passer l’entente de libre-échange avant la fin de son mandat en 2008 et Bush veut faire la même chose avant que son autorité suprême sur la question n’arrête en 2007.

Et ce n’est pas juste un petit groupe d’altermondialistes qui s’opposent à l’entente : un sondage récent démontre que 52% croit que l’entente fera du tort à la Corée du Sud et 90% pensent que le rythme des négociations devrait être ralenti…

Pendant ce temps-là, en Corée du Nord, on réagit aux menaces militaires américaines comme le ferait un porc-épic… en hérissant ses piquants… dans leur cas, en projetant des missiles dans le nord du Pacifique…


Corée du Nord

Encore une fois, la Corée du Nord attire l’attention du monde avec ses missiles.

Le 4 et 5 juillet dernier, le régime de Kim-jung-il a testé sept missiles Nodong, dont un engin qui pouvait théoriquement atteindre la côte de l’Alaska…

Inutile de dire que l’administration Bush a agit de la seule manière qu’elle connaisse : en déployant de la pression diplomatique.

En agissant, en somme, comme si ses intérêts étaient le reflet direct des intérêts de la communauté internationale…

Alors que dans les faits, ce nouvel environnement menaçant est sa propre création :

En annonçant sa nouvelle orientation, sa nouvelle stratégie de sécurité nationale en 2002, Washington a pratiquement invité tout les pays qui se sentent menacé par l’Oncle Sam de s’armer jusqu’aux dents.

La guerre préventive, avec l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, en flagrante violation de la loi internationale, a fait en sorte que le monde est moins sécuritaire qu’avant 2002.

Alors le 6 juillet dernier, lorsque Bush a dit que la Corée du Nord s’est encore plus isolé en larguant ses missiles dans l’océan, on s’éloigne encore plus d’une véritable solution diplomatique.

Le but n’est pas d’humaniser le régime de Kim-Sung_il mais bien de le renverser…

Le problème central des relations américaines avec la Corée du Nord c’est que la guerre de Corée ne s’est jamais officiellement terminée.

Une armistice n’est pas un traité de paix, et la Corée du Nord attend toujours un traité de paix…

Rappelons que la Corée du Nord avait été bombardée sans pitié par l’armée américaine entre 1950-1953 qui a causé 3 millions de morts.

Depuis, la Corée du Nord a été sous la menace des armes nucléaires de son voisin du sud jusqu’à la fin de la guerre froide.

Et plus récemment, l’armée américaine s’amuse à mener des jeux militaires dans l’ouest de l’Océan pacifique.

Alors la communauté internationale tente de calmer les ambitions nucléaires de la Corée du Nord.

Or, dans tout ça, on omet trop souvent de dire que le mauvais exemple vient en premier lieu de la plus grande menace nucléaire de la planète.

Sous le traité de non-prolifération nucléaire, l’article six, les ÉU ont l’obligation de réduire graduellement leur arsenal nucléaire.

Il n’en est rien. Pire, depuis que Bush est là, on a augmenté la production!

Donc pour tout ceux qui regardent objectivement la situation entre la Corée du Nord et les ÉU il est clair que la Corée réagit aux provocations de Washington.

Mais trop souvent, chaque action menaçante de la Corée du Nord est vu comme une hostilité menée par un dictateur fou…

Au lieu de voir ça pour ce que c’est : une tactique dure de négociation par un État isolé et menacé qui tente avec des mesures désespérées de normaliser ses relations avec l’empire américain.

05 juillet 2006

LA LEVÉE 5 JUILLET 2006

Palestine

Eh oui nous allons passer un peu de temps en Israël et en Palestine maintenant, non pas pour dire à quel point ça va mal – même un enfant de 12 ans peut dire ça – mais bien pour clarifier ce qui se passe…

Je l’ai souvent dit ici à La Levée : la dernière chose que l’on veut c’est que tout le monde voit le conflit en Israël comme un cas de folie religieuse…un chaos sanguinaire intraitable et que dans le fond si les Palestiniens peuvent bien tous immigrés en Jordanie la paix reviendrait dans la région…

Le monde entier a dénoncé et continue de dénoncer l’invasion par Israël des territoires palestiniens en 1967.

Israël est coupable devant la loi internationale alors non, n’invitons pas les Palestiniens à embarquer dans des trains pour l’exode vers la Jordanie.

Depuis Janvier, Israël a assassiné 172 palestiniens, la plupart des civils sans armes, le tiers seulement durant le mois de juin.

Les attaques d’Israël étaient les plus violentes dans la Bande de Gaza, qui a goûté à l’artillerie lourde et un siège continue par les forces israéliennes.

Le but de la présente opération militaire, supposément, est de libérer le soldat Gila Salit qui a été capturé par des organisations militaires palestiniennes.

Le soldat kidnappé a servi de prétexte pour une opération de nettoyage qui a été planifiée depuis longtemps. De toute façon de la manière qui s’y prend Israël la vie du soldat est beaucoup plus à risque maintenant.

Mettre fin à la menace des missiles lancés de la bande de Gaza vers Israël est aussi un autre prétexte des attaques brutales d’Israël.

Ces missiles, les Assam, une arme cheap, fait vraiment plus de peur que de mal…

Non, le véritable but de la récente campagne militaire d’Israël dans la bande de Gaza c’est l’élimination du gouvernement élu de la Palestine, d’annexé les territoires occupés et de soumettre une fois pour toute la population.

Donc on procède à l’élimination physique du leadership palestinien, la destruction des infrastructures, en coupant les sources de nourriture, d’eau, de médecine et de services sanitaires…

L’arrestation des membres du parlement palestinien ne fait que confirmer, aux yeux du peuple palestinien, qu’ils ont raison de poursuivre leur lutte, qu’ils ont bien fait d’élire le Hamas.

En capturant le soldat Salit, les Palestiniens ont voulu échanger des prisonniers, surtout des femmes et des enfants qui croupissent dans des prisons israélienne, mais là en agissant de la sorte, Israël a pratiquement garantie que le soldat ne s’en sortira pas vivant.

En utilisant une force exagérément disproportionnée contre Gaza, Israël a encore une fois prouvé son manque de respect pour la loi internationale.

L’appui aveugle des ÉU pourra protéger Israël à court terme, mais sur le long terme ça l’annonce vraiment rien de bon.

Au cours des prochaines années, il ne faudra pas être surpris que les généraux de l’armée israélienne soient recherchés pour crimes de guerre…

Deux crimes récents, en particulier, se qualifient facilement comme étant du terrorisme d’État : la destruction de la station d’électricité de 150 millions de dollars à Gaza, causant le black-out pour 750 000 palestiniens en pleine canicule.

L’autre c’est d’avoir kidnapper 64 membres du Hamas politique en Cisjordanie et 22 membres de la législature palestinienne…

Alors les bombardements aériens d’Israël contre la bande de gaza au cours des derniers mois ont tué au moins 50 palestiniens, incluant plusieurs enfants tout en blessant gravement 200 autres.

Donc à la base, Israël déteste l’entente récente entre le Hamas et le Fatah qui reconnaît implicitement l’existence d’Israël parce que ça menace de produire un partenaire palestinien prêt à négocier pour la création d’un État palestinien avec ses frontières précédent l’invasion de 1967.

Mais comme le reconnaît tout les experts sur la question, Israël n’a aucune intention de retourner ces territoires.

Israël fera tout pour éviter des négociations paisibles. Alors, on tente de supprimer le leadership palestinien modéré pour radicalisé le mouvement de libération…se qui en sorte «justifie» des actions militaires barbares contre la population civile.

Les modérés palestiniens du Hamas et du Fatah sont les véritables ennemis d’Israël, en fait.

Cette nouvelle invasion de la Bande de Gaza est une punition directe pour avoir tenu des élections démocratiques en janvier et n’a rien à voir avec la sécurité d’Israël et de ses citoyens

Au Canada des voix s’élèvent contre la brutalité israélienne, comme l’union canadienne des travailleurs public de l’Ontario qui a passé une résolution majeure.

La résolution 50, adoptée unanimement par les 900 délégués qui appuie le mouvement global contre l’Apartheid israélien, la résolution dénonce aussi l’appui tacite du gouvernement canadien envers israël.

La résolution demande un boycott international et des sanctions jusqu’à temps que les palestiniens atteignent un véritable statut autonome… on demande aussi que les Palestiniens en exil aient le droit de retourner dans leurs terres volées au cours des cinq dernières décennies…

Chômage et OCDE

Jim Stanford, l’économiste du syndicat des travailleurs automobiles du Canada a toujours des choses pertinentes à dire sur l’état de notre économie, mais surtout sur la politique économique du gouvernement fédéral… on peut lire ses chroniques sur l’excellent site rabble.ca

Alors il affirme que oui, à 6,1%, le taux de chômage est à un niveau jamais vu…

Et pour justifier un taux aussi bas, le consensus parmi les économistes c’est que le taux est le résultat d’une politique économique dure mais efficace au cours des dix dernières années.

Des coupes profondes à l’assurance emploi, des coupes encore plus profondes à la sécurité de revenu…

Des lois anti-syndicales et l’imposition d’une culture économique générale basé sur le darwinisme sociale, la loi du plus fort…

L’économie orthodoxe, celle que l’on enseigne à l’Université, affirme qu’un marché de l’emploi plus flexible –libre de toute interférence gouvernementale –arrivera toujours au résultat optimum entre l’offre et la demande d’emploi….réduisant ainsi le taux de chômage.

C’est aussi ce que disait le haut temple de la religion du tout-marché, l’OCDE, en 1994. Un rapport sorti cette année-là confirmait que la privatisation et la déréglementation tout azimut allait transformer les économies en machines à emploi et de richesse.

On suggérait alors de remplacer les programmes sociaux coûteux par les mécanismes du libre-marché, la main, le coude et le pied invisible s’occuperaient du reste.

En plus, les États de l’OCDE économiseraient du coup des milliards de dollars…

On a donc tout de suite après le rapport change le nom de l’assurance chômage à l’assurance emploi… et on a coupé sa générosité de moitié.

Aujourd’hui, seulement 45% des travailleurs canadiens se qualifient à l’AE…

Mais attention, tout récemment, l’OCDE a fini par admettre que sa théorie de 1994 n’était pas bonne du tout. On vient d’annoncer, qu’en fait, qu’un état n’est pas obligé d’imposer la loi de la jungle pour réduire le chômage…

Dans son nouveau rapport New Jobs Strategy, on concède que les protections sociales ne sont pas incompatibles avec un marché de l’emploi efficace et dynamique.

En somme, on est plus nuancé à l’OCDE, on dit qu’il n’y a pas une seule combinaison de politiques et d’institutions qui mènent à une bonne performance dans le marché de l’emploi.

Alors nous voilà à un point de notre histoire, nous dit Jim Stanford, où on peut enfin commencer à penser à l’amélioration de la qualité des emplois plutôt que d’être seulement obsédés par la quantité d’emplois.

Les preuves dans le récent rapport de l’OCDE démontrent que les politiques visant à augmenter les salaries et à garantir une certaine sécurité d’emploi ne cause pas directement du chômage…

Un virage à 180 degrés par rapport à 1994!

En effet, une bonne combinaison de politiques économiques visant la qualité et la sécurité d’emploi avec des programmes robustes d’entraînement…

28 juin 2006

LA LEVÉE 28 JUIN 2006

Canada 2020

Du 13 au 15 juin dernier s’est tenu dans un hôtel du Mont-Tremblant la première conférence Canada 2020 qui, selon les organisateurs vise à provoquer un débat d’idées progressistes sur l’environnement, la cohésion sociale, la prospérité et le leadership mondial.
Al Gore, Jeffrey Sachs et des proches du parti libéral fédéral participaient à cette naissance d’un think tank progressiste…
Une pépinière à idée pour répondre un peu aux think tanks de droite qui ont totalement dominée la scène politique et économique depuis les trente dernières années…
Cette pépinière à idées progressistes, sous la bannière de Canada 2020 tiendra des séminaires à travers le pays et des conférences annuelles.
Les fondateurs de ce think tank veulent que l’on prenne avantage des opportunités immenses qui s’offrent au Canada en ce moment.
On peut voir sur le site Internet de Canada 2020, sous la rubrique perspective, que selon les géniteurs de ce think tank, le modèle de développement capitaliste canadien est le meilleur mélange imaginable.
Alliant les meilleurs éléments des modèles japonais, européens et américains…
Il y a un potentiel intéressant pour le développement de politiques économiques et sociales nouvelles avec une organisation de l’ampleur de Canada 2020…
Mais faut vraiment pas exagéré en allant jusqu’à dire que nous avons le meilleur modèle de capitalisme au monde… en tenant ce discours là, les organisateurs n’arriveront pas à formuler des politiques véritablement progressistes.
Non, pour ça, faudrait qu’ils s’attaquent à la structure même du capitalisme…
De toute façon, la vérité sur notre pseudo-prospérité économique c’est qu’elle carbure au développement chaotique et non durable des États-Unis…
La réalité de l’économie canadienne c’est plutôt le chômage chronique, la disparité grandissante des revenus, des coupures dans les programmes sociaux, les transports en communs sous financés, des infrastructures municipales inadéquates, etc.
Malgré les bonnes intentions de Canada 2020, on ne semble pas vouloir avouer que de plus en plus de gens travaillent pour des salaires de misère, que l’on préfère baisser les impôts plutôt que de financer les services publics.
Les think tanks de droite ont remporté la bataille des idées sur l’arène politique depuis trente ans parce qu’ils ont convaincu tout le monde que ça ne servait à rien d’être solidaire, de travailler collectivement pour améliorer le sort de tous et chacun.
La droite nous dit que le marché fait très bien le boulot pour gérer l’économie, que le système politique est corrompu et inefficace, bref, qu’on est mieux de penser chacun pour soi et tout ira pour le mieux.
Alors ceci étant dit, j’aimerais que Canada 2020 soit une véritable pépinière à idées progressistes et qu’elle transforme le parti libéral en profondeur pour en faire un NPD en puissance…
Mais pour ça, faudrait qu’ils voient sobrement les ravages causés par le capitalisme contemporain et non de prendre un coup dans des hôtels huppés en célébrant le modèle économique du Maple Leaf…


Pénurie d’Omega-3

Sans le vouloir je me suis retrouvé à parler à plusieurs reprises au cours des dernières semaines de la composition chimique de notre cerveau et de l’influence que celle-ci a sur notre cognition et notre comportement.
C’est peut-être le fait d’animer cette émission pendant l’heure du dîner qui m’a amené vers ce sujet quand même assez important…
Nous avons vu qu’une mauvaise alimentation est une source importante de comportement agressif ou dépressif, qu’en fait plus une personne regarde la télévision, plus elle mange mal et en conséquence plus son mentale devient perturbé…
D’autres études démontrent comment la dyslexie, le comportement obsessif-compulsif, la dyspraxie et d’autres problèmes d’ordre neurologique sont associés à une carence en oméga-3, surtout lors du développement du bébé dans le ventre de sa mère…
Les liens de cette carence avec la démence, la dépression et la fatigue chronique sont moins évidents, mais ils sont tout de même très significatifs…
C’est assez constant avec ce que l’on remarque chez l’être humain : nos maladies modernes sont des maladies générées par des carences.
Pour revenir sur la cognition humaine, au cours de l’époque paléolithique, les êtres humains consommaient à peu près la même quantité d’acides gras oméga-3 que d’oméga-6.
Aujourd’hui, nous consommons 17 fois plus d’oméga-6, qui se trouvent dans les huiles végétales, alors que les omégas-3 se trouvent surtout dans les poissons.
En fait, tout indique que se sont les huiles de poisson qui ont permis à l’être humain de faire son grand saut cognitif vers l’avant.
La concentration d’oméga-3 dans le cerveau semble être une preuve indiquant que l’humain a été pendant un bon bout de temps une créature semi-aquatiques… Ce qui est le cas encore aujourd’hui, du moins si on regarde le temps de canard que l’on subit depuis le mois de mai…
Lorsque nos cellules responsables de la perception visuelle – les neurones magnocellulaires – manquent d’oméga-3, elles ne forment pas assez de connections avec les autres cellules.
Résultat : elles ne passent pas l’information aussi efficacement qu’elles le devrait.
C’est ce développement perturbé qui fait en sorte que les enfants dyslexiques voient les lettres tout mêlées dans les mots…
Alors sachant tout ça, l’idée de donner des capsules d’huile de poisson aux jeunes élèves semble être une excellente idée!
Sauf que, le seul problème, c’est qu’il n’y a juste pas assez de poisson pour en fournir à tout le monde…
Et non, la bouffe bourrée d’oméga-3 ne fera pas la job, ça prend des vrais oméga-3 venant des poissons.
Et vous vous en doutez, la pêche industrielle et la pollution ont fait en sorte que les stocks de poissons disparaissent à haute vitesse partout sur terre.
Les gouvernements aident les pêcheurs à tout prendre ce qu’il y a sur les côtes, on subventionne la construction de bateaux plus gros et plus puissants pour aller plus loin en mer et éventuellement, les pêcheurs des pays riches vont éradiquer les bancs de poissons dans les pays en voie de développement…
La gestion des ressources en poisson au niveau international est absolument catastrophique : on utilise des poisons pour nourrir nos ruminants, nos porcs, nos poulets et même d’autres poissons.
Trois ans après la publication d’une étude publiée dans Nature démontrant que les stocks globaux de poissons prédateurs ont chuté de 90% rien n’a changé.
Alors, oui, si on laissait les stocks de poissons récupérer et que nos politiques de pêche suivaient les conseils scientifiques il y en aurait assez pour tout le monde…
Une entreprise Suisse affirme être en mesure de convertir une espèce d’algue en acide gras dont notre cervelle a besoin.
Pour l’instant, il n’y a aucun consensus scientifique affirmant qu’une telle chose est possible
Ça reste à voir et on leur souhaite bonne chance… Sinon l’espèce humaine est destinée à faire un grand pas cognitif en arrière.

LA LEVÉE 21 JUIN 2006

ONU

Contrairement aux États-Unis où une vision de l’apocalypse malsaine et une peur de l’autre généralisée les pousse à l’isolement, le reste de la planète souhaite un rôle accru et sérieux de la part de l’organisation des nations unies.
Je ne sais pas si vous le savez, mais beaucoup de chrétien fondamentalistes américains voient en l’ONU l’objet de Satan, et une fois que l’ONU aura pris contrôle de la planète,. Le Christ reviendra parmi nous et provoquera l’apocalyspe…
Bref, tout ça pour dire que la destinée de l’humanité se résume en une course entre l’avènement d’une véritable communauté de nations ayant des outils solides et efficaces pour amené la justice, l’équité et la solidarité à ce bas monde… et l’empire américain et son modèle de capitalisme suicidaire.
Au cours des derniers jours, on a assisté à la première réunion du nouveau conseil des droits de l’homme qui remplaçait le ridicule et inefficace commission des droits de l’homme qui fait rire d’elle depuis 60 ans.
Alors le 15 mars dernier, l’assemblée générale de l’ONU a approuvé à 170 votes contre 4 (les 4 étant les ÉU, Israël, les Îles Marshall et Palau) la résolution créant le conseil des droits de l’homme (de la personne?)
C’est un essai, au cours des cinq prochaines années, le nouveau conseil sera une belle occasion pour réformer en profondeur comment l’ONU agit pour promouvoir et défendre les droits de la personne.
Éventuellement, plusieurs ont espoir de voir le conseil atteindre le même statut que le conseil de sécurité…
En répondant directement à l’assemblée générale plutôt que d’être une institution très secondaire au sein de l’ONU, des organisations réputées telles qu’Amnistie internationale et Human rights watch espèrent qu’enfin, l’ONU prendra la violation des droits fondamentaux au sérieux et qu’elle agira efficacement pour les défendre, et ce pour la première fois de son histoire…
Le problème central avec la défunte commission des droits l’homme c’est qu’on y a laissé siéger des pays qui maltraitaient sérieusement leur population…
Alors on voit que des gouvernements n’osaient pas condamner d’autres pays lorsque eux-même commettaient les mêmes fautes.
Il y avait aussi le problème de l’intérêt stratégique et économique qui faisait en sorte que l’on osait pas trop dénoncer un pays qui pouvait apporter certains bénéfices…
Bref, cette nouvelle institution, le conseil des droits de la personne, aura éventuellement le pouvoir d’exclure la participation de tout pays qui ne respecte pas un certain standard en ce qui a trait aux droits fondamentaux, ce qui n’était pas vraiment le cas avec la commission des droits de l’homme.
D’un autre côté, je voulais vous parler aussi d’une belle initiative, proposée par un groupe d’académiciens, d’officiers et d’experts en sécurité qui ont publié un manifeste pour la création d’une armée permanente à l’ONU.
Cette force d’intervention rapide serait composée de 15 000 personnes et serait déployée dans une zone chaude à l’intérieur de 48 heures, soit deux jours après un feu vert de la part du conseil de sécurité.
L’idée d’une armée de l’ONU existe depuis ces débuts il y a 60 ans, mais rien de sérieux n’a été fait jusqu’à présent pour la créé.
La dernière fois que l’on a considéré cette solution pour intervenir rapidement pour mettre fin à des génocides ou tout simplement des massacres d’innocents a été en 1994 avec l’horrible situation au Rwanda.
Mais bien sûr, les ÉU ont mis fin au développement de ce projet et les pays pauvres, eux, avaient peur que cette force militaire puisse envahir leur pays sur un coup de tête du conseil de sécurité.
Bref, la nouvelle armée coûterait 2 milliards à démarrer, mais il resterait encore quelques détails de logistique à régler, parce déplacer une armée efficacement prend au moins 30 jours…
Avec un conseil des droits de la personne sérieux et efficace, accompagné d’une force militaire capable d’intervenir pour faire respecter ses décisions, plutôt que de lancer les ÉU ou l’OTAN partout sur Terre, nous sommes peut-être sur la bonne voie pour atteindre le statut de véritable civilisation internationale…

Coupe du monde et racisme

La coupe du monde est bien entamée depuis plus d’une semaine et cet événement, supposé rapprocher les nations, peut aussi très rapidement se développer en plateforme de chauvinisme, de racisme, voire de néo-nazisme…
On a noté un nombre accru d’attaques sur des non-blancs en Allemagne au cours des dernières années et à travers l’Europe, une augmentation significative de slogans racistes et des objets lancés vers les joueurs de foot noirs…
Depuis que l’on a accordé la coupe du monde à Munich, les groupes néo-nazis y voient l’occasion parfaite de faire valoir leur point de vue face au monde entier…
Alors comme j’ai dit, au cours des derniers mois, à travers l’Europe, le racisme ne se cache plus dans les gradins…en février dernier, la vedette camerounaise de FC Barcelone a presque quitté le terrain suite à une pluie de bruits de singe de la part de la foule, des banane et des cacaouettes…
En fait, des histoires comme celle-là sont assez commune, plusieurs joueurs d’origine africaine se plaignent de telles manifestations tout ce qu’il y a de plus bas et raciste, et ce chaque fois qu’ils touchent le ballon.
Tout ça dans un contexte d’une vague anti-immigrante qui touche l’Europe, les immigrants, on le sait bien, sont la cible parfaite dès que l’économie ne tourne pas assez rond… La globalisation de l’économie libérale a donc, en plus de pousser un nombre grandissant de personnes à quitter leur pays d’origine pour trouver une meilleure vie ailleurs, augmentée l’hostilité envers les immigrants chez la population d’accueil qui y a goûté, elle aussi.
Du côté de la FIFA, on n’a pas fait grand chose pour contrer cette vague de racisme.
Oui, on a affiché une banderole au début de chaque match qui affirme «dites non au racisme, mais on se dépêche de l’enlever une fois le match commencé…bien intelligent, ça!
Au moins quelques vedettes tente de lutter contre la xénophobie ambiante…le joueur français Thierry Henry a appuyé un groupe qui s’appelle Stand up speak up en portant un brassard noir et blanc, une bande portée au bras qui a été vendu à 5 millions d’exemplaire…alors on voit que ce ne sont pas tout les européens qui vivent encore à l’âge du Cro-Magnon…
Une autre belle initiative s’est produite au début du mois de mai lorsque des dirigeants musulmans et chrétiens ont organisé des parties de foot à Berlin.
Alors pendant que la FIFA et le gouvernement allemand ne font rien de sérieux pour lutter contre le racisme ambiant, tout ce que pouvait trouver le gouvernement allemand c’était de placer des tanks autour des stades… d’autres groupes prennent la relève, telle que FARE, football against racism…
Mais la responsabilité revient toujours en grande partie aux institutions qui ont le plus d’influence, la situation économique et les leaders politiques, alors si la haine et le racisme finissent par prendre trop de place à Munich pendant la coupe du monde, faudra trouver des coupables au-delà des imbéciles qui agissent en macaques dans les estrades…

LA LEVÉE 14 JUIN 2006

Terroristes au Canada

Alors la semaine dernière 17 présumés terroristes se sont fait arrêtés en banlieue de Toronto…
Partout dans les médias on a affirmé que ces jeunes hommes voulaient faire sauter des bâtisses à Toronto, voire même décapité le premier ministre Harper.
Mais il faut rappeler que ce qui a été rapporté dans les médias ne sont que des actions supposées et non des faits prouvés.
Mais sur les unes des journaux on voyait les accusés et leur famille en photo sous des grands titres «home-grown terroristes».
Et jusqu’à présent dans les médias, mais aussi du côté du gouvernement Harper on a semblé confirmé que les suspects sont bel et bien coupables.
Et tout d’un coup, voilà que les 700 000 musulmans du Canada se trouvent eux aussi sur le banc des accusés…
Faut être prudent ici…il y a deux ans, 26 musulmans avaient été arrêtés à Toronto, on parlait à l’époque d’une cellule d’Al Qaida au Canada…
Affirmation fausse, en fin de compte, et aucun des 26 n’a été chargé d’un crime, mais ils ont tout de même été déporté du Canada.
Là la prudence est d’autant plus de mise en ce moment puisque le Canada s’embourbe dans l’occupation de l’Afghanistan…cette plus récente vague d’arrestation pourrait être utilisée pour justifier la présence de nos troupes là-bas.
Alors le groupe des 17 avait en sa possession trois tonnes de nitrate d’ammonium et se préparait à fabriquer des bombes, selon la GRC.
Et depuis la semaine passée, paraîtrait que la GRC a dévoilé que les 17 suspects n’avaient pas trois tonnes de fertilisants mais un produit moins dangereux, ce qui n’a pas vraiment été dit dans les médias jusqu’à présent…
Donc avec tout ce bruit servant à nous convaincre que des terroristes vivent parmi nous, même sans preuve ou aucune délibération devant les tribunaux, plus de 2000 de nos troupes sont déployées autour de Kandahar, remplaçant des troupes américaines déplacées en renfort en Irak.
En d’autres mots, notre participation à la folie américaine fait en sorte que notre pays est en guerre au Moyen-Orient…
Donc la GRC a dévoilé ses preuves concernant les 17 en référant à une zone d’entraînement ou les supposés terroristes se pratiquaient.
Qu’est-ce qu’il y avait là-bas? Des bottes militaires, des barbecues, et une porte criblées de balles.
Se sont vraiment des preuves solide d’un complot pour faire sauter la tour du CN ou une gang de jeunes en camping qui s’amusaient à jouer à l’armée?
Au moins cette fois-ci, contrairement à d’autres arrestations du même type depuis le 11 septembre, on garde les accusés ici au lieu de les remettre au FBI ou de les déportés en Syrie…
Mais vu qu’ils ont été accusés sous les nouvelles lois anti-terroristes, la couronne n’aura pas à dévoilé en cours les preuves que l’on considérera devoir garder secret pour l’intérêt de la sécurité nationale.
Détail important qui fera en sorte que la défense aura un mal fou à défendre les suspects…D’autant plus qu’ils ont été officiellement condamné par les médias et le premier ministre lui-même…
Tout ça ne sent pas très bon, surtout que ça se produit à un moment très opportun pour Harper, qui voyait des résultats de sondage très défavorables par rapport à notre guerre contre l’Afghanistan…
Un peu comme la mort de Zarqawi qui s’est produite un jour après le dévoilement des résultats de sondage très négatifs des états-uniens envers le fiasco irakien…on en parle après la musique.

Mort de Zarqawi

Nous avons tous vu la tête ensanglantées du méchant et supposé leader de l’insurrection irakienne à la TV et dans les journaux.
Il aurait été abattu par deux bombes de 500 livres chaque au cour d’une opération qui aurait coûté 500 000 dollars…
Ce que l’on sait moins par contre c’est que l’on savait depuis quelques semaines où il se trouvait et on attendait le feu vert pour l’abattre…comme, genre, le lendemain d’un sondage national qui dévoile que 59% des états-uniens disent maintenant que c’était une mauvaise idée d’envahir l’Irak.
C’était le plus haut résultat de mécontentement depuis les débuts de ce fiasco en 2003.
Pour ceux qui n’ont pas suivi des cours en relation publique cette tactique s’appelle changer le sujet.
Et là la mort de Zarqawi est utilisée comme symbole pour un tournant positif en Irak, enfin le chef des méchants est mort, vous allez voir comment ça ira mieux asteurre…
Sauf que les analystes sérieux dissent depuis des années qu’il n’y a pas de liens opérationnels entre les jihadis salafi de Zarqawi et le véritable Al-Qaïda…alors faudra surtout pas voir sa mort comme la fin de la violence en Irak.
Dans les faits, la résistance aux troupes anglo-américaine est principalement irakienne, et non pas des importations comme la gang de Zarqawi et Al-Qaïda…
Est-ce que l’on vraiment besoin de répéter que la violence en Irak est le résultat de l’invasion illégale de troupes étrangères?
Des troupes américaines surtout responsables d’atrocités quotidienne comme à Abu Ghraib, Fallujah, Tal Afar et plus récemment à Haditha.
Juste en mai 2006, l’armée américaine a massacré 1400 citoyens irakiens…
Alors non, on n’a pas droit à un virage vers un Irak paisible et pacifique, du moins tant que la source première de la violence est retirée : les troupes anglo-américaines.
Dire que cette triste histoire aurait pu se déroulé autrement :
Le 21 avril 2003, le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld avait congédié le général Jay Garner qui était supposé prendre le pays envahit en charge.
C’est que le général avait trop suivi à la lettre la commande du président Bush : rétabli l’ordre et la démocratie en Irak.
Le général avait promis de tenir des élections législatives à l’intérieur de 90 jours. Mais cette initiative nuisait considérablement au plan officiel de Washington qui était de prendre possession du pétrole irakien.
Ce vol allait prendre au minimum neuf mois, ce qui est beaucoup plus que 90 jours.
Facile de voir en quoi un nouveau gouvernement irakien n’aurait rien voulu savoir de laisser des intérêts étrangers s’approprié leur richesse nationale.
Mais pour le général Garner, un homme pas mal intelligent à ce que l’on peut voir, voler les ressources du pays et empêcher l’expression de la volonté du peuple en repoussant des élections c’était la meilleure façon de provoquer une chute dans un abîme de violence.
Pire que ça, le général Garner avait même réussi à organiser une trêve entre les sunnites, les chiites et les kurdes…et ils étaient sur le point d’établir un plan commun pour tenir des élections.
Garner avait jugé qu’il avait à peu près 90 jours de bonne foi avant que les différents groupes commencent à s’entretuer…
Mais en avril 2003, Paul Bremer l’a remplacé et a annulé les élections et à nommer lui-même les membres du gouvernement.
À partir de là, l’insurrection a commencé.
Bush a dit «bring ‘em on», et ils sont venus, parmi eux Zarqawi, mort maintenant, mais ne vous en faites pas, d’autres prendront sa place…

LA LEVÉE 31 MAI 2006

Coup d’État au Timor-Oriental

On voit aux nouvelles dernièrement que ça brasse au Timor-Oriental depuis quelques semaines, avec les premières émeutes ayant eu lieu le 28 avril dernier, mais les raisons de la violence dans les rues ne sont toujours pas bien expliquées...
Depuis son indépendance en 1999, le Timor oriental s’est trouvé déchiré entre deux forces politiques : celle qui cherche une croissance lente, stable, durable et indépendante des grandes puissances, et l’autre, représentée par une élite qui cherche à donner les ressources du pays aux plus offrants et donc se payer de beaux jours aux dépends de la population.
Le problème de base, pour cette élite, l’Australie et les États-Unis, c’est le premier ministre Mari Alkatiri.
Alkatiri veut que le Timor oriental conserve sa souveraineté sur les hydrocarbures abondantes qui dorment au large.
Et l’allié des grands intérêts qui veulent mettre la main sur le gaz et le pétrole c’est le président du Timor : Xanana Gusmao.
Les medias en Australie font les meneurs de claque pour l’expulsion d’Alkatiri…et envoie une belle image des soldats australiens sur le territoire qui contribuent à rétablir l’ordre dans le pays, c’est-à-dire, qu’ils contribuent à réprimer ceux qui appuient le premier ministre rebel.
Un peu comme on a vu en Haïti, lorsque des groupuscules violents qui manifestaient contre Jean-Bertrand Aristide devenir des ensembles militaires imposant dans le temps de le dire, avec de l’aide d’intérêts étrangers...
On voit le même phénomène au Timor, les gangs qui s’opposent à Alkatiri gagnent en momentum et en force d’une manière difficile à expliquer... autrement que par l’intervention étrangère.
Ça fait quatre ans à peu près que l’élite du pays, l’Australie et les ÉU tentent de renverser Alkatiri...
Il y a trois ans, le président est même allé jusqu’à la menace de dissoudre le parlement et de former un gouvernement de l’unité qui exclurait Alkatiri.
Sauf que le peuple est en forte majorité du côté de leur premier ministre, avec raison, eux qui ont assez goûter au pillage de leur pays par l’Indonésie, l’Australie et les ÉU.
Alors le premier ministre refuse de démissionné, disant que seul le Fretlin, son parti politique, est en mesure de lui indiquer la porte.
Pendant ce temps là, les soldats australiens sur le terrain accompagnent les rebelles qui terrorisent la population, laissant le pays brûler comme il le fait depuis 25 ans sous le regard complice de son voisin du sud.
L’Australie qui, soit dit en passant, contrôle déjà le gaz et le pétrole du Timor-Oriental...

Enron

Alors la saga Enron vient de terminer son plus récent chapitre : ses deux grands patrons Kenneth Lay et Jeffrey Skilling ont été reconnu coupables d’avoir fraudé leurs actionnaires.
Sauf qu’ils sont restés innocent pour leur plus gros crime, c’est-à-dire d’avoir volé des milliards de dollars aux californiens et aux texans dans les marchés déréglementés de l’énergie.
Pour mieux saisir tout ça, je vous recommande fortement le documentaire sur le scandale d’Enron : The smartest guys in the room.
Vous verrez comment ils ont avec la connivence d’une douzaine de banques et de compagnies d’énergie manipuler le marché des actions et de l’électricité, et bien qu’ils doivent remboursé près de 3 milliards, aucune charge criminelle n’a été déposé contre eux.
Il reste un 9 milliards qui ne sera pas remboursé dans tout ça.
Alors oui bravo, la justice américaine a cru bon les punir pour leur crime envers la classe des propriétaires, les actionnaires, mais n’a pas jugé valable de rendre justice à la classe des travailleurs qui devaient payé leur comptes d’électricités boostés frauduleusement.
Rappelons aussi qu’Enron était l’entreprise à avoir le plus contribué aux campagnes électorales de G Bush, lui prêtant même leur jet privé en 2000.
Et en retour Bush a laissé Enron dicté la politique énergétique du pays, le laissant jouer à l’architecte de la déréglementation de l’énergie notamment en Californie.
Enron jouait la grosse brute en Inde aussi, dans l’État de Maharastra, donnant des millions en pot-de-vin aux officiels pour pousser les indiens à accepter un contrat de 30 milliards.
Mais une fois le réseau électrique d’Enron en place, s’était tellement cher que le gouvernement à préféré payer 220 millions par année à Enron pour rien.
Alors voilà, Enron, l’exemple parfait de la nature même d’une entreprise sans contrôle, la preuve qu’elles ne sont que d’immenses tyrannies privées : dès que l’on laisse une institution agir de manière non démocratique, dès que la justice et l’équité prennent le bord, la masse de la population écope.
Demander aux milliers de familles qui ont vu leur avenir détruit par l’avarice des dirigeant d’Enron, demandé aussi aux millions de personnes qui ont payé des prix de fou pour leur électricité.

LA LEVÉE 24 MAI 2006

Réchauffement climatique

Déjà que le parti libéral fédéral a fait un boulot absolument désastreux concernant le rôle du Canada dans la lutte au réchauffement climatique… bien voilà que les Conservateurs de Harper nous engage sur une voie catastrophique.
On savait que Harper et ses cohortes étaient des fans invétérés des néocons qui dominent la scène politique aux États-Unis, mais de là à s’aligner à copier tout ce qu’ils font…bien, disons que la vaste majorité de Canadiens n’ont pas voté pour ça.
La ministre Rona Ambrose patine sur de la glace mince et tente de nous faire croire que son gouvernement résoudra ce qui sera sans doute l’événement le plus catastrophique à frapper la Terre et l’humanité en proposant de faire plus de gaz avec du blé d’inde…
On vient de passer un hiver exceptionnellement doux, et dans ce temps-là je m’inquiète qu’un tel climat nous endorme, nous fasse croire que rien de grave ne se produira si on laisse tout simplement les GES s’envoler vers le ciel…
Dans ce cas-là, je m’oblige à lire des articles comme celui de John Hepburn, qui a une certaine époque travaillait dans l’industrie du pétrole et du charbon.
Il souligne avec raison que nos petits-enfants, dans 4 générations, n’auront rien à foutre du 11 septembre ou de qui a gagné la coupe mondiale de soccer en 2006…
Ils voudront savoir pourquoi nous avons été des spectateurs aux changements climatiques qui causent la 6e grande extinction de vie sur Terre.
Des chercheurs ont démontré que le pergélisol sibérien, qui couvre un territoire d’un million de km carrés est en train de fondre pour la première fois depuis qu’il a été formé il y a 11 000 ans.
Et en fondant, il dégagera dans l’atmosphère des milliards de tonnes de méthane, un gaz 20 fois plus dommageable que le dioxyde de carbone.
Cette nouvelle a à peine faite les manchettes et est rapidement tombée dans l’oubli…
Une étude publiée en 2004 par le magazine nature dévoilait que 15% à 37% des espèces de cinq régions riches en biodiversité allaient disparaître d’ici 2050.
On va même jusqu’à dire que 50% des espèces de la Terre seront éteintes d’ici 2100.
Pour mettre ça en contexte, il y a eu 5 grandes extinctions au cour des dernière 5 milliards d’années.
La dernière fois, c’était il y a 65 millions d’années quand les dinosaures ont disparus.
Oui, c’est certain que l’humain peut s’adapter à Presque n’importe quoi. On pourrait massivement déménager pour quitter les côtes inondées, se diriger vers les régions non désertiques, faire pousser nos légumes dans des serres…
Sauf que l’on oublie un peu trop vite que nos vies dépendes de systèmes écologiques fonctionnels : les aliments, les médecines, l’air et l’eau propre dépendent de l’équilibre de systèmes tellement complexes que la science ne les comprends même pas tout à fait.
C’est comme si on charcutait 90% de notre cerveau vu que l’on comprends juste comment 10% fonctionne…
Et là on regarde nos politiciens faire tout sauf attaquer le problème de front : ils regardent les prochaines élections et veulent à tout prix que l’économie poursuive sa croissance sur le court terme.
Nous sommes rendu à un point où des cibles de réduction de 10% du GES, que l’on a tout le mal du monde à atteindre, ne seront vraiment pas suffisant.
On n’a pas le choix : une transition radicale et urgente vers une économie verte est essentielle à notre survie.
Faudrait comme dit John Hepburn, un programme de développement économique qui donnera l’impression que le plan Marshall était un pique-nique du dimanche en comparaison.
Il existe plein de solutions, les plus grands cerveaux de l’histoire sont ici et maintenant prêts et en mesure de d’agencer un plan viable.
Ne rien faire, ou de tout simplement regarder Rona Ambrose sourire pendant qu’elle nous engage collectivement vers la dévastation écologique serait totalement irresponsable.

L’État impotent

Les gouvernements Charest et Harper ont remporté leurs élections surtout parce qu’ils promettaient des baisses d’impôts et de taxes.
Ces baisses de revenus empêcheront de plus en plus l’État de jouer son rôle de régulateur de marché, c’est-à-dire qu’on avait compris, après la grande dépression, que le marché capitaliste avait besoin de l’État pour combler ses graves carences en redistribution juste des richesses, la santé et l’éduction, entre autres.
Le pire, c’est que les apôtres des baisses d’impôts croient sincèrement que leurs actions contribueront à augmenter, éventuellement, les revenus de l’État.
Cette croyance se base sur une théorie loufoque et surtout pas scientifiquement fondée qui s’appelle la courbe Laffer.
Nommé d’après l’économiste proche de Ronald Reagan Arthur Laffer, un produit de l’Université de Chicago, l’incubateur du néo-libéralisme.
Sa théorie veut que les réductions de taxes et d’impôts provoquent d’un côté une réduction des revenus direct pour l’État, mais que, d’un autre côté, cette baisse d’impôts et de taxes allaient tellement motivé les gens à travailler fort et les entreprises à investir, qu’éventuellement les coffres de l’État allaient débordés.
La courbe de Laffer part de 0% de taxes à 100% de taxes.
À 0% bien sûr l’État ne reçoit rien, et à 100% l’économie ne roule pas parce que personne n’est assez motivé pour se fendre en quatre à travailler ou à innover un secteur industriel pour ensuite tout remettre les revenus au gouvernement.
À mi-chemin dans la courbe, paraîtrait qu’il y a un point parfait où il y a juste assez de revenu qui reste dans les poches du monde pour les motiver, et juste assez de recette fiscales pour donner des marges de manœuvre à l’État.
Une courbe comme celle-là à l’air bien belle sur papier, mais je le répète aucune preuve solide existe pour valider son efficacité.
Sauf que depuis la vague néo-libéral, depuis Reagan, Tatcher, Mulroney… et récemment Bush, Harper et Charest on ne jure que par la courbe Laffer.
Basé sur une théorie qui fait bien l’affaire des riches tout en haut de l’échelle sociale, on coupe les revenus de l’État, on réduit la capacité de nos institutions publiques de redistribuer les richesses, d’offrir des soins de santé accessibles et efficaces, d’avoir un système d’éducation public de premier ordre…et de boucher tout les autres trous de l’économie de marché.
Et ça se passe non seulement ici, mais partout ailleurs, et les dégâts se trouvent surtout dans les pays du Tiers-Monde qui n’ont jamais eu véritablement l’occasion de se bâtir des institutions publics solides et efficaces.
Le problème c’est que les économistes de la Banque mondiale et du FMI croient aussi au mythe de la courbe Laffer.
Alors ils vont dans les pays en voie de développement et disent au gouvernement voici à quel taux vous devrez limité vos taxes, les revenus de l’État stagnent, ils restent totalement impotents pour aider leur populations… et belle surprise!
Les transnationales en profitent pour tout privatiser et pour profiter de bassins de main-d’œuvre à très faibles coûts.
Au moyen âge, on justifiait la domination de l’Église, des rois et de l’aristocratie en disant que c’était la volonté de Dieu, c’est comme ça que Dieu voyait la société humaine…
Aujourd’hui, ce sont les théories économiques bidons qui enchantent nos représentants et qui endorment les citoyens…

LA LEVÉE 17 MAI 2006

Le pétrole et l’avenir

Eh oui le prix de l’essence a recommencé son irrésistible ascension au cours des dernières semaines, dépassant les 70$ le baril dernièrement.
Avant on aurait parlé d’une barrière psychologique qui vient d’être franchie, mais maintenant les hausses ne sont plus une surprise pour personne.
On a même l’impression que le règne du pétrole dans nos vies tire à sa fin.
En Russie, le politologue réputé Boris Kagarlitsky rapporte que la population croit que les prix du pétrole vont baisser, où que le pays épuisera ses ressources.
Tout à coup, même les grands investisseurs du monde commencent à paniquer avec la chute des ressources en hydrocarbures qu’ils sont les premiers responsables à avoir provoquées.
Pourtant, il y a assez de pétrole pour quelques décennies encore, contrairement à l’eau potable qui commence vraiment à se faire rare dans certaines parties des ÉU et de l’Europe, sans parler du tiers-monde…
Ce qu’il faut comprendre par rapport au pétrole c’est que l’on est pas devant une crise de ressources, mais plutôt devant une crise profonde de gestion de la ressource.
Kagarlitsky compare ce problème à l’Union soviétique sous Brezhnev qui débordait de ressources mais où les gens n’avaient rien.
La hausse du prix du pétrole a le mérite de provoquer la quête d’énergie alternatives, mais l’histoire nous montre que cette quête arrête dès le moment que le prix de l’or noir revient sous contrôle.
Lors de la crise du pétrole des années 1970 de gros efforts avaient été réalisés pour développer l’énergie solaire, de l’essence synthétique, des moteurs roulant à l’alcool, etc.
Rien de tout ça est très présent dans nos vies aujourd’hui car le prix du pétrole était revenu sous la normale.
Pas parce que ces énergies alternatives sont inefficaces, c’est plutôt notre système économique qui est incapable de voir sur le long terme et d’utiliser les ressources naturelles efficacement.
Oui, le problème de base c’est le paradigme du capitalisme contemporain qui veut consommer de plus en plus de ressources et cherche la croissance infinie dans un monde qui a ses limites.
Même si l’univers en entier était disponible on a l’impression que ça serait insuffisant.
On a qu’à regarder ce qui flotte au-delà de notre atmosphère, paraîtrait que l’espace immédiat déborde de déchets en orbite.
Bientôt faudra vraiment sérieusement revoir les principes économiques qui gèrent nos vies.
Et tant que la quête d’une alternative au capitalisme semble irréaliste ou utopique, bien faudra s’attendre à ce que les choses aillent de pire en pire.

Violence et nutrition

Le débat à savoir si la télévision provoque la violence fait rage depuis des décennies.
Jusqu’à ce jour, les criminologues ne semblent pas être en mesure de trancher le débat avec certitude.
On a un doute que le fait d’être exposé à des actes de violence à la télé quotidiennement, pendant des années, risque de provoquer un comportement agressif, ou pire, une insensibilité à la violence.
Mais de récentes études semblent indiquer que la télévision pourrait plutôt causer des comportements violents d’une autre façon : non pas en causant du mimésis mais plutôt en encourageant la malnutrition et l’inactivité physique.
Dans la plus récente édition du Archives of Pediatrics and adolescent medecine, on semble dire que plus un enfant regarde la télévision, plus il est porté à manger du junk food.
Chaque heure d’écoute au-dessus de la moyenne serait donc associée à une addition de 167 calories par jour.
Regarder la télévision, l’étude dit que c’est inversement proportionnel à la consommation de fruits et légumes.
On le sait, les taux d’obésité ont augmenter du double chez les ados au secondaire depuis les dix dernières années…ça adonne aussi que durant cette période de plus en plus de gens ont augmenté le nombre de postes de télé, la qualité des systèmes d’entertainment…
Mais le plus intéressant dans tout ça c’est de savoir ce qu’une telle consommation de junk food fait à notre cerveau.
De plus en plus d’études démontrent que ça fait autant de mal au cerveau qu’au pancréas et au cœur.
On dit aussi qu’il y aurait un lien assez solide entre la mauvaise nutrition et le comportement anti-social.
En 1997, le Journal of Nutritional and environmental medecine avait dévoilé les résultats d’une étude sur de jeunes contrevenants âgés de 13 à 17 ans.
On s’est rendu compte que beaucoup de garçons manquaient d’éléments nutritifs.
Alors on a donné des vitamines et changer l’alimentation d’un groupe et des placebos à un autre.
Ceux qui ont consommé les vitamines et changer leur régime ont baisser leur incidents de violence par 80%.
Ceux qui ont pris les placebos mais changer leur alimentation ont calmé leur agressivité par 56%.
On a vu aucun changement chez le groupe qui a pris des placebos et qui n’a rien changé chez son alimentation.
Branchés sur des encéphalogrammes, on a même remarqué des disparités étonnantes par rapport à l’activité cérébrale.
Même chose en 2002, le British journal of Psychiatry avait découvert que les jeunes prisonniers à qui on avait donné des vitamines, des minéraux et d’autres suppléments dont ils manquaient..l’activité violente avait baissée de 26%.
En Finlande, une étude avait trouvée que l’ensemble des 68 criminels violents qu’ils avaient testé souffraient d’une forme d’hypoglycémie réactive, une tolérance anormale au glucose causé par une consommation excessive de sucre et de stimulants comme la caféine.
Tout ça est très logique, le cerveau comme le reste du corps fonctionne selon des processus biochimiques.
Et la machine risque d’être défectueuse si on ne lui fourni pas le matériel brut nécessaire.
Le groupe Sustain avait publié une étude l’an passé dévoilant les liens entre les mauvais régimes et la croissance de la dépression, des troubles de comportements, l’Alzeimer et la maladie mental.
Alors semblerait que plus on mange de junk food, le moins de place qu’il y a dans notre cerveau pour stocké les produits chimiques qu’il a besoin.
Au lieu de prendre le virage de la répression pour contrer la criminalité comme le souhaite Bush et Harper chez nous, on devrait plutôt chercher à comprendre les contextes et les habitudes de vie qui provoquent un tel comportement.

08 mai 2006

Posada Cariles
Alors que la situation en Irak continue de se dégrader…ce qui est difficile à croire, on dirait que ça fait 3 ans que l’on remarque que ça va de pire en pire…
Et pendant que nos troupes donne un coup de main aux ÉU en Afghanistan pour on ne sait pas encore quelle raison…
Eh bien pendant ce temps-là les ÉU protègent un terroriste bien connu, mais qui ne risque pas de croupir à la prison de Guantanamo puisque tout ce qu’il a fait c’est de tuer des Cubains.
C’est une histoire qui ne fait pas beaucoup les manchettes celle de Posada Cariles, reconnu pour avoir orchestré l’explosion d’un avion cubain et tuant du coup 73 personnes le 6 octobre 1976.
Quelques mois avant l’explosion du vol CU-455, la CIA avait informé Washington qu’un groupe d’exilés extrémistes planifiait de faire sauter un avion cubain.
Ni Washington ni la CIA n’ont cru bon d’avertir Cuba des intentions de Posada Cariles.
À bord de l’avion l’âge moyenne était de 30 ans, la plupart cubains, des étudiants en médecine de la Guyane et parmi les passager des adolescents membres de l’équipe nationale d’escrime de Cuba.
Posada Cariles avait organisé l’attaque à partir de Caracas au Venezuela et rapidement la police avait mis la main dessus.
Les trois autres complices de l’attaque avaient été remis au Venezuela, jugés à Caracas.
Mais juste avant que le verdict soit décidé sur son cas, Cariles s’était échappé de prison avec l’aide d’un groupe d’exilé cubains de Miami.
Posada Cariles s’était tout de suite remis au travail en Amérique centrale pour les services secrets du Salvador, de l’Honduras et du Guatemala. Des États pas trop gentils avec les mouvements progressistes et humanitaire.
Vers le début des années 90, il a tourné son attention à nouveau vers Cuba et s’en est pris à son industrie touristique naissante en faisant sauter des bombes dans des hôtels.
Cuba a appris que cette campagne de terrorisme était mené par Posada Cariles et était financé par les groupes d’exilés cubains de Miami…Face au refus du FBI de mettre la main sur les terroristes à Miami, Cuba a envoyé des hommes infiltrer ces organisations pour ramasser de l’info sur les groupes qui organisaient la campagne de terreur qui visait à détruire l’industrie touristique cubaine.
Ces hommes ont remis 60 dossiers sur une quarantaine de terroristes basés à Miami à Washington, espérant que la bonne foi allait remporter.
Mais au lieu d’aller arrêter ces terroristes, la FBI a arrêté et mis en prison 5 cubains qui avaient infiltré ces organisations terroristes, le 12 septembre 1998.
Ils croupissent en prison depuis les 7 dernières années, on leur a même enlevé le droit d’avoir des contacts avec leur épouses.
En Novembre 2000, Posada Carriles se fait arrêter à Panama avec trois complices parce qu’ils comptait faire exploser un auditorium plein d’étudiants à l’Université de Panama où Fidel Castro était supposé donner un discours.
Mais le 26 août 2004, la présidente du Panama Mireya Moscoso, une amie de Washington, pardonne les terroristes et ils se trouvent tous libre pour aller rejoindre leurs amis à Miami.
En mars 2005 Posada Cariles se trouve dans l’État gouverné par le frère de George Bush et demande l’asile politique…
Je vous dirai ce qu’il est advenu de ce terroriste notoire après la musique…
Posada Carriles reconnu coupable d’avoir organisé l’explosion d’un avion cubain en 1976 tuant du coup 73 personnes…reconnu coupable d’avoir mené une campagne de terrorisme contre l’industrie touristique cubaine au cours des années 90…ce terroriste notoire a été protégé par Washington au cours des 30 dernières années, alors si on avait besoin d’une preuve nous éclairant sur les véritables intentions des ÉU en Irak et en Afghanistan, on l’a.
Sous prétexte de guerre mondiale au terrorisme, les ÉU occupent ces deux pays pour comme tout le monde sait, sécuriser des sources d’hydrocarbures.
Alors Posada Carriles se promène librement à Miami pendant le printemps de l’an dernier et avant qu’on l’arrête le Venezuela dépose une demande d’extradition afin qu’il soit jugé une fois pour toute pour son implication dans l’explosion d’un avion cubain qui partait de Caracas et qui a fait 73 victimes innocentes.
En réaction à cette demande, le département de Homeland security n’a tout simplement rien fait.
Avec pas mal de pression de groupes humanitaires, les autorités américaines se sont quasiment vu forcé d’accusé Carriles d’entrée illégale aux ÉU, mais la demande du Venezuela demeure ignorée.
Carriles en a profité pour demander l’asile politique et une protection des ÉU l’empêchant d’être envoyé au Venezuela sous le prétexte qu’il serait torturé une fois rendu là-bas.
Devant les autorités à l’immigration, il a fait témoigné son avocat et ami qui a dit que le Venezuela torturait ses prisonniers, mais sans aucune preuve à l’appui.
Le juge William Abbott a cru cette histoire et a décidé que Carriles resterait à Miami.
Plus de six mois ont passé depuis cette décision, mais le Venezuela insiste toujours pour son extradition.
Sauf qu’un document récent du département d’immigration a déclaré qu’il était une menace pour la communauté justement a cause de son passé de terroriste, citant le cas bien connu de son implication dans l’attaque qui a tué 73 personnes il y a 30 ans et les attaques contre Cuba en 1997.
Le département de l’immigration cite aussi les plans de Corrales visant l’explosion d’un auditorium sur un campus universitaire de Panama.
En bref, on attend toujours de voir ce que feront les ÉU de ce terroriste bien connu qu’ils protègent depuis 30 ans et qui vit maintenant à Miami, tout en se disant en guerre contre le terrorisme partout ailleurs dans le monde.

Réchauffement climatique
On parle à nouveau de réchauffement climatique ce matin, avec la sortie inattendue d’un nouveau document de l’IPCC, l’Intergovernmental Panel on Climate Change qui devait être connu par le public beaucoup plus tard cette année.
Ce rapport de l’IPCC sera sa 4e évaluation depuis sa création en 1988
Le rapport affirme que le réchauffement climatique s’empire à cause de la pollution humaine, en fait, on dit que la Terre n’a pas connu un tel réchauffement au cours des 20 000 dernières années.
En effet, les concentrations de dioxyde de carbone, de méthane et d’autre GES sont à leur niveau le plus haut qu’au cour des 650 000 dernières années.
On indique que la température moyenne augmentera de 2 à 4,5 degrés, une augmentation bien sur causé par l’apparition du double des niveaux habituels de dioxyde de carbone dans l’atmosphère à cause de l’activité humaine.
Un fait nouveau, les chercheurs craignent un réchauffement supplémentaire de 1,5 degré à cause de la fonte de la glace marine, le dégel du pergélisol et l’acidification des océans.
Une fois la sortie officielle de ce nouveau rapport très alarmant, ceux et celles qui ne croient pas au réchauffement climatique auront encore moins d’arguments solides, car paraîtrait que ce dernier travail de l’IPCC est de loin le plus solide et convaincant.
On y indique que les changements climatiques ne sont plus une menace pour l’avenir, mais qu’elles se produisent en ce moment… On s’en doutait, mais c’est toujours mieux d’avoir l’appui d’études rigoureuses et scientifiques pour le démontrer.
Fait plus alarmant encore, le rapport indique que les changements climatiques se poursuivront pour les décennies à venir même si des efforts réels sont fait pour couper l’émission de GES.
Des données par satellite depuis 1978 indiquent que la glace de l’Arctique a fondu en moyenne de 2,7% par décennie, avec des pertes allant jusqu’à 7,4% lors des mois d’été les plus chauds.
La fonte de ces glaciers augmentera bien sûr les nivaux de la mer de 43 cm d’ici 2100, et la hausse sera le double au cour des deux prochains siècles.
On y indique aussi que 5 des 6 années les plus chaudes de l’histoire ont eu lieu au cours des 5 dernières années.
Tout ça n’annonce rien de bon pour notre avenir et celles de nos enfants. Le plus triste dans tout ça c’est que la nature de notre système économique fera en sorte que rien de concret ne sera fait pour empêcher ces désastres écologiques d’arriver.
Le pétrole est au cœur du capitalisme depuis trop longtemps. Les grands intérêts financiers ont une obsession quasi sectaire avec l’accumulation de profits alors il n’est pas question de changer quoi que ce soit dans nos dépenses d’énergie.
Au lieu de voir le réchauffement climatique pour ce qu’il est : la dégradation des écosystèmes qui nous gardent en vie, les grands capitalistes de ce monde y voient plutôt d’autres occasion d’investissement.
C’est aussi simple que ça : le Canada a augmenté ses GES au lieu de les baisser tel que promis depuis 13 ans parce que c’est payant d’accélérer la croissance de la production et de la consommation et les hydrocarbures sont la locomotive du train à profits.
Tant que le système économique actuel est en place, tant que notre économie sera au service des capitalistes – les grands investisseurs – la planète continuera de cuire.
Quelque part, dans notre coin de galaxie, j’espère au moins que des historiens d’une autre planète seront en mesure d’expliquer pourquoi l’humanité a remis la Terre à une poignée de milliardaires…


Phillip Morris
Regardons maintenant du côté d’une autre plaie pour la société : l’industrie du tabac.
Avez-vous des actions chez Phillip Morris, le plus grand producteur de cigarettes au monde?
Et bien réjouissez-vous, car Phillip Morris s’approprie d’une part grandissante du marché mondial.
Alors que les ventes de cigarette ont chuté de plus de 4% en Amérique du nord et 20% au cours de la dernière décennie, la part de marché de Phillip Morris a augmenté de 50%.
Les actionnaires de Phillip Morris devraient être excités par la division éventuelle de l’entreprise en trois compagnies distinctes.
Phillip Morris USA, Phillip Morris international et Kraft. Cette division devrait augmenter la valeur des actions de 20% à 33% selon les analystes à Wall Street.
Surtout parce que les poursuites contre Phillip Morris USA ne ralentiront plus le progrès de Kraft et de Phillip Morris international qui deviendra une véritable transnationale, c’est-à-dire redevable à personne, sous l’autorité d’aucune juridiction, libre a tuer autant de fumeurs qu’elle veut. .
Phillip Morris est le chef de fil pour les innovations en marketing, ayant développé de nouvelles techniques pour recruter de nouveaux fumeurs…
L’OMS, l’organisation mondiale de la santé estime que 10 millions de personnes crèveront chaque année du tabagisme d’ici 2030, 70% d’entre eux dans des pays en voie de développement…
La moitié des personnes qui fument dans le monde aujourd’hui décèderont directement à cause de leur mauvaise habitude, soit 650 millions de personnes.
Plus de 100 groupes et organisations dans 50 pays se sont organisés pour veiller à ce que la division de Phillip Morris ne vienne pas empirer l’épidémie du tabagisme :
www.phillipmorrisbreakup.org
Ces groupes exigent que la nouvelle entité se plie à la convention international sur le contrôle du tabac, incluant la fin de toutes formes de marketing des produits du tabac.
On demande que l’entreprise se retire de tout lobby qui luttent contre les législations qui interdisent le tabac dans les endroits publics.
Une transparence complète par rapport à ces contributions financières à des politiciens, des dons de charité dans tout les pays où elle opère.
Se retire de tout placement de produits dans des œuvres culturelles comme des films et des émission de télévision.
Mais toutes ces mesures risques d’être difficile à imposer si Phillip Morris devient une transnationale sans liens avec un État bientôt.
Raison importante alors, pour travailler afin qu’elle se soumette à ses mesures avant que Phillip Morris international voit le jour…

Culture de crédit
Le documentariste Danny Schechter a tourné récemment un document intitulé In Debt we trust où il traite de la culture du crédit aux ÉU, mais le même problème se produit ici aussi.
Comme j’avais dit au cour de la dernière heure, notre système économique est basé sur la croissance infini de la production et de la consommation.
Or, pour stimuler la consommation dans un monde où les entreprises paient de moins en moins bien leur travailleurs, le crédit entre en jeu pour stimuler artificiellement la machine à profits.
Danny Schecter nous rappelle dans un récent manifeste que nous sommes devenu une société obsédée par la cote de crédit.
C’est à peu près tout ce que veulent savoir les institutions et les personnes sur notre cas : la santé de notre cote de crédit.
Nous sommes bien sûr une société de surconsommation, mais tout ça est stimuler par une industrie du crédit qui garde un œil sur nos achats dans de vastes banques de données.
Une société de la carotte et du bâton : la carotte du crédit facile et accessible et le bâton des intérêts astronomiques et des huissiers.
L’industrie du crédit vaut des milliards et possède une panoplie de moyens subtils pour nous emprisonner dans sa toile.
Dans un passé pas si lointain, les pauvres n’avaient pas accès aux prêts. Aujourd’hui ils sont considéré comme un bon risque parce que, contrairement aux riches, ils se sentent dans l’obligation de rembourser.
Les pauvres accepteront de plus hauts intérêts si on leur accorde du crédit… et bientôt ils rembourseront un petit montant par mois, et l’enlisement financier s’enclenche, le pauvre remboursera beaucoup plus qu’il le devrait.
L’accroc au crédit paie donc deux fois : une première fois à la caisse et ensuite en paiements de carte de crédit et le beau paquet d’intérêts.
C’est un monde qui n’est pas couvert assez souvent par les médias : cette industrie du crédit qui vaut des milliards de dollars et qui touchent des millions de vies.
On devrait aussi jeter un coup d’œil du côté des grands cadres de ces entreprises, leur salaires annuelles qui se chiffrent en millions de dollars et les circonstances financières de la majorité des clients.
Avec la publicité pour le tabac, l’alcool, les voitures énergivores, je dirais que la plus grande plaie de notre société moderne est le marketing débile des cartes de crédit.
Au lieu de travailler pour de meilleures conditions de travail, la demande pour des prix qui représentent vraiment les coûts de productions sur les produits et services, le marketing des cartes de crédit nous glisse vers l’illusion de richesse et nous amène plutôt vers des pratiques de surconsommation.
La culture du crédit représente parfaitement la lutte des classes dans laquelle nous sommes engagés : où une part grandissante des revenus des travailleurs va dans les poches des hauts placés du crédit.
Résultat : la dette collective des consommateurs a double au cours des 10 dernières années.
Pour plusieurs, les dettes absorbent plus de 40% de leur revenus. Aux ÉU, 90% de la population doit de l’argent à 10% de la population.
Nous vivons collectivement au-dessus de nos moyens, mais ce que l’on ne sait pas c’est que cet état des choses a été voulu, froidement calculé et aide par des politiques gouvernementales.
La globalisation financière a fait en sorte que les grands intérêts financiers ne sont redevables à personne.
Les conditions de travail sont en chute libre, les revenus baissent, le chômage augmente et pendant ce temps-là, l’araignée du crédit attend patiemment que les prochaines victimes tombent dans ses filets…

01 mai 2006

Canada en Afghanistan
Nous revenons sur la présence militaire du Canada ce matin, premièrement parce que nous n’avons pas d’affaires là-bas et surtout parce que l’on suit pas à pas les premières étapes de l’invasion américaine en Irak.
La semaine dernière on a entendu parlé de l’interdiction imposée sur les médias par le gouvernement Harper de montrer l’arrivée des soldats morts en action… la même décision avait été prise par l’administration Bush il y a trois ans…
Notre participation militaire en Afghanistan évoque la question à savoir si notre pays est aussi sous l’emprise de son complexe militaro-industriel
Steven Staples, directeur des programmes de sécurité pour l’institut Polaris à Ottawa a signé un manifeste récemment sur la question…
Il rappelle que le président américain Dwight D Eisenhower avait averti le peuple américain en 1961 des dangers de laisser la politique et l’économie du pays sous l’emprise de son complexe militaro-industriel.
Qu’est-ce que c’est dans le fond ? Essentiellement la conjoncture d’une immense infrastructure militaire combinée à une industrie de production et de ventes d’armes.
Eisenhower dans son discours parlait de l’effet désastreux qu’aurait cette machine de guerre sur la politique du pays si on laissait sa logique des profits de guerre remplacer les mécanismes démocratiques.
C'est un peu pas mal ce qui est déjà arrivé aux États-Unis…et le Canada y tombe victime aussi par moments, comme ces temps-ci…
Au début du siècle passé, une déclaration de guerre de la Grande-Bretagne impliquait nécessairement le Canada…et depuis la deuxième guerre mondiale le Canada est tombé sous la direction des ÉU à travers l'OTAN et l'intégration sécuritaire continentale… surtout depuis le 11 septembre 2001.
Steven Staples souligne que notre système militaro-industriel est plutôt une alliance entre des organisations cherchant plus de dépenses et une armée plus intégrée à celle des ÉU.
Idéologiquement et économiquement, des groupes cherchent sans relâche à ce que le gouvernement canadien dépense des milliards de plus par année dans son système militaire.
Au Canada, la plus grande influence vient des entreprises engages dans des activités financière, énergétiques, la manufacture et les ressources naturelles…Leur désir profond, à la fin, c’est une plus grande intégration au marché américain.
Ce groupe d’entreprises a fait la promotion du libre-échange et depuis le 11 septembre 2001 appui sans relâche l’effort militaire de l’administration Bush.
Selon les données les plus récentes plus de 1500 firmes touchent à l’industrie militaire au Canada accumulant des revenus de 7 milliards par année.
Des entreprises comme CAE inc., General dynamics, le groupe SNC-Lavalin, Bell hélicoptère et Bombardier.
Mais le Canada n’est pas les ÉU et nous n’avons pas cette impression de supériorité morale qui nous pousse à accepter facilement des interventions militaires à l’étranger…et l’obstacle majeur de notre système militaire est de convaincre la population d’abandonné notre tradition de maintien de la paix et plutôt d’embrasser la cause de la guerre au terrorisme :
Par l’intégration continentale et un contrôle maladif de l’immigration et par notre participation en Afghanistan, le complexe militaire canadien est en train de gagner la partie…on en reparle après la musique.

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On parlait de l’emprise du complexe militaro-industriel sur la politique américaine et on a regardé si le Canada avait sa propre version de cette machine de la guerre profitable.
On a vu que le patronat canadien salive beaucoup sur le potentiel du marché des ÉU et est prêt à vendre notre souveraineté pour y avoir accès.
Par une combinaison d’idéologie et de quête de profits, le Canada se fond dans les ÉU et commence même à embarquer dans ces folies militaires comme c’est le cas en Afghanistan.
Tout ça malgré le fait que les Canadiens préfèrent depuis toujours que nous soyons un pays pacifique qui envoie des casques bleus maintenir la paix à l’étranger et à ce que notre politique et notre économie soient indépendants des ÉU.
Notre budget militaire de 15 milliards par année est le 7e plus élevé de l’alliance militaire de l’OTAN, et 15e au monde.
Le budget fédéral de 2005 a ajouté 13 milliards au système militaire pour les 5 prochaines années, les conservateurs, tout frais au pouvoir, on opté pour un supplément de 5,3 milliards là-dessus, montant nos dépenses militaires à un niveau plus élevé que durant la guerre froide.
Tout ça représente les grands intérêts financiers du pays et les médias en font bien sûr partie.
On doit se rappeler que les grands médias canadiens étaient majoritairement en faveur de notre participation au bouclier anti-missile malgré l’opposition du public
Auparavant le Canada était un des 10 plus grands fournisseurs de casques bleus au monde, mais aujourd’hui ils pourraient tous s’asseoir dans un autobus, s’élevant à 60 sur plus de 60 000 casques bleus à travers le monde.
J’ai espoir que la population canadienne est en mesure d’empêcher le gouvernement de se soumettre à la volonté de notre propre complexe militaire.
On l’a vu avec l’invasion de l’Irak et le refus total du bouclier anti-missile.
Notre lobby militaire n’est pas assez fort pour contrer une population bien informée, engagée et agissant selon ses valeurs.
La tournure militaire des dernières années peut être renversé. Notre souveraineté n’est pas obligée de disparaître dans les méandres de l’intégration continentale.
L’interdiction imposée sur les médias de ne pas montrer le retour des soldats mort au combat devrait nous servir d’avertissement bruyant : nous suivons pas à pas les ÉU dans leur action suicidaire collective.
Ça prendrait une bonne discussion nationale pour s’en sortir avant qu’il soit trop tard…

Centre d’achat Asie
Allons en Asie maintenant, surtout en Asie de l’est où les centre d’achat jouent le double rôle d’infrastructure propre et sécuritaire tout en étant un espace de ségrégation.
Paragon, en plein centre de Bangkok en Thaïlande, est un centre d’achat gigantesque luxueux connecté au reste de la ville par son fameux train aérien.
Pour permettre sa construction, les autorités de la ville ont permis la destruction de plusieurs immeubles historiques, un parc immense et des canaux.
C’est un endroit qui contraste avec le reste de la ville : c’est propre, bien éclairé, sécuritaire et exclusifs à la haute classe moyenne et l’élite thaïlandaise.
C’est ce que nous raconte André Vltchek, romancier et journaliste de mainstaypress.org
En somme il dit que la majorité des villes du sud est asiatique sont un désastre. Aucun transport en commun convenable et intégré, l’absence de trottoirs sécuritaire…bref, la version pauvre de Los Angeles et de Houston.
Les villes du sud est asiatiques sont confortables seulement pour ceux qui peuvent se permettre l’achat d’une voiture à air climatisé et des revenus suffisant pour se payer les objets de luxe des grands centre d’achat.
Pendant qu’ici les centre d’achat symbolisent la consommation de masse, là-bas ils sont des institutions culturelles.
Les plus grandes galeries d’art en Asie sont dans les centre d’achat.
À Jakarta presque tout les espaces publics, incluant les parcs et les trottoirs, ont disparu progressivement depuis le coup d’État de 1965…
Le seul endroit propre et confortable dans la ville sont les centre d’achat…un endroit ou la classe aisée en profite pour pavaner leurs nouveaux habits et souliers, un peu comme nos ancêtres le faisaient à la messe d’antan.
André Vltchek affirme donc que les centre d’achats sont des symboles puissants de ségrégation, d’apartheid culturel et social en Asie du sud est.
Parce qu’il y a dans ces pays des centre d’achat pour chaque classe sociale…
Les gardes à la porte font en sorte que seuls les membres de la bonne classe puissent entrer… de toute façon les pauvres se sentent trop mal à l’aise d’entrer dans les centre d’achats garnis de produits de luxe aux prix astronomiques.
Les centre d’achat contribuent donc au statu quo, ils sont les piliers des sociétés contrôlées et obéissantes de l’Asie du sud est.
Alors pendant que les villes occidentales repoussent leur centre d’achat vers les périphéries, les grandes villes d’Asie du sud est les construisent en plein centre…
Plus ils sont gros, luxueux, extravagants, plus l’élite du pays croit que la nation est sur la voie du développement.
Et comme la plupart d’entre nous le savons, la culture du centre d’achat est nécessairement basée sur l’absence de diversité et de créativité….
La quête de produits de consommation qui éloigne la population d’idées subversives…l’appât qui éloigne de la volonté d’atteindre plus de justice et d’égalité sociale.
Dans le temps de le dire, on ne pourra plus faire la différence entre le centre d’une grande ville d’Asie du sud est d’une autre. Tous pareil et homogène…l’exclusion et la ségrégation pour les pauvres…
Hey, ça ressemble drôlement à nos banlieues d’Amérique du nord, non ?