21 novembre 2008

LA LEVÉE 19 NOVEMBRE 2008

1. Le virus financier et le remède du G20 : pourquoi les pays pauvres devraient créer leurs propres fonds monétaires.

2. Le fabricant automobile General Motors demande des milliards aux payeurs de taxes : l'occasion est bonne pour l'obliger à refaire les systèmes de transports en commun qu'il a détruits.

3. Des relents de l'holocauste refont surface : L'émergence d'un fascisme contre les Gitans en Europe prend de l'ampleur


G20




Tel un virus issu d'un laboratoire et qui a infecté la planète, le système financier américain a fait de beaux dégâts à la finance globale.

Le Groupe des 20 pays les plus industrialisés s'est réuni en fin de semaine à Washington ont tenté de remédier à la situation provoquée par les génies de Wall Street qui ont gonflé la bulle immobilière jusqu'à l'éclatement...

Une explosion qui a éclaboussé le monde entier, les banques en Amérique du Nord et en Europe et ailleurs tentent de se relever de la disparition de milliers de milliards de dollars...

Le pire c'est que la panique financière affecte les pays en voie de développement qui n'avaient rien à voir avec tout ça.

La panique générale a poussé les investisseurs à retirer leur argent des pays comme l'Argentine et le Pakistan afin de mettre ça dans un endroit protégé.

Et le remède que tente d'appliquer les pays riches pour résoudre la crise rendra la situation encore pire pour les pays pauvres.

La raison est simple : les banques des pays riches sont gardées à flots par les centaines de milliards supplémentaires fournit par les États.

... et les dépôts dans les banques de pays riches sont garantis...

Au point où cette infusion massive d'argent neuf donne un avantage indéniable par rapport aux banques de pays pauvres.

Ce protectionnisme car le fait que ça soit du protectionnisme est irréfutable, inflige des coûts énormes au Tiers monde.
Le G20 tentera certainement de dépanner un peu les pays en voie de développement, probablement à travers le fonds monétaire international... mais on sait bien à quoi ressemble l'aide du FMI : les conditions de prêts, les programmes de réajustements structurels, font toujours plus de mal que de bien.

Non, la seule issue maintenant pour les pays en voie de développement est de créer leur propre pôle financier.

S'ils peuvent créer des fonds régionaux, comme le font les pays d'Amérique latine avec la Banque du Sud, ça serait un pas important vers l'indépendance.

Mais les pays qui voudront y participer devront faire des compromis, abandonner une certaine part de contrôle afin de permettre au fond régional de fonctionner correctement.

Et c'est certain aussi que les pays riches iront loin dans leur opposition à de tels fonds régionaux.

Mais tant que les pays en voie de développement ne tournent pas vers d'autres sources de capital, ils seront exposés à tous les soubresauts, à toutes les crises, résultats d'une réglementation carencée des pays riches.

Et ce, même si les pays en voie de développement agissent d'une manière éclairée et responsable par rapport à leurs propres affaires financières.

C'est injuste, mais c'est comme ça que le monde fonctionne.


GM ET TRANSPORT EN COMMUN




Après les banques, c'est au tour de l'industrie automobile américaine d'aller à Washington pour quémander des milliards $ en aide, 25 milliards pour être plus précis...

Parmi ces entreprises qui quêtent se trouvent la pire de toutes, General Motors, qui selon ce que m'a rappelé la lecture d'un article de l'essayiste Harvey Wasserman est l'entreprise responsable de la destruction du transport en commun en Amérique du Nord.

Rappelons quelques faits récents : GM a répondu à la crise du pétrole des années 1970 en remettant tout le marché nord américain à Toyota et Honda, qui avait la décence de produire des voitures beaucoup moins énergivores.

GM a répondu au défi des voitures hybrides en construisant des camionnettes plus légères.

GM a déjà fabriqué une voiture électrique, avait loué une flotte d'essai à des gens qui adoraient la voiture... pour ensuite les confisquer et les détruire.

GM est loin derrière tous les compétiteurs par rapport à ses réactions aux changements climatiques... et pour cette seule raison, les dirigeants de GM ne devraient plus avoir le droit de fabriquer une seule autre voiture, encore moins recevoir des milliards en argent des payeurs de taxes.

Mais le pire crime de GM est bien d'avoir massacrer toute idée d'un système nord américain de transport en commun propre et efficace.

L'accusation vient de Bradford Snell, un chercheur pour le gouvernement américain qui avait rédigé un rapport en 1974 où il dévoilait les crimes de General Motors.

Il a déterré un mémo interne de l'entreprise de 1922 où le président de GM à l'époque, Alfred P. Sloan, avait demandé la création d'une aile consacrée à la destruction du transport en commun en faveur d'automobiles, de camions et d'autobus polluants.

À l'époque, une famille américaine sur 10 avait une voiture.

Il existait plus de 70 000 km de routes ferrées gérées par 1200 compagnies qui employaient 300 000 personnes.

Selon M. Snell, pratiquement chaque ville de plus de 2 500 citoyens avait son système de trains électriques.

Mais General Motors avait perdu 65 millions $ en 1921.

Alors Sloan avait demandé l'aide de Standard Oil, qui s'appelle Exxon maintenant, et une armée d'affairistes et de politiciens pour détruire les transports en commun.

Avec un arsenal varié de subterfuges financiers et politiques, GM a arraché les rails sur le territoire américain... ce qui rendait l'achat d'une voiture nécessaire... et attrayante.

Ensuite vinrent les grandes autoroutes, la destruction des terroirs, la dépendance au pétrole, les changements climatiques, plus de 40 000 morts par année sur les routes américaines, entre 700 et 1000 décès par année au Québec...

Bref, fort probablement, le déracinement du transport en commun et l'implantation forcée de l'automobile a été la pire catastrophe écologique de l'histoire de l'humanité.

L'histoire démontre clairement que l'on ne peut plus faire confiance à GM... alors la logique dicterait que l'on prend contrôle de l'infrastructure de l'entreprise afin de remettre sur les rails les transports en communs qui nous ont été volés.

Ça demanderait une restructuration de l'entreprise, c'est certain... un petit prix à payer pour le crime qui a été commis.


FASCISME ENVERS LES ROMS



Une idéologie politique basée sur l'extermination des gitans roms émerge à travers l'Europe, selon ce qui a été dit à Bruxelles lors d'une conférence.

À la suite de plusieurs attaques violentes sur des Roms par des skinheads et d'autres extrémistes en Bulgarie, il a été annoncé en août 2007 qu'un parti d'extrême droite s'y installait.

L'anti gitanisme promu par le dirigeant du parti Vladimir Rasate peut facilement être comparé à l'anti-sémitisme qui avait aidé à porter les nazis au pouvoir au cours des années 1930 en Allemagne.

Michael Stewart, professeur d'anthropologie à Londres avait fait connaître les plus récentes données sur des crimes haineux envers les Roms devant le Parlement européen le 13 novembre dernier.

Il a rappelé que la vague de violence contre les roms rappelle l'holocauste des roms qui avait tué la moitié de la population des Roms d'Europe au cours de la deuxième guerre mondiale.

L'hostilité envers les Roms est particulièrement visible en Italie, où la coalition au pouvoir menée par Silvio Berlusconi ne se gêne pas de dépeindre tous les Roms comme étant des criminels.

En mai dernier, le gouvernement italien a passé des mesures de sécurité permettant de détruire des camps de gitans et de déporter en accélérer les migrants qui ne peuvent pas prouver qu'ils ont un emploi stable.

Les Roms se voient refuser systématiquement le statut de minorité et ne peuvent pas se procurer la citoyenneté italienne.

En 40 ans, tous les programmes qui devaient permettre aux enfants roms d'aller à l'école ont échoué.

En septembre, la commission européenne a tenu un sommet sur les Roms, où plusieurs ont demandé une stratégie européenne d'inclusion.

Leur population au totale est estimée à 15 millions d'individus, ce qui fait des Roms la plus grande minorité ethnique d'Europe.

Pour le moment, les politiques envers les gitans dans les 27 pays de l'Europe se trouvent entre le laisser-faire et la répression.
Il n'y a que l'Espagne qui semble-t-il obtient un certain succès dans ses politiques d'intégration, fournissant des logements et des emplois.

Il reste encore beaucoup à faire pour atteindre une certaine coordination entre les États membres de l'Union européenne concernant sa plus grande minorité ethnique commune... même si sur papier tout semble un peu trop parfait...

LA LEVÉE 12 NOVEMBRE 2008

1. Je me souviens : le 90e anniversaire de l'armistice qui a mis fin à la 1e guerre mondiale.

2. Une école s'effondre en Haïti : symbole d'un pays qui doit être reconstruit



LES ORIGINES DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

Hier a eu lieu le jour du souvenir, étant le 90e anniversaire de l'armistice de la première guerre mondiale qui a fait 40 millions de morts... en tout, 60 millions de soldats avaient été mobilisés entre les années 1914 à 1918.

On arrive tous à comprendre ce qui est arrivé avec la 2e guerre mondiale... mais la première, même 90 ans plus tard, semble difficile à saisir.

Ce n'était pas simplement une opposition entre la démocratie et la dictature.

L'Allemagne était clairement l'agresseur dans celle-ci aussi, mais les pays qui s'opposaient cherchaient tous à agrandir leurs colonies et à dominer le commerce européen.

Ça ne ressemblait donc pas non plus à la guerre en Irak ou l'Afghanistan où les législateurs envoient les enfants d'une autre classe sociale mourir au combat.

Lors de la 1e guerre mondiale, les risques de se faire tuer au combat étaient cinq fois plus élevés pour des hommes ayant des études universitaires en 1914 que pour des travailleurs manuels.

La première guerre mondiale a été un cas de cannibalisme social, où les hommes d'état et les généraux des deux côtés tuaient leurs progénitures... on peut se demander comment cela a pu être possible?

Edmund Dene Morel, qui est mort en ce jour en 1924, était le Britannique qui avait exposé le régime esclavagiste du roi belge Leopold 1e au Congo

En 1911, il se doutait que le bureau des affaires étrangères britanniques jouait un jeu dangereux.

Il avait montré au public que la GB et la France avaient conclu une entente secrète concernant le contrôle du Maroc... qui avait poussé l'Allemagne dans un coin... poussant les puissances de l'Europe en guerre les unes contre les autres.

Convaincu que la GB était en train de conclure une 2e entente secrète avec la France, ce qui était certain de pousser l'Europe et la Russie ... et éventuellement le monde dans la guerre... Morel a mené une campagne pour que les traités soient rendu public.

... pour éventuellement montrer que l'Allemagne s'était fait avoir par rapport au Maroc, et pour que la GB cherche à réconcilier la France et l'Allemagne.

En réponse, les ministres britanniques ont menti.

Le premier ministre et le bureau des affaires étrangères avaient menti à répétition disant qu'il n'y avait pas d'entente secrète avec la France.

Seulement le jour avant le déclenchement de la guerre qu'on a finie par admettre qu'un traité secret était en place depuis 1906.

Aurait-on pu épargner la vie de dizaines de millions de personnes... voire éviter la 2e guerre mondiale si, en 1911, le gouvernement britannique avait suivi la suggestion de Morel?

Au lieu de chercher la paix en Europe avant tout, la GB a choisi de poursuivre ses propres intrigues diplomatiques, pour ses propres intérêts... mettant tout en place pour le déclenchement de la grande guerre.

Oui, l'Allemagne était l'agresseur, mais l'image de la GB et de la France comme étant des pays vertueux et innocents est complètement fausse.

Au début du siècle dernier, ignorant toutes possibilités de paix, qui étaient bien réelles, l'élite européenne a plutôt choisi d'envoyer leurs propres enfants au massacre plutôt que de changer leurs politiques... voilà la leçon de la 1e guerre mondiale, neuf décennies plus tard.

HAITI

Plus de 94 enfants ont trouvé la mort lorsqu'une école s'est effondrée en Haïti vendredi dernier.

Quelques centaines d'autres ont quand même pu se sauver, ou ont été sauvés.

Haïti a été victime d'une série de désastres cette année avec plus de 800 victimes de quatre ouragans, parmi eux beaucoup d'enfants.

L'école La Promesse avait trois étages, a été l'endroit d'étude pour des centaines d'enfants âgés de 3 à 20 ans à travers les années.

L'école opérait sur le bord d'une côte à Pétionville, une banlieue aisée de Port-au-Prince.

Mais l'école était dans le seul quartier pauvre de Pétionville, nommé Nerrette.

C'était une école communautaire gérée par l'église du coin, dirigé par le révérend Augustin...

Alors que le gouvernement songe à poursuivre le révérend Augustin pour meurtre, sa famille croit qu'il est blâmé pour des problèmes de construction communs en Haïti.

Rappelons que l'école a été érigée a même les bidonvilles du quartier de Nerrette, qui se trouve en plein dans la partie la plus riche d'Haïti... et détrompez-vous, il existe des Haïtiens extrêmement riches dans leur propre pays.

Il demeure qu'Haïti est le pays le plus pauvre de notre hémisphère.
Plus de trois-quarts de la population, 6 millions de personnes, doit survivre avec un peu moins de 2$ par jour... pour une population de 8,5 millions.

Pendant ce temps-là, Haïti est forcé d'envoyer un million $ à l'étranger par semaine pour rembourser sa dette extérieure, dont 50% a été contracté pendant que le pays était sous contrôle de dictatures amies des EU.

Rappelons aussi qu'il en coûte un million par jour pour garder les 7000 troupes de l'ONU sur place.

Des troupes qui sont entrées aux lendemains du coup d'État forcé sur le président démocratiquement élu Jean-Bertrand Aristide, le 29 février 2004.

J'ai assez parlé de la responsabilité du Canada et surtout du Québec dans le coup d'État... je vous invite à visiter le blogue de l'émission La Levée pour en savoir plus.

J'ai espoir, malgré la profonde misère d'Haïti, que si l'on peut éviter les coups d'État, les privatisations forcées des institutions publiques, la violation quotidienne des droits humains...

Il est tout de même possible, dans ces conditions, de rebâtir Haïti

05 novembre 2008

LA LEVÉE 5 NOVEMBRE

OBAMA



C'est fait, Barack Obama est le prochain président des EU... à partir du 20 janvier, les priorités qui occuperont les premiers jours de son mandat mériteront notre pleine attention.

Avec le système bancaire en crise et les marchés financiers aussi volatiles, la pression sera forte sur le président Obama pour qu'il ne se concentre sur les questions domestiques.

Mais le monde lui demandera d'agir rapidement concernant la guerre au terrorisme de l'administration Bush.

Trois choses peuvent être faites rapidement pour envoyer un signal positif claire, une cassure nette avec le passé : mettre fin aux guerres en Irak et en Afghanistan, fermer la prison de Guantanamo et procéder aux traitements d'accusations pour crimes de guerre.

Obama semble vouloir finir la guerre en Irak rapidement.

Mais il semble vouloir aller de l'avant avec la guerre en Afghanistan en y envoyant des troupes supplémentaires... cette décision là serait tout à fait désastreuse.

Les troupes britanniques et canadiennes déjà sur place s'avouent complètement débordées, incapable de sécuriser les Afghans et de stabiliser le régime Karzai.

La population commence à s'en prendre aux troupes d'occupation, et à appuyer les Talibans.

Ça prendrait au-delà de 400 000 troupes pour gagner la guerre en Afghanistan, bien au-delà des capacités militaires disponibles.

Seule solution : une entente avec les Talibans.

Une autre priorité d'Obama serait de fermer Guantanamo, Abu Ghraib et toutes les autres prisons secrètes des EU à travers le monde... rendre la torture illégale enverrait un signal clair que la loi internationale doit à nouveau s'appliquer partout.

Ce qui voudrait dire aussi procéder au traitement juridique de l'administration Bush pour crimes de guerre.

Dans une cour américaine, les preuves seraient faciles à présenter que Bush mentait sur les prétextes pour envahir l'Irak, et qu'il devrait ainsi être tenu responsable pour la mort de 4000 soldats américains... sans compter le million de décès de civils irakiens. Un million, selon The Lancet et le Opinion Research Business qui a confirmé le nombre en janvier 2008.

Agir rapidement et fermement pour mettre fin aux deux guerres, mettre fin à la torture, et soumettre des citoyens américains à la loi internationale, voire états-unienne, serait vraiment du changement qui pourrait nous donner espoir en de jours meilleurs pour tous.


***

Je reviens sur la victoire incroyable de Barack Obama, le président Obama maintenant, en fait... il le sera officiellement le 20 janvier prochain...

Cette nouvelle administration nous donne de l'espoir pour l'avenir, après huit ans de noirceur totale, des guerres sans fondements valables, comme s'il pouvait y en avoir, des violations constantes de la loi internationale, même de la constitution américaine.

Donc, au plus vite, Obama doit mettre fin à la guerre en Irak, tel que promis.

... et procéder à de la vraie reconstruction, plutôt que de dépenser des sommes astronomiques chaque jour pour entretenir une machine de guerre, on met une fraction de cette somme pour bâtir.

... sans donner des contrats faramineux à Halliburton, non plus.

Il est important dans tout ça de se rappeler que l'opposition d'Obama à la politique étrangère de Bush a été surtout sur des questions de tactiques, de coûts et de résultats, que des objections morales fermes.

Par exemple, Obama croit que l'invasion et l'occupation de l'Irak a été une erreur stratégique, plutôt qu'un acte illégal.

... pas une fois, il n'a mentionné le fait qu'un millions d'Irakiens sont morts depuis et à cause de l'invasion.

Et si l'on regarde de plus près sa promesse électorale, Obama ne veut que retirer les troupes de combat de l'Irak, espérant transférer 10 000 troupes de plus en Afghanistan.

Concernant l'Iran, Obama avait dit en juin dernier qu'il n'y a aucune menace plus imminente envers Israel... que l'Iran.

Et l'imminent Noam Chomsky a été vite à lui dire que de menacer un pays de frappes militaires contrevient directement à la charte de l'ONU... et c'est aussi contre le souhait d'une majorité d'américains, en fait, 75% d'entre eux veulent établir des liens diplomatiques avec l'Iran, selon Program on International Policy Attitudes

En plus, Obama a dit à une foule cubaine-américaine en 2007 qu'il poursuivra l'embargo barbare de Cuba qui dure maintenant depuis 47 ans, croyant à tort que ce sera une manière de provoquer du changement sur l'île.

Pourtant, là aussi une majorité d'américains s'opposent à l'embargo, et du côté de l'assemblée générale de l'ONU ont a voté pas plus loin que l'an dernier 184 à 4 en faveur d'une fin à l'embargo.
Donc oui, l'arrivée du président Obama apporte un peu de lumière à un moment où l'on en avait grandement besoin, mais pour ceux qui s'opposent au militarisme, à la globalisation financière, aux changements climatiques,

et qui sont intéressés à promouvoir l'échange équitable et les droits humains devront continuer à se battre pour ces causes.

31 octobre 2008

LA LEVEE 29 OCTOBRE

LA FONTE DE L'ÉCONOMIE ISLANDAISE




L'Icelande avait suivi les prescriptions économique d'un idéologue de la droite, et maintenant le petit pays nordique paie un prix qui est hors de sa portée.
C'est en fait la première catastrophe de la débâcle économique mondiale de 2008.
L'Icelande est tout compte fait en faillite, après que le gouvernement ait pris le contrôle de trois banques majeurs.
Le pays doit 60 milliards $ à l'étranger, à peu près 6 fois son rendement économique annuel.
Aucun autre pays ne s'est écroulé comme ça en temps de paix.
Alors, qu'est-il arrivé?
L'Icelande, malgré ses gouvernements de coalition et ses valeurs sociales nordiques était devenu le porte-étendard de réformes économiques néoconservatrices inspirées par Milton Friedman au cours de la dernière décennie.
Friedman aurait inspiré une génération de jeunes conservateurs qui ont pris le pouvoir à travers le parti de l'indépendance en 1991 qui a mené le gouvernement à travers différentes coalitions depuis.
Milton Friedman est peut-être mort aujourd'hui, mais l'écroulement économique et financière de 2008 en Icelande démontre concrètement comment peuvent se mesurer ses idées par rapport aux théories d'un autre géant de l'économie au 20e siècle : John Maynard Keynes.
On pourra dire ce que l'on veut sur Keynes, mais faut reconnaître avant tout que son analyse était complexe et très nuancée.
L'essai pour lequel il est le mieux connu, The General Theory of Employment, Interest and Money était la base théorique nécessaire aux réformes économiques de l'époque du New Deal, des investissements dans les travaux publics qui a aidé plusieurs pays à se sortir de la Grande dépression.
Les théories de Keynes étaient la base de la plupart des politiques macro économique du monde capitaliste entre les années 1930 et 1970.
Friedman et son école de Chicago sur l'économie a eu beaucoup de succès à vendre son idéologie en réaction au Keynésianisme, inspirant la politique économique de plusieurs pays depuis les années 1980.

Vous connaissez la chanson : restreindre le rôle du gouvernement, la déreglementation, la privatisation, baisser les impôts, la lutte obsessive à l'inflation, bref, la philosophie du marché au-dessus de tout.

Alors on voit en ce moment l'effet Friedman en Icelande, un pays physiquement isolé avec une population de 320 000 personnes.

Après avoir precrit les réformes où par exemple les impôts des entreprises ont passé de 50% à 18% et toute la panoplie de privatisations et de déreglementation...

Le FMI et l'OCDE avaient félicité le petit pays, gardant les risques à son secteur fincancier dans leur angle mort... jusqu'à maintenant.

Le pire, c'est qu'un autre grand économiste, d'inspiration keynésienne, du nom de Joseph Stiglitz, avait écrit une lettre à la banque centrale d'Icelande en 2001, l'avertissant du danger imminent à son économie de telles pratiques.

Mais on l'a carrément ignoré, avec le résultat que l'on connait.

À première vue on peut comprendre pourquoi : l'économie de l'Icelande grandissait à vue d'oeil, atteignant un des taux de PNB les plus élevés du monde. Et en 2007, l'Iceland a fini en première place pour l'index de développement humain de l'ONU.

Les banques et les entreprises de l'Icelande se sont agressivement investit ailleurs dans le monde, avec l'aide gouvernemental bien sur, et un paquet de nouveaux milliardaires sont apparu sur l'ile.

Et tout le château de carte s'est écroulé, ensuite.

LA LEVÉE 8 OCTOBRE

1. À la veille d'un autre coup d'État du privé : les gouvernements du Québec et l'Ontario tentent de limiter en douce la portée de la démocratie.

2. Dans tout le bruit des élections fédérales, aucun candidat ne semble vouloir faire part de ses intentions par rapport à l'ALENA

3. Les organisations non gouvernementales dans une dictature : L'État chinois semble découvrir les vertus d'une société civile vivante et active.




TILMA QUEBEC ONTARIO




Le 2 octobre dernier, avec tout le bruit entourant les élections fédérales, vous n'avez peut être pas remarqué que les premiers ministres de l'Ontario et du Québec s'étaient rencontré lors du 5e sommet économique de l'ontario.

Un rendez-vous pour discuter de coopération économique, incluant des plans pour une nouvelle entente d'échange entre les deux provinces qui créerait un espace économique commun au centre du Canada.

Tout ça semble juste et bon... jusqu'au moment où l'on regarde de plus près ce que font McGuinty et Jean Charest, et comment leur nouveau partenariat pourrait limiter la capacité de nos gouvernements d'implanter des politiques sociales pouvant nous aider collectivement.

Les premiers ministres ont donc annoncé une entente de partenariat économique entre le Québec et l'Ontario.

un pas de plus vers un véritable traité de libre-échange calqué sur le controversé TILMA, le fameux Trade, Investment and Labour Mobility Agreement signé par les PM de l'Alberta et de la CB, sans débat public, en avril 2006.

Dans TILMA on retrouve un élément toxique : une clause sur les droits des investisseurs qui permet aux entreprises de poursuivre un gouvernement provincial pour toutes mesures qui limitent les échanges ou les possibilités d'investissements entre les deux provinces.

Des mesures qui, selon la définition de TILMA, inclueraient toutes législation, réglementation, standard, directive, demande, guide, programme, politique, pratique administrative ou toutes autres procédures

en d'autres mots, TILMA affirme que les gouvernements provinciaux ne doivent rien faire dans ses activités normales pour restreindre ou limité les échanges ou les investissements d'entreprises oeuvrant entre provinces.

il va sans dire qu'une telle entente augure rien de bon pour les travailleurs, et TILMA a le potentiel de rendre criminel toutes politiques visant la protection de la santé publique et l'environnement... ou toutes formes de subventions qui viseraient à protéger un secteur de l'économie... donc des emplois.

Ça veut dire si l'on tente de limiter la privatisation des soins de santé, des mesures pour limiter la pollution, d'aider le secteur agricole : tout ça pourrait souffrir des pressions de la menace possible de poursuites si le Québec et l'Ontario s'embarque dans le processus de résolution de conflit de TILMA.

ça serait encore un autre coup d'État de la part du privé, des entreprises et des investisseurs... une sacralisation de la propriété des moyens de production au-dessus de toutes considérations légales pour protéger l'intérêt commun.

la question s'impose, alors : pourquoi n'y a -t-il pas de débats publics à ce sujet?

le gouvernement de la Saskatchewan l'a fait au milieu de 2007 et a éventuellement décidé que TILMA menacerait les entreprises publiques et l'autonomie des municipalités.

Au Yukon, le gouvernement a dit non car ça limiterait les politiques environnementales.

Des consultations au Québec et en Ontario? D'après ce que l'on voit ni M. Charest ni M. McGuinty ne semblent bien intéressé à faire ça.

À la place, nos PM continuent de discuter plutôt avec le secteur privé... d'une chose qui est essentiellement une priorité pour le privé au Canada : la déreglementation déguisée en coopération économique.


ELEC ALENA



nous sommes en pleine campagne électorale au fédéral américain et canadien... et malgré ça, du moins ici, aucune mention jusqu'à présent de ce que l'on compte faire avec l'Alena... accord de libre échange des états nord américains.

oui, Obama et Clinton en n'ont parlé, disant qu'ils voudraient ouvrir le traité pour revoir les changements possibles à y apporter pour protéger des emplois, l'environnement et surtout la clause qui permet aux entreprises de poursuivrent les gouvernements pour des politiques considérées comme des menaces à leur accumulation de profits.

et leurs discours avaient fait déraillé le sommet du PSP partenariat pour la sécurité et la prospérité qui a eu lieu en nouvelles-orléans où Bush, Calderon et Harper se sont trouvé à défendre le PSP plutôt que de le promouvoir...

trois mois plus tard, un sondage angus reid indiquait que plus de la moitié des canadiens veulent absolument que l'on renégocie les termes de l'Alena.

ce qui fait penser que les candidats de l'élection fédérale au Canada devrait au moins en faire mention, au moins pour la forme, quelque chose sur la possibilité d'ouvrir l'Alena après le 1e janvier 2009!

Après tout, l'Alena n'a vraiment rien à voir avec les intérêts du Canada.

qui pourrait être la source principale de l'inaction des gouvernements fédéraux face aux changements climatiques, notre politique énergétique, les menaces à notre eau douce, l'érosion des politiques sociales et l'élimination des bons emplois à travers le pays.

Les Canadiens devraient savoir s'ils iront aux urnes pour ré-élire l'Alena comme il est, ou encore pire, s'ils vont voter pour un candidat en faveur du PSP, un Alena plus dans le fond.

Non seulement les citoyens veulent clairement en parler, ils devraient savoir ce que compte faire leurs élus devant la possibilité de s'asseoir avec la nouvelle administration américaine pour discuter sérieusement de l'avenir du continent... et conséquemment, de notre vie à tous.

ONG CHINE



Les organisations non gouvernementales en Chine ont sérieusement amélioré leur sort et leur place dans la société chinoise au cours des récentes années... au point de jouer un rôle important dans le développement économique de leur pays.

Pour plus de deux décennies, ce troisième secteur de l'administration publique a pu quand même assister l'État afin de combler les brèches dans les services offerts à la population, des brèches laissées ouvertes par la croissance du marché et les politiques sociales inadéquates.

pourtant, les moins de 800 000 ONG en Chine aujourd'hui sont loin de pouvoir atteindre leur plein potentiel à cause de lois et d'institutions sous développés.

jusqu'à récemment, les ONG chinoises opéraient sous les lois édictés pas longtemps après la crise de Tiananmen en juin 1989 alors que l'État chinois voulait mettre la main sur toutes les activités des ONG.

De telles contraintes légales et institutionnelles ont poussé les ONG à s'adapter à cet environnement politique et d'accepter leurs obligations d'opérer en étroite collaboration avec les têtes dirigeantes de l'État.

Or, de récents développements dans le climat politique montrent que le gouvernement serait maintenant prêt à certains compromis envers les ONG.

Cette nouvelle société civile peut être vu dans le rôle accrue des ONG en activisme environnementale, de nouveaux règlements concernant des fondations publiques, la croissance d'une démocratie au niveau locale en Chine rurale, et aussi, l'amélioration de l'aide légale.

dans une société civile idéale, l'État a la responsabilité de s'assurer d'une coexistence avec des institutions civiles en santé et active.

car à la base, la relation entre l'État et la société est toujours un mélange de coopération et de coexistence, de conflits et d'affrontement.

L'État ne devrait pas étouffer le fonctionnement autonome de la société, mais plutôt facilité et d'améliorer l'environnement propre à son existence et son développement.

et ça prend la forme de systèmes légaux efficaces, des institutions sociales qui appuient la bonne marche de la société civile, le tout encadrer par les règles de loi.

Une société forte en est une qui permet à ses citoyens de s'associer librement avec des organisations sociales qui intègrent toutes les voix des individus dans le système politique.

La société civile est donc essentielle à l'atteinte des objectifs d'un bon gouvernement qui vise le développement et des réformes.

Les ONG, petites et grandes, sont beaucoup plus alertes aux nouveaux problèmes et s'avèrent donc des sources très utiles aux décideurs et législateurs.

En Chine, l'État reconnaît progressivement la société civile comme un outil précieux pour s'en prendre aux problèmes sociaux qui apparaissent inévitablement dans une économie de marché.

C'est certain que ça prendra encore un certain temps avant que l'État chinois ouvre et facilite complètement la place à une société civile vigoureuse et indépendante.

Mais les récents développements permettent de croire que la situation change pour le mieux.

LA LEVÉE 24 SEPTEMBRE

1. Entente bilatérale de libre-échange : Alors que le Japon ouvre ses bras à un nouveau premier ministre, les pêcheurs des Philippines craignent le pire.

2. Marché mondial de l'armement


LIBRE ÉCHANGE JAPON PHILIPPINES



Le conservateur Taro Aso a été élu aujourd'hui Premier ministre par le Parlement japonais, avec pour mission difficile de mener son parti à la victoire aux prochaines élections législatives, sur fond de récession économique.

Le Parti libéral démocrate (PLD, droite), qui gouverne le Japon sans partage depuis 1955, à l'exception d'une parenthèse de 10 mois dans les années 90, compte sur la popularité de M. Aso pour remporter les prochaines élections législatives et maintenir sa domination.

Durant ce temps là, l'opposition à un accord de libre-échange bilatéral entre le Japon et les Philippines monte dans la population de l'archipel du pacifique...

Cette semaine, une alliance de pêcheurs, le Pamalakaya, a annoncé son intention de mener la campagne contre l'entente de libre-échange.

Alors que les négociations à l'intérieur d'institutions telles que l'OMC continue de flancher, plusieurs pays du G8, tels que le Canada, les ÉU et le Japon, tournent leur attention vers des accord bilatéraux ou régionaux à travers le monde.

Ces genres d'accord sont d'habitude des copie conforme de ce que cherche à faire l'OMC, qui voit des ressources naturelles, les institutions publiques et l'environnement en termes strictement économiques, c'est-à-dire uniquement comme des sources de profits.

Aux Philippines, l'alliance de pêcheurs Pamalakaya s'oppose à l'accord avec Japon car dans le texte de l'entente de libre-échange sont inclus des articles qui ouvrira des zones économiques exclusives dans les Philippines aux entreprises de pêcherie japonaises.

Les eaux nationales de pêche des Philippines tomberaient sous l'industrie japonaise, qui enverraient ses navires technologiquement sophistiqués... une différence marquante avec les méthodes traditionnelles de pêche.

L'équipement traditionnel souvent utilisé pour la pêche aux Philippines fait en sorte que moins de poissons sont sortis de l'eau

Mais dans l'entente bilatérale de libre-échange avec le Japon, particulièrement les articles 28 et 29 du texte on y indique que l'industrie des pêches du japon auront libre accès aux zones de pêche traditionnelles.

D'après les standards de l'industrie, c'est près de 50 tonnes métriques de thon par navire de pêche que le Japon pourrait aller chercher chaque année...

...potentiellement des centaines de mille de tonnes par année pour toute une flotte de navires japonais.

Il va sans dire que cette entente de libre échange causera la disparition rapide des poissons des eaux des Philippines.

Ce qui ne semble pas déranger la présidente des Philippines Gloria Macapagal-Arroyo... qui devant ses propres difficultés à maintenir sa légitimité à la tête du pays, cherche de l'appui d'une puissance comme le Japon.

L'administration Arroyo doit faire face aux scandales des enlèvements et des assassinats politiques qui prennent pour cible les activistes des Philippines... que des rapports de l'ONU ont lié avec l'armée des Philippines et l'administration en place.

Encore un autre chapitre horrible dans le grand livre de la globalisation de l'OMC et ses clones qui n'ont rien fait nulle part pour la vie des gens ordinaires, pire, qui détruisent le mode de vie de pêcheurs traditionnels ou les travailleurs en général aux Philippines.

VENTES D'ARMES



J'en ai parlé déjà ici...

Les hauts placés de l'industrie pétrolière peuvent avoir l'oreille de nos dirigeants à Ottawa...

Les PDG des grands manufacturiers d'armement ont en masse d'occasions de serrer la pince de hauts placés à Washington, incluant les plus hauts grades de la machine militaire.

Une belle occasion pour ça c'est au ComDef 2008, une rencontre qui a eu lieu à Washington au début du mois de septembre.

Parrainé par les géants de la fabrication d'armes tels que Boeing, Raytheon, BAE Systems, la conférence a été organisée autour du thème «les priorités à la défense dans une ère de conflit persistant»

Le thème commun de telles conférence, l'ombre par dessus tout ça, c'est la crainte de voir les budgets militaires, qui en passant ont augmenté aux ÉU par 2/3 entre 2001 et 2008... au Canada le budget militaire pour 2008 était de 18,2 milliards $... et l'on compte ajouter un autre 12 milliard $ au cours des 20 prochaines années... amenant le budget à 31 milliards $ par année d'ici 2031.

... donc un des thèmes persistants de telles conférence c'est que les budgets militaires ne continueront pas à monter en flèche pour toujours.

Pourtant, une compagnie comme Lockheed Martin a réussi à aller chercher entre 2001 et 2008 des contrats à Washington s'élevant de 130%, de 14 milliards à 32 milliards $.

Et donc, dans l'économie en stagnation et en plein inflation aussi, les marges de profits vont très bien pour Lockheed Martin.

Le budget alloué à la défense aux ÉU, qui n'inclut pas l'armement nucléaire ni le 12 milliards par mois alloué aux guerres en Irak et en Afghanistan, s'élève à 515 milliards $ pour l'année fiscale 2009.

Mais il n'y a pas que Washington et Ottawa qui délient les cordons de la bourse à l'industrie militaire, Lockheed Martin a eu plus de 10 milliards $ en contrats récents avec des pays étrangers.

Même le gouvernement Maliki en Irak embarque et a récemment commandé 36 avions F-16... Lockheed Martin a récemment vendu pour 100 millions $ de tels avions au Maroc, le Pakistan et la Roumanie.

Bref, on le doute, la guerre et l'instabilité sont très bonnes pour la business de l'armement.

Les ventes d'armes des ÉU vers les pays étrangers en 2008 sont à 45% plus élevé qu'en 2007.

Cette année, les ÉU offriront pour 34 milliards $ en armes à l'Irak, le Pakistan, l'Arabie Saoudite entre autres.

Presque 20 ans après la chute du mur de Berlin et la fin supposée de la guerre froide, le monde est plus couvert d'armements que jamais, et l'industrie de l'armement veut que ça demeure comme ça pour longtemps.

Et même si les pdg et les généraux à la retraite se rencontre lors de conférence comme ComDef pour se plaindre que les budgets militaires pourraient éventuellement ralentir leur cadence de croissance... disons que le jour où ils auront vraiment de mauvaises nouvelles sera une bonne journée pour le reste de la planète.

Ça sera le jour où la lumière de la paix, la diplomatie, la démocratie et les droits humains prendront le dessus.

LA LEVEE 3 SEPTEMBRE

IRAN ET CANADA




L’agressivité du Canada envers l’Iran n’est pas très bien connue
Par exemple, il n’y a pas beaucoup d’auditeurs qui savent qu’au cours de la dernière année des navires de guerre canadiens se promènent régulièrement le long des cotes iraniennes…
Près de huit cents marins canadiens font régulièrement la patrouille la région des eaux turbulentes entre l’Iran et le Pakistan.
Et alors on peut se poser la question à savoir pourquoi… pour quelle raison le Canada tient à avoir une présence militaire provocante le long des cotes avec l’Iran?
Connaissant le gouvernement Harper, ce n’est pas une surprise que la motivation centrale c’est d’appuyer la politique étrangère américaine…
Mais l’assistance militaire que le Canada offre aux ÉU n’est seulement qu’une petite partie de sa contribution pour une guerre contre l’Iran : nous contribuons aussi un service d’espionnage.
L’ambassade canadienne à Teheran a été accusé d’espionnage par des parlementaires iraniens il y a un an et demi.
C’est aussi par l’économie que Ottawa tente de mettre de la pression sur l’Iran.
Le ministère des affaires étrangères ne cache pas du tout son dédain pour le peu d’échanges commerciaux que le Canada entretien avec l’Iran.
Et à l’ONU, le Canada a voté pour poursuivre l’embargo sur l’Iran concernant certains matériaux stratégiques.

Mais la sphère où Ottawa s’active le plus pour attaquer l’Iran c’est bien dans le domaine diplomatique.
L’Iran a été bloqué de relations diplomatiques normales avec le Canada depuis que Ottawa a rejeté les deux derniers candidats iraniens pour être ambassadeur de leur pays au Canada.
Avec des preuves très faibles à l’appui, le gouvernement canadien affirme que les deux candidats étaient liés à la prise d’otage à l’ambassade américaine d’Iran en 1979-1981… en réponse, Téhéran a renvoyé l’ambassadeur canadien chez lui.

24 juillet 2008

LA LEVÉE 23 JUILLET 2008

1. Follow the money : derrière la fracture Belge
2. Merci, mais on le savait déjà! Le pétrole devient officiellement la première motivation pour l'invasion de l'Irak
3. On n'a plus besoin de vous! La toute récente paix entre la Chine et Taiwan déplait aux ÉU
4. La guerre pour l’Eau : comment notre assoiffé voisin du sud lorgne notre ressource bleue
5. Le cas d'Omar Khadr : pourquoi la vidéo de son interrogatoire devrait faire frémir tous les Canadiens...

BELGIQUE



Le chaos s’est installé en Belgique!

Le gouvernement vient de s’effondrer et le Premier ministre a déposé sa démission.

… et avec l’État des institutions politiques de la Belgique, on peut sérieusement se demander si le pays est sur le point de se facturer à tout jamais.

Le PM Yves Leterm a lancé la serviette lundi de la semaine passée, disant qu’il ne pouvait pas forcer un consensus entre les membres francophones et flammands de la coalition au pouvoir.

Je rappelle que la Belgique est séparée en deux régions : La Flandre dans le nord et la Wallonie au sud… deux régions qui ont connu une autonomie grandissante depuis les années 1970.

… et le nord, beaucoup plus prospère, cherche à obtenir encore plus d’autonomie.

Ce qui veut dire, pour des réformes qui vont transférer la responsabilité pour la taxation et la sécurité sociale au niveau régional.

Les partis francophones accusent les flamands de tenter de séparer la région plus riche du nord de la région du sud où le chômage est trois fois plus élevé.

La question centrale est donc de voir à quel point les Belges sont prêts à faire preuve de solidarité nationale.

Donc au-delà du clivage linguistique, la fracture de la Belgique a plus à voir avec la redistribution des richesses d’un pays qui est beaucoup plus riche que la moyenne européenne.

Le sud de la Belgique a été frappé de plein fouet par la globalisation… et les riches du nord ne veulent pas payer pour ça… à la fin, la fracture de la Belgique aura lieu sur une simple question d’argent.


PÉTROLE ET IRAK




Le micro suivant est tiré d'une récente entrevue qu'a accordé Noam Chomsky sur le sujet de l'Irak :

L’entente qui se prépare en ce moment entre le Ministère du pétrole en Irak et quatre compagnies pétrolières de l’ouest nous pousse à sauter vers quelques conclusions concernant l’invasion et l’occupation de l’Irak.

Les négociations avancent pour Exxon, Shell, Total et BP : les partenaires originaux du Irak petroleum company qui existait il y a quelques décennies… perdu aux mains des nationalistes irakiens.

Les contrats sans appels, apparemment écrits par les compagnies ont eu le dessus sur les offres de 40 autres compagnies pétrolières venant entre autres de la Chine, l’Inde et la Russie.

Tout ça se passe dans le plus grands des secrets…

Dans un pays, l’Irak, qui contient probablement la 2e réserve en hydrocarbures du monde, qui sont en plus très facile à extraire.

Pour les planificateurs américains l’Irak doit donc impérativement rester sous contrôle des ÉU, un endroit où des bases militaires peuvent rester en permanence.

Le pétrole. La raison ultime de l’invasion, alors… bien visible à travers la successions de prétextes : les armes de destruction massives, les liens de Saddam Hussein avec Al-Qaida, la promotion de la démocratie et la guerre au terrorisme…

Dans la déclaration de principes signée par Bush et le PM irakien Nouri al-Maliki en novembre dernier, on a mis ça bien au clair que l’économie irakienne devra être ouverte aux investisseurs étrangers, surtout américains, on s’entend.

Mais l’écho que l’on a le plus souvent du réseau de propagande de Washington, c’est que le seul à blâmer pour les problèmes en Irak, c’est son voisin imposant, l’Iran.

On menace l’Iran de représailles et d’agression militaire.

Or le paradoxe peu connu ici… c’est que le gouvernement irakien de Maliki est issu du secteur de la société irakienne la plus proche de l’Iran, appuyé par l’Iran.

La pseudo armée irakienne, une milice, en fait, est en grande partie basée sur la brigade Badr, qui a été entraînée par l’Iran et s’est battu pour le côté iranien lors de la guerre Iran-Irak.

Téhéran semble donc bien heureux de voir les ÉU qui implantent et maintient un gouvernement en place qui est sous son influence…

Encore une fois, du moment que le pétrole coule dans la bonne direction, on est même prêt à installer un gouvernement facilement influençable par le plus gros pays de l’axe du mal.

Plus d’un million d’irakiens mort cinq ans après l’invasion, qui est selon la loi internationale un crime de guerre…

Pendant ce temps là, la majorité de la population irakienne et américaine souhaite le retrait immédiat des troupes…

Mais… avec les grandes pétrolières qui salivent à la conclusion imminente de leur saisie du pétrole irakien… est-ce que l’on va les écouter?

PAIX CHINE ET TAIWAN



Pour les Chinois qui historiquement ne tiennent pas tant que ça aux allégeances du passé, faire la guerre est vue contre une manière contre productive de mener ses affaires… et la Chine a maintenant assez de confiance pour agir là-dessus.

La Chine et l’île voisine de Taiwan ne font même plus semblant d’être des ennemis et s’engagent maintenant dans une série d’associations au grand jour.

Vendredi dernier, des vols d’avion directs entre la Chine et Taiwan ont eu lieu pour la première fois en 60 ans.

Ce chapitre de la guerre froide est terminé et on semble bien être embarqué dans une nouvelle ère de paix entre les anciens rivaux.

Les hommes d’affaire de Taiwan sont déjà des investisseurs importants en Chine, et le gouvernement de Taiwan est en plein processus de normaliser les échanges entre les deux territoires.

Est parti, donc, l’excuse numéro un qu’avait l’armée américaine pour être installée dans cette partie là du pacifique…

Véritable scénario catastrophe pour la machine militaire américaine qui tire plus de 50% du budget du gouvernement américain de son côté…

La peur de la Chine est essentielle pour justifier l’achat des jouets de guerre à la fin pointe de la technologie…

Selon la dernière analyse du Pentagone, on estime que la Chine aura besoin de trois ans encore avant de pouvoir produire une force militaire capable de remporter un adversaire de taille moyenne.

Mihkail Gorbachev a dit mardi dernier, en pleine séance critique de Bush et des candidats à la présidence, que les ÉU investissent massivement dans la machine militaire sans qu’il n’y ait de place à ce sujet là dans l’espace public.

Un véritable tabou qui… avec les récents développements entre la Chine et Taiwan… devrait être levé.

GUERRE POUR L'EAU



En octobre dernier, le secrétaire général des nations unies Ban Ki Moon nous a fait part du fait que la planète entière se dirige vers une crise sans précédent pour l’eau.

Il a dit que près de 700 millions de personnes dans 43 nations sont affectés par la rareté de l’eau potable… et que ce nombre pourrait gonfler à trois milliards de personnes dans 17 ans.

Évidemment, pas besoin des avis experts pour comprendre que les changements climatiques vont empirer la situation.
Et nos voisins du sud, au sud des ÉU, commencent à être sérieusement assoiffés… et comme pour notre pétrole, ils ont l’œil sur nos réserves d’eau.

Et selon le point de vue, l’eau ne peut pas être inclus dans le traité de pseudo libre échange qu’est l’ALENA.

D’un côté on dit que l’eau n’est pas une commodité dans son état naturel et de l’autre on affirme que bien que l’ALENA ne peut pas forcer une province de vendre son eau… dès qu’une province décide d’aller de l’avant ça créer un précédent et ensuite avec l’ALENA plus moyen de revenir en arrière.

Le Pentagone en ce moment reçoit des conseils du manufacturier d’armes Lockheed Martin sur les moyens d’avoir accès aux sources d’eau de pays étranger… car on s’approche de la crise au sud, au point où ça deviendra une menace à la sécurité nationale.

Les grands lacs tiennent 20% de l’eau douce de la planète, mais seulement 1% de cette eau est renouvelée annuellement par la pluie et les nappes phréatiques.

Le Gordon Water Group a récemment publié un rapport disant que le Canada, même sans la menace américaine sur notre eau, est sur le point de bousiller ses propres réserves.

Dans le rapport intitulé Changing the Flow on indique que la croyance des Canadiens qu’ils ont des ressources d’eau illimitée est non fondée.

Nous utilisons en moyenne 50% plus d’eau que nécessaire…

Si la température moyenne s’élève de 2 à 4 degrés, le lac Ontario verrait son débit réduire de 24% et le fleuve St-Laurent baisserait d’un mètre à certains endroits.

Pour revenir à nos assoiffés du sud, 70% de la prise d’eau est due à de l’étalement urbain et la pollution agricole… et ça s’accélère.

Raison pour laquelle les Canadiens doivent absolument mettre de la pression sur leurs gouvernements pour empêcher les ÉU de mettre la main sur notre eau.

… Et pour ceux qui croient en la désalinisation oubliez ça : c’est une technique qui prend de grandes quantité d’énergie pour convertir l’eau salée en eau potable… contribuant du coup au rejet de plus de GES… menaçant encore plus les sources d’eau potable.


LE CAS KHADR




Vous avez peut-être vu la vidéo d’Omar Khadr, 16 ans, en train de se faire interroger par des agents des services secrets canadien à Guantanamo… une vidéo qui révèle bien des choses.

Le gouvernement canadien ne semble pas du tout s’incommoder du fait que les ÉU tient des combattants ennemis sans les chargés de quoi que ce soit, sans aide légale aussi…

Dans le clip, tourné en 2003 peu de temps après l’ouverture de la prison Khadr à l’air soulagé d’avoir rencontré des agents canadiens… mais lorsqu’il a réalisé qu’on était là plutôt pour l’interrogé il est tombé en pleurs…

Mais ce qui est le plus troublant dans cette histoire, ce n’est pas l’interrogatoire, assez soft, mais plutôt qu’il ait tout simplement eu lieu.

Pour commencer l’agent du SCRC l’a interrogé sans même lui faire part de ses droits légaux, une violation de droits fondamentaux.

Et plus important encore, bien que le Canada n'ait pas construit la prise de Guantanamo, le Canada porte quand même une certaine responsabilité légale et morale de ce qui arrive là-bas.

En flagrant contraste avec ce que d'autres pays de l'ouest ont fait... Khadr est le seul citoyen d'un pays de l'ouest qui demeure en détention, car tous les autres pays ont conclu des ententes avec les ÉU pour rapatrier leurs détenus.

En plus, Khadr est le seul détenu restant qui était un enfant lors de sa capture par l'armée américaine.

Son père l'avait initié à al-qaida lorsqu'il avait 10 ans, il a été capturé 5 ans plus tard et conduit à Guantanamo quelques mois plus tard...

Et l'appui du Canada pour la détention et le tribunal militaires d'enfant soldat est non seulement en contraste profond par rapport à d'autres pays de l'ouest, mais aussi en pleine contradiction de ses obligations internationales et son appui exprimé pour la réhabilitation d'enfants soldats!

Dans le protocole signé par le Canada, on y reconnaît que les enfants soldats devraient être considéré en premier lieu comme des victimes d'offenses contre la loi internationale... et appelle les États à mettre de l'emphase sur la justice restauratrice et la réhabilitation sociale lorsque l'on fait affaire à des combattants mineurs.

En supportant activement la détention et le traitement de Khadr à Guantanamo, le Canada indique clairement que sa position internationale sur les enfants soldats n'est que du vent.

... Et tous les citoyens canadiens devraient se sentir concernés... car si le Canada n'est pas vraiment commis à ses obligations domestiques et internationales, et la loi, bien, dans ce cas-là, aucun citoyen n'est en sécurité.

LA LEVÉE 9 JUILLET 2008

1. Colombie
2. G8


COLOMBIE




Ça se voit comme un film d'Arnold Schwarzenegger... des commandos de l'armée colombienne ont descendu dans la jungle et en sont ressortis avec 15 otages, parmi eux Ingrid Betancourt : ancienne candidate à la présidence de la Colombie.

Les otages avaient été tenus là 6 longues années...

Le Pentagone a été félicité pour sa participation à l'opération.

Toujours une bonne nouvelle lorsque des otages sont libérés... mais il ne faut pas perdre de vue le rôle que le Canada joue dans le long et sale conflit qui fait rage en Colombie.

Eh bien que ce soit la guérilla qui reçoit toute la couverture médiatique, il ne faut pas croire pour autant que les FARC sont les seuls responsables de la violence...

Des gouvernements colombiens successifs ont fait la guerre contre toutes formes d'opposition à leur autorité... avec l'appui tacite du Canada et des ÉU.

Contre des syndicalistes, des leaders de paysans, des activistes... des personnes qui, d'ailleurs, n'approuvent pas du tout des tactiques de prise d'otage des FARC.

Et bien que les causes qui ont créé la guérilla existent toujours, la prise violente de terres paysannes, la stratégie et la balance militaires a changés...

La célébration universelle de la libération d'Ingrid Bétancourt indique à quel point les FARC sont devenus impopulaires...

Et pendant ce temps là, un conflit se déroule entre la cour constitutionnelle et le président colombien, Alvaro Uribe Velez.

La cour suprême a condamné un membre du congrès d'avoirs acceptés un pot-de-vin en faveur de son vote appuyant une loi qui permettait à Uribe de se présenter pour un nouveau mandat présidentiel.

Contrairement au FARC, Uribe se croit assez populaire pour retourner en élection tout de suite pour démontrer sa légitimité de gouverner... encouragée, surtout, par le récent traité de libre-échange qu'il a signé avec le Canada.

Cette popularité a donné le feu vert au gouvernement colombien pour réprimer encore plus les mouvements paysans, comme présentement au Nord Cauca, attaquant des membres de la nation Nasa.

Et avec la libération héroïque d'Ingrid, le danger est bien réel que l'on oublie que la Colombie est sous le règne d'un gouvernement qui est en place par des pots-de-vin, la violence paramilitaire... qui vend ses richesses naturelles aux multinationales aux dépens des gens qui vivent sur ces territoires.

Les voix des gens qui souffrent de ces injustices ne doivent pas êtres enterrés dans l'acte héroïque de libération des otages... surtout au cours des prochaines semaines.

G8



Ça faisait 13 mois que les dirigeants du G8 ne s'étaient pas rencontrés... et si vous avez oublié ce qu'ils se sont dit l'an dernier, voici un petit rappel :

On disait que l'économie globale était en bonne condition et que la croissance était mieux distribuée à travers les régions.

On affirmait avec confiance dont l'inégalité globale allait se balancer grâce à la croissance économique envisagée.

Rien à dire sur la spéculation dans les marchés du pétrole et de l'alimentation, grande responsable de la flambée des prix.

La spéculation sur la valeur des commodités a été multipliée par 20 au cours des 5 dernières années... et, durant ce temps, le prix d'un panier de nourriture a globalement augmenté de 183%.

Et encore cette semaine, on voit bien que les dirigeants du G8 sont incapables de prendre des engagements sérieux envers les changements climatiques... dont la croissance économique est en grande partie responsable!

Pourtant, l'économie globale est à risque avec les pénuries de pétrole à venir, et les dommages de plus en plus significatifs causés par les changements climatiques.

C'est triste... car si l'on regarde l'histoire récente, aux deux moments où l'économie globale connaissait des crises équivalentes : 1930 et 1970... il y a eu des changements radicaux.

Au lieu d'avoir des échanges foisonnants d'idées neuves et révolutionnaires pour nous sortir du pétrin, tout ce que l'on a de la part des dirigeants du G8 c'est le néant.
Un pamphlet sera publié dans un mois qui suggèrent des voies à suivre pour remédier à la crise actuelle, titré Green New Deal, qui exigera une réglementation plus sévère sur le capital, des changements aux systèmes fiscaux, et des investissements importants dans la conservation d'énergie et l'énergie renouvelable.

Des solutions existent, et l'on se demande bien à quoi servent les rencontres du G8 si c'est pour ne pas en parler sérieusement.

LA LEVÉE 25 JUIN 2008

TILMA
SOMALIE
VIOL TEMPS DE GUERRE
KARZAI ET PAKISTAN
PRISONS ET INEGALITE


TILMA



Lorsque les Premiers ministres de la Colombie-Britannique Gordon et l’ex Premier ministre Ralph Klein ont signé le Trade, Investment and Labour Mobility Agreement (TILMA) en 2006, à l’époque ils avaient de grands plans pour le Canada.

TILMA était supposé débarrasser le Canada de supposées barrières aux échanges commerciaux et ainsi créer un seul espace économique de la mer du Pacifique à l'Atlantique...

Et heureusement, une bonne partie des provinces canadiennes ne veulent rien savoir de se joindre à cette chose-là.

Cette semaine, le Premier ministre du Yukon Dennis Fentie ont choisi de ne pas s'embarquer, à cause de possibles difficultés à implanter des politiques environnementales et socio-économiques... et des coûts élevés liés aux disputes.

C'est sous le TILMA, les niveaux de gouvernement provincial, régional et municipal ne peuvent pas implanter librement des politiques visant, par exemple, la santé des communautés ou la protection de l'environnement, sans voir des entreprises les poursuivre s'ils sentent que leur capacité de faire des profits sont limités.

Donc des personnes non élues mises sous autorité par TILMA pourraient voter contre un programme ou une loi du gouvernement, imposant des amendes allant jusqu'à 5 millions.

Tant que le palier de gouvernement décidera de garder la politique fautive en place, il sera frappé d'une autre amende, de multiples amendes jusqu'au recul, le retrait du gouvernement.

L'an dernier, la province de Saskatchewan avait aussi décidé d'éviter TILMA à cause de la menace qu'il représente aux entreprises publiques, et la possibilité des gouvernements municipaux de développer l'économie locale.

Le Manitoba a aussi dit non au TILMA, préférant baser ses échanges sur une entente antérieure, le Agreement on Internal Trade signé en 1994 qui a tout compte fait pratiquement éliminé les dernières barrières à l'échange.

En fait, c'est ça qui est le plus étrange avec TILMA : si toutes les barrières aux échanges ont été éliminées depuis 14 ans déjà... à quoi ça sert?

Ça sert à éradiquer toutes différences dans les politiques locales et provinciales, peu importent à quel point elle sont légitimes.... et que cette légitimité démocratique de choix concernant la santé et l'environnement est inscrite dans la constitution.

C'est que plusieurs entreprises transnationales des ÉU et d'Europe voient notre système fédéral comme une suite de barrières à leur volonté d'imposé des standards à travers les sphères de gouvernement.

Mais, au Québec, le gouvernement libéral de Jean Charest tente de signer une entente avec l'Ontario, copié sur le TILMA entre la CB et l'Alberta...

Encore une fois, en nous faisant croire qu'il existe des barrières aux échanges commerciaux entre les deux provinces... quand dans le fond ce que l'on cherche à faire c'est d'accroître la possibilité pour des firmes étrangères de faire du profit chez nous...

... Tout en réduisant encore plus notre pouvoir démocratique de choisir un environnement sain.

Pourtant, les échanges entre les provinces vont très bien, et s'accroît à un rythme plus élevé que les échanges entre le Canada et les ÉU, par exemple.

Curieux de constater que les provinces où l'on a choisi d'appliquer TILMA sont précisément les endroits où l'on a choisi de ne pas consulter la population... contrairement aux Parlements qui l'ont rejeté.

SOMALIE




Une entente de paix signée à Djibouti, pays médiateur, a peut-être manqué la cible... dû à trop d'ambiguïté et l'absence de signature de certains acteurs dans le conflit entre la Somalie, les rebelles locaux et l'Ethiopie.

Après 10 jours de négociations à Djibouti, parrainée par l'ONU, le gouvernement Somalien et une partie de son opposition ont signé un traité de paix sur 11 points fait pour cesser tout conflits armés à l'intérieur de 30 jours.

Les dirigeants pour l'alliance de la relibération de la Somalie, le groupe d'opposition au gouvernement, ne se sont pas tout entendu sur les principes du procédé de paix, alors une aile plus radicale s'est détachée...

Le groupe mené par l'islamiste Hassan Dahir Aweys a boycotté les discussions et rejette d'avance ces résultats.

Un autre groupe, pas vraiment reconnu comme étant officiellement dans l'opposition au gouvernement somalien, mais coupable des attaques les plus violentes contre le gouvernement et les troupes d'occupation venant de l'Éthiopie ont aussi, sans surprise, carrément rejeté le processus de Djibouti.

Que fait l'Éthiopie dans cette histoire? Bien, poussé par les ÉU, le voisin du nord-Ouest de la Somalie a envoyé ses troupes sur place, craignant l'influence grandissante des mouvements d'opposition armées islamiste en Somalie.

Alors, une coalition de l'opposition islamiste s'est formée sous le nom de l'alliance, et leur approche envers Djibouti c'est en premier lieu la quête du retrait des troupes éthiopiennes en Somalie.

Donc pour eux pas de négociations possibles avec le gouvernement de transition en Somalie tant et aussi longtemps que l'armée de l'Éthiopie est sur leur territoire.

Or, le texte de l'entente de paix, selon le porte parole de l'Alliance, est trop ambigu et ne semble pas directement demander le retrait des troupes comme faisant partie du cessez-le-feu général.

Le gouvernement somalien affirme que l'article 7 de l'entente ne demande pas un retrait automatique de l'Éthiopie, pas, du moins, avant 120 jours moment où l'on espère installer des troupes de l'ONU à la place.

Rappelons que le conflit dure depuis 18 mois et des confrontations violentes ont eu lieu quotidiennement depuis. Allez dans mon blogue et tapez Somalie pour plus de détails...

Donc l'article 7 n'est pas clair car il n'y a pas de garantis que l'ONU aura les forces nécessaires d'ici 120 jours, vu son manque d'effectifs en ce moment... étant, bien entendu, occupées ailleurs, par exemple au Darfour.

Et dans tout ça, malgré qu'on vise un cessez-le-feu à l'intérieur de 30 jours à la suite de la signature de l'entente, les troupes éthiopiennes qui appuient les forces gouvernementales de la Somalie et les nombreux groupes d'insurrection continuent leurs confrontations quotidiennes.

En fait, depuis le 9 juin dernier, plus de 100 personnes ont été tuées... presque tous des civils, au cours des nombreux affrontements dans cette partie de la corne africaine.

Ne manque qu'une assurance béton de la part de l'ONU que des troupes remplaceront celles de l'Éthiopie et la paix aura une véritable chance de s'imposer...


ANTI-VIOL EN TEMPS DE GUERRE



La nouvelle résolution du conseil de sécurité de l'ONU contre la violence sexuelle est un grand progrès historique qui doit être reconnu et souligné.

C'est un plan clair pour recueillir systématiquement de l'information sur la violence sexuelle... car, jusqu'à maintenant, le conseil demandait de telle information que sur des cas précis.

La résolution a été démarrée par les ÉU et adoptée le 19 juin dernier, par vote unanime du conseil de sécurité, après un débat présidé par le secrétaire d'état Condoleezza Rice et les Nations unies.

Les éléments clés incluent des paramètres de mesure clairs pour évaluer l'efficacité de politiques pour empêcher la violence sexuelle... la possibilité de sanctions contre des agresseurs sexuels dans les zones de conflits... et une directive du secrétaire générale de l'ONU de toujours accumuler des données sur la prévalence de violence sexuelle en période de conflit.

La résolution demande aux forces de maintient de la paix de l'ONU qu'elles soient mieux préparées pour protéger des civiles contre la violence sexuelle, et souligne aussi le rôle vital que les femmes jouent dans la prévention de conflits, le maintien de la paix et la sécurité... et l'établissement de la paix post conflit.

On y indique aussi l'implantation d'une politique de tolérance zéro par rapport à l'exploitation sexuelle et les abus perpétrés par les forces de paix de l'ONU.

Tout ça envoi un message clair à travers l'ONU que le viol est un crime qui devrait être empêché, et s'il ne l'est pas, bien qu'il devrait être systématiquement rapporté, documenté et les coupables amenés devant la justice.

Mais pour que ça fonctionne, faudra que l'ensemble du conseil de sécurité et l'ONU prennent des actions concrètes...

Sur le terrain, ça veut dire la justice, des services de santé, la démocratie participative, et l'éradication de l'impunité pour les agresseurs sexuels.

Comme toujours, les solutions qui fonctionnent le mieux sont celles développées en consultation avec les personnes les plus affectées.

Donc le Conseil devra travailler de très près avec les groupes de femmes qui travaillent sur les fronts pour chercher à mieux composer avec les crimes sexuels durant les conflits armés.

KARZAI ET PAKISTAN




L'éventualité n'est pas très probable... mais on peut se demander qu'est-ce qui arriverait si Hamid Karzai décidait d'aller de l'avant avec ses menaces récentes d'envoyer des opérations militaires dans le territoire pakistanais...

Le président afghan a dit au cours des dernières années, surtout en 2006 avec la remontée des attaques des Taliban... que les insurgés dans son pays compte sur l'aide essentiel d'organisations de l'autre côté de la frontière.

Et oui, il y a du vrai dans ce qu'il dit... mais ça sert aussi d'excuse pour l'état déplorable de l'Afghanistan, six ans après le renversement des Talibans.

Karzai n'est pas, bien sur, le seul responsable de cet état déplorable, il y a bien sûr la présence de l'ONU, qui le garde au pouvoir, et qui doit recevoir une bonne part du blâme.

Comme en Irak, on croyait vraiment pouvoir envahir le pays rapidement et atteindre la paix et le bonheur tout aussi rapidement, sans coups durs.

Et la population afghane, qui reçoit par mégarde un paquet de bombes de l'ONU par la tête, qui n'a rien a mangé ou de quoi gagner sa vie, embarque de plus en plus du côté des insurgés et la résistance aux envahisseurs.

Oui, bien que l'on ne s'ennui pas trop des diktas culturels des Talibans, on reconnaît qu'au moins le pays était beaucoup plus sécuritaire dans le temps que les Talibans étaient au pouvoir.

Pour revenir à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan... une véritable passoire... les forces de l'ordre pakistanaises s'avouent incapables d'aider à empêcher les passages de stocks de leur côté vers les Talibans.... ni les jihadistes, non plus.

Et dans tout ça, le journal britannique The Independent publiait un article en avril dernier sur le rôle joué par la mafia russe, qui fournit les Talibans en armes par la frontière du Tadjikistan.

Supposément qu'un kilogramme d'héroïne vaudrait six kalashnikovs... les drogues vont vers les rues de la GB, et les armes aux fronts talibans.

Au-delà de tout ça, faut reconnaître les dégâts causés par les troupes de l'ONU, dont le Canada joue un grand rôle depuis quelques années.

8000 vies de civils officiellement perdues en 2007...

Alors, si Karzai décidait d'entrer militairement au Pakistan pour tenter de couper les sources d'approvisionnement, les résultats ne pourraient être autres que catastrophiques.

La coopération, plutôt, entre les deux pays, au lieu des attaques directes serait beaucoup plus idéale pour tenter de limiter la capacité guerrière des Talibans.

Mais l'espoir d'une coopération amicale menant à la paix est mince, dans le cas d'un pays sous occupation et de l'autre qui risque constamment d'être à feu et à sang sous un régime qui vacille... et nos bons soldats, nos concitoyens canadiens que l'on a lancé au milieu de tout ça... jusqu'en 2011 et au-delà... c'est une cause perdue, ramenons-les à la maison immédiatement.

PRISONS ET INÉGALITÉS



Encore une fois je vous fais part d'une récente chronique de George Monbiot, intellectuel britannique qui met toujours le doigt précisément sur les choses ne fonctionnent pas dans notre société moderne de pays développé...

Il pose la question, que je vous relance : lequel de ces pays a le plus haut taux d'emprisonnement de ses citoyens?

Le Soudan, la Syrie, la Chine, la Birmanie, l'Arabie Saoudite, le Zimbabwe ou l'Angleterre?

En fait, les pays avec proportionnellement plus de prisonniers viennent d'être énuméré en ordre inverse.

L'Angleterre a donc plus de prisonniers, possède un système judiciaire plus punitif que les pires dictatures de la planète.

Vendredi dernier, le gouvernement britannique a sorti ses chiffres sur la population carcérale... qui bat des records encore une fois.

Une montée de 38% depuis que les Travaillistes sont au pouvoir... est-ce que les crimes, surtout les crimes violents avaient augmenté pour autant? Pas du tout, en fait, c'est l'inverse...

Donc on enferme plus de gens, plus longtemps, durant une période où le crime est en baisse année après année.

Mais ça n'empêche pas le gouvernement britannique de construire de nouvelles prisons, assez pour enfermer 96 000 personnes d'ici 2014.

Avec ces données, la GB risque de rejoindre les ÉU, #1 mondial pour sa population carcérale ou 1% de sa population adulte est enfermée.

Six fois le taux de prisonniers qu'un pays comme la Turquie... deux fois le taux du #2 mondial, l'Afrique du sud.

Fait étonnant, 60% des hommes afro-américains qui n'ont pas terminées leurs études secondaires se retrouvent à un moment ou à un autre derrière les barreaux.

Ça ressemble beaucoup moins à l'emprisonnement d'individus, qu'à l'enfermement à clé de toute une classe sociale...

Pour revenir aux données sur le crime en GB, en baisse de 2% l'an dernier, avec les crimes violents en baisse de 9%.

Et la chute n'a rien à voir avec le taux d'emprisonnement, qui a baissé de 9% entre 2004 et 2006.

La population des prisons en GB augmente car on enferme les gens plus longtemps.

Entre 1997 et 2004, la sentence moyenne a augmenté de 15.7 mois à 16.1 mois... le résultat de nouvelles lois pénales introduites en 1998 et 2003.

Alors, en vue de la chute de crimes violents, pourquoi les sentences plus longues?

Pourquoi, alors que la GB devient plus paisible, elle est devenue plus punitive?

Monbiot a trouvé la réponse : d'après ses recherches, et vous pouvez aller voir ses références sur son site Internet Monbiot.com

Les pays avec les plus hauts taux d'emprisonnement, sont aussi ceux avec les plus hauts taux d'inégalité de revenus.

Dans l'OCDE, les ÉU ont le 2e plus haut taux d'inégalité... le Mexique, en première place, a le 3e plus haut taux d'emprisonnement.

En Europe, 4 des 5 nations les moins égalitaires se classent parmi les 5 premiers pour la population carcérale.

La corrélation, certes pas exacte, semble s'appliquer à travers tous les pays riches.

On n'a peut-être pas une démonstration de relation causale, par contre.

Mais on a trois connections probables... 1. l'inégalité est source de criminalité... 2. la prison est source d'inégalité et 3. l'inégalité cause l'emprisonnement.

Plus les gens en haut de l'échelle sociale accumulent des richesses, plus ils demandent avec ferveur une protection face au reste de la société.

Les personnes ou les groupes qui réclament, génère une demande pour des sentences de prison plus longue et ceux en position d'implanter ces sentences sont tous issu des classes sociales capitalistes ou coordonatrice.

L'argent génère de la paranoïa, et la paranoïa garde les gens en prison... plus de gens en prison engendrent plus d'inégalité...

qui envoie plus d'argent vers les riches et les puissants... augmentant leur ferveur pour l'emprisonnement des classes sociales inférieures... et voilà... beau cercle vicieux qui nous ramène, éventuellement, à l'état de société fasciste.

19 juin 2008

LA LEVÉE 18 JUIN 2008

1. Traité de libre-échange : le Canada fait la promotion de la terreur en Colombie
2. Deux mois après le début du 3e mandat de Berlusconi : l'Italie est-elle en train de devenir fasciste?
3. Le fermier David vs. le fermier Goliath : devinez qui est le plus efficace, productif et respectueux de l'environnement?

COLOMBIE CANADA



Alors que le traité de libre-échange entre les ÉU et la Colombie a été arrêté aux ÉU, due surtout aux graves abus de droits humains en Colombie...

Le 7 juin dernier, moins d'un an après l'annonce par le Premier ministre Harper des débuts de négociations bilatérales de libre-échange avec la Colombie, le département des affaires étrangères et du commerce international a annoncé la conclusion des négociations.

Dans une tentative superficielle de comprendre la situation en Colombie, plusieurs membres du Parlement ont été faire une brève visite à Bogot le mois dernier.

Sans enquête supplémentaire, surtout chez les communautés affectées par les conflits armés en Colombie.

Et surtout sans attendre l'achèvement d'un comité sur les affaires étrangères et du commerce international concernant le traité de libre-échange.

Les négociations ont été conclues et l'entente se dirige vers la ratification.

Et en vérité, les négociations et l'entente ont été menées dans le plus grand des secrets.

Tout ce que l'on raconte aux Canadiens et aux Colombiens c'est que les entreprises canadiennes auront un plus grand accès aux marchés colombiens, et surtout à ses ressources.

Donc après la participation canadienne dans l'occupation militaire en Afghanistan et en Haïti, nous participons maintenant directement à la santé d'un régime de terreur.

Pourtant, l'entente de libre-échange entre le Canada et la Colombie est vendue par le gouvernement Harper comme un réengagement de notre pays en Amérique latine

Où le Canada se vante d'être un modèle de troisième voie pour les pays d'Amérique latine qui veulent sortir du giron des ÉU, mais qui ne veulent pas non plus se joindre à la révolution bolivarienne menée par le Venezuela.

Rappelons que la Colombie est la demeure d'un des groupes de guérillas gauchistes les plus vieilles d'Amérique latine, les FARC, les forces armées révolutionnaires de la Colombie.

Le gouvernement Harper voit l'accroissement de partenariat économique comme une manière de contribuer à la paix dans le pays.

Or, un traité d'échange avec la Colombie, dans le contexte d'un conflit qui date de plus de 60 ans, demeure assez controversée.

L'État colombien est la première source de violence envers des citoyens dans ce conflit, et le pays demeure le plus dangereux de la planète pour les syndicalistes.

De nombreux scandales ont frappé le gouvernement colombien au cours des dernières années, touchant le président Uribe de très près.

Au moins 65 alliés de Uribe au congrès colombien sont sous enquête pour des liens serrés aux escouades paramilitaires de la mort, et de ce nombre, 29 sont maintenant en prison pour des liens prouvés.

Et n'allez surtout pas croire le taux favorable à Uribe de 84% en Colombie.

Ce chiffre est le résultat d'une concentration ridicule des médias dans le pays, des médias propriétés des amis d'Uribe, et qui répète quotidiennement que le FARC est la seule source de violence en Colombie.

Le traité bilatéral de libre-échange est comme tous les autres qui l'ont précédé récemment : une constitution supranationale par et pour les grandes transnationales.

Et il a été signé par un gouvernement colombien qui a pris le pouvoir à travers le support des paramilitaires, des pots-de-vin, de la propagande... et le fait que notre gouvernement applaudi l'avènement du traité en dit beaucoup sur son point de vue concernant la démocratie.

À l'intérieur de la Colombie, 4 millions de personnes, 10% de la population, ont été forcées de se déplacer au cours des dernières années, selon les données de l'ONU.

Systématiquement, les déplacements forcés se produisent dans des territoires où des mégaprojets d'entreprises transnationales ont lieu.

Par rapport à d'autres pays, les échanges commerciaux en le Canada et la Colombie ne sont pas très élevés, surpassant un milliard par année.

Par contre, en termes de secteurs engagés dans des mégaprojets comme les champs miniers, l'exploitation d'hydrocarbures, les transnationales canadiennes sont parmi les plus gros joueurs.
Alors, maintenant que les négociations ont été conclues, une revue légale des textes sera menée par les avocats canadiens et colombiens.

Rappelons que les négociations ont eu lieu dans le plus total des secrets, et les textes n'ont pas été exposés au public.

Clairement, le gouvernement canadien n'a rien d'autre à proposer aux Colombiens concernant leur démocratie autre que le vernis de crédibilité qu'a le Canada à travers le globe.

Et concernant l'assassinat quasi quotidien de syndicalistes et de travailleurs humanitaires au cours des dix dernières années, les négociateurs canadiens se vantent d'avoir adressé le problème dans ce traité de libre-échange.

Tout dépend du nombre tué au cours d'une année, car les contraventions potentielles que le gouvernement colombien doit payer selon ce que l'on sait du traité s'élève à 15 millions de dollars.

Oui, notre gouvernement a vraiment négocié une pénalité monétaire pour le meurtre.

C'est que les libéraux au parlement d'Ottawa avaient soutenu ne pas embarqué dans le traité (un soutien nécessaire puisque les conservateurs sont minoritaires) s'il n'y avait pas de texte sur les droits humains.

Alors, comme d'autres traités de libre-échange signé auparavant comme l'ALENA, ou avec Israel, le Chili, le Costa Rica et le Pérou, cette entente commerciale visera une réduction des tarifs sur l'exportation et ouvre le pays le plus pauvre aux investissements par le pays le plus riche.

Comme l'ALENA, il y aura une clause comme le fameux chapitre 11 qui garanti la stabilité, la transparence et la protection des capitaux canadiens en territoire colombien.

Les transnationales canadiennes auront alors un accès privilégié au marché et ressources colombiens, appuyé par le droit de poursuivre le gouvernement colombien s'ils sentent que leurs droits sous le traité d'accumuler des profits sont menacés... par exemple si une communauté locale s'oppose à un projet minier.

La Colombie est riche en hydrocarbures, en charbon fer, nickel, cuivre, et en émeraudes, sans oublier son potentiel en hydro-électricité... et que le Canada possède la plus grande industrie minière au monde.

Et si l'on regarde l'histoire récente, la dernière vague d'investissements du Canada en Colombie a été un véritable désastre pour les syndicalistes et peuples autochtones de la Colombie.

La vague a été accompagnée d'une série de meurtres et de déplacements forcés...
Le gouvernement Harper affirme que le président Uribe est en train de régler son problème d'abus de droits humains.

Or, selon plusieurs ONG le taux d'assassinat de syndicalistes est beaucoup plus grand en 2008 que l'an dernier.

Et 40% de violations de droits humains menées contre eux sont dans le secteur minier, où le Canada est le premier joueur.

Alors selon un communiqué du ministère des affaires étrangères : si les obligations ne sont pas respectées, le pays qui commet des actes de violations de droits humains devra payer jusqu'à 15 millions de dollars à un fond de coopération... une décriminalisation de facto du meurtre.

Donc si l'on pousse la logique au bout... en 2007 il y a eu 384 violations de droits humains contre des activistes en Colombie.

À 15 millions, ça nous conduit à près de 40 000$ par acte.

Alors plus le gouvernement colombien et ses paramilitaires violes les droits fondamentaux des syndicalistes, plus c'est payant pour eux de le faire.

En plus de ça, le communiqué du ministère des affaires étrangères ne mentionne pas les risques aux populations paysannes et autochtones, dont les paramilitaires bousillent allègrement car elles sont sur des territoires riches en ressources minières.

Le nouveau traité de libre-échange montre noir sur blanc la nouvelle attitude de nos représentants envers la région des Andes : les profits au-dessus du peuple, la misère et la violence plutôt que la justice sociale.

ITALIE



Tournons notre attention vers l'Italie où le régime de Sylvio Berlusconi mène le pays depuis deux mois maintenant...

Un gouvernement de centre-droite, d'extrême-droite, fasciste?

Le racisme est en montée fulgurante, avec les immigrants accusés de tous les petits crimes... à un taux réfuté par les statistiques du gouvernement.

Des campements de gitans ont été bombardés, des groupes armées néo-nazi se promène dans le nord du pays et cassent des gueules... et l'on dénombre une croissance d'attaques sur des homosexuels.

Le maire de Rome a refusé dernièrement de permettre aux organisateurs de la marche de la fierté gay de tenir leur parade annuelle dans les rues de Rome.
Mara Carfagna, l'ex-pinup de calendrier sexy, maintenant nommée ministre de l'égalité, a même affirmé qu'il n'y avait pas de raison de tenir de parade puisque l'Italie ne souffre pas de discrimination envers les homosexuels.

Fausto Bertinotti dirigeant du parti Rifondazione Comunista, parle pour sa part de l'avènement d'une nouvelle droite en Italie.

Rifondazione avait appuyé le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi qui a échoué lamentablement aux dernières élections.

Il explique que la nouvelle droite n'est pas fasciste, même s'il utilise des éléments de cette culture-là, exploitant une aversion agressive envers toutes formes de diversité, ou l'insécurité est transformée en peur... et où le besoin d'un bouc émissaire refait surface.

Donc on utilise des éléments du fascisme sans pour autant s'attacher aux racines du fascisme, ce qui élimine en quelque sorte l'attachement des opposants aux fascismes à ses propres racines.

Une thèse intéressante, que l'on pourrait résumer plus simplement du fait que les tragédies de Mussolini ont été oubliées, et donc avec elles les valeurs de la résistance... en quelques sortes, on a perdues les valeurs de base qui ont guidé l'État italien depuis 1947.

Même les observateurs de Berlusconi, au pouvoir pour la 3e fois, avoue que cette fois ci il ne semble pas être guidée par une idéologie particulière.

Il demeure que même si on n'assiste pas à la réémergence du fascisme, il y a définitivement une réémergence du bouc émissaire.

La peur de l'étranger est une colle politique puissante pour construire ce que les chercheurs en politique appellent une coalition négative.

Alors pendant que l'on s'énerve avec qui est coupable ou non de petits crimes, sur une échelle plus large le gouvernement italien, à tous les niveaux, continue de couché avec le privé et traite amicalement avec le crime organisé.

Pendant que l'on accuse le diable d'étranger de tous les maux, Berlusconi fait la promotion de législation qui protégerait la corruption entre entreprises et politiciens : rendant illégale l'écoute téléphone et autres pour des crimes qui ne commande pas moins de 10 ans de prison.

C'est que le crime de la corruption vaut une sentence de huit ans, en Italie.

Donc si Berlusconi remporte son projet, l'écoute clandestine des forces de l'ordre pour trouver des preuves de corruption sera illégale,

Non, l'Italie n'est pas redevenu fasciste, bien qu'il y a énormément de politiciens d'extrême droite au sein de l'État... et le fait que l'on ne pourra plus y vérifier la distribution de pots-de-vin sur une grande échelle pourra mener à quelque chose de tout aussi pire.

ÉLEVAGE DE VIANDE




Les fermes, dans les pays industrialisées, sont devenues extrêmement spécialisées.

La plupart fonctionnent comme partie intégrante de la production d'animaux à la consommation, l'ébergement, l'alimentation de bovins, de porcs, de volaille et la production de grains pour les nourrir.

Ces plantations de grains à animaux sont devenues gigantesques, des monocultures sur des milliers d'hectares.

Les animaux sont élevés dans des milieux où on les confine en grands nombres dans les plus petits espaces possibles.

Souvent, leur bouffe arrive d'assez loin, ce qui fait de leur grossissement une opération assez polluante en GES.

Y'a toute la pollution et les complications de leur purin à déplacer et à épandre qu'il faut prendre en considération aussi.

Si l'on compare les méga-fermes aux petites fermes coopératives et familiales, on voit assez facilement lequel est le plus durable et même productif.

Les grandes fermes sont énergétivores et puantes.

Aux ÉU, le Center for Disease Control note que si vous rester près d'une grosse ferme d'élevage, les risques à votre santé sont beaucoup plus élevés que la moyenne.

Le purin des animaux peut contenir des antibiotiques, des pathogènes, des nitrates, des pesticides, des hormones et des métaux lourds... rien de bon, surtout dans l'eau que l'on boit.

Le but des méga fermes d'élevage, c'est de réduire les coûts en entrant le plus grand nombre d'animaux dans le plus petit espace, tout mécaniser et réduire la masse salariale des travailleurs.

Le pire dans tout ça, c'est qu'un grand nombre d'études démontrent que ce n'est pas la méga industrie agricole qui est la mieux placé pour nourrir le monde.

Au contraire, les petites fermes sont des producteurs d'aliments beaucoup plus efficientes et efficaces.
Surtout dans les pays en voie de développement où les petits fermiers ont une productivité quatre fois plus grande par hectare... tout en étant plus durable.

Oui, le prix des produits des grandes fermes est plus bas, mais si l'on regarde du côté de l'externalisation des coûts : dommages à l'environnement, maladies des animaux qui vivent dans des conditions impossibles, la pollution qui affecte la santé humaine...

Les grandes fermes demeureront nécessaires tant que nous demanderons une grande quantité de viande, des oeufs et des produits laitiers à bas prix.

Aujourd'hui, on veut du stock cheap, bien on l'a, mais à nos risques à long terme.

Pour revenir aux petits fermiers dans les pays en voie de développement... avec la crise alimentaire globale que nous connaissons.... il est réconfortant de savoir que les paysans offrent la meilleure chance de nourrir tout le monde.

La capacité de nourrir ou non les peuples dépend de la propriété des moyens de production. Point.

Cette théorie a été faite par l'économiste réputé Amartya Sen en 1962 et a été confirmée par des douzaines d'études depuis.

Il y a bel et bien une relation proportionnelle inversée entre la taille d'une ferme et les récoltes produites annuellement.

Plus la ferme est petite, plus la production proportionnellement est grande... parfois énorme.

Raison simple à ça : les petits fermiers travaillent plus fort et la qualité est plus grande par hectare que les grands.

Plus d'intensité, de meilleurs systèmes d'irrigation, une plus grande diversité de récoltes, bref, une bien meilleure relation à la terre.

Ce qui mène à un constat intéressant : l'échange équitable... une des seules manières que les petites fermes arrivent à survivre dans un monde de méga-industries agricoles.

L'échange équitable deviendra de plus en plus nécessaire non seulement comme une manière de redistribuer équitablement des revenus, mais comme la seule manière de nourrir la planète.