20 mai 2008

LA LEVÉE 14 MAI 2008

1. Ne touchez pas au téléphone du Hezbollah : les origines de la crise actuelle au Liban
2. Pendant que nos troupes meurent pour la liberté en Afghanistan, l’Arabie saoudite continue d’être une prison à ciel ouvert sans se faire troubler.
3. Un partenaire inattendu pour la paix et la justice dans le monde : le mouvement souverainiste hawaïen.

LIBAN



Le Liban fait présentement face à une crise politique majeur, alors que des combats armés ont éclaté dans plusieurs quartiers de la capitale Beyrouth entre des forces pro- gouvernementales et l’opposition politique menée par l’aile libanaise du mouvement Hezbollah.

Ça fait un an maintenant que le gouvernement libanais maintient le pouvoir étatique sans représentation du Hezbollah ou d’autres partis d’opposition.

Cette semaine le gouvernement a annoncé que le réseau de télécommunications indépendant que le Hezbollah opère à l’intérieur du Liban est illégal… la flammèche qui a parti la crise actuelle.

C’est le système de télécommunications de le Hezbollah qui est considéré comme l’élément clé du succès de sa résistance contre l’armée israélienne durant les attaques de l’été 2006.

On pourrait donc dire que d’annoncer le réseau d’illégal comme l’équivalent d’exiger le dépôt des armes… ce que nous ne sommes vraiment pas sur le point de voir.

Et en trame de fond de la crise libanaise : l’avenir du pays qui se décide selon des points de vue radicalement différents.

C’est un conflit qui oppose le gouvernement pro-occidental, pro-Washington en fait, contre l’opposition menée par le Hezbollah qui refuse toutes formes d’intervention de l’Ouest au Moyen Orient.

Cette semaine avait lieu aussi une grève générale par les opposants au gouvernement libanais… ajoutant encore de l’huile sur le feu.

La grève a été déclenchée la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), la principale organisation syndicale, avec le soutien de l'opposition… qui n’apprécie pas trop la proposition d’un nouveau salaire minimum qui s’élève à près de 160$ par mois.

Et un autre côté de l’histoire implique l’aéroport de Beyrouth où le gouvernement reproche au Hezbollah d’avoir installé des caméras cachées.

Selon certaines sources, le Hezbollah auraient installé les caméras pour garder un œil sur un atterrissage de troupes israéliennes.

Il y a une rumeur qui persiste à Beyrouth voulant que les israéliens fussent sur le point de lancer une attaque contre le Hezbollah à la fin du mois d’avril…

Donc de son côté le gouvernement s’est débarrassé de l’homme en charge de l’aéroport l’accusant d’être trop sympathique au Hezbollah.

Mais encore, faut faire attention de ne pas tomber dans le piège et de voir les conflits au Liban comme étant exclusivement d’origines sectaires.

Non le Hezbollah n’est pas un groupe venant de l’extérieur du Liban, voulant transformer Beyrouth en enclave chiite…
Parce que même parmi les populations Sunnites on considère le Hezbollah comme étant plutôt un mouvement qui défend la cause arabe et palestinienne…

Faut avant tout considérer la réalité économique derrière la situation libanaise, les taux de pauvreté, le peu d’opportunités d’emploi… et bien sur le salaire minimum ridiculement bas qui empêchent qui que ce soit de vire de manière décente…

Mais les gens qui se battent pour l’opposition sont très bien organisés, ce à quoi nous assistons n’est pas un soulèvement ou une rébellion improvisée… non les leaders de l’opposition ont des buts et une vision spécifiques.

Important aussi de noter qu’une bonne partie des forces pro gouvernementales qui se sont battus avec l’opposition venaient d’une région extrêmement pauvre du nord du Liban, mené à Beyrouth par le Mouvement Future qui leur offraient des sous…
Donc le gouvernement libanais est depuis un an anticonstitutionnel… dans le sens que le gouvernement est tenu de représenter toutes les sectes et communautés du Liban.

Dès que les ministres du Hezbollah se sont retirés du gouvernement il y a un an, bien c’est tout le gouvernement qui est devenu illégitime.

Au niveau international, ce qui reste du gouvernement est allié avec les EU, la France, l’Arabie saoudite, et l’Égypte… se voyant donc en tant que partie de la stratégie de UE, EU au Moyen-Orient.

Et dans cette stratégie on vise le désarmement du Hezbollah… ou par une autre passe le démantèlement de son réseau de communication.

On peut se demander que fait l’armée du Liban dans tout ça? Les troupes patrouillent les rues, seulement pour empêcher des tueries sectaires.

Mais c’est bel et bien le Hezbollah qui est la force de l’ordre au Liban.

En parallèle, lorsque le Hamas était devenu une part entière du gouvernement palestinien démocratiquement élu, il a été rejeté par l’Occident. Résultat le Hamas envahit la bande de Gaza… le Hezbollah devient membre du gouvernement libanais, Washington refuse… alors le Hezbollah envahi Beyrouth.

Alors non… ce qui se passe au Liban n’est pas une guerre civile… ni un coup d’État, même si ça ressemble à ça… ce qui se passe c’est une scène parmi d’autres de la guerre contre les ÉU au Moyen Orient…

Le Hezbollah est donc une autre créature qui cause du trouble pour Washington… s’additionnant à la liste : comme le Taliban, Al-Qaida, les insurgés irakiens, et le Hamas, …et Allah seul sait quelles autres sont à venir!

ARABIE SAOUDITE




Je vous parle maintenant du système juridique de l’Arabie saoudite, un pays avec un peu moins population que le Canada… un véritable cirque fondamentaliste qui n’a rien à voir avec les règles de base du droit international.

Un système qui réprime sévèrement le droit et la liberté de parole, et qui en plus est totalement barbare envers les femmes…

Et malgré les injustices quotidiennes, pas un mot de la part de Washington ou d’Ottawa pour dénoncer ce pays ami… Et dans le cas de Bush, ses liens avec l’Arabie saoudite vont encore plus loin… je vous conseille de voir Fahrenheit 911 pour mieux comprendre…

La cour à Jeddah a récemment chargé un coiffeur d’origine turque d’avoir insulté l’Islam…

Un autre, Ra’if Badawi a été accusé d’avoir monté un site internet pour critiquer la police de la religion…

Bien que ça prenne des lois pour contrer des discours qui incitent à la haine et à la violence

Mais le gouvernement saoudien utilise ces lois pour réduire ses critiques au silence.

Donc depuis mars de cette année Badawi est harcelé, et a même été battu par la police et les services secrets, et des hackers sont allés sur son site pour inclure des messages de menaces de mort, ainsi que ses informations privées.

Il a fuit le pays il y a deux semaines.

Et dans le cas du barbier torque, Sabri Bogday, accusé d’avoir sacré… il a été condamné à mort le 31 mars dernier.

Déjà que la sentence est totalement ridicule par rapport au pseudo crime commis, mais la raison et l’histoire indique que les pénalités sévères pour les blasphèmes n’empêchent pas les insultes envers le nom de Dieu…

À la limite, si un pays tient tant à des lois contre le blasphème faudrait que les règles soient très étroitement définies… mais ne doit en aucun cas être jugés des offenses criminelles.

L’Arabie saoudite n’a pas de code pénal, alors les crimes pour des insultes envers l’Islam ou envers Dieu ne sont pas du tout clairement définis…

Alors des avocats et des juges en Arabie saoudite vont souvent attacher des charges criminelles sur un acte sans jamais cite la base légale pour une telle charge.

Donc on met une tonne de personnes en prison pour des allégations d’insulte à l’Islam…

Hadi al-Mutif attend son exécution pour avoir proférer deux mots d’insulte envers le prophète Mohammed en 1993… les exemples abondent d’enseignants mis en prison pour avoir partager des point de vue non orthodoxes sur l’Islam, aussi.

Ça c’est pour la religion… mais il y a aussi un programme de rééducation pour terroristes dans certaines institutions carcérales qui, fait inquiétant, semble faire l’envie du secrétaires aux affaires étrangères britanniques David Miliband…

On estime à 1500-2000 détenus en ce moment dans les programmes de rééducation qui sont retenus depuis plus de trois ans sans accusations ni aucune autre forme de procès légal.

Non, l’Arabie saoudite n’a pas de loi écrite définissant clairement ce qui peut être une offense terroriste.

Plus pathétique encore, lorsque des avocats saoudiens menés par Sulaiman al-Rashudi ont tenté de poursuivre le Ministère de l’intérieur concernant l’emprisonnement arbitraire de ces détenus… ils ont été eux même arrêtés en février 2007.

Alors pour sortir de prison, faut participer avec succès et réussir le programme de rééducation… mais même ça n’est pas une garantie de libération.

Une étude de Human Rights Watch dévoilée à Londres le mois dernier indique à quel point le système de justice saoudien ne respecte aucunement les principes de base de la justice, la règle de loi ou même les standards internationaux de droits humains…

Le rapport était sorti avant que Miliban n’apporte son admiration pour le programme de rééducation…

Parlons du sort des femmes en Arabie saoudite maintenant… ou les politiques d’infantilisation et la ségrégation sexuelle enlèvent aux femmes leurs droits humains de base.

Les saoudiennes doivent obtenir un permis de leur gardien (père, mari, ou même un fils) pour travailler, étudier, se marier ou même avoir accès aux soins de santé.

Essentiellement, les autorités traitent les femmes adultes comme des mineures légales qui n’ont pas d’autorité sur leur propre vie et bien-être…

On empêche même les femmes d’avoir un droit légal sur des décisions quotidiennes par rapport à leurs propres enfants…

Les saoudiennes n’ont pas accès aux agences gouvernementales qui n’ont pas de sections clairement séparées pour les femmes, à moins d’être accompagné d’un gardien mâle.

… et le fameux gardien male peut donc conserver un contrôle sur la femme même s’il a un passé violent ou abusif avec elle.

Et même si la permission d’un gardien mâle n’est pas obligatoire ou exigé selon la politique gouvernementale, des fonctionnaires zélés vont la demander pareil.

Malgré une décision du ministère de l’intérieur de permettre aux femmes de plus de 45 ans de voyager sans permission écrite, les aéroports continues dans demander une…

Côté justice, l’Arabie saoudite n’a pas établi d’âge minimal de responsabilité criminelle pour les filles, alors que la différence de statut juridique d’enfant ou d’adulte est déterminée pour les garçons… selon l’apparition des signes de la puberté!

Alors que l’on s’excite avec la supposée lutte pour la libération du peuple afghan… un pays ami comme l’Arabie saoudite peut continuer à mettre du monde en prison ou des camps de rééducation tout simplement sur des charges de désobéissance au roi, ou pour s’être approché un peu trop de l’autre sexe, les femmes, que l’on infantilise au point d’en perdre toute dignité humaine…

Quand est-ce que l’on envoi nos troupes là-bas?

HAIWAII



Le mouvement souverainiste Kanaka Maolie, des Hawaïens d’origine, a récemment tendu la main aux progressistes de la planète… Et je vous transmets donc l’essentiel de leur message…

Deux projets américains touchant les îles d’Hawaï pourraient faire en sorte de consolider et d’accroître l’hégémonie américaine, ou son empire si vous préférez…

On parle donc d’une militarisation massive et une législation au congrès qui menace l’existence même du mouvement souverainiste Maoli.

Ils disent donc que si vous appuyer la paix et la justice dans le monde, de bien vouloir appuyer la démilitarisation et l’indépendance d’Hawaï.

Depuis 1893, les ÉU ont transformé Hawaï en centre de commande et de contrôle pour l’impérialisme américain en Océanie et en Asie.

À partir des côtes du district de O’ahu, le US Pacific Command dirige ses troupes et son équipement militaire vers pratiquement la moitié de la planète.

Des communautés entières ont souffert d’étranges maladies venant des toxines militaires qui se sont infusés dans le sol et l’eau.

L’économie est menée comme une plantation servant des actionnaires étrangers de transnationales…
Les touristes se prélassent sur les plages ensoleillées de Waikiki pendant que les plages habitées par les Maoli sont polluées de munitions chimiques.

Le mouvement souverainiste Maoli recule quand même assez loin : en 1897 95% de la population Kanaka Maoli avait signé une pétition contre un traité forçant l’annexion d’Hawaï aux ÉU.

Au cours des dernières années la langue et la culture propres aux Hawaïens ont fait un retour en force parmi les familles et les écoles… même les pratiques spirituelles indigènes reviennent…Et les conversations sur la possibilité de la souveraineté d’Hawaï gagnent en popularité.

Mais en arrière fond de tout ça se trouve le Akaka Bill, le Native Hawaiian Government Reorganization Act… discuté dans les corridors du Congrès américain.

Le projet de loi est promu par l’élite corporative et politique d’Hawaï comme étant un véhicule pour la justice raciale.

Mais il enterrerait, selon ses critiques, la plus importante victoire des quatre dernières décennies, c’est-à-dire la montée d’un mouvement d’auto-détermination, et la possibilité d’une indépendance politique… mettant à la place une loi qui effacera les réclamations historiques de terre et de souveraineté.

Je rappelle qu’Hawaï est avant tout une colonie militaire des ÉU, bien avant d’être une colonie pour vacanciers…
… et que les trios candidates à la présidence ont signalé leur appui au Akaka Bill.

Les pacifistes et humanistes qui veulent un meilleur monde devraient appuyer le mouvement pour l’indépendance d’Hawaï… Aloha!

08 mai 2008

LA LEVÉE 8 MAI 2088

1. Bolivie
2. Attaque démocratie Amérique latine
3. Obama et Wright
4. Pharmaceutiques et OMS


BOLIVIE



Commençons l’émission par le pseudo référendum tenu dimanche dernier en Bolivie…

Près de 86% des votants, sur une population de 2,5 millions d'habitants, se sont prononcés pour l'autonomie, mais 40% se sont abstenus…

Donc dans un référendum pour l'autonomie de ce département riche en gisements de gaz, qui concentre 30 % du PIB du pays andin - le plus pauvre du sous-continent.

Premier d'une série de quatre consultations organisées par les dirigeants conservateurs des régions de l'est du pays, était rejeté par le président Evo Morales et boycotté par ses partisans.

Au coeur des nouvelles tensions en Bolivie se trouvent les plans par l’élite du département de Santa Cruz à l’Est, le château fort de l’oligarchie de la Bolivie, de reprendre le contrôle face au gouvernement central d’Evo Morales.

Malgré le fait que le référendum ait été déclaré illégal par la cour électorale nationale, la cour électorale de Santa Cruz a décidé d’appuyer le processus.

Les géants de l’agrobusiness sont en guerre contre Morales à la suite de récentes décisions de limiter les exportations de certains produits agricoles, pour affronter la crise alimentaire qui sévit partout.

Depuis l’inauguration de Morales en 2006, l’élite politique et économique du pays se sent menacée par le premier gouvernement autochtone de la Bolivie… et vue que la Bolivie est composée au 2/3 de population autochtone bien l’élite s’est retranchée dans l’est du pays.

Nationalisation du gaz, la convocation d’une assemblée constituante pour réformer la constitution, l’implantation de programmes sociaux importants pour renverser la pauvreté et des siècles d’oppression… bref, toutes des actions qui ont motivé l’élite d’accélérer leur campagne de déstabilisation.

Ils en veulent surtout à la réforme agraire, qui a redistribué des centaines de milliers d’hectares de terres aux paysans…

Derrière les appels à l’autonomie se trouvent donc des intérêts économiques qui espèrent remettre plus de pouvoir à l’opposition de Morales qui contrôle l’est du pays, et donc plus de contrôle sur les ressources naturelles qui se trouvent en majorité dans l’est.

Je rappelle que la Bolivie est assise sur la deuxième plus grande réserve de gaz naturelle de l’Amérique du sud, après le Venezuela.

La campagne référendaire sur l’autonomie a comme but donc de déstabiliser le gouvernement Morales mais surtout d’atteindre l’avènement d’un État indépendant dans l’est où il y a toutes les richesses… et tous les blancs…

Il y a donc beaucoup de racisme dans cette campagne, une peur de la «revanche indigène».

La Bolivie semble donc être la première cible d’une attaque en règle contre la révolution rose en Amérique latine.

Le 22 avril dernier a eu lieu le sommet de l’alternative bolivarienne des Amériques, réunissant le Venezuela, Cuba, Nicaragua la Bolivie et l’île de Dominique.

Une déclaration de solidarité envers le peuple de la Bolivie a été signée par les chefs des pays présents.

La déclaration affirme que les nations de l’ABA rejetaient les plans de déstabilisation qui visent la paix et l’unité de la Bolivie.

Que les pays de l’ABA ne reconnaîtront aucune figure juridique qui souhaite se séparer de l’État national de la Bolivie ou qui viole l’intégrité territoriale de la Bolivie…

Espérons que ce soit la même approche du Canada, des États-Unis et des pays de l’Ouest en général…

Mais… sans chercher à créer des théories de conspiration… j’ai l’impression que Washington a du avoir un rôle à jouer dans tout ça… je parlais donc d’une attaque en règle contre la révolution rose en Amérique latine?

Après la musique on se déplace au cœur de cette attaque : la Colombie et le Venezuela…


ATTAQUE SUR LA DÉMOCRATIE AMERIQUE DU SUD




Au-delà de l’horrible chaos de sa guerre en Iraq en Afghanistan et de ses plans contre l’Iran, Washington mène une autre sorte de guerre sur un autre continent : sa cour arrière, l’Amérique latine.
Utilisant des pantins, Washington vise à restaurer et renforcer le contrôle politique des groupes privilégiés qui s’appellent eux même la classe moyenne…. Mais qui est dans les faits la classe riche et dominante.
Le but c’est d’éteindre les espoirs des masses pauvres, encouragées par les réformes politiques au Venezuela, l’Équateur et la Bolivie.
… et comme en Afrique du sud, le racisme joue pour beaucoup dans la lutte des classes en Amérique latine. Par exemple au Venezuela, où on a longtemps ignoré les pauvres, voire détesté.
Dans les médias privés au Venezuela, on a du mal à cacher sa haine pour le mouvement d’Hugo Chavez et ceux qu’ils tentent de sortir de leur misère.
C’était le plus évident lors du coup d’état manqué contre Chavez en avril 2002… qui était rappelons le immédiatement appuyé par Washington.
Et maintenant la guerre contre la démocratie en Amérique latine a sa ligne de front en Colombie et sa première cible est bien sûr le Venezuela.
Pas difficile de comprendre pourquoi : un des premiers gestes de Chavez a été de revitaliser l’OPEC et de forcer la montée en flèche des prix du pétrole.
En même temps il réduisait le prix du pétrole pour les pays les plus pauvres des Caraïbes et de l’Amérique centrale… a utilisé la nouvelle richesse du Venezuela pour rembourser des dettes nationales, notamment celle de l’Argentine… rejetant le FMI d’un continent sur lequel il effectuait un contrôle morbide.
Chavez a réduit la pauvreté extrême de moitié… pendant que le PDN montait en flèche.
C’est ça la pire ironie : les riches sont juste devenus plus riches sous la gouvernement de Chavez!
Mais tout ça est noyé dans la propagande intraitable des médias locaux et de chez nous disant que Chavez planifie l’instauration d’une dictature…
L’autre côté de la frontière se trouve la Colombie, que les ÉU ont transformée en Israël de l’Amérique latine.
Sous le Plan Colombie plus de 6 milliards de dollars en armes, en avions, en forces spéciales, en mercenaires et en logistiques ont été données aux groupes les plus meurtriers de la planète.
Les paramilitaires de la Colombie, proches du gouvernement, ont commis des actes atroces entre les années 1996 et 2006 : 31 656 assassinats et disparitions forcées…
Les paramilitaires sont responsables du déplacement forcé de trois millions de personnes en Colombie.
L’homme de confiance de Bush et je dirais même de Harper en Colombie est le président Ivaro Uribe, un Pinochet des temps modernes.
Jusqu’à présent, 62 de ses alliés politiques se sont trouvés sous enquête pour leur proche collaboration avec les paramilitaires et leurs escouades de la mort.
Depuis 2002, au moins 31 journalistes ont été assassinés en Colombie… et l’an dernier seulement, quatre journalistes majeurs ont été menacés de mort après la publication d’articles critiques sur Uribe.
Le 10 mars dernier, l’administration Bush annonçait commencer le processus de la mise en place du Venezuela sur la liste des États terroristes, avec la Corée du Nord, la Syrie, Cuba, le Soudan et l’Iran… qui attend pour sa part une attaque de l’État terroriste numéro un : les ÉU.
Tout ça le résultat direct du Plan Colombie et sa pseudo guerre contre la drogue… dont le vrai but était d’éliminer les FARC….
Tout ça base sur le modèle de la campagne des Contras mené par la CIA au Honduras au cours des années 1980 qui visait l’élimination du gouvernement réformiste du Nicaragua.
La défaite des FARC est un prélude à une attaque en règle contre le Venezuela si l’élite du pays gagne confiance lors des élections générales en novembre prochain.

OBAMA ET WRIGHT



Jeremiah Wright, le preacher ex ami et guide spirituel de Barack Obama a fait beaucoup de bruit la semaine dernière… mais il a résumé sa motivation ensuite en disant qu’il a bien le droit de dire ce qu’il veut puisque ce n’est pas lui qui se présente pour une élection…
Le révérend Wright est un preacher afro-américain qui n’a aucune hésitation à utiliser des mots comme impérialisme, les opprimés, les oppresseurs et le désir de Dieu pour un changement radical…
Rev. Wright is an unapologetic African American preacher who has no hesitation speaking the truth in the best of the religious prophetic tradition.
Il a aussi dit qu’un pays ne peut pas terrorise d’autres peuples et ne pas s’attendre à des répliques terroristes…
Pour sa part, Barack Obama cherche à s’élever dans le monde à travers le parti democrate…qui est l’aile gauche du duopole au pouvoir avec le parti républicain…
Obama a dit le 29 avril dernier lors d’une conférence de presse où il reniait officiellement ses liens avec son pasteur de 20 ans que c’était devenu clair que le révérend Wright a un point de vue global en contradiction du mien…
On peut comprendre qu’avec l’attention médiatique mise sur Obama, qu’il ait voulu une fois pour toute exposer les profondes différences de point de vue global entre lui et Wright… qui existent vraiment, après tout… pour ceux qui prennent le temps de lire son livre The Audacity of Hope.
Mais ce n’était pas vraiment nécessaire pour lui d’utiliser des mots comme «diviseur et destructeur» pour qualifier les discours de Wright… spectacle, des railleries non fondées dans la vérité…
Il y avait du très bon comme du très mauvais dans le discours de Wright au National Press Club, l’endroit d’où émerge toute la controverse… mais Obama a tout rejeté en bloc.
Pourtant, Barack Obama a jusqu’à présent fait un réel effort pour mener une campagne électorale différente, une basée sur les sujets, la politique, plutôt que les attaques personnelles sur les adversaires.
Mais dans le cas du révérend Wright, Obama a échoué… les médias de masse américaines l’ont fait plier dans ses principes…
Si Obama gagne la nomination democrate et éventuellement la présidence, on devra s’attendre à d’autres moments où il rejettera ses positions progressistes.
Souhaitons maintenant qu’avec l’affaire Wright derrière lui qu’il garde le cap sur une campagne aux discours progressistes et qu’il mène le combat pour des politiques gouvernementales progressistes…


PHARMACEUTIQUES ET OMS



Les nations du monde débattent présentement sur la nature de nouveaux mécanismes de recherche et de développement dans le domaine médicale.
On cherche à faire la promotion de l’innovation tout en rencontrant les besoins particulier des pays en voie de développement afin d’assurer les médicaments essentiels leur soit rendu peu importe leur revenus.
Des conclusions positives aux cours de ces négociations aux bureaux de l’OMS, organisation mondiale de la santé… pourraient produire des bénéfices spectaculaires pour la santé publique aux cours des prochaines années et décennies.
Les besoins longtemps ignoré des pays pauvres pourront enfin être adressées…
De nouveaux produits importants pourraient devenir abordable pour tous les patients, pas seulement pour les gens vivant dans les pays riches ou tout simplement riche.
De nouveaux systèmes de collaboration, de nouvelles manières de mener de la recherche et du développement menant à des réalisations scientifiques concernant des nouvelles menaces à la santé publiques pourraient voir le jour.
Mais il y a une ombre sur les négociations à l’OMS, eh oui vous avez deviné : les grandes compagnies pharmaceutiques.
Ces compagnies sont très inquiètes du fait que de nouveaux mécanismes de recherche et de développement pourraient brasser le système du monopole des brevets autour duquel ils ont construit leur modèle d’affaire qui permet de générer des profits annuels indécents.
Dans un effort de rediriger les négociations à l’OMS qui mèneraient à des mesures visant le bien-être et le progrès public plutôt que les profits des actionnaires, l’industrie pharmaceutique déploie tous ses instruments d’influence politique.
Comme prévu, on tente donc d’influencer les positions officielles des gouvernements des pays riches assis à la table des négociations de l’OMS.
Récemment on note de l’intransigeance décevante de la part des ÉU, de l’UE et du Japon… qui fait dévier la ligne des négociations antérieures…
Le IFPMA, International Federation of Pharmaceutical Manufacturers and Associations a rempli les corridors à l’extérieur des salles de négociations de lobbyistes…
L’IFPMA a 59 personnes d’officiellement enregistré pour participer aux rencontres.
Encore plus insidieux, l’industrie finance des groupes d’intérêt pantin et des think tanks alliés qui ensemble discréditent toute l’initiative de l’OMS…
Un réseau global de soi disant penseurs indépendants avec des liens très proches à l’industrie pharmaceutique remplissent les journaux et médias du monde avec leurs opinions dénonçant les négociations de l’OMS.
On comprend la motivation de l’industrie pharmaceutique qui cherche à influencer les négociations à l’OMS concernant l’innovation et l’accès aux médicaments…
Mais on sait fort bien chez les hauts placés que l’industrie n’a pas tout à fait le point du vue favorable de la part du public… c’est la raison pour laquelle on procède d’une manière beaucoup plus subtile pour influencer les choses… comme la nouvelle politique globale sur la santé publique.
Ce que l’on tente de faire à l’OMS en ce moment est capitale pour la santé mondiale… ce n’est pas juste une question de donner de l’argent aux pays qui n’en ont pas… ça concerne surtout des changements aux règlements de l’innovation médicale… s’arranger pour que les nouvelles drogues dont on aura partout besoin soient bien développé et accessible à ceux qui en ont besoin.
Mais avec des intérêts financiers aussi élevés, est-ce que les gouvernements présents aux négociations auront le courage de passer à travers et faire la bonne chose?
Grâce à la campagne de pression de l’industrie pharmaceutique, bien, ça reste à voir.

LA LEVÉE 23AVRIL 2008

GREENWASHING




Hier c’était la 38e journée de la Terre, et encore une fois l’événement se produit avec sa dose épaisse de peinture verte qui couvre tout.

Des compagnies comme Wal-Mart qui annonce des initiatives environnementales, General Electric et sa campagne d’écomagination…

Le programme de conversion de factures papier en factures électroniques, en partenariat avec Desjardins et Vidéotron

De lundi à dimanche, les marchands IGA verseront à l'organisme 10 ¢ par transaction lorsque des clients apporteront leurs sacs, et les consommateurs seront également invités à faire une contribution.

L'argent amassé permettra de créer un Fonds Écomunicipalité IGA, permettant de financer un projet environnemental.

Home Depot Canada offrira pour sa part un soutien à une municipalité aux prises avec un problème d'algues bleues.

En surface, toutes de belles initiatives, mais qui en font plus pour l’image, la marque des entreprises que pour sauver la Terre.

Le plus gros problème avec le Jour de la Terre c’est que c’est devenu un rituel de sympathie pour l’idée de protection environnementale…

On nous répète sans cesse que de petites choses quotidiennes, comme retourner ses bouteilles, apporter ses sacs en coton, fermer le robinet lorsque l’on se brosse les dents…

Tout ça ne mène à absolument rien sur le long terme sans de grandes actions systémiques en plus.

La transformation du Jour de la Terre en cette nouvelle version corrompue par les entreprises n’a pas été un accident.

C’est le reflet de stratégies très méticuleusement calculées par l’industrie des relations publiques qui a compris à coup de sondages que la majorité des gens s’inquiètent de l’impact humain sur la planète et les dommages causés aux écosystèmes.

Donc au lieu de convaincre le public qu’il n’a pas à s’en faire autant, on a préféré prendre la voie de la propagande environnementale.

Les clients de l’industrie pourront ainsi poursuivre leurs activités profitables tout en se drapant d’intentions vertes.

C’est du lavage au vert, du greenwashing, l’appropriation de vertus environnementales par une entreprise, une industrie, le gouvernement et même une ONG pour créer une image écologique, pour vendre un produit ou une politique… ou pour réhabiliter leur image après s’être sorti une controverse.

L’industrie des relations publiques avec le lavage au vert est à la fin une tentative d’obscurcir la conscience écologique, de la polluer, en polluant le langage et la pensée…

Empêchant les masses de réfléchir clairement et d’amener des changements au seul endroit où ça compte : l’arène politique.

Une manifestation afin de « se réapproprier » le Jour de la Terre a d’ailleurs eu lieu dimanche à Toronto.

Les organisateurs voulaient notamment condamner les solutions faciles proposées par le Jour de la Terre, qui servent à déculpabiliser les gens par rapport à leur impact sur l’environnement.

Malgré tout, il y a de bonnes initiatives et ce n’est pas tout qui est complètement du greenwashing… Mais faut savoir reconnaître une campagne de lavage à vert avant.

Super site en anglais, SourceWatch donne des exemples de greenwashing à travers la planète.

Faut pas être totalement cynique non plus… Mais plus intelligent. L’hygiène de son environnement mental… Tiens! Pourquoi pas commencer votre ménage du printemps par l’intérieur de votre boîte crânienne?

NON VIOLENCE



L’émeute après le match du Canadiens lundi soir m’a fait réfléchir à toutes les fois où il y a de la casse et des conflits avec les escouades anti émeutes…

En 1933 Ghandi avait écrit que la stratégie de l’activisme non violent, qu’il appelait aussi la loi de l’amour, allait fonctionner tout comme la loi de la gravité, que l’on le veuille ou non…

Et si on regarde des exemples à travers l’histoire : en Chine antique, les débuts du christianisme, le démantèlement de l’Union soviétique, la fin de l’Apartheid en Afrique du sud… de bons exemple de mouvements non-violents qui ont fonctionné.

Et on serait porter à croire, en se rappelant d’autres exemple comme le soulèvement anti-colonial en Inde, le mouvement pour les droits civils aux sud des ÉU… que plus personne allait en douter.

LA LEVÉE 16 AVRIL 2008

1. Pendant que les Haïtiens affamés prennent les rues, nous verrons le rôle que la gauche au Québec a joué dans leur destin.
2. Alors que la junte militaire approfondi son pouvoir : nous retournons voir les progrès accompli par l’envoyé spécial de l’ONU au Myanmar
3. Et devant ses propres déboires financiers, est-ce que le Fond Monétaire International changera ses politiques économiques? C’est ce que nous allons voir…

HAITI




J’ai tenté d’avoir Yves Engler en studio ou du moins au téléphone… un activiste de Montréal, chaque fois qu’il publie quelque chose dans les médias indépendants je ne peux qu’être admiratif devant son travail d’enquête et la clarté de sa vision.

Dans sa plus récente publication, il expose pour tous les progressistes anglophones d’Amérique du Nord et ailleurs l’état lamentable de la gauche au Québec.

Vous êtes tous au courant des récentes manifestations des Haïtiens qui dénoncent la hausse rapide des coûts des aliments de base.

Bien que la planète fait face à la montée des prix du riz, du blé et du mais… la famine des Haïtiens est en grande partie la faute de la gauche au Québec.

Yves Engler rappelle à quel point des entreprises et des ONG bien de chez nous ont non seulement provoqué le coup d’État contre Jean-Bertrand Aristide le 29 février 2004, mais qu’ils ont su en tirer profit, aussi.

La police du Québec est aussi présente en Haiti depuis l’enlèvement forcé du président démocratiquement élu.

Les politiciens qui ont influencé la décision d’Ottawa d’aider au renversement d’Aristide sont tous des Québécois : Pierre Pettigrew, Denis Coderre, Denis Paradis… des libéraux qui ont agi avec l’appui indéniable du Bloc Québécois.

Au summum de la campagne de déstabilisation contre le gouvernement haïtien en février 2004 la FTQ, la fédération des travailleurs du Québec a activement participé à la campagne de salissage d’Aristide.

Je vous invite à lire l’article d’Engler qui est affiché sur le site de La Levée pour y voir tous les détails… qui pour une organisation de gauche qui se dit démocrate basé sur des valeurs humaniste… c’est assez choquant, même 4 ans après de constater ça.


La condamnation du gouvernement élu d’Aristide prenait place au même moment où une invasion paramilitaire terrifiait le pays…

Une invasion appuyée par la CIA, oui, la CIA, qui payait les salaires de grotesques criminels comme Guy Philippe et Jodel Chamblain.

Pas un mot de la FTQ sur le syndicat des transports qui a été détruit après le coup d’État, les bureaux de la Confédération des Travailleurs haïtiens qui ont été attaqué en septembre 2004… voire même les violations des droits humains flagrantes qui avaient lieu quotidiennement après le Coup.

La FTQ, ainsi que la CSQ, la Centrale des syndicats du Québec, sont membres de la CPH, la Concertation pour Haïti.

La CPH dont je rappelle avait traitée Aristide de tyran et son gouvernement de dictateur, de régime de terreur… moi-même, qui connaissait l’histoire récente d’Haiti par cœur à l’époque, n’en revenait pas de ce qui se disait… et si vous allez voir le site de La Levée dans le temps vous le constaterez…

Même Luck Mervil avait mené une marche dans les rues de Montréal demandant le renversement d’Aristide.

Engler nous rappelle le rôle de la douzaine d’organisations non gouvernementales qui oeuvrent, en fait, qui dépendent des fonds d’Ottawa et d’ailleurs pour œuvrer en Haïti…

Ces ONG divisent et minent les mouvements en Haiti, surtout le mouvement Lavalas, un exemple de ce que la démocratie de base peut accomplir, les ONG ont donc subventionnées et appuyé des groupes d’opposition.

En juin 2005, le représentant d’Alternatives François L’Écuyer a même admis que les 15 groupes avec lesquels Alternatives travaille sont anti-Lavalas.

Même Québec Solidaire n’a pas été foutu de dénoncer au cours des 4 dernières années le rôle du Québec dans le Coup qui a fait reculer les droits des Haïtiens les plus pauvres.

En 4 ans après le Coup, on ressent encore en Haïti la répression de l’État et des troupes de L’ONU… une hausse significative des enlèvements, des désordres sociaux de toutes sortes, ainsi que l’augmentation des prix des aliments de base.

Malgré tout, des dizaines de milliers d’Haïtiens continuent de manifester et de demander le retour de leur président en exil.

Y’a des preuves abondantes, en articles, en livres, en documentaires, de la vérité derrière le renversement du gouvernement de Jean-Bertrand Aristide… Pourtant, la gauche au Québec continue soit de nier ce qui est arrivé, soit de rester totalement muet. Pourquoi??

MUSIQUE

Yves Engler pose la question et propose une réponse qui ma foi semble tout à fait plausible.

C’est peut-être à cause du nombre important d’entreprises et d’ONG qui oeuvrent en Haïti… et qui, pour des raisons totalement illégitimes, voire impérialistes, en voulaient au mouvement Lavalas.

L’Église catholique du Québec, qui depuis des décennies envoi des missionnaires en Haïti, en voulait au gouvernement Aristide d’avoir ouvert la porte à la religion voodoo, légalisant des mariages, des baptêmes et des funérailles voodoos.

Y’a la question de la langue qui joue aussi… la majorité haïtienne ne parle pas le français, mais plutôt le créole.

Le français c’est la langue de l’élite… alors qu’on le veule ou non, en allant renforcer le français en Haïti les Québécois participent à la lutte de classe brutale du pays.

Pour revenir à la FTQ, Engler fait le lien ignoré par nos médias entre la fédération et la compagnie de T-shirt Gildan dont il est propriétaire à 12%.

Gildan a une usine à Port-au-Prince, en fait, Gildan est même allée jusqu’à fermer ses usines en Amérique du Nord pour agrandir ses opérations en Haïti et en République dominicaine.

Et le sous-traitant principal de Gildan est Alpha industries, propriété de Andy Apaid, la tête du groupe des 184, l’opposition principale à Aristide menant au Coup d’État.

On présume que Gildan et Apaid n’étaient pas très heureux de la décision du gouvernement Aristide de doubler le salaire minimum en février 2003…

La FTQ a aussi des liens avec SNC-Lavalin… qui, par hasard, a été le principal bénéficiaire des contrats de reconstruction en Haïti après le Coup.

Alors, en somme, selon l’excellent article d’Yves Engler, il semble y avoir quatre raisons principales qui avaient mené la gauche au Québec à appuyer l’intervention brutale contre le gouvernement élu d’Haïti :

La langue française, les missionnaires, les entreprises basées au Québec, et les fonds d’Ottawa qui font vivre les ONG…

Qu’est-ce qui reste de la gauche au Québec? Un mouvement prêt à s’allier avec l’élite d’ici et celle d’Haïti contre la masse pauvre haïtienne…

Une gauche qui participe à notre forme d’impérialisme…même proche d’Ottawa et de Washington? J’espère vraiment que ça va changer… c’est à nous tous de faire en sorte que oui.

MYANMAR




Vous vous rappelez de la Birmanie, le Myanmar et sa répression contre les bouddhistes?
L’envoyé spécial des Nations unies est dans l’eau chaude parce qu’il n’a pas du tout réussi à faire bouger la junte militaire ne serait-ce d’un pouce vers une réforme politique véritable.
Mais faut pas trop en vouloir au pauvre Ibrahim Gambari… le blâme revient clairement aux pays avoisinants le Myanmar : la Chine, l’Inde et la Thaïlande.
En février dernier la junte militaire a annoncé la tenue d’un référendum le mois prochain sur une nouvelle constitution controversée.
… qui sera suivi par des élections générales en 2010… mais les critiques disent que la nouvelle constitution ne fera qu’approfondir et valider le contrôle de la junte militaire.
Pour revenir aux pays voisins, le Premier ministre de la Thaïlande, Samak Sundaravej, a mené une délégation au Myanmar le mois dernier pour signer des ententes bilatérales de toutes sortes.
La Chine pour sa part a obtenu les droits d’acheter le gaz naturel de la Baie du Bengale… le gaz montera par pipeline jusqu’au sud de la Chine.
Une autoroute longera le pipeline pour connecter la Chine au port principal du Myanmar.
L’Inde a été plus sévère envers la junte militaire et a donc cessé de leur vendre des armes depuis novembre dernier.
Mais l’Inde demeure en besoin de gaz aussi alors on y investira 100 millions $ pour développer les réseaux de transports entre les deux pays.
Tout ça pour dire que ces investissements à coup de centaines de millions ne seront pas redistribués à la population du Myanmar… ça ira plutôt dans les comptes en banque des généraux qui ont tout intérêt à solidifier leur mainmise sur le pays.
Alors oui dans ce contexte là, les missions de Gambari, monsieur l’envoyé spécial de l’ONU sont sans espoir…
Pas étonnant, donc, que les pays asiatiques voisins sont en faveur des visites répétées de Gambari… ça l’entretien la mascarade, l’illusion qu’ils sont le moindrement concernés par les droits humains au Myanmar.

FMI



Faut toujours garder un œil sur le FMI, le Fond monétaire international…

Le directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn a affirmé récemment que les gouvernements du monde devront être appelé à intervenir devant la crise financière globale…

C’est curieux venant de la part du FMI, qui n’a jamais été un fan de l’interventionnisme d’État dans l’économie… surtout chez les pays pauvres où il a tout fait au cours des 20 dernières années, à travers ses programmes d’ajustement structurels, pour imposer le fondamentalisme de marché, la privatisation, la déreglementation…

Bref, des politiques macro-économiques néo-libérales qui ont tout fait sauf réduire la pauvreté dans le monde, contrairement à sa mission officielle…

Le FMI tire son pouvoir par le rôle qu’il joue dans les grands cercles de créditeurs et de pays donateurs...

Qui avancent des prêts aux États sous les bonnes grâces du FMI qui prend soin de déterminer quels pays son en mesure d’adopter des politiques économiques en ligne avec son idéologie.

Des preuves de l’échec flagrant du FMI en voulez vous en voilà : les privatisations massives ont mené à des concentrations indécentes de richesse et fortement encourager la corruption.

La déréglementation a contribué à des crises financières.

Le modèle macro-économique a appauvri des dizaines de millions de personnes…

Les limites de dépenses imposées aux gouvernements et la lutte obsessive contre l’inflation a empêché les pays en développement d’investir dans leur systèmes de santé et d’éducation.

Et bien qu’au tournant de l’an 2000 le FMI a promis de réformer ses conditions imposées sur les pays pauvres, mais selon un nouveau rapport d’eurodad, le European Network on Debt and Development, on apprend que rien n’a changé au cours des 6 dernières années…

Une chose a changé, par contre. Peu impressionnés par les performances du FMI, des pays aux revenus moyen ont choisi de rembourser la totalité de leur dette au FMI… et ils ne comptent pas emprunter d’autres sous.

Le FMI a donc perdu sa mainmise sur ces pays là… mais continu d’imposer sa volonté sur les pays les plus pauvres de la planète.
Et de son côté, le fond monétaire international lui-même devra affronter une période d’austérité dans son budget, justement parce qu’il a perdu les revenus venant des intérêts de dettes des pays à revenu moyen.
Le FMI devra couper son nombre d’employés de 20%... et devra vendre une partie de son stock en réserves de lingots d’or…
Mais la vente d’or devra être approuvé par le congrès américain… c’est là que le jeu devient intéressant : si le congrès accepte que le FMI vend son or, l’institution financière gagnera son indépendance et le congrès n’aura plus de pouvoir sur ses opérations.
Il y a donc un mouvement progressiste aux ÉU qui exige du congrès qu’il impose ses conditions sur le FMI afin qu’il change sa politique économique.
Monsieur Strauss-Kahn dirige le FMI depuis septembre dernier… peut-être est-il prêt à revoir le fondamentalisme de marché de l’institution.
On verra. La semaine dernière le FMI annonçait que les pays africains n’ont pas besoin d’augmenter leurs taux d’intérêts en réponse à l’inflation causé par la hausse des prix en aliments et en essence… et que même, hérésie totale, les États peuvent subventionner les secteurs qui en ont besoin!
Petit progrès s’il en est un! Merci aux pays à revenu moyen de faire goûter au FMI sa propre médecine ça va peut-être les réveiller un peu…

16 avril 2008

La gauche québécoise et Haïti

Québec & Haiti

April, 14 2008

By Yves Engler



Over the past century, a line has divided the left around the world. On one side sit "progressive forces" willing to support imperialism and war, usually in return for a "seat at the table" or some other perk of power. The most discussed example of Left support for imperialism was at the beginning of the First World War when most parties of the Second International sided with their own ruling class and governments in the slaughter that followed. On the other side of the Left divide, are those individuals and organizations that take a principled position in favour of real democracy for all the world's people and oppose imperialism and colonialism in all its forms, especially when it is their ruling class involved. Some might say the former is the "pretend Left" and the later the "authentic Left."

So what sort of Left is there left in Québec? To help answer this question the case of Haiti is instructive.

Corporations based in this province such as SNC Lavalin, St. Genevieve Resources and Gildan Activewear reaped rewards from the overthrow of Haiti's elected government on Feb. 29, 2004. Québec City provided the coup government with important political support. "Various Haitian ministers have visited Québec, particularly in the fall of 2004" reports the government's website. During the coup government's reign, Jean Charest made the first-ever official trip by a Québec premier to Haiti. (The government's website boasts that Charest met the, US-installed Prime Minister Gerard Latortue four times). These visits helped advance a variety of educational and legal initiatives by this province to further subordinate Haitian political sovereignty. And since the coup, Québec police have been at the forefront in reestablishing foreign control over Haiti's police force.

The politicians who shaped Ottawa's decision to help overthrow Haiti's elected President, Jean Bertrand Aristide, were all Québec-based Liberals (Pierre Pettigrew, Dennis Coderre and Denis Paradis). These federalist politicians acted with firm support from the Bloc Québecois. In a telling example, at a meeting of the Standing Committee on Foreign Affairs and International Trade, Bloc MP Pierre Paquette criticized the NDP for using the word "removal" to describe what happened on Feb. 29, 2004 to Aristide. Paquette insisted the NDP's Alexa McDonough use the word "departure" instead.

As an advanced capitalist state, Québec support for Western imperialism in Haiti should not be surprising. Already, thirty years ago, the Parti Québecois stated that an independent Québec would continue its membership in NATO, NORAD and even the Commonwealth. What's surprising is the extent to which the ‘left' has been a participant in Québecois imperialism.

A recent report published by Alternatives, considered to be one of Québec's most ‘left'-leaning non-governmental organizations, provides an eye into this province's colonial attitude vis-a-vis Haiti. The most disturbing statement in the report titled "Haiti: Voices of the Actors" reads: "In a country like Haiti, in which democratic culture has never taken hold, the concept of the common good and the meaning of elections and representation are limited to the educated elites, and in particular to those who have received citizen education within the social movements."

According to Alternatives, Haitians are too stupid to know what's good for them, unless, that is, they've been educated by a foreign NGO. The report, which was financed by Ottawa, is full of other attacks against Haitians and the country's popular movement. "Haiti: Voices of the Actors" is simply the latest example of (near unanimous) Québec ‘Left' support for western intervention in Haiti.

At the height of the destabilization campaign against the elected government in February 2004 the province's largest union federation, the Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), forcefully opposed the Haitian government. On February 12th, the FTQ sent out a partisan press release condemning the Aristide government. On February 16th and 17th, Fernand Daoust, the former head of the FTQ, along with representatives of Québec's next two biggest union federations, participated in an international union delegation critical of Haiti's government. The delegation garnered significant media attention in Haiti and after returning from Haiti, Daoust was quoted throughout the Québec media denouncing the Aristide government. On March 1st, a day after the elected president was removed by US marines, the FTQ sent out a press release celebrating the release of detained union activists and calling on the international community to "help Haitians build democracy in their country."

The FTQ's condemnations of Haiti's elected government took place while a CIA backed paramilitary invasion (led by well-known thugs such as Guy Philippe and Jodel Chamblain) terrorized the country. All the while, a well-orchestrated and internationally (principally the US, France and Canada) financed destabilization campaign against Haiti's government was under way. It is clear that the FTQ's criticism of Haiti's government contributed to a successful destabilization campaign that helped justify Canada's participation in the coup.

To the best of my knowledge, the FTQ has not commented on the transport union that was destroyed after the coup, the Confederation de Travailleurs Haitiens (CTH) offices attacked in September 2004, the death threats by the police against CTH leader, Lulu Cherie in December 2004 or the massive increase in human rights violations after the coup.

The FTQ, as well as the province's third largest union federation, the CSQ, are members of the Concertation Pour Haïti (CPH) - along with Development and Peace, Amnesty Internationale (Québec chapter), Entraide Missionnaire and a half dozen other NGOs. The CPH is an informal group that branded Aristide a "tyrant," his government a "dictatorship," and a "regime of terror" and in mid-February 2004 called for Aristide's removal. The CPH's antagonism towards Aristide's Lavalas party wasn't merely a by-product of the political upheaval of February 2004.

The CPH repeated the claim first made by Haiti's ruling elite that Lavalas launched an "Operation Baghdad," which included beheading police officers. Numerous observers have noted that "Operation Baghdad" was simply pro-coup propaganda designed to divert attention from the de facto government's misdeeds, particularly the murder of at least five peaceful, pro-constitution demonstrators on September 30, 2004.

In a January 27, 2006 letter to Allan Rock, Canada's ambassador to the UN, the CPH and Montreal-based Rights & Democracy echoed the extreme right's demand for increased repression in the country's largest poor neighborhood and bastion of support for the ousted president, Cité Soleil. A couple of weeks after a business-sector "strike" demanding that UN troops aggressively attack "gangsters" in Cité Soleil, the CPH questioned the "true motives of the UN mission." The letter also questioned whether UN forces were "protecting armed bandits more than restoring order and ending violence."

Criticizing the UN for softness in Cité Soleil flies in the face of evidence of its brutality there, including a murderous attack on a hospital documented by English-speaking Canadian solidarity activists just prior to the CPH letter. Of course, the most stark example of UN repression in Cite Soleil was a raid on July 6, 2005 to kill a "gang" leader. That operation left at least 23 civilians dead. (Kevin Pina's film Haiti: The UNtold Story documents the chilling brutality of UN forces.)

The Centre for International Studies and Cooperation (CECI, in French) is one prominent Québec NGO involved in Haiti that is no longer part of the CPH. A year ago, a CECI spokesperson told me they were uncomfortable with the political nature of the CPH. Yet prior to the coup, CECI's honorary spokesperson, Haitian-Québec singer and high profile Québec nationalist, Luc Mervil, led a demonstration in Montreal demanding Aristide's ouster. The group has also publicly endorsed the UN occupation. On January 31st 2007, their spokesperson told Le Devoir "the muscular interventions led by Minustah [UN forces] in the hot zones of the capital have cooled down the passion of the armed groups. We can now circulate more freely in the capital."

Six days before these comments appeared, a UN raid on Cité Soleil left five dead and a dozen wounded, according to Agence France Presse. A month earlier, on December 22, a UN assault on Cité Soleil (marketed by its architects as an action against "armed gangs" allegedly responsible for a spate of kidnappings) left scores of civilians dead and wounded, including women and children. Agence France Presse indicated that at least 12 people were killed and "several dozen" wounded, a casualty total over 40. A Haitian human rights organization, AUMOD, reported 20 killed. The Agence Haitienne de Presse reported "very serious property damage" following the UN attack, and concerns that "a critical water shortage may now develop because water cisterns and pipes were punctured by the gunfire."

Québec NGOs' (and unions) public endorsement of western intervention in Haiti has gone a long way to dampen opposition to the coup. Just as important, the above-cited NGOs are integral to the US-Canadian strategy of supporting the middle-class opposition to the Lavalas movement. Too often, NGO projects inadvertently divided the popular movement by channeling Haitian political actors into piecemeal initiatives instead of building a mass movement. Foreign NGOs also directly undermined the Lavalas movement by funding only opposition groups. In June 2005, for instance, an Alternative's representative, François L'Ecuyer, admitted that all 15 groups Alternatives works with in Haiti are anti-Lavalas.

The differences between the Québec and English Canadian Left on Haiti are stark. English Canadian unions, anti-war groups and radical media have generally been sympathetic to the notion that Canada participated in a brutal coup. When progressive media such as The Dominion, New Socialist Magazine or Canadian Dimension published recent issues focusing on Canadian imperialism, they all ran at least one article detailing Canadian crimes in Haiti. Conversely, at the height of Canadian-backed repression in Haiti, ‘radical' Québec publication À Babord! published an issue devoted to Canadian imperialism that failed to even mention Canada's role in Haiti.

The story is similar amongst anti-war groups and unions. Canadian Peace Alliance affiliates generally denounced and organized against Canada's role in Haiti. Yet, when members of Montreal's Échec à la guerre, tried to pass a (mild) condemnation of Canada's involvement in Haiti, they were blocked by two of their members, the Canadian Catholic Organization for Development and Peace and AQOCI (an umbrella group representing two dozen Québec NGOs).

In the months after the removal of Haiti's elected government, progressive elements within the Canadian Labour Congress tried to pass a resolution critical of Canada's role in overthrowing Aristide and supporting a murderous dictatorship. The FTQ, which claims responsibility for relations with "French" speaking countries at the CLC, worked to dilute opposition within the CLC. Likewise, the FTQ's Le Monde Ouvriere advanced hard line anti-Aristide propaganda in October 2004.

Last month the FTQ issued a 59-page report on Haiti that simply ignores the coup and its aftermath. How can the future of Haiti be seriously discussed without mentioning the coup? Would the FTQ discuss the future of Iraq without considering the U.S. war?

The closest thing in the report to a mention of the 2004 coup is when Haiti's most important union federation, the CTH, is criticized for its sympathy towards Lavalas.

Probably the most disturbing example of a ‘radical' group siding with imperialism in Haiti is Québec Solidaire. Québec Solidaire's spokesperson, Francoise David, traveled to Haiti in the midst of the coup government's crimes and upon returning, she publicly (on Radio Canada and elsewhere) parroted the elite's perspective, blaming supporters of the ousted government for violence in Haiti. On March 9th, 2006, David spoke at a Concertation pour Haïti event along with Danielle Magloire, a member of the "Council of the Wise" that appointed the brutal coup prime minister Gérard Latortue. In mid-July 2005, Magloire issued a statement on behalf of the seven-member "Council of the Wise" saying that any media that gives voice to "bandits" (code for Aristide supporters) should be shut down. She also asserted that Aristide's Lavalas Family Party should be banned from upcoming elections.

The only example of Québec Solidaire publicly expressing its opposition towards the intervention in Haiti that I've come across was a single line by a candidate running in a heavily Haitian diaspora riding in Montreal. The party even remained quiet when in March 2006 Québec Premier Jean Charest wined and dined bloodstained coup dictator, Gerard Latortue.

More than four years later, it should be abundantly clear that the coup dealt a terrible blow to Haiti. The coup ushered in a terrible wave of state-sponsored repression, a rise in kidnapping and other social disorders as well as a multifold increase in the price of basic food commodities. Also, Haiti's poor majority have rejected Canadian policy time and again, most obviously by electing Rene Preval, an associate of Aristide, as President. In the face of almost uniformly hostile national and international press, tens of thousands continue to demonstrate demanding an end to the occupation and the return of Aristide. A month ago, between five thousand (Associated Press) and ten thousand (Haiti Liberte) took to the streets of Port-Au Prince on the four-year anniversary of the coup.

So, why in the face of significant evidence (documented in a number of books, movies etc.) does the Québec ‘Left' continue to support a brutal class war by this province's institutions against an already impoverished population?

Could it be the numerous Québec-based companies that do business in Haiti? Or the fact that the Aristide government promoted the Creole language at the expense of French? Can it be explained by the role of Québec missionaries in Haiti? Or have Québec NGOs simply been bought off by Canadian aid money?

Since the time of François (Papa Doc) Duvalier, Québec missionaries have played a significant role in Haiti. Many of the clergy that were pushed out of Québec during the Quiet Revolution in the 1960s made their way to Haiti to work under the brutal Duvalier dictatorship (who took control of the church). This relationship has continued over the years with Haiti home to more Canadian missionaries than any country in the western hemisphere.

Much to the dismay of the Catholic church, the Aristide government supported the voodoo religion, legalizing voodoo marriages, baptisms and funerals in May 2003. Some of Québec's most rabidly anti-Aristide NGOs, most notably Entraide Missionaire and the Catholic Organization for Development and Peace, have religious ties. (In March 2006, a Development and Peace Background paper explained: "The international media has shrouded the departure of Aristide on 29 February 2004 with conspiracy theories, going so far in some cases as to claim that the CIA deposed the president in a coup d'état...In fact, Aristide himself was largely responsible for the circumstances that led to his forced departure.")

An encounter with a Québecoise nun running a convent where I stayed in Haiti's second city, Cap Haitien, provides a window into Québec missionary thinking. She told me that Aristide was the country's biggest drug runner. When pressed on the matter, she said she wasn't there for politics, but to help people out.

The importance of Québec missionaries in Haiti should not be dismissed. The convent where I stayed in Cap Haitien was the largest institution in the neighbourhood. Moreover, Québec missionaries have long received official support. The initial disbursement of Canadian aid to Haiti went to missionary work and in 1964 Prime Minister Lester B. Pearson justified sending a Canadian naval vessel to Haiti by noting, "if Canadian nuns or priests should be wounded or killed, it would be difficult to explain why the Canadian government had not...taken some form of action."

Of greater consequence in tying the Québec ‘left' to imperialism in Haiti, are the large number of international NGO's in this province. In the late 1960s, Ottawa drastically expanded its aid to francophone nations as a way to placate Québec nationalists. Prior to this, Canadian aid was focused on the recently decolonized former British colonies. Aid to the Francophonie was designed to convince Québec nationalists that the Canadian government was sympathetic to francophone culture. Québec's large number of CIDA-funded international NGOs (and the jobs they provide) is a testament to the federal government's policy of tying Québecers to its overall aid objectives. (Additionally, Québec City provides much more development assistance than any other provincial government, largely to project this province's linguistic heritage.)

Dependence on government money helps explain many NGO's position on Haiti. Most of the groups that supported Canadian intervention in Haiti, including the unions (through the Centre International de Solidarité Ouvrière), have long received money for work in Haiti from the Canadian International Development Agency (CIDA). And post-coup Haiti has been an absolute bonanza for Québec-based NGOs — they have received tens of millions of dollars from the Canadian (and Québec) government.

Canadian NGOs working in Haiti are largely from Québec. The reason is simple: a perceived common language. Canadian Development Assistance to Haiti explains Haiti's importance to Québec: "As the only independent French-speaking country in Latin American and the Caribbean, Haiti is of special importance for the preservation of the French language and culture."

But most Haitians don't speak French, they speak Creole. French is the language of Haiti's elite and language has served as a mechanism through which they maintain their privilege. A Québecois group in Haiti almost invariably reinforces the influence of French. Whether conscious or not, a French-focused foreigner in Haiti has taken (at least linguistically speaking) a side in the country's brutal class war. The Aristide government had (successfully) weakened the influence of French, which no doubt contributed to many "progressive" Québecors' antagonism.

What motivates an individual to actively support imperialism is difficult to pinpoint. But vocal anti-Aristide critic, the FTQ's Fernand Daoust provides some interesting hypotheses.

Daoust, who is one of Québec's leading advocates for the French language, sits on the board of the Fondation Paul Gérin-Lajoie (named after the former head of CIDA). The Fondation Lajoie teaches Haitian primary-school children in French and is known to be antagonistic to Creole, the language spoken by all Haitians.

Was Daoust antagonistic to Aristide for promoting Creole? Maybe not, but his views of Haitian politics were likely shaped by people who were.

The former leader of the province's largest union also has revealing ties to parts of "Québec Inc" that benefited from the interruption of democracy in Haiti. When Daoust went to Haiti in February 2004, he hadn't worked for the union for a decade. Rather he was Special Advisor to the FTQ President regarding its investment arm, le Fond de Solidarite, which he's helped turn into a $7 billion source of capital. Le Fond controlled 12% (once as high as 16%) of the world's largest blank t-shirt maker, Montreal based Gildan Activewear, had one of three outside seats on the company's board and was cited throughout Gildan's internal financial reports. (Three months prior to the coup, le Fond announced it would sell its highly profitable shares in Gildan due to the company's history of terrible labor practices in Honduras, yet as of Feb 2007 La Presse reported that le Fond still held a significant amount of Gildan stock).

At the time of the coup, Gildan had a factory in Port-Au Prince and planned to close its remaining North American operations to expand in both Haiti and the Dominican Republic (which they've done). Gildan was also the primary subcontractor for Alpha Industries, owned by Andy Apaid, head of the Group 184 domestic opposition to Aristide. Directly and indirectly, Gildan employed as many as 5,000 people in Haiti's assembly sector. Presumably, both Gildan and Apaid were disgruntled with the Aristide government's decision to increase the minimum wage from 36 gourdes to 70 gourdes in February 2003.

Did anyone Daoust knows at le Fond de Solidarite with connections to Gildan, criticize Aristide to him?

Daoust also has ties to the leading beneficiary of post-coup Canadian government reconstruction projects in Haiti, Montreal based SNC Lavalin. (SNC is probably Canada's leading ‘disaster capitalist' corporation.) As a Fond representative, Daoust sits on the board of the Montreal Council on Foreign Relations, along with SNC Lavalin's vice president for the Americas and a number of other pro-coup NGOs. Similarly he sits on the board of the Université de Montreal with Bernard Lamarre, president of SNC-Lavalin. In 2004, le Fonds purchased Papeterie Gaspésia de Chandler for $350 million with SNC and another partner.

Did Daoust's contact with SNC representatives contribute to his support for western intervention in Haiti?

In February 2004, Daoust confidently opposed Haiti's elected government yet during a conversation in the Fall of 2007, Daoust confessed little knowledge of Haiti. He did not even want to talk about the subject without notes. Daoust admitted that after the coup he was surprised to encounter Haitian Montrealers who still supported Aristide.

To summarize, there seems to be four structural reasons that led the Québec Left to participate in brutal western intervention in Haiti: the French language, missionaries, Québec Inc and Canadian aid dollars. Tying them all together is nationalism. The Left is reaping the reward for decades of allying itself with nationalist elements of the Québec ruling class.

What sort of Left is left in Québec? The type that is willing to side with its bosses and the bosses of Haiti against the poor majority of Haitians. The sort of Left that participates in imperialism. Most of the Left in Québec even sides with Ottawa and Washington, against much of the English left.

For many decades the English-speaking left in Canada was impressed by the militancy and strength of Québec unions, political parties and grassroots organizations. If the example of Haiti is an indication, it's about time they look elsewhere for inspiration.
From: Z Net - The Spirit Of Resistance Lives
URL: http://www.zcommunications.org/znet/viewArticle/17145

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11 avril 2008

LA LEVÉE 9 AVRIL 2008

1. Poursuivre la guerre en Afghanistan même si les Canadiens sont contres : Harper gagne sont pari à la plus récente réunion de l’OTAN à Bucarest.
2. Bannir les sites porno pendant que des millions de femmes et fillettes se font exploiter : le gouvernement indonésien a les priorités à la bonne place.
3. La France au Tchad : nous décortiquons les plus récents efforts pour estomper les ravages au Darfour…
4. Bonne nouvelle pour les grands marchands d’armes : le Congo a de nouveau la pleine liberté de s’en acheter.
5. Washington le mauvais créancier : Le nouveau trou béant dans le budget de l’ONU
6. L’accès à l’eau potable, un droit humain universelle? Grâce au Canada, pas tout à fait…

CANADA OTAN



Bon à entendre les échos venant de Bucarest en Roumanie où l’OTAN s’est réuni la semaine dernière on dirait que le Canada a marqué une grosse victoire.

Nous avons obtenu les 1000 troupes supplémentaires que le gouvernement Harper avait dit que nous avions besoin afin de poursuivre les efforts de guerre en Afghanistan.

Dire que tout est relatif. Alors le fait que nous continuerons de combattre en Afghanistan, une guerre je rappelle à laquelle une majorité de Canadiens s’opposent… est vue comme une belle victoire.

Le gouvernement Harper pro-Bush a encore une fois manipulé l’opposition libérale à appuyer l’aventure afghane en présentant ça comme une responsabilité internationale mandaté par l’OTAN.

Et j’en ai déjà parlé : les pays qui composent l’OTAN ne veulent rien savoir d’aller combattre en Afghanistan, pas plus que les Canadiens et Québécois, alors c’est pourquoi les 1000 troupes de plus viendront des ÉU.

Washington a réussi à embarquer le Canada comme son partenaire principal dans cette guerre aussi abrutie et ingagnable que celle de l’Irak.

En fait le gouvernement Harper semble être en amour avec la militarisation à la sauce des néo-cons : sans faire de bruit il a signé une entente militaire, appelé le Civil Assistance Plan, qui permettrait aux soldats au sud de la frontière de traverser de notre côté au cours d’une urgence ou d’une attaque terroriste.

Pas une0 décision qui risque d’être très populaire avec le Canadien moyen, et c’est pour ça qu’aucune annonce publique n’a été faite depuis la signature de l’entente le 14 février dernier au Texas.

Jusqu’à ce jour, pas moyen de savoir ce que l’entente contient précisément, c’est encore un secret d’État.

Dans un autre geste qui nous rapproche encore plus de la politique étrangère des néo-cons de Washington, le gouvernement Harper a signé le mois dernier une entente avec Israël établissant une coopération de gestion transfrontalière?

Quessé ça? Depuis quand on partage une frontière avec Israël nous autres?

On signe ça un mois après qu’une enquête de l’armée canadienne a conclu qu’une bombe israélienne a tué un Canadien s’occupant d’un poste de l’ONU au cours de l’invasion du Liban par Israël en 2006…

Les Canadiens sont rapidement en train de perdre leur réputation de pacifistes, dont les leaders cherchent la diplomatie avant l’intervention militaire.

L’image du Canada comme d’une entité séparée du pays le plus détesté du monde se terni à vue d’œil… mais pire que ça, nous avons un gouvernement minoritaire qui nous amène sur ce virage militariste dont les Canadiens ne veulent pas et ce, sans même causer de vagues…

INDONÉSIE



À la chambre des représentants en Indonésie on s’inquiète plus de la moralité des citoyens que du taux de mortalité lié à la pauvreté.

On fait donc beaucoup de bruits concernant la pornographie…

Pendant que les prix des aliments de base augmentent, l’infrastructure tombe en ruines.

Les législateurs on passé une loi le 25 mars dernier bannissant tout les sites porno, menaçant jusqu'à cinq ans de prison les utilisateurs et producteurs.

Maintenant un gros appareil de surveillance et d’oppression pourra être mis en marche pour défaire et combattre le nouvel ennemi de l’Indonésie : la porno.

Les coûts pourraient être astronomiques, nécessitant des milliers d’informaticiens pour arriver à surveiller tout le monde.

En arrière plan, l’Indonésie est une des pires places pour le trafic d’enfants sur Terre.

… et un des pires taux d’abandons d’enfants, aussi.

Donc l’Indonésie glisse rapidement vers l’intolérance religieuse.

L’interdiction des sites porno semble donc être un pas logique dans le développement d’une nation fondamentaliste.

Mais derrière la loi sur l’information et les transactions électroniques, il y a plus…

Sous cette loi, tous ceux reconnu coupable de la transmission de matériel porno, de fausses nouvelles, de messages de haine raciale ou religieuse sur Internet peut faire face à six ans de prison et jusqu’à 109 000$ dollars d’amendes.

Pendant que tout le monde parlait de la porno, les législateurs ont réussi avec succès à passer cette loi, qui leur permet de mettre en prison n’importe quel écrivain, réalisateur ou journaliste.

Basé sur l’histoire moderne du pays, la prohibition de messages haineux sera interprétée comme une interdiction claire et nette de critiquer la religion dominante de la majorité javanaise.

Quelques jours après l’entrée en vigueur de la loi, un groupe de hackers a envahi le site du ministère de l’information pour protester.

Le message posté sur le site : prouvez nous que la nouvelle loi n’a pas été passée pour couvrir la stupidité du gouvernement.

Pendant que le gouvernement indonésien se bat contre Internet, des dizaines de millions de femmes, poussées par la pauvreté et le désespoir, remplissent les bordels du pays.

Des filles en régions sont envoyés en Arabie saoudite et ailleurs pour être des femmes de ménages, mais c’est un titre qui ne sert qu’à couvrir qu’elles sont en fait vendues comme esclaves sexuelles.

Le pouvoir en Indonésie appelle ça la lutte contre l’immoralité… ça crève les yeux que l’on a droit ici à rien d’autre que de l’hypocrisie.

TCHAD



L’union européenne a été accusé d’appuyer un dictateur en déployant une mission militaire au Tchad, surtout composée de troupes françaises, la France étant l’ancien maître colonial du pays…

À la mi-mars, 50% des 3 700 troupes de l’EUFOR arrivaient au Tchad, avec le reste qui arrivera vers mai ou juin.

Connu sous le nom de Epervier, cette mission sert à protéger le régime du président Idriss Deby, qui a pris le pouvoir en 1990 avec un coup militaire.

Durant une rébellion dans la capitale N’Djamena au début de l’année, des troupes françaises ont protégé l’aéroport à l’aide d’hélicoptères d’attaque.

Ce n’était pas la première fois que Deby a été protégé par les Français, qui ont une base militaire au Tchad depuis les années 1970.

Au parlement européen, l’aile gauche a sévèrement critiqué le travail de l’Eufor, lors d’un débat le 27 mars dernier.

On parle de la haute irresponsabilité de l’opération, puisque la logique de la mission est manque nettement de clarté et de transparence.

Mais Torben Brylle, le diplomat représentant l’UE au Tchad et au Soudan rappelle que l’Eufor opère sous le mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.

Officiellement, la présence de l’Eufor est la réponse au conflit qui persiste au Darfour, juste de l’autre côté de la frontière du Tchad.

Près d’un quart de million de réfugiés prennent refuge au Tchad après avoir fui la violence au Soudan.

La milice janjaweed a surtout été accusée pour cette violence, qui agit en connivence avec le gouvernement soudanais.

Mais il est bien clair que la situation au Darfour ne s’améliore pas du tout…

Et le fait qu’autant de troupes de l’Eufor soit de la France fait dire à plusieurs que la neutralité de l’opération est minée.

La population du Tchad commence à avoir du mal à comprendre pourquoi l’Eufor envoi des troupes dans leur pays… Surtout rempli de soldats de l’ancien maître colonial.

Difficile de savoir s’ils sont là en toute neutralité, pour garder la paix comme leur mission l’indique, où s’ils sont là pour protéger le gouvernement qui rappelons-le, n’a jamais été élu.

CONGO



Lundi dernier, les nations unies ont complètement levé l’embargo sur les armes vendues à la république démocratique du Congo… un geste que plusieurs groupes humanitaires considèrent comme prématuré.

Ça vient d’une résolution passée unanimement par les 15 pays formant le conseil de sécurité de l’ONU disant que l’embargo de vente d’armes ne s’appliquera plus au gouvernement à Kinshasa.

Avant, le gouvernement pouvait importer des armes pour ses unités militaires qui avaient passé par un programme d’intégration nationale après la guerre civile.

Un récent rapport de l’ONU estime à 78 000 combattant qui devaient toujours passer par ce processus et intégrer dans l’armée officielle.

La résolution, rédigée par la France, permet maintenant à toutes les unités du gouvernement d’importer des armes.
Pourtant la violence se poursuit dans l’est du Congo bien après la fin de la guerre civile de 1998-2003 dans ce coin riche en minerais.

Des appels au cessez le feu lancé il y a deux mois sont constamment repoussés…

Les diplomates du conseil de sécurité affirment que le but est de simplifier l’embargo et d’empêcher les groupes rebelles de mettre la main sur des armes.

Amnesty international affirme pour sa part que ce n’était vraiment pas le bon moment pour alléger l’embargo.

On dit que des armes et des munitions sont encore utilisées par l’armée et la police, ainsi que des gangs, pour commettre des abus quotidiens contre des civils, incluant des meurtres et des viols généralisés.

Mais l’ambassadeur français pour le Congo Jean-Maurice Ripert se dit très satisfait de la résolution.

Il affirme que l’on doit aider le gouvernement congolais à rebâtir son arsenal… et que si l’on veut réinstaurer la loi sur le pays, bien, qu’il est important alors de ne pas traiter le gouvernement de la même manière que des groupes armés rebelles.

C’est les fabricants d’armes français qui vont être content d’apprendre ça!

ONU BUDGET




Ces jours ci semblerait que l’ONU soit l’organisation bureaucratique la plus riche à être complètement cassée.

L’ONU tente de refaire complètement son bureau central de Manhattan au coût de 2 milliards.

L’organisation va transférer 1 800 employés à un tour de verre de Madison avenue pour les 6 prochains années, pendant que le Secratariat Building sera complètement dépouillé et reconstruit avec des systèmes de sécurité les plus modernes.

L’ONU tend donc le chapeau à ses meilleurs contributeurs en demandant 1.1 milliard au cours des deux prochaines années.

Ce qui sera une augmentation de 25% de son budget, un record historique.

Mais ce n’est pas seulement que l’immobilier qui augmente les dépenses…

Plutôt c’est les demandes répétées de l’administration Bush pour une plus grande présence de l’ONU à travers le monde.

Au cours des deux derniers mandats de W, les ÉU ont signé pour couvrir des milliards de dollars en opérations de maintien de la paix au Soudan et ailleurs, autorisé des centaines de millions pour des efforts de l’ONU en Afghanistan et en Irak… où l’ONU a aidé à organiser des élections et la rédaction d’une nouvelle constitution.

Les nouveaux fonds serviront, à part le projet de rénovation, l’enquête sur des crimes de guerre au Liban, une forteresse de 100 millions pour les bureaux de l’ONU à Bagdad, et 7 million pour des conférence contre le racisme en Afrique du sud en 2009.

Mais ce que l’on oublie c’est la dette américaine envers l’ONU : 2 milliards de dollars… vraiment assez pour couvrir les frais de rénovation, tiens!

Si le budget de l’administration Bush passe le congrès, les ÉU auront une dette supplémentaire de 610 millions sur les opérations de paix de l’ONU, rapprochant la dette totale à près de 3 milliards… soit l’argent dépenser en plus d’un mois pour son invasion de l’Irak.

LUTTES POUR EAU ET PÉTROLE




Au moment où je vous parle, la course mondiale vers les dernières gouttes d’eau et de pétrole seront soit les derniers obstacles vers la paix, ou un puissant carburant pour la guerre et la violence.

Ça s’étend du golfe persique jusqu’à l’Afrique, l’Asie centrale, l’Amérique latine et même les deux pôles.

Au dessus de tout ça, les changements climatiques augmentent la rareté des ressources naturelles.
Il va sans dire que le nouveau gros joueur est la Chine, qui représente en son cœur ce que le reste du monde en développement vit.

Ses dirigeants ont tout misé sur le développement économique, la Chine vit l’exode le plus rapide et massif de la campagne aux centres urbains de son histoire.

L’eau, sur utilisée par l’industrie et l’agriculture, sous la menace des glaciers de l’Himalaya qui reculent, est en voie de devenir une ressource non renouvelable.

Les deux tiers des villes chinoises font face au manque d’eau, pendant que les déserts grugent ce qui reste de terres arables.
C’est un cercle vicieux qui se déroule partout sur la planète.

Et parce que sa croissance fulgurante nécessite des entrées massives d’énergie et de matériel, les entreprises chinoises pillent le monde pour des ressources.

Une demande infinie de ressources sur une planète qui n’est pas illimitée… voilà où nous mène la pire invention de l’humanité : l’économie de marché capitaliste.

Et bien que les réserves d’hydrocarbures ne sont pas encore en chute libre, les jours où il était facile et peu cher d’aller en cherchait sont bien derrières nous.

De notre côté, le Canada construit des bases autour de l’Arctique qui fond à vue d’oeil pour contrer les ambitions des Russes… les Norvégiens, les Danois.

Au pôle sud les ÉU et la GB commencent à lutter pour les droits sur le continent de l’Antarctique.

Et dans la rareté des hydrocarbures, le chock ne risque pas seulement d’affecter la production industrielle, les menaces de famines sont encore plus grandes.

Sans l’approvisionnement continuel de pétrole dans nos beaux mégas fermes ultra mécanisées, beaucoup d’étagères d’épicerie risquent de se retrouver vides.

La tendance mondiale est vers l’utilisation en croissance du pétrole, loin de la réduction préventive vers où nous devrions aller en priorité.

Pas étonnant que les gros pays se préparent et se battent pour s’approprier leur part.

Une plus grande coopération internationale serait certainement la solution idéale, mais en réalité, plus les ressources se feront rares, plus le monde sera fragmenté et divisé.

Nous sommes bien long des années 1990 où les grands penseurs annonçaient l’avènement de l’économie du savoir et la fin des cycles économiques… en fait, l’économie du savoir est une belle illusion qui est clairement dépendante du pétrole.

Et les changements climatiques qui viennent compliquer tout ça… les niveaux marins qui augmentent, menaçant les sources d’eau fraîches.

La rareté des sources d’énergie et le réchauffement climatique se renforcent mutuellement. Et le résultat ne peut être autre chose que l’augmentation substantielle de conflits.

EAU CANADA




Saviez-vous que le 22 mars dernier était la journée internationale de l’eau? Moi non plus!

Le 22 mars était la journée mise de côté cette année pour voir où l’on en était avec le but adopté par l’ONU à Rio de Janeiro en 1992.

Moment où on visait réduire de moitié le nombre de personnes manquant de ressources sanitaires de base d’ici 2015.

Et bien, comme le grand projet de Kyoto né au même moment… nous sommes bien long des cibles.

De la manière que les choses vont 2.1 milliards de personnes manqueront d’eau potable et de toilettes propres d’ici 7 ans.

Au sud du Sahara les gens n’y arriveront pas avant 2076!

Et fait étonnant, lors d’une récente session au Conseil sur les droits humains de l’ONU à Genève le Canada était le pays qui a réussi à faire déraillé une résolution qui reconnaissait l’accès à l’eau comme un droit humain de base.

Oui il peut sembler étranger de vouloir rendre l’accès à l’eau un droit humain universelle quand le droit à l’alimentation saine n’a toujours pas reçu autant d’attention.

Pourtant, une autre agence de l’ONU, le comité pour les droits économiques, sociaux et culturels avaient déclaré en 2002 que le droit à l’eau est indispensable à la dignité d’une vie humaine et un pré requis à la réalisation des autres droits humains.

Mais, en 2000, lors du forum mondial sur l’eau à La Haye, on a dit que l’eau était une commodité vendable et pas nécessairement un droit de base.

Ça semble donc être la position officielle du Canada encore aujourd’hui.

L’explication officielle venant d’Ottawa c’est que l’eau n’a toujours pas été explicitement reconnu comme étant un droit humain fondamental sous la loi internationale.

Qu’en est-il des obligations des pays comme nous riche en eau envers les pays comme le Pérou, le Chili, la Chine, l’Inde et même les ÉU qui commencent à avoir de sérieux problèmes d’eau?

Est-ce que le fait de déclarer officiellement l’eau comme un droit fondamental forcerait les pays comme le Canada à exporter son eau ailleurs dans le monde?

Les déclarations de l’ONU ne sont pas reconnu pour forcer qui que ce soit à faire quoi que ce soit.

Mais elles peuvent rappeler les gens sur les obligations que nous avons envers des êtres humains qui souffrent et que nous pouvons facilement aider.

… du moment que c’est pour abreuver les assoiffés, et non pas pour arroser les terrains de golfe, remplir les piscines ou les fontaines des terrains de jeux pour riches chez nos voisins du sud.

LA LEVÉE 2 AVRIL 2008

1. Violence en Irak : la simplicité politique derrière les explosions
2. des espions miniatures ou des mini-bombes biochimiques? le Pentagone nous prépare des insectes cyborg

VIOLENCE EN IRAK




Après six jours de combats qui ont fait 210 morts et 600 blessés, selon le ministère de l'Intérieur irakien, le calme semble être revenu lundi dans le port pétrolier de Bassorah.

Les combattants de l'Armée du Mahdi ont donc exécuté l'ordre de retrait lancé dimanche par leur chef, l'imam radical chiite Moqtada Sadr.

En ce 5e anniversaire de l’invasion anglo-américaine en Irak de lourds combats sont menés dans les enclaves shiites au cours des derniers jours

Le régime irakien du Premier ministre Nouri al-Maliki appuyé par les ÉU a ordonné à 50 000 troupes irakiennes de s’abattre sur des milices shiites dans les régions riches en pétrole et la ville de Bassorah… Le tout avec l’appui des forces aériennes américaines.

Six villes sont sous un couvre-feu, et des actes de désobéissances civiles ont perturbé des douzaines de quartier à travers le pays.

De nombreux civils irakiens blessés surchargent les cliniques médicales mal équipées à Bagdad et Bassorah.

Tout indique que le cessez-le-feu déclaré par le chef nationaliste Moqtada Sadr en août dernier sur ses troupes l’armée du Mahdi semble être sur le point de s’effondrer.

À part les combats un jeu politique a lieu : Sadr a demandé à ses fidèles de prendre les rues et de demander la démission de Maliki, et des députés nationalistes favorables à Sadr sont sur le point de passer un vote de non-confiance au parlement irakien pour faire tomé Maliki.

Ce que l’on entend beaucoup dans les médias dernièrement c’est que le gouvernement irakien s’abat sur Bassorah pour éliminer la mafia… qui est en partie vraie les forces nationalistes shiites dans ce coin là sont comme une mafia…

Mais dire que le gouvernement veut se débarrasser des groupes violents en préparation des élections régionales à venir c’est tout à fait faux.

Ces attaques viennent à la veille d’une nouvelle loi provinciale qui à la fin déterminera si l’Irak demeurera un pays unifié avec un fort gouvernement central ou s’il sera divisé selon des gouvernements régionaux sectaires.

Il y aura des élections provinciales en octobre, et les gagnants de ces élections détermineront de l’avenir de l’État irakien.

Le contrôle du pétrole, et comment les revenus tirés du pétrole seront dépensés sera aussi un autre enjeu majeur des élections.

Oui les combats entre irakiens c’est choquant, mais il n’y a pas que la violence entre chiite et sunnite qui doit attirer notre attention…

Il y a un enjeu politique central que l’on oublie trop facilement : l’Irak n’a pratiquement jamais connu de violence sectaire avant l’invasion… et ce n’est pas vraiment ça à quoi nous assistons aujourd’hui…

La vraie source du conflit c’est une mésentente sur l’avenir de l’Irak.

Un combat entre les nationalistes irakiens, avec Moqtada Sadr comme le dirigeant le plus en vue… qui veulent un État irakien unifié et un contrôle public sur les réserves de pétrole.

Les nationalistes tiennent bien sûr à ce que toutes formes de contrôles étrangers, américain et iranien, sortent du pays.

Ils représentent une majorité au parlement irakien, mais ils sont opposés par les partitionnistes : ceux qui veulent séparer l’Irak en quatre entités semi-autonomes sectaires.

Les séparatistes veulent la privatisation du pétrole, ainsi que du reste de l’économie, et ils se fient bien sûr sur l’appui des ÉU pour leur contrôle actuel sur le gouvernement.

Les ÉU encourage donc l’option la moins populaire parmi au moins 65% des Irakiens… et c’est justement le point de vue de Sadr qui le rend si populaire.

Sadr reçoit donc l’étiquette de radical, militant, rebelle, mais il demeure que c’est le seul dirigeant d’importance en Irak qui a ordonné un cessez-le feu chez ses militants.

Oui il ne s’est pas gêné d’utiliser des tactiques violentes dans le passé, mais il demeure, si l’on regarde attentivement sa feuille de route, qu’il a plutôt tenté de réconcilier les différents groupes sectaires et ethniques en Irak.

Les cinq partis séparatistes qui forment la coalition du gouvernement Maliki n’ont pas la faveur du peuple…

Comme au Vietnam, les ÉU appuient un régime pas très démocratique, et ce fait même explique le niveau de violence auquel nous assistons.

Au début de l’offensive militaire des troupes irakiennes appuyées par les ÉU, lancé la semaine dernière contre Bassorah, la 2e ville en importance d’Irak…

Le président Bush avait dit que c’était un moment qui définirait l’histoire de la libération de l’Irak.

Six jours après, se sont plutôt les forces Mahdi du clerc Moqtada Sadr qui ont gagné haut la main, non seulement à Bassorah, mais à Bagdad, Kut, Amarah, Nasiriyah et Diwaniya… Les capitales des quatre provinces du sud.

Sadr est donc en fort meilleure position qu’il l’était la semaine dernière.

Et l’autre grand gagnant de cette plus récente ronde de combats chiites contre chiites est l’Iran

Au cours des cinq dernières années, l’Iran s’est inséré politiquement, économiquement et militairement en Irak direct sous le nez des 170 000 troupes d’occupation américaines.

L’Iran joue sur les deux fronts, ayant des liens avec l’alliance chiite qui dirige l’Irak ainsi qu’avec Sadr qui a passé la majorité de son temps en Iran depuis janvier de cette année.

La victoire de Sadr est une catastrophe pour Maliki… son offensive contre les forces de Sadr était très mal menée…

La coalition de Maliki souhaitait écraser Sadr à Bassorah parce que des élections s’en viennent en octobre… Des élections que les cohortes de Sadr sont assurées de gagner dans le sud de l’Irak.

Mais aussi, Maliki sait fort bien que Bassorah est le moteur économique de l’Irak par où passe les revenus du pétrole.

Après six jours de combats un cessez le feu a été négocié à Qom, en Iran, le tout avec Téhéran comme médiateur… une grosse claque dans la face de l’administration Bush.


Donc après cinq ans d’aide et d’entraînement massifs des ÉU, les forces irakiennes n’ont pas été en mesure de prendre le contrôle de la 2e plus grande ville d’Irak.

Alors, le moment tournant historique souhaité par Bush ressemble plutôt à ceci : les forces nationalistes irakiennes sont renforcé militairement; ils sont aussi sur le point de renversé le gouvernement pantin des ÉU et … l’Iran, l’ennemi juré, a renforcé encore plus sa position en Irak.

Amis américains, je vais dire la même chose que j’ai dite au gouvernement Harper pour nos troupes en Afghanistan : vous ne pouvez pas gagner… sortez de là et ramener les troupes à la maison.

INSECTES CYBORG




Le jour viendra peut-être où des armes biologiques seront livrées par des insectes cybernétiques, des cyborg, autant robots que biologique.

Non ce n’est pas une fausse information du lendemain de poisson d’avril… c’est vraiment ce qui pourrait arriver si le Pentagone poursuit ses travaux.

Au moment où je vous parle des chercheurs élèvent des insectes avec de l’électronique à l’intérieur d’eux.

Ils sont en train de créer des papillons et des coccinelles cyborgs dont le vol peut être contrôlé par télécommande.

Déjà que l’on est aujourd’hui un peu stressé par les outils de surveillance sur nos courriel et conversations téléphoniques…

Avec ce nouveau programme le Pentagone sera en mesure de vraiment accroître la paranoïa générale.

Imaginez un instant un monde où un insecte volant près de votre fenêtre pourrait s’avérer être un espion téléguidé rempli d’équipement de surveillance.

Ce qui est encore plus inquiétant : la possibilité que ces insectes deviennent des armes miniatures… pire, des véhicules pour des armes biochimiques.

Depuis les 50 dernières années, le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) l’agence du Pentagone ayant créé les pires horreurs en armement.

Depuis quelques années DARPA alloue des sommes importantes vers le programme (HI-MEMS), Hybrid Insect MEMS

En d’autres mots, des micro-électroniques sont insérées dans l’insecte à l’état de larve comme ça le tout est intégré au fur et à mesure que le corps se développe.

Selon les derniers rapports, les travaux sur ce projet avance à grands pas.

Des obstacles demeures, par contre, le fait que les insectes ne vivent pas très longtemps de un et l’incapacité de créer des cyborgs à l’extérieur de laboratoires spécialisés.

Le but à long terme avoué de DARPA pour les HI-MEMS serait la création d’insectes capables de transporter des détecteurs, ou un micro pour ramener de l’information… en d’autres mots, la création d’une nouvelle génération de micro-surveillance militaire.

On s’inquiète déjà des caméras de surveillance qui s’en viennent de plus en plus omniprésentes… Mais au moins ces caméras sont branchées sur des systèmes fermés… Et les caméras sont facilement identifiables…

Mais nous quittons vraiment le domaine du public et entrons dans le privé lorsque l’on pense qu’une de ces bestioles pourrait tout simplement s’installer sur le bord de notre fenêtre…

Comme la nano-technologie, et voire même les ONG à un certain moment, ce n’est pas parce que c’est minuscule qu’une nouvelle technologie ne peut pas avoir de gros impacts.
Nous en sommes peut-être à un moment où l’utilisation de telles petites machines doit être débattues et inscrites dans la loi internationale.

Car la seule manière de transformer les insectes cyborg en armes efficaces serait par la voie biochimique.

DARPA envoie donc des fonds à l’université de l’Arizona pour augmenter la capacité et la force des coccinelles.

En 2006 DARPA a remis $8.4 millions aux université de Cornell, Pennsylvanie et Valparaiso au Chili pour du travail sur des insectes sentinelles cyborgs.

Le Air Force travaille sur des bombes robotiques qui ressemblent et agissent pareil comme des groupes d’insectes et d’oiseaux.

Mais comme toujours les gens qui travaillent sur cet équipement diront qu’ils ne font que construire des outils pour des utilisations légitimes… et que ce ne sera pas de leur faute si des groupes devaient en abuser.

Voyant juste dans l’histoire récente comment certains gouvernements peuvent rapidement transgresser les normes de vie privée et voire même d’utiliser des armes biochimiques…

On serait porté à demander aux chercheurs et développeurs de se trouver d’autres projets à travailler dessus.