28 mars 2008

LA LEVÉE 26 MARS 2008

1. Les Olympiques et la répression vont de pairs : dans le contexte de la Chine et des tibétains, nous revenons sur les expériences olympiques du passé.
2. La marche tranquille de la Russie vers le transfert du pouvoir : après le calme, la tempête?
3. En vue du prochain sommet du partenariat sur la sécurité et la prospérité le 21 avril prochain, nous reverrons l'héritage honteux de l'ALENA.

NETTOYAGE OLYMPIQUE



La répression de la Chine sur les manifestants tibétains avant les jeux olympiques d'été à Beijing évoque les échos de l'histoire extrêmement violente du pays...

Des dizaines de personnes, incluant des enfants, sont rapportés comme étant tués lors des manifestations et on peut s'attendre à encore plus de rébellions.

Après des décennies d'occupation, cette réplique des autorités chinoises a choqué le monde

Tout ça arrive une semaine après que les ÉU aient enlevé la Chine de sa liste des pires traitements des droits humains.

Mais malgré tout, les expressions d'inquiétude et les critiques des dirigeants de la planète semblent moins en compassion avec le peuple tibétain que pour le destin des jeux olympiques...

L'argent à faire avec les jeux semble donc plus important que le destin et les mauvais traitements des tibétains.

Depuis son occupation du Tibet depuis 1951 la Chine a supprimé la foi bouddhiste et a rendu les tibétains minoritaires, une minorité persécutée dans leur propre pays à travers la migration massive de millions de Chinois Han.

Alors que les jeunes et les moines tibétains prenaient la rue au cours de le fin de semaine, le gouvernement Chinois a indiqué clairement qu'aucune forme de protestation ne sera tolérée.

Mais faut rappeler aussi que ce n'est pas juste la Chine qui est coupable de répression sur des minorités durant les mois précédent l'arrivée de la torche olympique.

Il y a 32 ans à Montréal se sont tenus les Jeux d'été de 76, qui ont été précédés quelques mois plus tôt par ce qui est appelé aujourd'hui le grand «nettoyage olympique».

150 gais et lesbiennes ont été arrêtés lors de ces descentes policières commandées par les autorités dans les bars et saunas de la ville, entre janvier et juin 1976

En 1984 à Los Angeles des milliers de jeunes hommes noirs ont été emprisonnés des mois avant le début des cérémonies olympiques.

En 1996 aux jeux d'Atlanta des quartiers entiers ont été rasés pour faire place à de nouvelles constructions... des sans-abris ont été chassés des rues

À Vancouver, on se prépare déjà à faire le ménage en préparation des jeux olympiques d'hiver de 2010.

En Grèce, c'est durant les mois suivant les jeux de 2004 que le nettoyage des rues s'est accéléré, surtout à Athènes.

Mais le pire exemple de répression olympique, et qui ressemble le plus à la situation en Chine, s'est produite en 1968 à Mexico.

Des centaines d'étudiants et de travailleurs mexicains qui occupaient l'université nationale ont été froidement abattus à la place de la culture le 2 octobre 1968, soit 10 jours avant le début des jeux.

En Chine, les officiels peuvent bien essayer d'éteindre les flammes des protestations à Lhasa et ailleurs en Chine, mais tout au long de étapes menant aux cérémonies des jeux, de la trajectoire de la torche olympique jusqu'aux nouvelles contructions rutilantes à Beijing...

Le risque de protestation, ou devrait-je dire, l'opportunité de manifester contre des injustices intolérables, sera de plus en plus conrète et possible... tant mieux!

RUSSIE



Je reviens sur les élections qui ont été tenues en Russie

Après l'élection, le 2 mars de Dmitri Medvedev au poste de président, de nombreux analystes s'interrogent sur le futur partage de pouvoirs entre lui et M. Poutine qui doit devenir Premier ministre.

Le parti Russie unie dont Vladimir Poutine conduisait la liste a largement remporté les élections législatives du 2 décembre, obtenant 315 des 450 sièges à la Douma.

Chez les Russes en particulier, on se plaint qu'il n'y ait pas eu de véritables campagnes électorales.

Les rivaux de Dmitry Medvedev avaient l'air complètement apathiques, ne croyant aucunement en leurs chances de remporter la victoire.

Et même Medvedev avaient l'air complètement indifférent devant sa victoire imminente...

Mais on peut se poser la question de savoir où ont été les manifestants et pourquoi les masses n'ont pas descendu dans les rues pour protester contre l'absence de véritable démocratie...

Il y avait le mirage d'une autre révolution orange, du type que l'on a vu en Ukraine quelques années avant, s'est dissipée sans aucune coercition des autorités.

Mais il ne faut pas croire pour autant qu'il n'y a aucune volonté pour des manifestations massives en Russie.

Les autorités en Russie se sont bien arrangées pour ne pas que ça se produise...

La solution a été de créer un système de partis politiques qui ne représentent aucunement les intérêts publics.

Les députés à la Duma ne sont pas en mesure d'agir efficacement en tant que législateurs.

Le Kremlin a créé la Chambre publique pour jouer le rôle officiel de société civile.

Les autorités ont créé de toutes pièces un mouvement de jeunesse, le Nashi, et a organisé à grands frais des rencontres à travers le pays.

De nombreuses publications, des journaux, avaient aussi mystérieusement apparu dans les kiosques...

en plus, une liste sans fin de fonds, d'unions et de conseils d'expert ont émergés semble-t-il de nulle part...

La machine Poutine a été d'une froide efficacité dans sa création d'une opposition artificielle.

Mais il y a le danger, maintenant que c'est mission accomplie depuis le 2 décembre, que ces nouvelles organisations ne servent pas à appuyer le Kremlin, mais qu'elles deviennent un poids mort.

La démocratie se construit toujours par le bas, doit toujours émerger de la base, et dans le cas de la Russie il est évident que le pays a la tête à l'envers.

Ça sera très intéressant de voir comment les autorités en Russie traiteront cette créature artificielle de société civile qui vivote péniblement maintenant que sa fonction a été remplie.

Les libéraux espèrent que l'inauguration de Medvedev en mai marquera la fin du régime Poutine où il imposait des contrôles étatiques sur le bon roulement de l'économie.

Essentiellement, ils souhaitent le retour de la période Yeltsin...

Mais pour revenir au processus électoral, les observateurs ont noté qu'il s'agissait d'un processus qui respectait les règles électorales

Le taux de fraude a été beaucoup plus bas qu'en 1996 qui a mené à l'élection de Boris Yeltsin.

Cette fois ci, comme je disais, l'élection de Medvedev semblait être incontournable, comme si le peuple Russe a été mis devant un fait accompli, voici votre nouveau président.

Medvedev n'a pas eu à convaincre les Russes de ses valeurs, a démontré que sa vision était la meilleure.

il devra maintenant convaincre les Russes qu'ils ont fait le bon choix, presque malgré eux, et je pense que c'est à partir de mai que les autorités Russe devront affronter la grogne du peuple, et peut-être, l'émergence d'une vraie société civile, et de véritables actes de démocratie.

ALENA



Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a affirmé à Washington la semaine dernière que les démocrates américains devraient travailler avec le Canada pour relever les normes du travail et environnementales de l'Accord de libre-échange nord-américain, l'ALENA.

Tant Hillary Clinton que Barack Obama, ont promis de rouvrir l'entente commerciale.

Cette promesse de revoir l'ALENA a causé des crises de panique parmi les néo-libéraux au Canada, qui croit, bien à tort, que l'ALENA est une bonne chose.

C'est croire que le Canada et le Mexique ont été en mesure, à la fin des années 1980, d'embarquer les ÉU dans une entente dans lequel ils se sont fait avoir.

C'est ce que Brian Mulroney et le patronat canadien croyaient à l'époque...

Qu'en est-il vraiment?

Eh bien, nous avons carrément remis l'accès à 63% de notre pétrole, 56% de notre gaz naturel, et il n'y a aucun moyen de limiter cet accès, même en cas de catastrophe ou d'urgence nationale.

Et qu'est-ce que l'on a eu en échange? Un supposé accès garantit aux marchés américains, le tout basé sur des mécanismes de règlement de disputes.

Sauf que ces mécanismes n'ont jamais vu le jour.

Et si l'on se pose la question à savoir pour qui c'était bon cette chose-là, bien il faut absolument considérer où nous sommes dans les classes sociales.

Sous l'ALENA, les trois grands constructeurs automobiles ont réduit leur masse de travailleurs de 50%, tout en augmentant leurs revenus de 70%.

Les emplois dans les secteurs manufacturiers ont décliné, mais ont augmenté dans les emplois moins payant du secteur des services.

Les vrais salaires n'ont pas augmenté depuis la première entente de libre-échange en 1988. Une première historique.

La productivité a continué d'augmenter, mais, dans le passé, les salaires augmentaient en conséquence.

C'est plutôt le salaire des PDG qui a monté en flèche, en 2005 ils ont fait en moyenne 237 fois le salaire moyen, doublant le taux précédant l'ALENA. L'argent qui revenait aux travailleurs auparavant se trouve maintenant dans les poches du haut 0.01%.

La part des salaires dans la grande tarte économique a été réduite pendant que la part des profits a augmenté.

Et si l'on regarde les bien publics, comme la santé et l'éducation, dont on nous a dit qu'ils fleuriraient sous les ententes de libre-échange... mais nos bons gouvernements les ont réduits de 26%.

Mais la grogne, contre l'ALENA, n'est pas juste ici du côté des Néo-démocrates et chez les démocrates aux ÉU.

Aux ÉU 6 sur 10 électeurs républicains disent que l'ALENA a causé du tort.

Deux Mexicains sur un n'aiment pas l'ALENA, le contraire d'il y a 10 ans.

Ce qui est plate c'est que nous en parlons seulement lorsqu'il y a des élections. Après ça, rien.

Donc Mme Clinton et M Obama ont promis de renégocier l'ALENA s'ils sont élus.

Et il est sage de croire qu'ils voudront le faire de manière à ce que ça concorde plus avec les besoins des ÉU, certainement pas le Canada ou le Mexique.

Déjà, l'ALENA renverse la constitution canadienne, enlevant le pouvoir de nos élus de taxer les exportations, de sécuriser les réserves d'hydrocarbures pour le marché intérieur, et de promouvoir des politiques économiques favorisant la production canadienne.
Les règles de l'ALENA empoisonnent l'environnement et les droits des travailleurs.

Car sous l'ALENA il est impossible de concevoir et d'implanter une stratégie économique durable et efficace qui bénéficierait aux travailleurs et qui protègerait l'environnement.

Plus important encore, si l'on voulait, genre, implanter un programme national qui menacerait les profits d'une entreprise américaine qui est dans le domaine, les payeurs de taxes devraient payer une forte compensation à cette entreprise avant même de lancer le programme.

... Résultat, nous sommes entrés dans une période de PPP pour toute une panoplie de domaines qui étaient auparavant réservés au public : les ponts, les hôpitaux, les routes, les transports en commun.

Une solution que je suis tombé dessus pendant mes recherches serait que le Canada adopte une stratégie économique vigoureuse axée sur une banque d'investissement publique, ou un fonds souverain, tirant ses revenus sur une forte taxation sur les ressources épuisables.

Il y aurait moyen de contourner l'ALENA à travers un peu d'intelligence et de vision dans l'élaboration de politiques économiques.

Des groupes de citoyens et de législateurs s'organisent dans les trois pays sous l'ALENA
Pour relancer, réécrire la constitution continentale qu'est l'ALENA.... et aussi pour arrêter le projet dangereux et nébuleux qu'est le PSP, le fameux projet de sécurité et de prospérité.

Le PSP, qui n'est rien de moins que la négociation secrète pour la privatisation de tous les programmes publics.

Soyez à l'écoute mercredi prochain, je devrais avoir avec nous Pierre-Yves Serinet du RQIC, le réseau québécois sur l'intégration continentale qui nous parlera de l'ALENA, mais surtout des préparatifs en vue du prochain sommet sur le PSP aux Nouvelle-Orléans
Les 21 et 22 avril prochain.

19 mars 2008

LA LEVÉE 19 MARS 2008

1. L'assassinat de Raul Reyes par la Colombie : Uribe pratique-t-il la méthode israélienne?
2. Des élections à venir au Zimbabwe : y'a-t-il de l'espoir pour l'opposition à robert Mugabe?


COLOMBIE



Le ministre équatorien de la Défense, Wellington Sandoval, a annoncé hier que son pays maintiendra ses troupes à la frontière avec la Colombie.

Quelque 3.000 soldats équatoriens seront déployés dans la région bordant la Colombie jusqu'à la normalisation des relations diplomatiques bilatérales

Je vous rappelle donc que le second chef des FARC, le groupe de guerilla de la Colombie, Raul Reyes a été tué par des bombardements militaires le 1er mars dernier.

Tuant du même coup une quinzaine d'autre dans l'opération.

C'était essentiellement un assassinat, du type que les Israéliens commettent depuis quelques décennies et récemment contre un chef du Hezbollah.

Raul Reyes a été assassiné sur le territoire équatorien.

Ce qui cause beaucoup de remous parmi les pays avoisinants.

Le Venezuela a aussi déplacé des troupes le long des frontières avec la Colombie.

Le président équatorien Rafael Correa a même appelé le président Uribe de la Colombie un criminel mafieux proche des paramilitaires qui mène un narco-gouvernement.

Des enquêtes menées par l'armée équatorienne affirment que l'attaque a été un massacre perpétré à partir d'une distance de 10km à l'intérieur du territoire de l'Équateur.

Le secrétaire des affaires étrangères de la Colombie a pour sa part affirmé que l'attaque était une bonne défense pour les deux pays contre des terroristes qui prenaient illégalement refuge dans un territoire étranger et causait donc du mal aux populations locales.

En réponse, Correa a réitéré que la loi internationale exige que la Colombie informe l'Équateur de la présence des FARC dans son territoire et qu'en conséquence ce soit les militaires de l'équateur qui procède à la capture des FARC, comme cela a été le cas de nombreuses fois dans le passé.

Et que dans ce cas ci, l'attaque de la Colomie sur un campement de guerrilla au sommeil n'avait aucune justification militaire.

L'assassinat était littéralement une réponse de la Colombie à la libération inconditionnelle de quatre otages retenu par les FARC, une opération menée conjointement avec l'Équateur et le Venezuela.

Revenons donc aux parallèles avec les méthodes israéliennes.

Premièrement, la tactique d'un assassinat avec de la haute technologie, à longue distance, d'un chef de haut niveau.

Ensuite, la présence de dommages collatéraux.

Et dernièrement, l'utilisation de tels assassinats pour empêcher la tenue de toutes possibilités de dialogue et de solutions négociées.

Dans ce cas-ci, la cible à long terme est clairement le Venezuela et de provoquer une escalade
Du conflit à un niveau régional

Ou en d'autres mots, d'étendre et d'intensifier la guerre civile qui brûle à l'intérieur de la Colombie et l'internationaliser.

Un tel conflit causera indéniablement des dommages pour tout le monde de la région, mais les ÉU, au contraire en bénéficierait.

Au lieu de se concentrer sur la révolution bolivarienne, au lieu de mener la révolution rose en Amérique latine, donc au lieu de chercher à réduire les disparités sociales et augmenter l'étendue des programmes sociaux humanistes...

Les pays entourant la Colombie se perdront dans les jeux et stratégie de guerre. La polarisation s'installera, des groupes seront montés en opposition les uns contre les autres...

Et les ÉU auront le beau jeu de placer leurs pions comme bon leur semblera, à distance.

Essentiellement ce que l'on a dit au FARC c'est si vous libérez des otages, il y a aura des assassinats de vos chefs.

On peut d'ores et déjà dire adieu à toutes résolutions paisibles du conflit si la Colombie choisie cette voie...

Le monde serait vraiment meilleur si l'assassinat n'était jamais considéré comme un instrument de politique acceptable.

ELECTIONS ZIMBABWE



Il y aura des élections générales au Zimbabwe le 29 mars prochain

Pour élire son Parlement, ses autorités locales et désigner son président pour cinq ans.

À 84 ans, Robert Mugabe, qui dirige d'une poigne inflexible l'ancienne Rhodésie du Sud depuis 1980, brigue un sixième mandat présidentiel.

Selon les sondages le président sortant Robert Mugabe devrait remporter par une très faible marge de 50%...

Son opposant Morgan Tsvangirai fortement appuyé par les pays de l'ouest avait reçu 40% des votes lors de l'élection présidentielle de 2002.

À l'époque comme maintenant les observateurs d'élections dénoncent le manque d'urnes dans les régions urbaines, l'absence de liberté de presse, et l'impossibilité de l'opposition de mener une campagne paisible dans plusieurs régions du pays de 12 millions d'habitants.

Depuis, d'autres facteurs sont venus peser dans la balance : la chute économique, la répression politique et des divisions dans les mouvements d'opposition et le parti au pouvoir.

Mugabe mène le ZanuPF (le front de l'union patriotique nationale) et Tsvangirai le MCD (mouvement pour le changement démocratique)

Le nouveau venu est le Dr Arthur Mutambara, anciennement un leader de mouvement étudiant contre les programmes d'ajustement structurels au cours des années 1990

Dans le cas du ZanuPF c'est un ancien ministre des finances de Mugabe Simba Makoni qui brigue la présidence : il est un fan inconditionnel du néolibéralisme et les reformes qui vont avec.

Pendant ce temps-là, l'élite s'est grossièrement enrichie aux dépens des 80% qui vivent sous le seuil de la pauvreté...

L'espérance de vie est passé à 32 ans pour un homme et 37 ans pour les femmes... et les médicaments pour contrer le SIDA sont devenus rares.

Le système d'éducation est tombé en ruine

Avec la dégradation économique vint aussi la réforme agraire radicale la prise des terres de fermiers blancs, qui a mené éventuellement à une crise agricole après l'échec référendaire sur la nouvelle constitution en 2000

Mugabe a donc annoncé le 29 mars comme journée d'élections, que le MDC voulait désespérément remettre au mois de juin...

Comme le pays et l'économie, l'opposition à Mugabe est en piteux état... mais il reste un leur d'espoir : la courageuse société civile qui demeure en place.

Au début du mois de février, plus de 5000 représentants de groupes activistes se sont réunis pour la convention nationale du peuple.

Résultat : une charte du peuple qui touche à plusieurs sujets importants, incluant la réforme constitutionnelle, les relations entre genres, les élections et l'économie.

Et l'affirmation lumineuse et fondamentale de la nouvelle charte : plus jamais nous ne laisserons des vies disparaître, violenté, torturé ou traumatisé par les expériences déshumanisantes de l'intolérance politique, la violence et l'absence de gouvernement démocratique.

Espérons que cette lumière sera assez forte pour sortir la population du Zimbabwe de sa plongée dans les ténèbres....

06 mars 2008

LA LEVÉE 5 MARS 2008

1. GAZA
2. TURQUIE ET KURDISTAN
3. BUDGET ET AIDE ÉTRANGER
4. SOLIDARITÉ HAITI 29 FEVRIER


ISRAEL/GAZA



Matan Vilnai le ministre de la défense d'Israël a dit le 29 février dernier que les Palestiniens de la bande de Gaza risquaient une shoah, le mot hébreux pour grand désastre, c'est aussi le mot pour l'holocauste nazi...

Tout ça en réponse aux roquettes largué depuis la bande de gaza dans le territoire israélien...

Durant les deux premiers mois de 2008, les forces de sécurité d’Israël ont tué 146 palestiniens dans les territoires occupés… Dont 42 qui n’avaient rien à voir dans les combats

Au cours de la même période, les Palestiniens ont tué un membre des forces de sécurité d’Israël et deux civils israéliens.

Ce sont des donnée d’un groupe humanitaire israélien, B’tselem, des chiffres sortis le 28 février, soit deux jours avant l’invasion israélienne de la bande de Gaza

La 4e convention de Genève interdit strictement l’utilisation de force excessive par un contre une population civile…Tel que le fait Israël

Pourtant, c’est le Hamas, et non Israël, qui est constamment accusé de crimes…Même si c’est Israël qui tue le plus et qui ignore totalement la loi et les conventions internationales

Et c’est le Hamas qui reçoit toutes les accusations, même si l’organisation palestinienne a passé la totalité de décembre 2007 a demandé un cessez-le-feu avec Israël… Qui a été totalement ignoré.

… non seulement les offres de cessez-le-feu, mais le plan Arabe de paix proposé en 2002 aussi

Alors en deux jours d’invasion de la bande de Gaza nous trouvons 70 palestiniens morts et deux soldats israéliens tombés au combat

Oui, on pourrait dénoncer l’utilisation de roquettes larguées par le Hamas et d’autres organisations palestiniennes dans les territoires israéliens, ce sont des crimes en bonnes et due forme…

Mais ni les Palestiniens ni le Hamas n’ont pas illégalement occupé le territoire israélien depuis les 40 dernières années, n’ont pas de colonies illégales en Israël ni de couvre feu ou des postes de contrôle sur leur routes.

Le Hamas n’a pas non plus d’embargo économique contre Israël…

… et dans tout ça, les options s’épuisent pour le PM israélien Ehud Olmert et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas

Les deux hommes joue le jeu dangereux de marginaliser le Hamas à tout prix, … Et maintenant l’avenir d’Abbas est considérablement compromis.

Sa popularité, qui n’a jamais été très haute, est en chute libre parmi les Palestiniens

Et pour Olmert, ses objectifs sont assez clairs : reporter toujours à plus tard les négociations de paix jusqu’au jour où une solution final au problème palestinien peut-être trouvé…

En 2007 il avait dit qu’il était ouvertement contre l’idée d’un État palestinien car juste par les pressions démographiques éventuellement Israël disparaîtrait…

Et bien la solution finale semble bien être la poursuite de la colonisation, le mur de séparation à Jérusalem et le réseau de routes pour Juifs seulement dans les territoires occupés.

Retournant à Abbas, il devient évident maintenant que son peuple est sur le point de s'en débarrasser... et son remplaçant, Mohammed Dahlan, basé en Egypte, est déjà en train d'agir et de parler comme s'il était le nouveau président de l'AP.

... Dahlan réuni ses forces pour fonder un parti alternatif au Fatah...

Et pour le Canada, et le reste du monde civilisé... le fait d'isoler Hamas équivaut à accentuer la souffrance et la famine de masse auxquelles nous sommes témoins de la bande de Gaza...

C'est tellement évident et extrême que les Européens revoient leur position du Hamas, que l'UE a étiquetée de terroriste...

Cessons de diaboliser Hamas et voyons plutôt le portrait plus large... le Fatah a choisi une voie sans issue, et Israël s'engage vers un suicide étatique en choisissant sa «solution finale» au problème palestinien...

TURQUIE ET KURDISTAN



Vendredi dernier, le 29 Février, la Turquie a mis fin à son offensive dans le Kurdistan Irakien, et ces après 8 jours d'opérations militaires contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les militaires turques ont "regagné leurs bases", se retirant de l'Irak, au moins provisoirement.

L'armée précise : "Les activités terroristes dans le nord de l'Irak seront suivies de près. Aucune menace depuis ce territoire contre la Turquie ne sera tolérée"

Faut expliquer le contexte un peu...

Le Kurdistan est une région géographique et culturelle d'Asie occidentale, majoritairement peuplée par les Kurdes.

Cette région s'étend actuellement aux confins montagneux au sud-est de la Turquie, au nord-est de l'Irak, au nord-ouest de l'Iran et sur deux petites régions au nord-est et au nord-ouest de la Syrie

Dans la région kurde de la Turquie, on planifie depuis plusieurs années de construire des barrages qui inonderont des villages entiers, détruisant du coup des communautés et l'environnement...

Dans la région kurde de la Turquie, on planifie depuis plusieurs années de construire des barrages qui inonderont des villages entiers, détruisant du coup des communautés et l'environnement...

Ces barrages, des projets hautement profitables pour des transnationales américaines et européennes, sont profondément liés à la guerre américaine menée en Irak.

Avec la récente campagne militaire de la Turquie appuyée par les ÉU dans les villages du nord de l'Irak, et les luttes de pouvoirs à savoir qui contrôlera le Kurdistan.... bien le grand projet des barrages vient d'être renforcé.

La Turquie a depuis les débuts de la guerre froide été le meilleur ami de Washington

L'incursion militaire dans les régions kurdes du nord de l'Irak est liée aux luttes de pouvoirs pour le Kurdistan... et les ÉU ont bel et bien un intérêt là-dedans...

Le Kurdistan Oh surprise a du pétrole

Alors les principaux partis politiques kurdes en Irak ont fait affaire avec l'ennemi éternel les ÉU pour gagner une certaine forme d'indépendance par rapport à l'Irak et ainsi contrôler sa partie du pétrole et éventuellement traiter avec les ÉU

En contrepartie, les ÉU ont investi beaucoup d'argent dans la région, favorisant bien sûr les partis qui leur sont favorables...

Mais les ÉU détiennent aussi le contrôle sur le barrage au nord et le contrôle de l'eau...

Les ÉU semblent avoir pris le contrôle du pétrole à travers des ententes illégales avec le gouvernement régional du Kurdistan, tirant le tapis sous les pieds des groupes irakiens qui tentent de garder une autonomie sur leur ressource principale.

Il existe, du moins à court terme, un état du Kurdistan de facto...

BUDGET ET AIDE À L'ÉTRANGER




Revenons sur le budget de notre cher ministre fédéral aux finances Jim Flaherty sorti la semaine passée...

Après trois budgets plus que décevants, on peut sans ambages affirmer que notre gouvernement n'a rien à cirer de ses engagements envers les plus pauvres de la planète.

Au cours de la dernière élection fédérale, les conservateurs s'étaient engagés à améliorer l'aide du Canada en atteignant la cible mise de l'avant par l'OCDE et de ses pays donateurs...

Il s'avère que la moyenne d'aide s'élève à 0,44% du PNB

Depuis que les conservateurs forment le gouvernement, aucun budget n'a été dressé pour atteindre cette cible... en fait nous avons plafonné à 0,3%

il va sans dire que nous sommes encore loin de la cible, qui n'est après tout de pas grand-chose par rapport à notre richesse collective... il s'avère et la preuve l'indique que l'engagement des conservateurs envers l'aide étrangère n'était que de la matière creuse de discours électoral.

Dans un portrait plus large, ne faut pas oublier que pour atteindre le 0,7% du PNB en aide d'ici 2017, qui est, en fait, la cible de l'ONU dans laquelle le Canada s'est engagé, faudrait augmenter les dépenses de 15% par année au cours des 10 prochaines années...

Ça ressemble beaucoup tout ça aux cibles de réduction de gaz à effets de serre, beaucoup de promesses durant les campagnes électorales, mais aucun résultat.

SOLIDARITÉ HAITI 29 FÉVRIER 2004



En cette année bissextile, je dois revenir sur un anniversaire pas très lumineux... mais dont je me fais un devoir de rappeler vu la large communauté haïtienne au Québec et surtout la responsabilité du Canada dans ces tristes événements...

Le 29 février 2004, des forces spéciales américaines ont enlevé le président démocratiquement élu d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide, l'ont embarqué dans un avion et l'ont exilé en Afrique.

Les Marines ont ensuite pris le contrôle de la capitale Port-au-Prince et installé un gouvernement pantin

Je rappelle qu'Aristide avait été extrêmement populaire parmi la vaste majorité des plus pauvres citoyens d'Haïti, qui sont parmi les plus pauvre des Amériques...

Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs pays le 29 février dernier en solidarité Haïti, surtout dans les pays responsables du coup d'État dont les ÉU, le Canada la France et le Brésil.

Leur mission approuvée par le conseil de sécurité de l'ONU était de restaurer l'ordre, c'est-à-dire de s'assurer Haïti demeure encore et toujours sous le règne de leurs patrons impérialistes.

Et aujourd'hui selon tous les indicateurs de niveau de vie, les Haïtiens sont dans un état pire que lorsque Aristide menait le pays...

La faim, le chômage et l'absence de services publics ont été aggravés depuis l'imposition des politiques économiques du FMI et de la BM... politiques auxquelles Aristide s'opposaient... ce qui était en réalité son véritable crime.

Les prisons Haïti sont remplies de prisonniers politiques, surtout de membre du mouvement Lavalas d'Aristide.

En solidarité, faudrait exiger rien de moins que la fin de l'occupation militaire étrangère, la liberté pour les prisonniers politiques, le retour du président Aristide....

et surtout, amener en justice ceux qui sont responsables du coup d'état et les massacres de milliers d'Haïtiens qui s'ensuivirent...

27 février 2008

LA LEVÉE 27 FÉVRIER 2008

1. Un mois après le dépôt du rapport Manley sur notre présence en Afghanistan : nous sommes toujours à la recherche d'arguments valables pour rester jusqu'en 2011
2. Une crise au sein de l'OTAN : les pays européens refusent de s'engager pour assister le Canada à partir de 2009
3. Les capitalistes broient du noir : comment le système financier global s'est retrouvé en si mauvaise posture
3. En exclusivité à La Levée : une entente secrète a été signée permettant aux troupes américaines de traverser nos frontières
4. Bush et Afrique

AFGHANISTAN



En octobre dernier, Stephen Harper a nommé l'ex-ministre libéral John Manley à la tête de son groupe-conseil sur l'avenir de la mission afghane

Le rapport, sorti vers la fin du mois de janvier, suggère d'ajouter 1000 soldats à Kandahar afin que la mission fonctionne

Mais si l'on revient au rapport Manley, et les raisons utilisées pour justifier notre présence militaire en Afghanistan, il est facile de voir que les arguments ne sont pas très solides :

Le retour des Talibans menace la sécurité régionale; l’ONU a approuvé la mission; l’OTAN s’est commis… et le Canada devrait aider des États en difficulté.

… que le Canada est un membre du G8 et donc c’est de notre responsabilité de jouer notre rôle en Afghanistan… de réparer un État en faillite

Pas très précis, ni très convaincant comme raisonnement lorsqu’on y pense : essentiellement on nous dit nous sommes là car nous sommes là

Et l’autre argument massue est : nous devons rester là pour garder l’OTAN uni…

Ridicule!

L’OTAN, l’Organisation du traité de l’atlantique nord… c’est supposé être une alliance de défense! On peux tu retourner à ça??

Tous les États sont en faillites à un niveau ou à un autre… pourquoi ça revient à nous de régler spécifiquement le ce cas ci?

Si le problème est un État en faillite et des risques à la sécurité et la paix de la région… bien, c’est à l’Iran, le Pakistan et l’Inde de régler ça!

Et pour les cellules de terroristes, bien, on arrête de bombarder des villages et de faire en sorte qu’Al qaida accélère son recrutement

On parle aussi de la nécessité de sécurité pour permettre le développement… un argument qui sonne bien, mais est totalement faux…

De toute façon si c’est la sécurité qui manque pour permettre le développement du pays… Bien, redonnons le pouvoir aux Talibans le pays était beaucoup sécuritaire qu’avant l’invasion

Et la situation des Afghanes était infiniment meilleure sous un gouvernement soviétique au cours des années 1980 avant que les pays de l’Ouest décident de créer les mujahedeen

… et malgré tous les discours de Harper et le rapport de Manley… 61% des Canadiens souhaite le retrait des troupes

Encore mieux, on devrait travailler sur notre retrait de l’OTAN, tout simplement!

OTAN



La semaine dernière, l’OTAN tenait sa réunion à Vilnius, Lithuanie

Le secrétaire à la défense Robert Gates était visiblement frustré du fait que certains États européens ne sont pas prêt à envoyer leur troupes mourir en Afghanistan…

Ce qu’il ne comprend pas c’est que la majorité d’européens voit le conflit en Afghanistan comme étant mal et immoral… et impossible à gagner.

Faut rappeler que l’OTAN, aux yeux des Européens, a été crée pour repousser toutes formes d’agression de l’Union Soviétique.

Pas pour fournir des soldats pour les visées impériales des néocons de Washington!

Surtout que le General américain Dan McNeill avait dit en conférence que si la doctrine militaire appropriée de lutte contre des insurrections était suivie

Les ÉU et l’OTAN auraient besoin de 400 000 troupes pour renverser la résistance Pashtun en Afghanistan

Quand les Soviétiques occupaient l’Afghanistan ils avaient déployés 160 000 troupes plus 200 000 soldats afghans communistes… et n’ont pas été en mesure de renverser la résistance

Et nous allons réussir la mission avec seulement nos 66 000 troupes?

Pendant ce temps là, la guerre se répand vers le Pakistan étirant et épuisant encore plus les forces de l’OTAN et des EU

Plus de 70% des réserves de l’OTAN/EU entre par camion du Pakistan en passant par le col du FATA…

Et les attaques par les pro-Taliban contre ses lignes de réserve menacent les opérations militaires de l’Ouest à l’intérieur de l’Afghanistan

Encore je reviens, donc, sur l’utilité d’une patente comme l’OTAN…

On peut légitimement se demander si la riche union européenne a besoin de sa protection.

La nouvelle force de défense européenne pourrait très bien remplacer l’OTAN.

Alors avant que l’on nous impose une conscription nord américaine pour envoyer les 400 000 troupes nécessaires en Afghanistan pour gagner le combat contre les 40 millions de Pashtun

… il faut retirer nos hommes, s’excuser, et travailler intelligemment pour la paix dans la région avant que les choses prennent un virage dont on aura honte dans trente ans à avoir été les témoins muets.

ÉCHANGES D'ARMÉES



Le Canada et les ÉU ont signé une entente qui ouvre la voie aux échanges de troupes à travers les frontières durant des urgences... et on se demande bien pourquoi le gouvernement Harper tente de garder ça secret.

Ni le gouvernement, ne les forces canadiennes n'ont annoncé la nouvelle entente, qui a été signé le 14 février dernier au Texas

Le conseil des Canadiens, une organisation gauchiste, qui mène une campagne contre l'intégration continentale, est le premier groupe à questionner l'entente

L'information sur l'entente est encore difficile à trouver, quoique l'on ne se gène pas d'en parler ouvertement sur des site internet aux EU et au Mexique

Il y a un grave potentiel de militariser les réponses à des urgences, voire même d'envoyer des troupes à travers les frontières pour protéger des infrastructures communes comme des routes ou des pipelines.

nous verrons ce que le gouvernement Harper et l'opposition, on a dire là dessus, mais une inquiétude légitime serait de voir des soldats américains dans nos villes et villages pour des urgences aussi mineures que des bris de pipeline ou des ponts qui s'écroulent...

Je dis mineurs car ce sont des accidents que nous pouvons contrôler nous-mêmes!

Surtout que, selon les règles mêmes de l'armée US, aucun autre pays ne peut être à la tête des opérations de l'armée américaine lorsqu'elle intervient en pays étranger...

Bref, le commandant David Scanlon, porte parole des forces canadiennes, a affirmé qu'il n'y avait aucune intention de garder l'entente secrète...

Il dit que l'on devrait voir un article sur l'entente la semaine prochaine dans le journal officiel des forces canadiennes et sur internet... j'ai hâte de voir ça!


CAPITALISME



Les capitalistes sont de mauvaise humeur, assez inquiets merci pendant que le système financier mondial continue de tranquillement s'effondrer...

Une crise financière qui était somme toute assez inévitable voyant comment la croissance du capital était mené par des bulles spéculatives.

Le blâme revient avant tout à la disparité entre l'expansion de l'économie financière et la stagnation de l'économie réelle

La recherche des profits est la locomotive du capitalisme, et de plus en plus, les profits significatifs ne pouvaient être obtenus qu'à travers la spéculation financière plutôt que l'investissement dans le monde industriel

mais cette fois, le dynamisme ne viendra pas avec une autre bulle spéculative, avec par exemple, le recours au Keynesianisme militaire

en ce moment, les prix du pétrole montent en flèche, le dollar américain est en chute libre, et le marché financier global s'effondre... des ingrédients qui nous mènent vers quelque chose de pire qu'une simple récession

les pertes dues aux mauvais prêts immobilier aux ÉU sont estimées maintenant à 400 milliards de dollars

on était sous l'illusion que cette crise pouvait être confinée aux ÉU et ses propres institutions économiques...

la bulle de l'immobilier est la plus récente de la centaine de crises financières à avoir frapper depuis que les contrôles sur le capital ont été démantelés depuis le début de l'ère néolibérale au cours des années 1980

Mais ça l'a pris la crise financière asiatique de 1997 en particulier pour qu'une demande au retour de contrôle et d'encadrement plus sévère revienne

le capital de la globalisation financière ne voulait rien savoir... par contre

Pour comprendre pourquoi nous sommes devant une telle divergence entre le capital financier et réel faut retourner à la crise de la suraccumulation qui a frappé les grandes économies au cours des années 1970-80... le phénomène aussi connu sous le nom de surcapacité, surproduction.

la période dorée après la fin de la 2e guerre mondiale a pris fin au milieu des années 70', la stagnation s'installait... à cause de la production globale qui surpassait la demande, débalancement entretenu par les profondes inégalités de revenus.

Au cours des années 1980 et 1990, le capital global s'est échappé de la stagnation par trois routes :

1. la reconstruction néolibérale, la redistribution des revenus vers le haut par la réduction des impôts des riches, la déréglementation et l'attaque en règle contre les syndicat

2. le développement des transnationales, qui a ouvert les marchés dans le monde en développement, déplaçant le capital des régions à haut salaire vers les régions à bas salaire

3. la financiarisation de l'économie globale, le déplacement de l'investissement vers la spéculation plutôt que l'industriel où les profits stagnent

le bris entre la vraie économie et l'économie virtuelle était évident avec la bulle des point com à la fin des années 1990.

Les actions des compagnies sur le net valaient des fortunes, mais les entreprises en tant que tel ne faisaient pas de profits... et cette divergence entre des indicateurs de valeur et les vraies valeurs ne peuvent pas durer éternellement...

.... et la bulle fini par éclater, les point com en 2002, effaçant du coup 7 billions de la richesse des investisseurs.

RÔLE DE LA CHINE



Et ensuite c'est la bulle de l'immobilier qui est venu sauver les meubles.... avec la création de 5 billions de dollars en valeur

Dans cette bulle ci la Chine joue un rôle central, non seulement pour des biens allant au marché américain mais aussi pour le capital allant à la spéculation

d'un côté la croissance de la Chine dépend de la capacité des Américains d'acheter leurs trucs malgré leur endettement

... et le crédit est financé essentiellement par la Chine!

le duo Chine ÉU a maintenant des conséquences massives pour l'économie globale

les investissement qui va en vague vers la Chine pour profiter des bas salaires augmentera les profits à court terme... à cause du problème de surproduction dont on parlait plus tôt

mais le capitalisme est très résilient.. et maintenant faut voir s'il n'y avait pas une autre voie pour surmonter le problème de la stagnation qui serait dû à la surproduction.

on regarde toujours vers la 2e guerre mondiale comme étant la solution à la grande dépression...

et aujourd'hui la solution des grosses dépenses militaires semble être la voie choisie...

l'économie militaire avait bel et bien sorti les ÉU d'une récession en 2002, avec les dépenses militaires comptant 14% de la croissance en PNB tout en représentant 4% du PNB américain.

Selon des estimations, les dépenses militaires devraient dépasser le 1 billion en 2008

Une stimulation de l’économie pourrait venir du capitalisme de désastre très bien décrit par Noami Klein : la privatisation de la guerre, la production de nouveaux outils de sécurité, et la reconstruction dans des zones de désastre… c’est le 11 septembre qui aurait déclenché cette prochaine bulle

Mais pour payer pour cette nouvelle bulle militaire, ça veut dire réduire les dépenses en programmes sociaux… réduisant éventuellement la demande globale en produits et services

Selon une étude de Dean Baker… après une stimulation de la demande, l’augmentation du budget militaire fini par avoir des effets négatifs à la sixième année

Oui, le capitalisme est résilient, mais les options pour éviter une récession sont de plus en plus limitées

… préparons nous maintenant au pire : l’économie de marché capitaliste est sur la machine respiratoire, il est temps de passer à autre chose… et cette fois-ci on pourrait mettre l’humain au centre du nouveau système!

Si vous voulez une idée de modèle économique de remplacement au capitalisme, visitez le blogue de La Levée et faites une recherche pour : économie participative...

Pour lire l'article d'où est tirée cette information, lisez : http://www.zcommunications.org/znet/viewArticle/16602

21 février 2008

LA LEVÉE 21 FÉVRIER 2008

1. Le Leader Maximo à la retraite : nous verrons à quoi ressemble la relève du pouvoir à Cuba
2. L'Australie a maintenant officiellement une conscience : un retour sur les excuses d'État aux aborigènes.
3. Du pétrole découvert en Albanie, juste à la frontière du Kosovo : un contexte incontournable à l'indépendance de la province serbe.
4. Tout pour tester le jouet dispendieux du bouclier anti-missile,: les ÉU s'apprêtent à abattre un de leurs satellites d'espionnage.


CASTRO



Fidel Castro a annoncé sa démission du poste de président de Cuba, mettant fin à 49 ans au pouvoir.

On se rappelle que Castro avait remis temporairement le pouvoir à son frère Raoul, il y a 19 mois.

La démission du leader maximo, hier, est quand même une surprise, on s'attendait plutôt à ce que cela soit annoncé dimanche prochain lors de l'assemblée nationale dimanche prochain.

Fidel fait toujours les choses à don goût, préférant cette fois annoncé sa démission tôt et laisser toute la place à l'avenir de la direction de Cuba, pour dimanche.

C'est quand même unique dans l'histoire ce qui vient de se produire, des dirigeants comme Castro quitte normalement le pouvoir lors d'un assassinat ou d'un coup militaire, mais la transition ici ne peut pas être plus tranquille.

C'est donc son frère Raoul et nous l'espérons une nouvelle génération de dirigeants qui prendront officiellement le pouvoir dimanche.

Castro a encore le titre de secrétaire du parti communiste qu'il lèguera aussi lors de l'assemblée nationale... mais on n'est pas trop certain à qui.

Avec l'élection présidentielle cette année aux ÉU, ça sera une belle occasion pour les deux pays de se réconcilier pour la première fois depuis 1959.

Castro a réussi un grand coup, sa révolution socialiste n'est pas parfaite, mais si l'on regarde tous les indicateurs de niveaux de vie, les Cubains s'en sortent très bien... malgré toutes les manoeuvres des ÉU.

Malgré la US commission for assistance to a free Cuba...

Malgré les 80 millions dépensé par l'administration Bush pour parrainé des groupes d'opposition au régime cubain.
Tout ça est totalement contreproductif... et si le prochain président des ÉU adoptait plutôt un dialogue et des relations normales avec les Cubains, du côté de l'appareil de sécurité qui veille au grain depuis 1959 risque de s'adoucir un peu, aussi.

Peut-être, sous Raoul Castro, allons nous assister à plus de libéralisme économique, l'avènement d'un plus grand nombre d'acteurs économique indépendant... plus de liberté, plus d'expression. On le souhaite.

Mais ce n'est pas pour bientôt...

C'est plate à dire, mais ça dépend en grande partie à la prochaine administration de Washington : parmi les candidats restant, seul Barak Obama a adopté la position la plus positive envers Cuba....

On devine assez facilement ce que John McCain fera, en fait, il a pratiquement garanti aux ressortissants cubains de la Floride qu'il fera tout en son pouvoir pour ramener la liberté aux Cubains... et dans le cas d'un président républicain, on s'est très bien ce que ça veut dire.

AUSTRALIE



Mercredi dernier, le premier ministre australien Kevin Rudd s'est levé dans la chambre des représentants pour livrer un discours éloquent, des excuses sans équivoquent sur les générations volées et les aborigènes en général.

mais le discours en lui même, même s'il changera à tout jamais la narration de l'Australie par rapport à son passé... ne mettra pas fin en lui même à l'existence de l'Apartheid version Austrlienne.

En 1995, le PM Paul Keating avait lancé une enquête nationale sur l'enlèvement forcé d'enfant aborigènes... une politique qui a duré jusqu'en 1970.

deux ans plus tard, l'enquête a mené au rapport titré Bringing them home, rempli de détails de la poltique l'élimination systémique de la culture aborigène.

Les aborigènes ont vécu sur l'immense ile de l'Australie durant des dizaines de milliers d'années avant que la GB la découvre à la fin du 18e siècle.

Même si plusieurs aborigènes n'était pas contre l'idée de partager leurs terres, ils ont été massacré en grand nombre durant la période de colonisation britannique.... des centaines de cranes d'aborigène ont même trouvé leur place au dessus des foyer à Londres.

Les aborigènes n'étaient même pas des citoyens australien jusqu'en 1967...

Et leurs communautés sont emprises avec des problèmes d'abus, de violence, d'alcoolisme... ce qui n'est pas tout à fait étonnant vu l'absence d'opportunités d'avancement intellectuel et d'emploi.


Dans le rapport Bringing them Home on a même été jusqu'à utilisé le terme génocide pour décrire la relation qu'a longtemps entretenu l'Australie avec sa population aborigène, mais un terme plus communément accepté a été génération volée.
Le rapport recommandait des excuses d'état et une généreuse compensation.

Malheureusement, lorsque le rapport a sorti e 1997, le nouveau PM était John Howard.

Howard était du genre à dire que les Australiens doivent plutôt être fiers de leur passé, oui il y avait des aspects négatifs, mais ceux si sont considérablement moins nombreux que les aspects positifs.

Bien que sa version myope de l'histoire a été accepté par quelques historiens idéologiquement motivés, des membres de son propre parti étaient contre... par dizaines de milliers les Australiens ont tenté par plusieurs moyens de se s'excuser et de se réconcilier avec les Aborigènes.

Le nouveau gouvernement Rudd a clairement indiqué maintenant son intention de créer une Australie sans racisme.
Le monde gardera certainement un oeil sur son progrès au cours des prochaines années.

PÉTROLE ALBANIE



Le 10 janvier dernier, la compagnie suisse Manas Petroleum dévoilait que Gustavson associates LLC resource evaluation avait identifié de larges sources de pétrole et de gaz en Albanie, tout près du Kosovo.

les estimations comptent un potentiel de 3 milliards de baril de pétrole... c'est énorme.

En ce moment, la région des Balkans a des réserves prouvées de 345 millions de barils, desquels 198 millions sont en Albanie.

Cette récente découverte met l'indépendance du Kosovo en contexte, et son coût à long terme pour la Serbie.

Depuis 1999 et les bombardements illégaux de l'OTAN sur la Serbie, le Kosovo est un protectorat de l'OTAN...

il a été mené par trois PM pantins avec des liens connus au crime organisé et le traffic de drogues.

le Kosovo a été la demeure d'une des plus larges bases militaires américaines du monde, la province du kosovo est tout compte fait une base militaire américaine qu'une légitime entité politique.

le Kosovo fait parti de la stratégie régionale des EU de contrôler et de transporter le pétrole d'Asie central vers les marchés de l'ouest.

pas surprenant que Washington ait immédiatement approuvé la déclaration d'indépendance du Kosovo, malgré la flagrante violation du droit international.

Même la résolution 1244 du conseil de sécurité de l'ONU qui rappelle que le Kosovo est une province de la Serbie.

Les sources du pétrole tirent à leur fin, comme on verra après la musique, et de plus en plus, les lois qui assurent la pérennité de notre civilisation seront transgressées pour mettre la main dessus...

FIN DU PÉTROLE




Un rapport publié la semaine dernière par Citibank affirme qu'il sera particulièrement difficile d'augmenter la production du pétrole au delà de 2012.

Bien que 175 grands projets d'exploitation commenceront au cours des 4 prochaines années, le rapport de Citibank dévoile une réelle inquiétude face aux hauts niveaux de déclins de production

L'industrie pétrolière n'a jamais voulu parler du point de chute de la production de pétrole... mais rien ne peut contredire le fait que la production mondiale a plafonné à 85 millions de barrils par jour depuis 2005.

La question est bien sûre compliqué comme d'habitude par le refus des pays de l'OPEC d'augmenter sa production

.... et plusieurs ne se gênent pas pour dire que ce refus est basé sur un bluff : les réserves annoncées par les pays de l'OPEC sont un tissu de mensonges.

Devant la chute des sources, que planifie nos bons gouvernements? un virage totale vers les transports en commun durables? la mise en réserve du pétrole que nous avons au Canada... pas du tout, de toute façon grâce à l'ALENA nous n'avons pas le droit de mettre du pétrole

Du côté de l'Europe, où on regarde normalement pour un peu de lumière dans des cas comme celui ci, c'est le désastre :

bien que l'on reconnaisse la dépendance du secteur des transport au pétrole, et l'insécurité face au manque à venir...

la seule solution proposée sera de remplacer 10% du pétrole brûlé en 2020 par des biocarburants.

Or tout indique que le recours aux biocarburants de un ne résoudra pas les problèmes liés à la carence du pétrole... mais ça risque de causer des problèmes encore plus insurmontables.

Soit que l'on enlève des terres arables destinées à la production d'aliments, soit que l'on rase de nouvelles terres pour faire place au mais et autres sources de biocarburants.

en rasant des terres on fini par causer plus d'effets de serre... et brûler plus de pétrole...

certains diront que l'on peut tout simplement prendre les résidus de récolte pour les biocarburants, mais selon un article de Science, enlever ces résidus augmentera le rythme d'érosion de terre fertile par 100!

notre dépendance horriblement stupide à l'automobile mènera non seulement à l'épuisement des hydrocarbures, mais peut-être aussi à l'épuisement des sols, voire la famine.

la seule solution viable n'est rien d'autre que la réduction de l'essence lié au transports.

et pour y arriver, ça prendra une large dose de vision et de courage politique... et on peut se demander si l'on n'a pas déjà atteint le fond du baril de ce côté là, aussi!

SATELLITE




Les planificateurs de l'espace militaire aux EU ont anoncé récemment être sur le point d'abattre un de leur propre satellite d'espionnage en fin de vie... tout ça. officiellement pour empêcher que l'engin et son réservoir plein de produit toxique s'abatte sur la main de quelqu'un.

mais il serait pas fou de voir cette manoeuvre comme une étape de plus dans le grand plan la militarisation de l'espace

un omet de parler du fameux bouclier anti-missile... un programme délirant de plusieurs milliards de dollars qui n'a pas encore été testé, dont l'efficacité même sur papier reste à être démontré.

100 milliards depuis 1980... un autre 49 milliards au cour des 5 prochaines années.

on verra s'ils sont capable d'abattre efficacement un de leur propres satellites... avec un bateau à missile fait à l'origine pour abattre des fusées ennemies.

À part les navires, le bouclier est composé d'intercepteurs terrestres que Washington veut installer en Pologne avec un système de radar en république Tchèque.

La même chose au Japon et taiwan... donc un côté de la Russie et de l'autre la Chine.

Mais au lieu de contenir quoi que ce soit, l'étalement du bouclier anti-missile contribue à la course à l'armement : la Russie et la Chine y trouvent une motivation à moderniser leur stocks.

La Chine l'an passé a abattu un de ses propres satellites... démontrant que les EU ne sont pas seul dans l'espace.

les ÉU procèderont donc à tirer sur un de leurs satellites, quelques jours après que la Russie et la Chine aient formellement proposées un traité contre la militarisation de l'espace, à Genève.

Le satellite vieillissant brûlerait fort probablement au complet en entrant par lui même dans l'atmosphère... mais on insiste à l'abattre utilisant de l'équipement qui n'a pas encore été testé... bonne chance... j'espère que les 150 milliards en valaient la peine!

14 février 2008

LA LEVÉE 13 FÉVRIER 2008

1. Timor-Oriental
2. Système de santé canadien
3. Vidéophilie

TIMOR ORIENTAL




L'état d'urgence a été décrété au Timor-Oriental au lendemain des attaques qui ont visé le président José Ramos-Horta, qui est dans un état extrêmement sérieux à l'hôpital, en Australie.

Le Parlement timorais a tout récemment approuvé la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 23 février, proposé par le Premier ministre Xanana Gusmao à la suite de la tentative d'assassinat dont lui et le président José Ramos-Horta ont fait l'objet lundi.

Lauréat du prix Nobel de la Paix 1996, Ramos-Horta a été atteint au niveau de la poitrine et de l'estomac lorsque des hommes armés à bord de deux voitures ont ouvert le feu sur lui à l'aube.

Le chef rebelle Alfredo Reinado a été tué dans l'attaque contre le domicile de M.amos-Horta.

Alfredo Reinado était l'un des 600 soldats mutins démis par les autorités en 2006, une décision qui avait déclenché une vague de troubles dans le jeune pays, dégénérant en batailles des rues entre gangs et affrontements inter-ethniques, qui avaient fait au moins 37 morts et plus de 150 000 déplacés, et provoqué la chute du gouvernement.
Le Timor Oriental se dirigeait vers une crise de la sorte depuis plusieurs années.

La loi du fusil, l'appauvrissement et la corruption en montée, et une crise de légitimité de l'ensemble des acteurs politiques : tous ont mené à la crise des derniers jours.

La loi du fusil était la règle au TO durant les trois premières années à la suite de l'indépendance.

La rébellion menée par Reinado en 2006 et la tentative de coup d'État en 2008 devrait être vu comme les premières tentatives de l'armée timoraise de tout simplement prendre le pouvoir... pratique courante dans cette partie là du monde.

L'absence de développement du côté des infrastructures, une mauvaise répartition du budget du gouvernement, surtout à l'extérieur de la capital Dili contribue au bouillonnement des rébellions.

Des autres question pour le gouvernement demeurent les revenus des hydrocarbures.

Les revenues s'accumule dans un compte à l'étranger... l'idée était bonne au départ : faire fructifier cet argent pour un temps plutôt que de le dépenser au fur et à mesure...

Mais le mécontentement général manifesté dans le coup d'État manqué pourrait convaincre le gouvernement timorais de piger dans cet argent.

Faut aussi se rappeler que le TO n'est pas un État totalement autonome.

C'est un protectorat des Nations unies. La présence d'une administration étrangère demeure encore très imposante.

La sécurité est maintenue par une force de coalition étrangère... et le budget de fonctionnement du gouvernement est encore largement attribuable aux dons étrangers.

Depuis la fin de la guerre froide, la mission de l'ONU au TO est de loin la plus importante, montrant si oui ou non l'ONU est capable de s'occuper et de développer une région en proie à la violence et la décadence.

Si l'expérience de la création de l'État du TO échoue, l'ONU y pensera deux fois avant de s'embarquer sur une telle mission.

Et dans ce cas là, il ne restera peut-être que le conflit génocidaire comme alternative.


OBSESSION DES MÉDIAS CANADIENS AVEC LA PRIVATISATION DU SYSTÈME DE SANTÉ



Les médecins québécois devraient pouvoir travailler dans le privé après avoir effectué un certain nombre d'actes ou d'heures de service au secteur public, proposera le rapport de Claude Castonguay sur le financement de la santé.

La commission a confirmé hier qu'elle rendrait public son rapport le 19 février, après l'avoir remis au gouvernement le vendredi 15, comme l'a indiqué La Presse hier.

Les quotas de pratique au public, une fois remplis, permettront aux médecins d'exercer dans des cliniques privées sans devoir se désaffilier du système public.

Actuellement, pour se faire payer directement des actes médicaux par un patient, le médecin doit renoncer à participer au régime public où il est rétribué par la Régie de l'assurance maladie du Québec.

C'est commun non seulement au Québec, mais ailleurs aussi au Canada de sortir des rapports, de publier des articles ou de diffuser des reportages en faveur de l'entrée du privé dans notre système de santé.

Le Frontier Center, un think tank de Winnipeg, vient de sortir son propre rapport Castonguay.

Dans ces moments là je sens que j'ai le devoir de rappeler à quel point financer la santé par le privé est stupide et inefficace.

le DVD de Michael Moore, Sicko, est sur les tablettes et je vous invite à le visionner.

Selon l'OMS tous les pays européens investissent une part de leur financement dans la santé par le privé:

GB : 14%; Suède 15%; France 22%... le Canada 30%.

Le Canada dépense donc pas mal plus... et par hasard, la qualité de notre système est inférieure aux standards européens.

Faut rappeler pourquoi : Le gouvernement Chrétien-Martin a décidé tout bonnement de couper les transferts allant à la santé et à l'éducation des provinces de 17.3 milliards en 1995; 12.9 milliards en 1996 et ensuite 10.3 milliards en 1997... c'est une coupure de 40% en deux ans!

Au Québec, en 1996 seulement, c'est 1.1 milliard, 50% des paiements pour les médecins qui ont été perdus.

Et dans tout ça, oui, faut toujours comparer avec le système américain : par tête, ça nous coûte 48% moins cher pour notre système que les Américains, et ce pour 100% de couverture.

En 2006, c'est 10.3 % du PNB, aux EU, 16... 55% plus élevés.

Malgré les coupures sauvages d'il y a 10 ans, selon l'OMS, notre système est encore un des meilleurs au monde.

Or on continue d'avoir le débat sur plus de place au privé, des forces puissantes poussent pour plus de privé en santé.

Alors si notre système est bon, pourquoi cette constante poussée vers le privé? La réponse est simple : les profits.

Même si un système de santé privé est plus cher et moins efficace, il est très payant pour de petits groupes d'intérêt.

Notamment les compagnies d'assurance et d'autres actionnaires de compagnies liées au système de santé.

Il s'avère que ces personnes ont des amis au gouvernement qui pourront s'en occuper : couper les fonds pour créer une crise dans le système, voter des lois pour ouvrir des brèches.... et à la fin, nous faire avaler un système nettement inférieur.

Non merci!


VIDEOPHILIE



Les visites aux parcs nationaux d'Amérique du nord sont en chute depuis le milieu des année 1980, et selon un rapport du Nature Conservancy c'est la vidéophilie qui est à blâmer.

La vidéophilie est l'amour des médias électroniques.

Les jeunes nord américains sont tellement collés à leurs écrans que l'idée d'aller jouer dehors et dans la nature ne leur effleure pas vraiment l'esprit.

Le rapport, subventionné par le National Science foundation, a remarqué les mêmes tendances au Japon et en Espagne.

On parle donc de nature deficit disorder, un manque de contact avec la nature... qui inquiète beaucoup les environnementalistes.

Sans contact avec la nature, les jeunes qui deviendront les citoyens de demain n'auront pas le mêmes soucis de protection des systèmes écologiques.

Pourtant, le contact avec la nature a des effets très bénéfiques pour les enfants, selon le Center for environmental health : réduit le déficit d'attention, aide au développement cognitif, améliore la créativité et réduit le stress.

Le rapport indique qu'une série d'études confirment sans l'ombre d'un doute que les personnes ayant une conscience environnemental aient eu une expérience transcendante avec la nature pendant leur enfance.

Les enfants vidéophiles d'aujourd'hui lient des livres, consultent des Cd-Rom et voient des émissions de télé sur l'environnement et sa protection... mais, à la fin, la nature est vue comme un objet sans plaisir.

Et pour les plus vieux, les discussions constantes sur la pollution et les changements climatiques est en train de les programmer à associer la nature avec l'apocalypse.

Oui, bien d'accord à ce que l'on informe les jeunes des menaces à l'environnement, mais avant, ils devraient personnellement développer un amour de la nature.

Aller dehors, dans un boisé ou une forêt, sentir les fleurs et le vent, chercher des salamandres sous des roches, prendre une grenouille dans sa main, voir une libellule s'accrocher au chandail...

La vidéophilie gagne du terrain et brise les liens entre les jeunes et la nature, mais heureusement, débrancher la machine et aller dehors est encore assez facile et presque gratuit.

24 janvier 2008

LA LEVÉE 24 JANVIER 2008

1. Congo : bilan des pourparlers de paix
2. Enfin un élu inspirant : La voie des réformes de Correa en Équateur
3. La vente de MDA contrevient au Traité d'Ottawa

CONGO



Des désaccords de dernière minute survenus mardi entre le gouvernement congolais, les rebelles tutsis et les milices Maï-Maï ont différé la signature d'une trêve dans le Nord-Kivu, censée clore la conférence de Goma dans l'est de la République Démocratique du Congo.

Des responsables gouvernementaux et des diplomates ont annoncé lundi qu'après plus de deux semaines de négociations, les parties en conflit étaient tombées d'accord pour déclarer un cessez-le-feu avec effet immédiat et mettre en place une zone-tampon surveillée par l'ONU.

Tout ça me rappelle le moment où je me suis intéressé au Congo en 2002 en tombant sur le magnifique essai King Leopold's Ghost, de James Rochschild, qui décris l'époque de la colonisation du Congo par le roi Belge au début du dernier siècle.

Les horreurs, la violence quotidienne dont on entend vaguement parler au Congo sont largement du aux interventions des colonisateurs, et ensuite des pays voisins du Congo.

En 1998, une armée de miliciens, venant de l'Ouganda, du Rwanda et du Soudan ont envahi le Congo, principalement le secteur d'Ituri dans le nord est du pays.

Vint ensuite l'instauration d'une série complexes d'entreprises visant à piller le pays de ses ressources naturelles : l'or, les diamants, du bois

Plus d'un demi million de personnes ont été déplacés au cours des 12 derniers mois, à cause des combats entre les groupes rebelles et le gouvernement de transition

C'est la plus large vague de déplacements à l'intérieur du pays depuis la fin de la guerre civile en 2003.

Tous les groupes impliqués commettent des actes d'atrocités sur la population civile, surtout depuis le mois d'aout dernier... surtout dans le secteur sud et nord de la province de Kivu.

les combats au nord du Kivu entre le gouvernement et des rebelles alliés au général dissident Laurent Nkunda ont fait fuir 230 000 personnes de leurs demeures.


on tente donc cette semaine de signer une entente de cessez le feu...

Cette résolution, qui émane des élus, des délégués des communautés ethniques, de la société civile et des belligérants des Kivu, doit être signée, avant d'être transmis au gouvernement et au Parlement congolais.

La signature de ces recommandations était l'objectif principal de la conférence de Goma, mais n'aurait aucun impact si les groupes armés - et en particulier le CNDP - Congrès national pour la défense du peuple de l'ex-général Tutsi congolais Nkunda

Refusaient finalement de s'engager à un cessez-le-feu

Les experts travaillant au Congo estiment le nombre de morts élevés à 10 millions depuis les véritables débuts de la guerre 1996 avec le renversement de Mobutu.

On assiste au crime organisé depuis perpétré par des entreprises transnationales

Le rapport de HRW a exposé le rôle des officiels ougandais et des entreprises transnationales qui ont sorti l’or à travers la milice rebelle.

Un des premiers coupables est Anglo-Ashanti et son partenaire, la compagnie aurifère Barrick Gold.

Les pays riches sont totalement dépendants de sources étrangères de tantale.

Et les dossiers d’importation des ÉU montrent une augmentation importante de tantale venant du Rwanda et l’Ouganda au même moment que ces pays volaient le cobalt et le tantale du Congo.

Certains ont suggéré que la raison pourquoi personne ne parle de cette tragédie et que les activistes du monde ne se rallient pas pour empêcher la suite du massacre ou pour aider le pays à s’en remettre c’est qu’on ne sait juste pas quoi faire.

En effet, le réseau de ceux qui profitent de la situation au Congo est assez complexe, quoique facile à voir, et contrairement à l’Irak où l’appel au retrait des ÉU est la solution il n’y a rien de si simple pour le Congo.

ÉQUATEUR




L'Équateur, un petit pays de 13 millions de personnes, riche en ressources naturelles...

Pourtant le 3/4 de sa population vis sous le seuil de la pauvreté et manque d'accès aux installations sanitaires de base, aux soins de santé et d'education.

Le pays a été dirigé par des dictatures militaires depuis la fin des années 1970, et les rares présidents démocratiquement élus n'ont pas souvent été en mesure de terminer leur mandat.

Plusieurs groupes d'intérêt économiques forment une panoplie de partis politiques qui n'ont rien à faire des besoins de la population... au point où il a été souvent dit que le pays est ingouvernable.

Vint Rafael Correa, professeur d'économie qui était ministre des finances en 2005.

Il a osé demander à la Banque mondiale que les revenus excédentaires du pétrole soient consacrés au financement des soins de santé et l'éducation plutôt que le paiement de la dette externe.

La Banque a indirectement demandé que Correa soit congédié, ce qui est arrivé, et il est devenu hyper populaire par la suite.

Il a rapidement créé une formation politique et il a amplement remporté les élections présidentielles en 2006.

Sa promesse de campagne centrale a été de tenir un référendum demandant aux Équatoriens s'ils voulaient créer un conseil voué à la restructuration du système politique et économique de leur pays.

Le référendum a été tenu en avril dernier et le oui a gagné par 81%.

Les élections pour l'assemblée constitutionnelle ont été tenues en septembre dernier et l'organisation de Correa a remporté 80 des 130 postes.

Une réforme fiscale a été menée et appliquée dès le 1er janvier de cette année.

Il est estimé que les nouvelles taxes iront chercher 400 millions de dollars, tout cet argent venant presque entièrement des poches des gens riches ou aisés.

Ce sont donc des revenus qui iront directement dans les programmes d'éducation, l'infrastructure, la purification d'eau, le développement économique et le transport en commun.

Il va sans dire que l'élite économique de l'Équateur du pays n'est pas très heureuse.

Dans les médias de masse, on ne retient pas ses coups contre le président réformateur.

Mais il demeure que le président a l'appui inconditionnel du peuple pour le moment.

Et avec raison, voilà un élu qui s'engage à respecter ses engagements!

Il a la faveur du peuple car toutes ses actions sont concrètes... il a même été jusqu'à autoriser les travailleurs à prendre possession de leur entreprise si les dirigeants refusaient de s'engager dans le nouveau programme fiscal et d'augmentation du salaire minimum.

C'est intéressant d'observer la révolution rose en Amérique latine, ça nous fait rêver à quoi pourrait ressembler le Canada si Jack Layton en était le Premier ministre...


VENTE DÉVELOPPEUR SATELLITE





L'entreprise canadienne MDA, Macdonald, Dettwiller and Associates a récemment annoncé qu'elle vendait sa division satellite et espace à Alliance techsystems des ÉU pour la somme de 1.325 milliards.

MDA est la compagnie qui fabrique le bras canadien.

Mais Alliance techsystems est un fabricant de mines antipersonnelles et d'autres armes bannies par le traité d'Ottawa sur les mines antipersonnelles avec 121 autres pays en 1997.

Le traité d'Ottawa banni le transfert de fonds public dans des entreprises fabricant des mines antipersonnelles. Or, c'est exactement ce que l'on fait en vendant MDA à Alliance Techsystems.

MDA a été développé à partir des taxes des citoyens canadiens... et maintenant le fruit de notre investissement se trouvera entre les mains d'une compagnies américaines qui fabrique des jouets de mort et d'amputation.

Même l'ex-ministre des affaires étrangère Lloyd Axworthy juge que cette vente contrevient au traité d'Ottawa, qui a été signé rappelons-le durant le temps où il était en poste.

Vraiment, le gouvernement Harper agit de plus en plus comme si le pays que son parti minoritaire gouverne était le 51e état américain...

20 janvier 2008

LA LEVÉE 16 JANVIER 2008

1. Traité de Lisbonne
2. Suharto
3. Canada Colombie
4. Réduction de taxes
5. Chronique Cinémaniaque : Charlie Wilson's War

TRAITÉ DE LISBONNE



L'Assemblée nationale a rejeté mardi la voie du référendum pour la ratification du traité de Lisbonne,

En repoussant une proposition de loi constitutionnelle PCF visant à consulter directement le peuple sur ce traité simplifié après le non français du 29 mai 2005.

Je parle bien sur de la réforme de la constitution européenne, qui a été rejeté en
2005 car on n'y faisait aucune mention de l'Europe sociale.
En Irlande on s'attend à tenir un référendum cet été et le résultat aura une importance capitale pour les progressistes et démocrates européens.
En 2004, ATTAC France a pris les devants en s'opposant à la nouvelle constitution européenne.
Selon eux, le traité faisait la promotion du néo-libéralisme, la pauvreté, l'insécurité et le chômage.
Le 29 mai 2005, 55% des électeurs français rejetaient la constitution européenne.
À la suite du rejet par la France et les Pays-Bas, la commission européenne avait annoncé une période de réflexion.
18 mois plus tard, le conseil européen a sorti le traité de Lisbonne, contenant rien de moins que 96% des articles de la constitution européenne qui avait été rejetée.
Le contenu est le même, c'est juste présenté d'une manière différente.
Si ça passe, l'Europe prendra en charge la négociation de traité d'échange... ouvrant le monde en développement aux marchés et entreprises européennes, oubliant toujours, bien sûr, l'impact que ça l'aura sur les populations pauvres.

Des ONG humanitaires, visant la justice et l'équité pourraient se plaindre tant qu'elles le voudront aux différents pays européens comme la France et l'Irlande, il demeurera que les gouvernements nationaux ne pourront absolument rien faire.

C'est donc encore une fois un traité pour enrichir les élites d'avantage, qui écrasera la démocratie et qui réduira la capacité des parlements nationaux de s'occuper du bien être du progrès de leurs citoyens.

Au lieu, nos amis européens devraient travailler sur la construction d'une Europe sociale pour contrer la globalisation et la militarisation américaine.

Les Européens doivent continuer à dire non à un document comme le traité de Lisbonne...

Jusqu'au moment où il y aura une véritable discussion sur l'avenir de l'Europe, une discussion qui incluerait d'élire un conseil constitutionnelle qui rédigerait un nouveau traité après beaucoup, beaucoup de débat.
L'Europe devrait être un modèle alternatif aux ÉU, un phare pour la promotion de la solidarité, le développement humain et la paix.
Avec la décision de l'Assemblée nationale française de ne pas permettre aux électeurs fra
nçais de voter par référendum sur le traité de Lisbonne, c'est mal parti!

SUHARTO



Le général Suharto, 86 ans, dictateur pendant trois décennies en Indonésie, est sur le point de rendre l'âme...

Ce qui me donne l'occasion de parler encore une fois de l'horrible tragédie de ce pays-là rempli de 235 millions de personnes.

Depuis le 13 janvier, les médecins indonésiens qui s'en occupent disent qu'il a atteint une condition critique.

Neuf ans après avoir quitté le pouvoir, l'Indonésie demeure un des pays les plus corrompues du monde, selon Transparency international

Selon l'ONU et la Banque mondiale, Suharto aurait volé entre 15 et 35 milliards de dol
lars à sa population... certains critiques vont même jusqu'à élever cette somme à 45
milliards de dollars.

La famille de Suharto contrôlerait 36 000 KM de territoire, une bonne partie de Jakarta et 40% du Timor orientale.

Et ce qui est le plus triste avec la mort imminente de Suharto c'est que sa santé est trop fragile pour qu'il soit jugé pour génocide.

Suharto était au centre d'un coup d'état supporté par les ÉU en 1965 pour renverser le président nationaliste Sukarno et détruire le parti communiste indonésien, au moment le 3e parti communiste d'importance dans le monde.

Des massacres sans nom ont suivi au cours des prochains mois, entre 500 000 et 3 millions de personnes ont disparu... les pays occidentaux, incluant le Canada, n'ont pas dit un mot de protestation.

La CIA avait remis à Suharto une liste de 10 000 communistes à abattre

Les pays capitalistes étaient trop heureux de voir un pays aussi riche en ressources s'ouvrir au marché libre et devenir un allié capitaliste de la guerre froide.

Ensuite vint un génocide proportionnellement pire que l'Holocauste : en 1975 l'île avait gagné son indépendance face au Portugal, Suharto a envoyé ses troupes pour prendre le contrôle.

S'ensuivit le massacre de 200 000 personnes, le tiers de la population.

L'explication de Suharto? Nous n'allons pas tolérer la présence d'un Cuba au sud de notre frontière.

Les ÉU, l'Australie et le Canada n'ont fait qu'applaudir!

Vinrent ensuite les interventions sanglantes en Aceh, en Papouasie.

Suharto aurait donc volé plus d'argent et tué plus de gens que tout autres dirigeants depuis la 2e guerre mondiale.

Plus de la moitié des Indonésiens vit dans la misère, selon la Banque mondiale.

Dans son sillon, Suharto a laissé un pays immense en ruine, ignorant, et sans inspiration... l'écho des cris de millions de personnes massacrés qui résonnent encore aujourd'hui.

Je ne suis pas croyant, mais dans ce cas-ci, j'aime imaginé que Suharto brûlera en enfer, nos dirigeants qui l'ont supporté pendant 30 ans, aussi!

CANADA COLOMBIE




Le gouvernement Harper tient souvent un discours assez sévère envers la Chine, et on lui donne raison.

Lorsqu'il s'agit de droits humains, la Chine est l'exemple parfait à ne pas suivre.

Mais si on tourne notre attention vers notre propre cour, la Colombie, avec qui le Canada a signé un traité de libre-échange, bien, faut rappeler que le respect des droits humains n'est guère mieux que la Chine.

En 2006, il y a eu 72 assassinats de syndicalistes en Colombie.

l'escuela nacional sindical estime que plus de 400 meurtres ont eu lieu par des groupes paramilitaires sous la présidence de Uribe.

Et quelques-uns de ces groupes ont des liens directs au cercle politique du président.

Depuis qu'il a pris le pouvoir, seulement 4 personnes ont été accusées pour ces meurtres.

Mais le taux d'assassinat de syndicaliste a chuté dernièrement... peut-être parce que la terreur a mené à une chute dans le niveau de syndicalisation.

La Colombie est passée d'un taux de syndicalisation de 15% il y a 5 ans à 3% aujourd'hui.

Et Stephen Harper qui vient dire que, puisque la tuerie de syndicalistes a diminué, on peut dire que la Colombie est sur la bonne voie.

Mais si on regarde le portrait plus larges, 687 personnes ont été enlevées et 17 000 personnes ont été tuées l'an dernier.

La Colombie a une population de 44 millions de personnes.

En comparaison, le Canada a une population de 33 millions et 622 meurtres en 2006.

Alors pourquoi autant d'enthousiasme du Canada pour un traité de libre-échange avec la Colombie?

Bien fort probablement parce que la Colombie est une alliée clé des ÉU.

Mais avec le scandale de liens entre les paramilitaires et le président Uribe, le congrès américain a retenu son consentement pour la signature d'un traité.

Bush est donc très heureux des ententes commerciales entre le Canada et la Colombie, surtout à un moment où Uribe souffre d'une grave crise de légitimité.

Harper est même allé jusqu'à prononcer un discours devant le congrès américain pour les inciter à appuyer une entente de libre-échange.

Alors encore une fois notre cher Premier ministre fait preuve d'hypocrisie et de soumission à l'administration Bush.

Est-ce que l'on a voté pour ça?

RÉDUCTION DE TAXES



Faut revenir sur la réduction d'impôts historique du ministre fédéral des finances Jim Flaherty il y a quelques mois.

Étude après étude indique que 10% des Canadiens les plus riches garde un montant de plus en plus considérable à la maison... surtout le 1% des citoyens les plus riches.

Les Canadiens, tous les Canadiens, méritent de gagner beaucoup mieux leur vie qu'ils le font aujourd'hui.

La part des revenus qui va au 1% des plus riches a augmenté de 8.5% en 1982 à 12.2% en 2004, autrement, une augmentation de 43% de leur part du PNB.

80% des Canadiens n'ont vu aucune augmentation de leurs revenus depuis 1982.

Ce qui lève le coeur c'est que 1982 a été la pire année de récession depuis la grande dépression.

Pire : depuis le milieu des années 1990, l'économie canadienne est une dynamo.

Peu d'inflation, un bas taux de chômage, des taux d'intérêts bas, une monnaie forte, et aucun déficit budgétairer.

La performance économique du Canada au cours des 10 dernières années a été l'envie des 7 pays les plus riches, le seul pays où le gouvernement central nageait dans les surplus budgétaires.

Tout ces facteurs devraient faire en sorte que la majorité de Canadiens devraient mieux gagner leur vie que jamais!

Au lieu de ça, notre économie pétante de santé a coincidé avec une redistribution des revenus du bas vers le haut, à travers des changements dans le marché du travail et le système fiscal.

La famille moyenne élevant des enfants accumule 200 heures de plus de travail qu'il y a dix ans.

Au lieu d'avoir des gouvernements qui profitent de notre execellente économie pour contribuer à l'habitation, les garderies, les écoles, les espaces publics, les universités, le système de santé et le trabnsport en commun...

L'ensemble de ces programmes sont en chute libre...

Investir dans le bien public plutôt que le bien privé est un choix politique, point. Ça n'a rien à voir avec des formules économiques éprouvées...

Au cours des premiers 21 mois au pouvoir, le gouvernement Harper a enligné 190 milliards en réduction d'impôts et 37 millards en paiements de la dette.

le réductions d'impôt sont astronomiques et ne font absolument aucun sens, 190 milliards de moins dans les programmes sociaux!

Comme s'il n'y avait aucun problème de pauvreté, aucune augmentation de l'inégalité, aucun infrastructure à réparer, aucun défi envers les changements climatiques à relever!

Le fait que tout ça soit l'oeuvre d'un gouvernement minoritaire est encore plus scandaleux.

Dans le contexte économique idéal des 10 dernières années, les réductions d'impôts sont les actions d'un gouvernement sans inspiration, sans vision et totalement paresseux

CHARLIE’S WAR



Charlie Wilson's War est un film de produit et mettant en vedette Tom Hanks.

Il interprète le démocrate Charlie Wilson, un politicien du Texas qui a fait carrière en syphonant de larges sommes d'argent des payeurs de taxes sans avoir le congrès et surtout pas les électeurs sur son dos.

Charlie Wilson a reçu un prix de la CIA et ensuite est devenu un lobbyiste pour le Pakistan au salaire enviable de 360 000 dollars par année.

Wilson est surtout reconnu pour avoir faciliter le financement des moujahidines en Afghanistan afin de créer une force militaire contre l'Union soviétique afin qu'ils aient eu aussi leur Vietnam.

Les moujahidines étaient ni plus ni moins de la chair à canon pour l'URSS... un groupe militaire monté de toutes pièces par les ÉU pour gagner la guerre froide.

Les moujahidines sont, rappelons le, les Taliban et les membres d'al qaida d'aujourd'hui, contre qui nos soldats canadiens se battent et meurent.

Et ça c'est le plus gros défaut du film : on n'en fait pas mention!

Les activités de Wilson en Afghanistan ont directement mené à une chaîne d'événement qui ont culminé au 11 septembre 2001, l'invasion de l'Irak qui a tué plus d'un million d'irakiens.

Le scénario de Charlie's War a été basé sur le livre de George Crile écrit en 2003 qui décrit comment Wilson a financé le moujahiden entre 1979 et 1988 avec l'aide d'un agent de la CIA.

L'opération aurait mené à la mort de 15 000 soldats soviétiques et éventuellement la désintégration de l'URSS entre 1989 et 1991.

Tom Hanks avait acheté les droits du livre, Julia Roberts joue le rôle de sa blonde de droite du Texas, et Philip Seymore Hoffman interprète Gust Avrakotos, l'agent de la CIA.

Philip Seymore Hoffman vole le show, et les interprétations de Hanks et Roberts étaient fidèles à leurs habitudes...

On tente de faire une grosse comédie avec quelque chose qui à la fin n'est pas drôle du tout.

Hanks a déjà dit en entrevue qu'il ne voulait pas toucher aux conséquences des actions de Wilson, surtout pas le 11 septembre.

À la fin du film on voit sur l'écran une citation de Wilson, disant en somme nous avons réussi une grande action historique, mais avons raté la fin de l'histoire.

Je dirais de même pour le film.

On apprendra pas dans ce film de 97 minutes qu'au retrait des troupes soviétiques en 1989 George Bush senior a perdu tout intérêt en l'Afghanistan, laissant le pays sombrer dans une des pires guerres civiles de l'histoire.

Je sens que, dans 50 ans, on verra Charlie Wilson's war comme tout simplement un film de propagande dans une époque de d'hégémonie impérialiste des ÉU.

L'histoire d'horreur a été. supprimée, réinterprété comme quelque chose sans importance et ridicule.

Avant l'intervention américaine en 1979, le droit des femmes, le niveau d'éducation, les services du gouvernement, les relations entre les différents groupes ethniques...

Tout était considérablement mieux dans un Afghanistan communiste que sous les Talibans et le président Karzai aujourd'hui.

Mais on en aura aucune indication dans un film comme Charlie's War

J'ai révisé un bon paquet de critiques et mon impression c'est que l'on interprète le film comme étant un feel good comedy.

Le critique du globe and mail a carrément écrit qu'il fallait juste voir le film comme une comédie, ne pas trop y penser sinon, l risque de s'étouffer sur notre pop-corn!

C'est un très mauvais film historique... mais pire que ça, on dirait que l'on essaie consciemment de provoquer une amnésie collective.

À éviter complètement!